- Très cher et irremplaçable
ami, ne nous aventurons pas plus avant dans le fouillis de notre conversation
sans que vous m’ayez redonné le substantif de cette chose si drolatique et si
pittoresque ! Je ne vous cache pas que vous m’avez titillé le clitoris du
raisonnement à un point tel qu’on pourrait s’en servir pour un sandwiche
fromage-cornichon…
- Suave et délicate
Marie-B., rappelez-moi à l’avenir de ne jamais me faire servir de sandwiches
chez vous, des fois qu’ils aient un goût par trop prononcé de marée basse…
- Non, non, non, vous avez
mis le feu à ma curiosité irréfragable de fouine insidieuse en me montrant cette
chose si inhabituelle… Dites-moi tout, en confidence, ça n’est quand même pas
quelque chose de dangereux ou de répréhensible par la morale chrétienne de
notre Seigneur Jésus-Christ…
- Oh non, rassurez-vous, c’est
tout ce qu’il y a de plus logique… Ça s’appelle tout bêtement le travail…
- Le travail ? Mon Dieu
comme cela est cocasse ! Maintenant que vous me l’avez dit, j’avais
effectivement entendu ce nom un jour ; je croyais que c’était une maladie
commune chez les pauvres, et j’ai même eu des travailleurs parmi mes gens…
- Nul n’est à l’abri des
calamités de la vie, ma chère…
- Que vous ne me l’eussiez
dit plus tôt que je vous en aurais touché un mot, bien entendu ! Mais ce « travail »,
c’est nécessaire pour la vie quotidienne dans les arrondissements populaires de
la capitale ?
- Et même aux quatre coins
de l’hexagone…
- Palsembleu !
Pierre-Amaury a donc foutrement raison de clamer que la France est une nation
en déclin et qu’on aurait jamais dû laisser passer les ricains en 42… Donc tous
ces défilés bigarrés de loqueteux avinés et qui puent sous les bras hier
partout dans les rues de Paris, c’est pour célébrer le travail ? Seigneur,
que c’est pittoresque !
- C’est surtout pour
regretter son absence, car il ne vous aura pas échappé, Marie-B que le travail
est une denrée rare en ce moment en France…
- Foutaises et billevesées !
Dites-moi que le Château-Yquem 1948 est une denrée raréfié, oki ; que le
caviar ultra-supérieur de chez Pétrossian le « Ciré grain par grain »
est un mets recherché, je valide ; qu’un bon bouquin de Marc Levy et de
Paul-Loup Sulitzer soit des choses introuvables, j’admets… Mais que le travail
soit rare, alors je vous en prie, ne me bonnissez pas de telles inepties !
- Allez dire ça aux trois
millions et demi de chômeurs…
- C’est mathématiquement
impossible ! Il est impensable de partager une chose rare avec vos trois
millions et demi de chômistes ! Le rare est cher, et ce qui est cher, c’est
pour les riches ! SNCF !
- Euh, CQFD…
- Oui, si vous voulez, pour
moi, c’est lycée de Versailles…
- Vice et versa, Marie-B…
- Dites, vous finiriez par être
agaçant, vous… Vous finirez par manifester de Nation à République avec un kil
de rouge dans la pogne et des espadrilles crasseuses aux pieds…
- Ah non, merci bien !
Si c’est pour entendre le facteur timbré, Olivier Besancenot, refuser de
condamner les violences de quelques poignées de casseurs, je préfère encore me
fader l’intégrale des discours de Copé en mandarin…
- Oh ! Olivier Besancenot !
Vous savez qu’avec sa trombine de poupon en celluloïd bercé trop près d’une
flamme et ces habits made in Camif, il a oublié à quoi ressemble un pli
recommandé…
- C’est pas recommandable,
ça
- Non, mais ça ressort de sa
franchise… postale…
- Affranchissons-nous ce
tout cela, chère amie, car le moment est grave désormais…
- Ne me dites pas que
François Tout Mou se représente ! Je n’ai que le temps d’empaqueter les
derniers kilos de lingots que père avait hérité d’un certain Docteur Marcel P.,
et de filer en Suisse…
- Rassurez-vous le mal est
tout de même moins grave… C’est aujourd’hui que débutent les répétitions pour
le Concours Eurovision 2016, à Stockholm…
- Oh, le défilé bigarré des
pédales emperlouzées comme des sapins de Noël, des invertis à plumes dans le
postérieur, et foldingues hystériques de la chose eurovisuelle qui ont une
station d’épuration dans les esgourdes ? Mais comme j’adorerai y assister
également !
- Bah, vous n’avez qu’à vous
envoyer en l’air jusqu’en Suède… Et essayer de ne pas vous ramasser à l’arrivée
comme le russe, qui s’est lamentablement viandé sur scène… Forcément, quand on
veut faire du gay-friendly sur une chanson qui fait mouiller les tapettes avec
une présentation honteusement pompé sur le gagnant de l’année dernière, il
arrive un moment où l’on se casse la gueule…
- Mais alors, c’est ce qui
risque d’arriver à notre Aminimir national ? Toute la mediasphère le voit
déjà ramener la couronne Eurovision…
- Une couronne sur les
dents, à force de passer à genoux sous les bureaux des décideurs, peut-être,
mais le 1er Grand Prix, Marie Myriam ressemblera à une queue de
morue séchée, odeur comprise, qu’on n’aura pas encore remporté une sixième
victoire…
- « J’ai cherché »…
Mais trouvera-t-il ? Oh ! Seigneur Jésus et tous les saints des
derniers jours ! Je fais de l’humour !
- Oui, bon, on n’est pas
encore à la veille de faire l’Olympia à guichets fermés, y a encore un peu de
boulot… C’est un synonyme de travail… Comme la loi du même nom, qui va être
discutée bientôt à l’Assemblée…
- Et sans doute aussi vite
adoptée pour le Gouvernement prévoit le recours au 49-3 puisqu’ils n’ont pas de
majorité… Je vous l’avais bien dit de ne pas voter pour les gaucho-bolchéviques !
Que des mauvais à tout et des sodomites incestueux…
- Oh là, tout doux,
Christine Boutin ! Arrêtez vos divagations sulfureuses, hein ! Sinon,
je vous offre des bonbons pakistanais aux pesticides…
- C’est bon ?
- Si on veut, trente-trois
morts à cause de ces bonbecs, offerts par un papa voulant célébrer la naissance
de son gniard. Résultat, le mioche a perdu son père, six oncles et une tante…
- C’est embêtant si elle est
de camping, un peu moins si c’est le modèle qui s’emmanche…
- Vous feriez un malheur au
banquet patriote du bouledogue blond, vous… Entre les relents de chambres à
gaz, les crânes rasés et les restes de vert-de-gris sur les casques à pointes,
vous feriez ton sur ton…
- Ah mais pardon !
Marine sait donner dans le fraternel et le convivial pour préparer sa campagne…
- Oui, et le culbuto
sudoripare de l’Elysée nous fait miroiter des baisses d’impôts pour l’année
prochaine… Il le veut tellement son second mandat qu’il est prêt à se faire
élargir par les français les uns après les autres… Et il fournit la vaseline par-dessus
le marché… Et si d’aventure vous vous amusez à votre Flamby comme ça, pour
rigoler, je vous zigouille !
- Et que feriez-vous du
corps ?
- Comme avec cette habitante
d’Amfreville-la-Mi-Voie : ligotée et flanquée dans un cagibi !
- Ah, et ainsi, vous pourrez
chanter cette rengaine de Marie-José : On vient de la trouver morte, les
deux pieds dans le placard…
- Euh, non, les paroles de
cette adaptation de « Si vas à Calatayud » parlent d’un cœur percé d’un
poignard…
- Oh placard, poignard, les
pieds le cœur… Vous aimez chipoter, n’est-il pas ?
- Ah non ! Tout, tout
mais pas ça ! Et je n’ai pas par là des renvois de textes d’une chic
planète qui nous recommandait de boire notre café… Pas chic la planète puisque
Hubert Mounier est mort ce matin à 53 ans d’une rupture aortique foudroyante…
- Est-ce une personnalité ?
- C’était l’un des trois de
L’Affaire Louis Trio, qui avait pris le surnom de Cleet Boris…
- Quelle couille vraiment de
prendre un surnom de clitoris, enfin… Y
a bien des têtes de nœud qui s’appellent Christophe Maé, alors…
- Dites, c’est pas parce que
niveau culture musicale, vous en êtes restée à « Be my baby » des
Ronettes, dont le disque sort le 2 mai 1963 que vous allez vitupérer sur tout
ce qui a moins de cinquante balais…
- Mon Dieu, très cher !
Rappelez-moi donc le sens de ce mot curieux et inusuel…le « balai »…

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire