vendredi 13 février 2026

Brèves du 13 Février 2026

 Mais que j’aurais aimé être humoriste de gauche, moi !

Ben oui, je suis à jeun de toute boisson alcoolisée, je n’ai pas abusé des cigarettes qui font rire, ma santé mentale, bien que chancelante, se maintient à des niveaux acceptable et pourtant, je vous le confesse tout de go, j’aurais adoré être humoriste de gauche…

Attention, hein ! Ne confondons pas ! Pas humoriste de gauche, hein ! Humoriste de gôôôche ! De gauche gauche, quoua !

Entendons-nous bien, pas l’humoriste de gauche basique, comme on en rencontre par pelletées entières dès que vous arpentez dans les couloirs de France Inter. Pas le chroniqueur de base, qui croit spirituel de tambouriner à bras raccourcis sur les patrons, l’extrême-droite et Emmanuel Macron parce que ça va faire plaisir à la direction et qu’il obtiendra une chronique hebdomadaire dans la matinale, ce qui entre parenthèses le condamnera à se lever à trois heures du matin, à se cloquer les quatre kilomètres de trajet jusqu’à la Maison de la Radio en vélo électrique, bouffer des pancakes à la graine de chia trempées dans du mafé équitable au petit-déjeuner et à se flinguer le rythme circadien jusqu’à ses soixante ans, non !

Pas non plus le chroniqueur biberonné aux œuvres complètes de François Mitterrand dès le cours préparatoire, et qui, étudiant tout frais moulu, a adhéré à l’Unef-Id parce qu’il s’imaginait pécho tranquille des minettes ayant le petit livre rouge de Mao à la place du cœur et ne consentant à s’envoyer en l’air que sur l’échelle mobile des salaires… Que nenni !

J’ai à l’esprit l’humoriste de gôôôche, celui qui lit Mélenchon dans le texte, se beline la mouflette en apprenant par cœur les pensées de Sandrine Rousseau et qui recrépit le plafond de sa chambrette de colocation rien qu’en écoutant l’intégrale des billets d’humeur de Charline Vanhonaecker… Bref, le style Sophia Aram !

Alors, celle-là… Toujours prompte à propagander pour la Bande de Gaza, même si il ne lui viendrait pas à l’idée ne serait-ce qu’une nano-seconde de s’embarquer avec Rima Hassan et Greta Thunberg pour jouer un remake de la Croisière s’amuse et se faire refouler au large de la Sardaigne…

Toujours à faire de la retape avec des ficelles énormes pour ses convictions profondes de la quinzaine, sans qu’il germe dans son esprit formaté que l’on puisse penser différemment, en polluant l’antenne de ses fadaises, parce que ça, ça fait flaquer la Direction et qu’avec une bonne couche de cirage, ça devrait vous assurer la subsistance pendant encore quelques saisons…

Mais, manque de bol, je n’en suis pas… Ni humoriste, ni de gauche… Et encore moins belge ! Vous l’aurez remarqué, France Inter est actuellement une succursale de la RTBF, et on ne risque plus un chroniqueur sur les ondes sans s’être préalablement assuré de sa naissance outre-Quiévrain. 

C’est bien simple, dès potron-minet, ça sent les moules-frites et la gueuse lambic jusque dans le cœur des transistors…

Radio Gaucho s’aventure parfois à admettre un chroniqueur suisse, mais quand on a entendu deux ou trois chroniques de Bruno Peki, on se convainc qu’il doit s’agir du 1% handicapés, ou alors, sa famille est actionnaire majoritaire dans la capital de Radio France…

Encore que, à l’heure du goûter BN, on est incontinent transporté dans une enclave de la RTS, tant Matthieu Noël, le plus speedé des suisses, garnit son émission de chroniqueurs helvètes, chauvinisme oblige. Bon, tant qu’ils ne font pas la promotion des röstis à fond de train les ballons et qu’ils évitent de passer comme gimmick le dantesque « Ja Grüezi wohl Frau Stirnimaa », on veut bien leur accorder le droit d’asile et le bénéfice du doute…

Mais diantre ! N’avons-nous plus en France de véritables humoristes, à la verve acérée et à la plume vitriolée ? Prenez par exemple Kev Adams… Ah non, pardon, mauvais exemple, on a dit humoriste…

Je sais, j’exagère, puisque la première radio de France met également à l’antenne des chroniqueurs du cru, à l’image de Julien Santini… Ouais, d’accord, il est corse, chacun ses tares, et on ne l’entend pas avant onze heures, parce qu’il refuse le travail de nuit, et qu’il menace de plastiquer les studios en cas de cadences infernales (savoir une chronique mensuelle)… Le moins qu’on puisse dire, c’est que pour un spécialiste de la bombe, il ne nous fait pas exploser de rire…

Nous n’avons pas su élever et propulser comme il se doit les héritiers de nos chansonniers d’antan, qui eux, ne craignaient pas de dézinguer à gauche et à droite. Les petits-fils des Jean Amadou, Maurice Horgues, Jean Rigaux, Anne-Marie Carrière et j’en oublie des plus fameux, sont restés des bébés éprouvettes, en bocal au Musée Dupuytren…

Tout ça parce qu’on a un beau jour décidé que leur humour était poussiéreux, que leur verve était trop populaire, qu’il fallait désormais rire cérébralement, et qu’il fallait être de gôôôche pour pouvoir faire marrer ses contemporains… Hors ça, point de salut…

Certes, quand on voit l’état de mort cérébrale des socialistes aujourd’hui, on se dit que l’euthanasie a du bon parfois…

Et en plus, on ne peut plus rire de tout !

Gaussez-vous des personnes à la verticalité contrariée, et vous aurez le fan-club de Mimie Mathy qui vous mordra les mollets en guise de représailles… Marrez-vous des cons, et de leur entendement qui fait honneur aux nanotechnologies, tous les admirateurs de Nabila vous voueront aux Gémonies… Enfin, s’ils comprennent…

Farcissez-vous les pédés, vous vous cloquerez toutes les ligues de vertu des casseurs de fions qui vous traiteront d’homophobe (quand on prêche la tolérance, ça démontre une largeur de vue pas précisément panoramique)… Une remarque leste sur l’allure de camionneuse est-allemande d’une femme ? Le club des broute-minous vous agonira d’insultes…

Payez-vous la fiole des musulmans, vous vous exposez à une fatwa pas piquée des hannetons de la part des enturbannés… Bouffez du curé et c’est Christine Boutin qui deviendra votre pire cauchemar… Brocardez les pédophiles, et c’est Jack Lang et Cohn-Bendit qui viendront vous faire subir les derniers outrages… Enfin, si vous avez moins de dix-huit ans, évidemment…

Les noirs ? C’est Danièle Obono qui s’amusera avec sa poupée gri-gri… Les juifs ? C’est le Grand Rabbin de France qui viendra vous la couper… Les jaunes ? Vous serez persona non grata dans tout le treizième arrondissement de la capitale… Le sexe ? Là, c’est DSK et tous les tringleurs-fous qui vont vous regarder d’un œil noir… La drogue ? Bah, c’est Deloglu le mononeuronal et toute la DZ Mafia qui vont vous battre froid… Les fachos, c’est-à-dire Pascal Praud et l’ensemble de la rédaction de C News ? Ah non, surtout pas ! C’est le domaine réservé de Sophia Aram, ça… Et j’ai pas envie de me faire émasculer à la cuillère parisienne, moi…

Alors, qu’est-ce qu’il reste ? La météo… Et encore, Evelyne Dhéliat est capable de faire la danse de la pluie pour transformer mon salon en annexe de la Bretagne, et Hugo Clément se fera un malin plaisir de vous descendre sur ses réseaux sociaux en vous traitant de conspirationniste primaire et de climatosceptique indécrottable… 

Non, vraiment, j’aurais adoré être humoriste de gauche…

Ceci étant, je me doute fort que vous vous en contrecognez la merguez à col roulé et les bossues à béchamel avec une patte de tripotanus nain enfarinée à la Maïzena gros grain allégée, de mes velléités de pseudo-humoriste gaucho…

Vous devez sans doute avoir déjà la tête en plein dans le weekend et les préparatifs de la Saint-Valentin, cette célébration mercantile des amoureux qui fait dangereusement augmenter les bris de sommiers et les consultations en urgence proctologique à base de concombre, de bouteille magnum de Perrier ou de chandelier coincé en des endroits que l’honnêteté et la décence m’interdisent de préciser davantage…

Cette Saint-Valentin, tout de même… Payer un dîner somme toute très ordinaire au prix d’un demi-SMIC parce qu’on y aura mis des cœurs roses sur le steack-frites… S’arracher un rein pour offrir un bouquet de roses pas trop fanées à Madame… Laquelle aura passé trois heures dans la salle de bains à essayer de se rendre désirable (autant demander à un rôti de dindonneau de parler anglais)…

Une fête destinée à redonner un coup de fouet à la consommation des ménages, lessivés après les soldes, et aussi à vos partenaires, s’ils aiment ça… Et accessoirement faire remonter la courbe des naissances dans neuf mois… En tous cas, c’est positivement débile de devoir fondre de sentiments transis un jour par an, et jouer le remake de l’Hôtel des Culs tournés le reste de l’année…

Enfin, que voulez-vous, nous sommes dans une société de consommation à tout crin et de moutons de Panurge…

Faut-il être complètement vendu à la logique marchande des média et des services marketing, qui arriveraient à vendre des peignes à des chauves, pour croire aveuglément qu’il n’y a que ce jour-là, précisément, qu’il faut démontrer votre attachement à votre partenaire ? Certes, un bon petit coup dans les Pays-Bas, histoire de dégripper la mécanique et lubrifier la salle de jeux qui commençait à schmoukter le vasier à marée basse, ça n’est jamais mal venu (sauf si vous le pratiquez à la table centrale du restau en vue de la capitale, un soir d’affluence maximale)…

Alors, je ne vous donnerai pas de conseil… Tripotez les pis de la laitière qui vous tient lieu de morue, farcissez une dinde avec vos marrons chauds, dégustez de la queue de bœuf à la mayonnaise, payez-vous une tranche de tarte au poil, tapez-vous un « cinq contre un »… Faites comme vous le sentez mais par pitié, ne nous cassez plus les réserves ADN avec la Saint-Valentin…

Et puis, si vous vous prenez un mémorable râteau demain soir, si les chandelles enflamment la robe en satin rose fluo à quatre-vingt boules de Madame, si votre conquête récente a finalement un rire équin et une haleine à décoller les affiches électorales de dos et à distance, si la fermeture éclair de cette saloperie de putain de braguette reste définitivement coincée au moment stratégique, si vous déchargez le yaourt sous pression dès le seuil de la salle de jeu qui réclame à corps et à cris un arrosage de fond en comble, si vous ululez le nom de la voisine, ou du facteur, à l’instant précis où Vénus vous envoie au septième étage d’un grand coup de pompe dans le derche…

Ne vous inquiétez pas ! Vous pourrez toujours vous rattraper dimanche, jour de la Saint Claude, saint patron des pipes…

Et le 13 février 1973, se faisait entendre pour la première fois, au Théâtre du Palais Royal à Paris, dans « La Cage aux Folles », une pièce qui sera jouée plus de mille neuf cent fois, excusez du pneu, par Michel Serrault et Jean Poiret, la fameuse musique de la biscotte. A l’instar de certains humoristes de gôôôche qui, tout pareillement, nous les brisent…



mercredi 11 février 2026

Brèves du 11 Février 2026

Ce Djack, quel bel homme !

C’est en se remémorant les glorieuses heures de l’humour hexagonal des années 90 qu’on se rend compte abruptement qu’il a honteusement vieilli, à l’instar de son auteur, Laurent Gerra, qui n’est plus, depuis plusieurs lustres et quelques candélabres, qu’un pâle ersatz de lui-même, recyclant sans fin, et jusqu’à la nausée intégrale sur les ondes de Radio Luxembourg, ses formules plus éculées qu’un quarteron de nudistes en fin de saison au Cap d’Agde (enfin, à une lettre près).

« Ce Jack, quel bel homme ! », pour reprendre l’une des antiennes les plus connues de Laurent Gerra… Ce n’est pourtant plus précisément le cas, quand on voit le faciès de mustélidé tendance pomme flétrie surmonté d’une salade frisée noir corbeau qu’arbore désormais le plus mittérandolâtre de toute la feue Mitterrandie.

A n’en point douter, ils ont conservé Rue de Solférino des caissons à oxygène rachetés à bon prix à Michael Jackson et d’impressionnants stocks d’invendus de jerrycans de botox modèle « Madonna »… Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il fasse moins dix ou quarante à l’ombre, un coup de téléphone et hop ! En moins de trente minutes, vous aviez le Jack en état de fonctionnement dans le studio, livré par porteur spécial, décongelé, apprêté, pomponné avec une couche de trois centimètres de terracotta, un coup de fer sur le lifting, un raccord de brushing sur la moumoutte, deux pschitts de Piz Buin sur la teinture, et paf ! Prêt à vous faire du léchage de bottes comme s’il s’agissait de sa première paire…

Ce mec ne pouvait tout bonnement pas s’empêcher de s’envoyer des fleurs, de s’auto-congratuler en une séance de branlette verbale qui permettrait de recrépir l’intégralité de la Maison de la Radio en trois interviews…

Et v’lan ! Quelle que soit la question, la réponse se terminait invariablement par un coup de langue à la mémoire de Tonton pour rappeler, parfaitement hors-sujet que Mitteux l’avait envoyé Dieu sait où pour faire Dieu sait quoi avec Dieu sait qui… Plus fidèle que Jack au tringleur fou de Solutré, y avait guère que Baltique, le clébard de Mitterrand… Et encore, pas certain de savoir lequel des deux remuait le plus facilement la queue…

Finalement, quel que soit votre bord politique, on ne pouvait ressentir, jusqu’à récemment, qu’une certaine tendresse apitoyée à l’égard de Jack Lang, l’éternel Ministre de la Culture, des cocktails onéreux et des remises de médailles à des sommités inconnues, accroché comme une moule à son rocher au souvenir de Mitterrand et aux mondanités parisiennes…

Mais la Roche Tarpéienne est proche du Capitole, et l’on vient d’assister en moins d’une semaine à la chute du Colosse de Rhodes, par le truchement des révélations du sulfureux dossier Epstein.

Notre Djack national se voit particulièrement éclaboussé, trempant dans des affaires pas nettes du tout, voire carrément scandaleuses. A un point tel que la momie a été contrainte de démissionner de la présidence de l’Institut du Monde Arabe en moins de temps qu’il n’en faut à Jeanfi pour apprendre la table de multiplication par un.

Fidèle à sa tradition de grand mariole, Djack a bien tenté de traiter la grenade dégoupillée par le mépris, voire l’ébaubissement intégral en affirmant sa grande naïveté et son ignorance vis-à-vis de la réputation de prédateur sexuel de l’autre maboul américain… Bien suuuuur ! Personne n’y a cru, même sur Radio Gaucho, dit France Inter… L’argument « Le Djack, l’est innocent », ça ne fonctionne qu’en version Murielle Bolle, et encore…

Bon, c’est vrai, il y a beau temps qu’on connaissait les tendances affectives de Jack Lang, puisque Le Luron s’en gaussait déjà dans les années 80, et qu’il avait signé dans les années 70 un manifeste puant pour la libéralisation des pratiques sexuelles avec les mineurs, voire incestueuses (c’est vrai, quoi, tant que ça reste dans la famille, c’est pas grave).

Mais le fait qu’il ait, grâce à Epstein, industrialisé ses envies pédérastiques et trempé dans des dossiers plus que louches (comme aurait dit Dalida dont le frère est presse-bite) achève de dézinguer une réputation qui n’en finissait plus de se déliter.

Non, vraiment, ce Djack n’est définitivement plus un bel homme, tout au plus la vieille tante dépravée des Bogdanov…

Autant vous dire que le grand déballage Epsteinien fait serrer les fesses à bon nombre de personnes, et il est à parier que bon nombre de bombes médiatiques risquent d’être lâchées dans un futur proche. Et ça risque d’éclabousser sévère !

Pour l’instant, on se contentera de la campagne pour les élections municipales, qui promet déjà beaucoup, avec évidemment en point de mire Paris, théâtre d’un grand guignol risible entre les divers candidats, sérieux ou plus anecdotiques. 

Quel que soit votre bord politique, vous ne pourrez que constater que la grande favorite pour déloger Notre Drame de Paris est sans conteste Raticha Dati, qui se voit déjà faire graver la devise parisienne sur les semelles de ses Louboutin. Faut bien avouer que ses concurrents ne font pas le poids, surtout quand on écoute notamment les interviews de Sarah Knafo, dont le programme se limite à brocarder avec une délicatesse de hussard Hidalgo et Dati, ce qui est quand même un poil léger.

D’autant plus que la poule à Zemmour a été infoutue de donner sur BFMTV le prix du pass Navigo ou de donner un seul nom de joueur du PSG, ce qui donne un aperçu de son impréparation notoire. Balancer un montant de 52 euros annuel alors que la tarif actuel est de plus de quatre-vingt-dix euros menusels, fallait oser. 

Quant à sécher sur le nom des joueurs du PSG, alors qu’elle devait assister ensuite au choc OM-PSG, même le plus béotien des politocards aurait eu à cœur de potasser dix minutes avant l’entretien pour jouer ensuite les Pic de la Mirandole.

Et comble de bêtise, elle publie ensuite une vidéo sur les réseaux sociaux où elle affirme « réviser les noms des joueurs », mais après la rencontre fouteballistique… Ôtez-moi d’un doute, elle fait semblant, ou elle est réellement conne ?

Certains politocards voient heureusement plus loin que l’échéance municipale du mois de mars, à l’instar de Marine Le Pen, qui à dû suer à grosses gouttes lors du réquisitoire de son procès en appel. Les Avocats Généraux ont en effet requis la confirmation du premier Jugement, mais une période d’inéligibilité plus courte, et non assortie de l’exécution provisoire.

Quoi qu’il en soit, les visées présidentielles de la fille de Neunœil de Montretout sont carrément contrariées et ce, même si Marinette, fine mouche, a opéré un rétropédalage remarquable, reconnaissant à demi-mot mais sans vraiment le dire tout en le disant, qu’elle aurait peut-être mis les doigts dans le pot de confiture.

Mouais, le système de défense « je l’ai fait mais je ne savais pas que c’était illégal », particulièrement cavalier pour une avocate de profession, n’a jamais fait florès, depuis la jurisprudence Virenque dans le procès Festina, le fameux « à l’insu de mon plein gré ».

En tout état de cause, les sympathisants du RN semblent déjà avoir acté que Marine Le Pen ne sera pas sur les rails pour la grande course à l’Elysée, et que cette lourde tâche incombera à son fringuant poulain, Jordan Bardella.

Ah, lui, il se sent pousser des ailes, et on dirait qu’il s’est carré la fusée Ariane dans les miches tant il caracole dans les sondages d’opinion, et paraît finalement mieux placé que le bouledogue blond pour accéder à la magistrature suprême.

Il polit tellement son image dans les médias qu’il va finir par ressembler à un galet pour ricochets… Jordan pousse même le mimétisme jusqu’à tenter de ressembler, involontairement peut-être, à Jacques Chirac ; mêmes lunettes d’écaille, même doigt pointé durant les interviews assorti du sourire crispé de Jacquot… On croirait presque qu’il va nous dire « écoutezzzzzzz »…

Il va peut-être même nous décongeler Bernadette, vu que les français aiment bien les jeunots qui se trimballent des vieilles peaux hors d’âge…

Tiens, puisqu’on parle des tambourineurs de vieilles couscoussières, notre Président se fait presque discret depuis quelque temps. Certes, il nous la joue Tom Cruise jeune fille avec ses Ray-Ban façon Top Gun, ce qui le rend plus pathétique qu’autre chose, mais au moins, il la boucle au niveau international. Et ça, ça fait des vacances !

Un autre qui joue un ton et demi en dessous en ce moment, c’est le Connard à l’Orange, mais il faut bien remarquer qu’il est tellement obnubilé par son Prix Nobel de la Paix qu’il se démène comme un petit diable pour réaliser la quadrature du cercle et le mariage de la carpe et du lapin. Et que j’envoie des émissaires discutailler le bout de gras avec Poutine et Zelinsky… Et que je tempère les ardeurs meurtrières de son ICE… 

Peut-être qu’il a un coup de mou, notre Donald international… Ou alors, il a visionné le documentaire de Melania sur Melania, ce qui a dû lui flanquer un sacré coup au moral…

Ce documentaire d’autopromotion, grotesque et déconnecté des réalités politiques, et qui ferait passer les pires bouses de Bernard-Henri Levy et Chantel Ackermann réunis pour des chefs d’œuvre intemporels, fait l’unanimité dans la critique… l’unanimité contre lui, certains allant même jusqu’à le comparer aux films de propagande de Leni Riefensthal. Au moins, ça fera führer dans les salles !

Et pour faire plaisir aux gourmands des chroniques judiciaires, je vous propose un authentique cas d’école de la sérialité, avec l’interpellation d’un septuagénaire soupçonné de quatre-vingt neuf viols et agressions sexuelles dans plusieurs pays entre 1967 et 2022, mais également deux meurtres, pour faire bonne mesure. 

Ce pervers pépère se voyait comme un Grec antique formant de jeunes éphèbes, et a dégommé du mineur entre 13 et 17 ans un peu partout dans le monde pendant des décennies, une véritable Mondovision de l’agression sexuelle…

A la limite, les meurtres de sa mère en 1974, souffrant d’un cancer en phase terminale, pour soi-disant abréger ses souffrances, et de sa tante de 92 ans, en 1992, car elle aurait été vulnérable et fragile, apparaissent comme de la compassion…

Et le 11 février 1943, naît à Bordeaux Serge Chauvier, dit Serge Lama, un poids lourd de la chanson française, dont le rire tonitruant a dézingué toute une cargaison de microphones mal réglés. Miraculé d’un grave accident de la route en 1965, Serge Lama explosera dans les hit-parades dans les années 70, assénant des tubes intemporels comme « Je suis malade », « Les p’tites femmes de Pigalle » ou encore « Femme, femme, femme », et incarnera aussi un Napoléon criant de vérité. Sa célébrité est en partie due à sa rencontre avec Alice Dona, qui composera ses plus gros succès, à l’occasion du Concours Eurovision de la Chanson 1971, où il représente la France avec « Un jardin sur la Terre », sous la baguette de l’inamovible Franck Pourcel. Comme quoi l’Eurovision mène à tout, à condition d’en sortir…



mercredi 14 janvier 2026

Brèves du 14 Janvier 2026

 Dussé-je en pâtir au point de me voir condamné ad vitam æternam à l’écoute ininterrompue et douloureuse des œuvres complètes de Christophe Maé interprétées par Zaz imitant Kendji Girac, la gitane à la voix de piche mâtinée de Zaza Napoli en moins viril, je me hasarde toutefois, au seuil de cette nouvelle année, à me vautrer dans les ornières du chemin tant parcouru de la banalité lieu-communesque en vous présentant, non pas sur un plateau d’argent avec bordure en simili laiton chromé et poignées en imitation ersatz d’inox antimoinesque, ni sur un serviteur muet présentant des mignardises doucereuses, et encore moins sur une écuelle en vermeil rehaussée de cuir de peau de fesse de veau élevé sous la mère à un demi-smic le centimètre carré, mais dans le plus simple appareil, et dans ma bouche (non, non, ça reste très correct, rassurez-vous, n’allez pas grossir inconsidérément la chose même si je me plais à reconnaître que je peux avoir un développement monstrueux en certaines circonstances…), mes vœux les plus chaleureux et les plus sincères pour les putains de trois cent soixante-cinq jours de la puta madre qui nous font face…

Pour enclencher idoinement la nouvelle année, je craignais fort qu’il ne faille inconsidérément sacrifier à la tradition des vœux urbi et orbi, le genre de truc qui ne coûte pas cher et qui fait plaisir à tout le monde, surtout à celles et ceux qui se raccrochent désespérément à l’importance de ce beurrage de tartine pleinement enduit d’hypocrisie intégrale, comme Di Caprio sur le Titanic se raccroche à une bouée et à l’idée que Céline Dion ne vagira pas encore une fois sa chanson sur le gros bateau qui coule…

Donc, hurlons avec les loups, glapissons avec les dindes et mugissons avec la meute de braillards qui vous ont consciencieusement flingué les tympans mercredi soir à minuit et souhaitons avec les affolés du vœu de nouvelle année qu’elle soit bonne… Ou plutôt non, je ne vais pas vous présenter les vœux tout seul… Je m’adjoins les services de deux employées de maison, Maria et Conchita. L’une possède un blair qui ferait passer le nez de Liane Foly première version pour une minuscule péninsule, et l’autre se désespère de trouver de l’earl grey dans mes placards…La bonne à nez, et la bonne sans thé…

Rassurez-vous, je ne vais pas verser dans les roucoulades violonées et eurovisionnesques du Concert du Nouvel An viennois, les calembours usés jusqu’à la corde que même Ruquier n’en voudrait pas pour refiler à son Boulay préféré qu’il aime à tirer de temps à autre, et le sirupeux dégoulinant, façon loukoum arrosé au sirop d’érable, en vous souhaitant le meilleur pour les douze mois à venir, je ne ferais pas du Mari-à-Brigitte en vous faisant ronfler devant votre poste…

Oh, je me doute bien que je dois arriver en deux-cent-soixante-treizième position dans le souhaitage de vieux, et que vous avez dû vous fader au bas mot le même nombre de paires de bises humides ou gluantes, avec halitose carabinée à décrocher le papier peint en prime et tout autant de fadaises nouvel-anniques depuis le 1er janvier dernier…

En une période où les grippes, tant intestinales que classiques, font bondir dans l’écarlate cramoisi les alertes infos des chaînes d’info continue, il serait presque mal venu de glisser, tel un pet vaseliné glissant sur une toile cirée recouverte d’une triple couche d’encaustique, que les vœux vous font chier… Ça, c’est le domaine de prédilection de la gastro et des réclames télévisées itératives pour les débouchages médicamenteux d’intestins fatigués ou paresseux, entre Dulcolax et Herbesan en passant par les dragées Fuca qui repeignent tout du sol au plafond en un artistique moucheté marron-caca-d’oie… Deuxième couche assurée dès que vous entendez encore Mariah Carey glapir ses âneries de Noyel…

Quelle joie sans égale de retrouver ses collègues de bureau, ou de glandouille pour nos amis fonctionnaires qui sont toujours les premiers à me lire, vu qu’ils n’en foutent pas une rame de la journée, et de se repaître jusqu’à la nausée post-réveillonnesque de ces vœux d’autant plus grandiloquents qu’ils sont trempés dans la faucuterie la plus intégrale…

Quel moyen atroce de non seulement poursuivre la semaine, mais également de fêter la reprise après la trêve de Noël, avec cette avalanche de bécots sonores et baveux, avec cliquetis de dentier mal collé en prime, ces tapes dans le dos prétendument amicales toutes prêtes à vous démonter la clavicule et ces sourires de commande en ligne directe de la dernière élection de Miss Dinde Fourrée… Et si, en plus, ça se passe au lendemain de l’épiphanie, alors là, c’est le carton plein, c’est la quine, c’est le bingo assuré avec en cadeau Bonux la ménagère 48 pièces avec le légumier assorti…

L’épiphanie, d’origine marseillaise, dont les règles furent fixées par Marcel Pagnol dans sa célèbre trilogie Marius, César, Epiphanie, est aussi la fête des dentistes, trop contents de réparer les bridges fracassés, les plombages déchaussés et les incisives malmenées par des fèves pernicieuses cachées sous la frangipane écœurante de galettes hors de prix…

Alors, le combo vœux de bonne année à haute dose, galette en carton saveur amande rance, et cidre éventé et tiède au surplus… On touche presque le nirvana de la journée pourrave…

Pour faire bonne mesure, et franchement vous donner envie de vous flinguer en rentrant en ouvrant le gaz de la gazinière électrique, saupoudrez de vingt-cinq « c’était bien ton réveillon du nouvel an ambiance orientale au Mikhenez de Poussan », dix-huit « t’as été gâté à Noël ? » (auquel on a envie de répondre « oui, mais nettement moins que tes dents »), une petite douzaine de « T’as eu de la neige à la montagne, parce que Roger du service compta, il a skié huit jours sur du gazon et des gravats », et un « punaise, ma belle-doche a eu la fève hier, ça s’est vu, elle était toute rouge et ne respirait plus… trop content de lui refiler une couronne »…

En parlant de couronne, offrons-en une incontinent à tous nos disparus célèbres, qui se sont pressés au portillon de Saint-Pierre pour éviter, qui les vœux de Nouvel An, qui les galettes de l’Epiphanie…

C’est que depuis la fin de l’année dernière, ça dégomme comme au ball-trap dans les rangs des célébrités qui meurent plus souvent qu’à leur tour… Brialy, l’irremplaçable Mère Lachaise, en aurait le goupillon tout frétillant s’il était encore de ce monde…

Ah, question droits de succession, ça démarre sévère ! Depuis la fin de l’année, on n’a pas le temps de faire sécher la tenue de grand deuil qu’on nous annonce un nouveau décès parmi les célébrités…

Et je ne parle pas ici des quarante morts de Crans-Montana, qui ont cru marrant de rejouer « Les brûlés font du ski » à la Saint-Sylvestre, et qui démontre que, hélas, les leçons de l’incendie du « 5/7 » en 1970 n’ont pas été apprises…

Honneur à Fanny Biascamano, décédée le 27 décembre à seulement 46 ans. Elle fut révélée toute jeunette par le télé-crochet de Sacrée Soirée, avec une reprise de Piaf qui fut un succès dans les hit-parades, puis représenta fort honorablement la France à l’Eurovision 1997 avec « Sentiments songes », une ballade classieuse qui ne lui permit hélas pas de renouer avec le succès. Des sentiments songes qui tournent au cauchemar…

Cette disparition fut hélas éclipsée par le décès, le lendemain, de l’un des derniers monstres sacrés du cinéma français, Brigitte Bardot, partie retrouver ses chers bébés phoques à l’âge de 91 ans.

Rendre hommage à un tel personnage est sans nul doute un exercice périlleux, je n’irai pas jusqu’à dire, paraphrasant Desproges, que j’ai repris deux fois des moules en apprenant son décès. Brigitte Bardot avait ses défauts, ses travers, puisqu’à l’automne de sa vie, elle avait viré d’initiales B.B. à initiales S.S., et avait proféré un bon tombereau d’horreurs notamment sur les mérites de Marine Le Pen, les homosexuels et son fils…

Il n’en reste pas moins, quoi qu’on puisse penser d’elle, que Brigitte demeure une icône indéboulonnable du cinéma français du vingtième siècle, même si elle a tourné dans une ribambelle de navets qui ne valaient que par sa présence. B.B. était une femme libre, au franc-parler, et qui a accepté que sa beauté du diable se fane sans recourir à la chirurgie esthétique, qui a fait ressembler ses congénères à des monstroplantes. 

Son combat pour les animaux ne doit pas être oublié, à la différence de sa discographie, émaillée de pochades médiocres et de chansonnettes navrantes, interprétées par une voix délicieusement fausse, à mi-chemin entre Stone et Zaz…

Et Dieu rappela la Femme…

Histoire de finir l’année dans l’allégresse la plus totale, Evelyne Leclercq déquillait le 30 décembre, emportant avec elle une part de notre enfance. Légendaire speakerine de TF1, reconvertie en entremetteuse pour laissés-pour-compte de la bagatelle grâce à l’émission « Tournez manège », elle présentera également le Concours de la Chanson Française, sélection française pour l’Eurovision, entre 1976 et 1978. Régulièrement brocardée pour « Tournez manège » et son côté « foire aux bestiaux », elle savait toutefois faire preuve d’humour, notamment lors des Grosses Têtes, époque Philippe Bouvard.

Le début d’année n’a guère été plus tranquille pour les affolés des enterrements puisqu’il faut également saluer la mémoire de Catherine Samie, monument de la Comédie Française, de Rolland Courbis, entraîneur de football, et d’Alain Orsoni, militant nationaliste corse, abattu lors de l’enterrement de sa mère, ce qui diminuera les frais d’obsèques pour la famille…

Vous l’aurez remarqué, depuis le début de l’année, on nous abreuve d’alertes infos, de scoops plus ou moins éventés et de « priorité au direct » qui nous mettent immanquablement les nerfs en capilotade…

Assez de scoops, d’alerte info, ou de flashs spéciaux qui interrompent la douzième rediffusion de votre épisode préféré des « Feux de l’Amour dans la lune » au moment précis où Belinda-Bridget allait avouer à la seconde ex-épouse du cousin du père de son enfant illégitime abandonné par sa vraie marâtre et recueilli par sa fausse tante, qui en est une, qu’en vérité, Fallon-Ellen n’était pas la véritable cousine par alliance du beau-frère à la nièce du facteur de Santa Cruz à cause du divorce avant sa césarienne de la grand-mère au mari de sa sœur...

Laissez-nous passer en paix quelques jours de tranquillité bien méritée, à l’abri du froid qui est enfin arrivé en France et qui nous fait râler sur les températures à ne pas laisser traîner une belle-mère dehors…

C’est qu’on s’en cognerait velu des déclarations toutes faites de notre Président sur la situation en Iran, où les enturbannés commencent à avoir nettement chaud aux miches… C’est que les exploits du Connard à l’orange, qui s’autoproclame gendarme du Monde en capturant Nicolas Maduro, lorgnant démesurément sur le Groenland et vouant les Mollahs aux Gémonies nous seraient limite indifférents…

Car depuis la semaine dernière… Ce sont les soldes d’hiver ! Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!! Des soldes !

Ce cri strident qui ferait passer les vocalises suraiguës de Duncan Laurence qui vient de se la faire mordre à pleines dents par Aminimir sur le plateau de Destination Eurovision 2021 pour une vulgaire sonnette d’alarme fatiguée, c’est un véritable cri de guerre.

Un cri de guerre qui retentit comme autant d’antivols au passage du portique de sécurité du magasin plusieurs fois l’an. Un cri de guerre qui marque indubitablement le début d’une période faste au commerce de détail et aux banques qui facturent les agios au prix de la tonne de caviar sevruga : les irremplaçables soldes d’hiver.

Et j’ai l’envie quasi-irrépressible, un peu comme quand on voit les seins de Claire Chazal en une de Paris Match et qu’on sprinte vitesse grand V, accélération gamma petit p plus petit q, se ramoner les boyaux dans le caniveau tant le spectacle est insoutenable et pousserait à la conversion à l’homosexualité avec Houellebecq, c’est vous dire ma détresse ; j’ai l’envie irrépressible de jouer à l’ethnologue, de parodier Claude Rika-Lewis-Chopin, ou Levi’s-Strauss, je ne sais plus, de singer l’immortel Christian Zuber et sa caméra au poing, et de vous emmener à la découverte d’une communauté méconnue bien que largement répandue : les amateurs des soldes.

Pas besoin de vous accoutrer d’un bermuda façon Tintin au Congo, d’un bitos des temps bénis de la Coloniale et de pataugas qui ont dû écraser plus de merdes que Marc Lévy et Katherine Pancol réunis ont pu en écrire dans toute leur carrière. Nul besoin de vous exiler dans quelque contrée perdue, hostile et généralement peuplée de peuplades aux noms fleurant bon les récits de la Semaine de Suzette et les albums-photos souvenirs de la Cochinchine… Les amateurs de soldes crèchent partout : à Paris (un vrai nid), à Londres, à San Feliu de Guixols, à Sainte Ménéhoulde de Moncu-sur-Lacommode, sur votre palier (juste la porte en face) ou encore dans le gourbi du coin de la Rue des Onanistes En Rut…

Les amateurs de soldes aiment à se faire appeler selon les humeurs du moment et leurs envies versatiles : fashionistas, hystériques du falbalas, folles tordues de la réduction de la mort qui tue, idolâtres au dernier degré des grandes brésiliennes qui roucoulent du « Ma chéééérie, magnifaïque » à tout bout de champ devant une cagole sur-maquillée et saucissonnée en prêt-à-porter fast-fashion mal coupé, ou encore adulateurs acidulés des tafioles de concours qui prétendent, en une heure d’émission, relooker un boudin mongoloïde façon pot-à-tabac, attifé de leggins léopard rose et d’un top à dentelle mordoré fluo en un top-model d’un mètre quatre-vingt et caréné comme un Riva de compétition.

Généralement griffés de la racine des cheveux patiemment permanentés chez les sœurs Carita, les madones des cuirs chevelus friqués, jusqu’au bout renforcé de leur paire de Burlington grand siècle, les amateurs de soldes s’en vont courir le pavé des centres-villes et des centres commerciaux de grande banlieue dès potron-minet le jour d’ouverture des soldes. Pas question de louper, ne serait-ce que de quelques infimes nanosecondes, l’ouverture plus matutinale qu’à l’habitude des Galeries Farfouillette et de ne pouvoir se mettre sur les arêtes, moyennant un double smic, ce splendide ensemble en chintz d’ottoman moiré couleur diarrhée de nourrisson asthmatique avec ce drapé bouffant qui retombe en smocks sur la passementerie en jabot à clochettes !

Peu importe de savoir s’ils devront se contenter de pâtes à l’eau tiède pour le restant de l’année, tant à cause de la carte bleue qui a viré cramoisi écarlate que des rondeurs qui obligent au recours d’un chausse-pieds et d’un bidon de vaseline pour enfiler le dit-ensemble susmentionné ! Ils le veulent, et ils l’auront ! Épicéfini !

Peu leur chaut que l’article convoité coûte l’équivalent du PIB bisannuel des Iles Vanuatu, qu’il ne soit plus disponible qu’en taille 36 alors qu’on n’arrive qu’avec de grands efforts et des apnées prolongées à s’enquiller dans du 44 rectifié, ou qu’il soit miraculeusement réchappé de la collection Dormeuil Pépère 1957. Il est EN SOLDES !

Et c’est justement ce qui le rend si désirable à leurs yeux de presses-bites ou d’astigmates, ce qui fait qu’il le leur faut, absolument, décidément, définitivement !

Qu’importe que le commerçant ait multiplié le prix par deux pour offrir royalement quarante pour cent de remise ! L’article est soldé ! C’est le sésame magique qui les fait vriller !

Non content de bourrer comme une vulgaire starlette de porno hongroise en face d’une horde de Rocco-Siffredis priapiques son dressing croulant sous les inratables bonnes affaires des soldes précédents qui finiront dans trois ans bouffés aux mites malgré les quarante boules de naphtaline et la douzaine de plaquettes Vapona, l’amateur de soldes moyen s’exprime. Hélas…

Ce n’est ni du Voltaire, ni du Verlaine (qui avait le rein beau et la gâchette chatouilleuse dès qu’il s’agissait de tirer un coup), non. A peine du Barbelivien, voire du sous-Obispo en manque d’inspiration (pléonasme) et le plus souvent c’est d’un niveau inférieur à la moyenne des meilleurs textes de Kendji Girac, la Gitane sans filtre. C’est vous dire qu’on racle les fonds ultimes de la Fosse des Mariannes au risque de découvrir des textes eurovisuels… C’est plutôt une collection de cris de guerre, d’incantations bellicistes et de gargouillis belliqueux qui arriverait presque à vous faire faire dans le froc, y compris en cas de constipation opiniâtre…

Du classique « J’en-veux-un-poussez-vous-je-l’ai-vu-la-première-j’étais-avant-vous ! » au venimeux « C’est-le-mien-dégage-tes-pattes-de-là-pétasse-ou-j’te-pète-les-seins », le vocabulaire moyen de l’amateur de soldes peut se faire presque intelligible, le plus souvent par pure inadvertance, et vous pourrez, au gré de vos pérégrinations au long des rayons transformés en remake de Raqqa ou de Beyrouth, saisir des « M’enfin Kévina, tu vas pas acheter un tee-shirt qui te cache les seins ! », des « Vous êtes sûr que ça va donner ? Assurément, le polychlorure de vinyle imitation similicuir façon moleskine donne toujours d’un à deux millimètres après dix-huit kilomètres de marché forcée », des « J’les prends tous les quatre, tu comprends, c’est pas que j’en aie besoin, j’en ai déjà douze, mais à mille boules l’unité, ça emmerde Charles-Hugues » ou encore des « Tu trouves pas que ça me boudine un peu ? Nan, à peine, mais tu pourras postuler chez Olida ».

Les soldes, période où l’on se rend compte que soit la taille 42 n’est plus ce qu’elle était, et votre armoire rétrécit effectivement tous vos vêtements subrepticement la nuit venue ; soit vous êtes amenés à caresser le commencement de l’idée qu’éventuellement vous auriez pris quelques grammes et qu’un régime devrait peut-être mis en place dans un avenir aussi proche que la ligne d’horizon… Les quarante-huit spots pour « Comme j’aime » en une heure de programme télévisé devraient vous pousser à y être acculé…

Les soldes, où ces dames, demoiselles, messieurs, demi-vierges folles, échaudées de la carte bleue, folles tordues hystériques du falbalas se pâment devant les rabais en faisant montre d’une excitation au moins aussi élevée que celle d’un roumain au Salon International de la Caravane…

Les soldes, c’est quand même plus bandant que Donald Trump en djellaba avec un turban sur le cigare qui glapit « Make Iran great again ! »…

Et le 14 janvier 1986, à huit kilomètres de Gourma-Rharous, au Mali, au milieu des décombres éparpillés sur une centaine de mètres d’un hélicoptère du Paris-Dakar, les corps de cinq personnes, dont ceux de Thierry Sabine, l’organisateur du rallye, et de Daniel Balavoine qui, alors qu’il venait deux jours auparavant de sauver la vie d’une pilote, lui aurait dit « il faut être fou pour faire cette course »… 



mardi 23 décembre 2025

Brèves du 23 Décembre 2025

 Ah, chers amis, fidèles lecteurs, inconsciente et innocente audience avide de mes élucubrations chroniquières, comme j’aurais aimé vous interpréter une jolie berceuse pour vous accompagner suavement vers la belle nuit de Noël où toutes les grosses cloches sonnent (à moins que ce ne soient les grosses cochonnes…)… 

Seulement… Ce n’est évidemment pas l’envie qui m’en manque, malgré une énergie proche de l’amibe anémiée qui me donne furieusement une appétence plus qu’exacerbée de vacances… Mais le contexte hexagonal actuel et le moral moyen du français du même nom ne donnent pas forcément envie de faire la fête, de rigoler, de festoyer, d’entonner des refrains joyeux…

Certes, je sais que les fêtes de fin d’année s’annoncent à grands renforts de pubs spécialisées, de rediffusions télévisées douteuses et usées, ainsi que de téléfilms mièvres, mais aussi avec leur cortège de cadeaux, de repas en famille ou solitaires, d’indigestions, de doigts martyrisés par le couteau à huîtres, d’oncles bourrés comme un coing qui dansent la macarena à moitié à poil sur la table basse du salon avant de se casser la gueule comme des étrons frais sur une tante mijaurée en robe de bayadère jaune poussin qui n’en demandait pas tant, de cadeaux splendides coûtant une blinde et demie qui finiront dès le lendemain en achat immédiat sur ebay au dixième de leur prix, et de bougies senteur épices indiens-sardine marinée de Reykjavik qui filent le feu au sapin dès les amuse-bouche du réveillon…

Je sais bien qu’on a encore une fois décongelé Mariah Carey pour qu’elle nous braille à plein tube que tout ce qu’elle veut pour Nowel c’est vous (et que vous rêvez secrètement de la renvoyer illico presto dans son congélateur musical), et que vous attendez avec une anxiété non feinte les quatre-vingt-huit bêtisiers de fin d’année où l’on vous rediffusera encore et encore, jusqu’à la nausée intégrale, Denise Fabre qui se dévisse le dentier, Nancy Reagan qui se prend une gamelle, et Gainsbourg qui invite Whitney Houston à se faire rectifier le tuyau d’échappement…

Vous piaffiez d’impatience dans la tante… pardon, dans l’attente des sempiternels téléfilms de Noël, toujours aussi émétiques tant ils regorgent de bons sentiments frelatés, des éternelles rediffusions de la trilogie des Sissi et du guimauvesque Mayerling, et des films cuculapralinesques qu’on regarde les yeux mi-clos en comatant la bave aux lèvres et la boite de chocolats à la main, lové sous la couverture polaire alors que des flocons de neige s’accrochent aux carreaux…

Eh bien non ! Le ravissement de ces moments magiques, ce sentiment indéfinissable au moment de mettre le petit Jésus dans la crèche, au sens premier du terme, bien entendu, cette torpeur bienfaisante qui vous envahit en regardant la Messe de Minuit en mondovision depuis Saint Pierre de Rome, ça n’est pas pour tout de suite !

Tout d’abord parce que ce serait pêcher que de vous balancer tout ça dans la figure comme un gougnafier que je ne suis pas, enfin, que j’espère ne pas être, et ensuite parce que nous ne sommes que le 23 décembre…

Car vous le savez, encore que les dindasses croivent que vous le sachiez (dans la colle ou dans mes bottes, c’est selon les croivances), les emmerdements volent en escadrille… Eh bien, les convois funèbres aussi, hélas… Est-ce le changement de météo brutal ou la perspective de se fader un énième réveillon avec les sempiternelles conneries télévisées, mais nous enregistrons un net pic de cassage de pipes depuis trois jours…

Il y a peu, c’est Monique Tarbès qui passait l’arme à gauche, à 91 ans, après une carrière bien remplie à la télévision et sur les planches. On se souviendra d’elle dans l’immarcescible « Don d’Adèle » qui fit les beaux jours de l’émission télévisée « Au théâtre ce soir », mais aussi dans « 1 rue Sésame », où sa voix toute particulière laissa un souvenir indélébile aux enfants de l’époque, qui pleurent aujourd’hui un énième pan de leur enfance qui s’envole…

Adieu aussi à Mick Abrahams, 82 ans, co-fondateur du groupe Jethro Tull, qui connut le succès planétaire avec « Bourée », arrangement jazzy d’un morceau de Bach en 1969.

Au revoir à Chris Rea, décédé à 74 ans, interprète britannique qui connut de beaux succès en France dans les années 1980, notamment avec « Josephine », « On the beach » ou « The road to hell ». Espérons que sa route désormais ne l’y mènera pas…

Au revoir également à Georgette Lemaire, l’éternelle concurrente malheureuse de Mireille Mathieu, tout comme la brameuse d’Avignon révélée par le Jeu de la Chance, en 1965. Usant jusqu’à la corde le style réaliste de Piaf, Georgette Lemaire connaîtra plusieurs gros succès comme « Et si c’était vrai », « Vous étiez belle madame » ou « Des millions d’amoureux », mais ne saura pas se renouveler dans les années 70, faisant la une des périodiques à sensation, et restant dans l’inconscient collectif comme une sous-Mireille Mathieu en plus populaire… Gageons que la Môme saura l’accueillir comme une digne héritière…

Ça fait gai, hein, à deux jours de Noël…

Et là, je me permets de vous poser brutalement la question, puisque l’on se connaît suffisamment bien et que je sais au surplus que vous n’êtes plus de jeunes damoiseaux à peine déniaisés ni des rosières ayant coiffé Sainte-Catherine sans avoir vu le loup dans la bergerie :

Est-ce que vous la sentez ?

Non, mais je veux dire, est-ce que vous la sentez bien ? En êtes-vous tout entièrement pénétrés ? L’avez-vous laissé entrer totalement en vous et cheminer jusqu’aux replis les plus intimes de votre anatomie secrète afin d’y répandre en cataractes torrentielles la substantifique moelle de son suc ultime ?

Evidemment, j’en connais qui en sont déjà à s’essuyer avec des soupirs rauques de plaisir assouvi et de purée larguée dans les rideaux en ayant lu ces quelques lignes qui siéent plus à Régine Desforges qu’à Jean Cau ; mais quitte à les ébranler (encore une fois) dans leurs convictions profondes, mes propos sont tout ce qu’il y a de plus purs !

Purs à un point tel que je vous repose la question : est-ce que vous la sentez, la délicieuse odeur de Noël ?

Humez-vous la fragrance parfumée des sapins de Noël croulant sous les guirlandes et les boules multicolores qui emplissent les salons, des pains d’épices et des massepains qui , sur les tables richement garnies, n’attendent que le feu vert parental pour se faire avidement dévorer, des mets de choix qui vous rempliront la panse en faisant pétiller vos papilles d’un plaisir gustatif s’apparentant à l’orgasme alimentaire ?

Reniflez-vous la senteur particulière de ces jours de fête, où l’air semble plus léger malgré les emmerdements bêtement quotidiens et où l’on est presque contraints de faire risette à cette empaffée du service comptabilité qui pue de la gueule à en décoller la moquette murale dans la pièce d’à-côté, juste parce que c’est la trêve des confiseurs ?

A moins d’être un Morgan Bourc’his ou un Pierre Frolla capables de se filer, en combinaisons de néoprène moule-chouquettes, en apnée pour des périodes qui vont de quelques minutes à « punaise la vache c’est trop trop long ! », vous n’avez pu faire autrement que d’en prendre plein les poumons…

L’esprit de Noël est en train de nous tomber dessus, même si cette année encore, c’est un Père Noël avec un contexte international chargé et une situation hexagonale guère plus engageante qui viendra déposer les cadeaux dans les souliers… Mais qu’importe ! Foin des querelles intestines qui nous pourrissent le quotidien, fi des petits tracas journaliers qui nous mettent le ventre en capilotade et l’esprit en haut-fourneau sidérurgique !

Allez ! Pressez-vous prestement de vous hâter d’aller faire l’emplette des derniers présents à offrir à vos proches, des ultimes cadeaux qui feront bouillonner les récipiendaires et votre carte bleue… Les récipiendaires, d’un légitime bonheur de voir la perle rare trôner dans leurs souliers, et votre carte bleue, d’un échauffement cramoisi qui tend vers l’évaporation définitive et occasionnera une bien légitime tachycardie à votre banquier dès le 26 décembre…

Cadeau… ou pas cadeau ? Telle est la question cruciale… Cadeau ou pas cadeau à votre tante Marthe qui vous empeste la maison à chaque visite avec ses robes chasubles antédiluviennes qui schlinguent la naphtaline, à votre cousin Edmond qui finit fin bourré dès les prémices des agapes réveillonnesques et qui chantera immanquablement « La digue du cul »avec une justesse vocale qui ne messiérait pas à la discographie intégrale de Zaz, ou à votre nièce hystérique, collée 24/7 sur son téléphone portable à swiper sur des reels d’une vacuité interstellaire intégrale et qui hurle à la mort dès qu’on hausse les sourcils en signe de vague réprobation ?

Cadeaux pour toutes et tous, même si je sais que je ne suis pas un cadeau, et qu’il faut vivre d’espoir…

L’espoir fait vivre… Et l’espoir que je forme aujourd’hui, au moment de poser la plume du clavier pour quelques jours de repos, au terme d’une année mouvementée, c’est que le monde aille un peu moins mal, pendant quelque temps, que les hommes puissent vivre en bonne entente, que vous passiez de bonnes fêtes… et que je ne prenne pas trop de poids avec ces cochoncetés de chocolats !

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Guy-Louis, Amélie Mauresmo, Ma’âme Jeanssen, Conchita Wurst, Josiane Saucisse, Pepita Sausage, ainsi que tout celles et ceux qui en feront la demande par papier timbré mauve moiré à douze euros soixante-quatorze la demi-page ; ainsi se terminent, en conclusion d’une année chargée en péripéties, en émotions et en cataclysmes d’actualité, ces chroniques en forme de brèves de presque pour l’année 2025.

J’espère que vous aurez pris autant de plaisir à les lire que j’en ai ressenti à les écrire… Le temps qui m’est imparti touchant à sa fin, Beaugrand touchant à sa nouille et Féraud touchant à la mienne, je vous souhaite tout bêtement de passer d’excellentes fêtes de fin d’année, remplies de bonheurs vrais, de joies simples et de moments complices en famille, en couple, ou comme il vous plaira !

Je vous embrasse chaleureusement en remerciement de votre attention et de vos commentaires, et vous retrouve tout bientôt pour de nouvelles aventures…

A vous Cognacq Jay, à vous les studios !



lundi 1 décembre 2025

Brèves du 1er Décembre 2025

 « T'as voulu voir Vesoul
« Et on a vu Vesoul
« T'as voulu voir Honfleur
« Et on a vu Honfleur
« Il a voulu voir ta sœur
« Et il a vu Francine
« Comme toujours… »

Comme musique d’ambiance pour galvaniser les foules lors d’un meeting politique, vous conviendrez de concert avec moi que les chansons du Grand Jacques ne sont pas particulièrement réputées pour leur ton fédérateur ou leur rythmique imparable… Celles de Kendji Chirac, la Gitane sans filtre qu’on fume dans les coulisses, non plus, certes…

Et pourtant, ce serait tellement plus simple pour nos politocards nationaux de choisir une chanson qui deviendrait leur hymne politique, leur couleur partisane, leur identité musicale…

Imaginez Rachida Dati, eperlouzée de frais, arriver sur les tréteaux au son de « Marre de cette nana-là », Laurent Nuñez sur les motifs de « Je suis le cow-boy d’Aubervilliers », Edouard Geffray scandant « Qui c’est celui-là » devant une salle vide, Florian Philippot virevoltant du bas de sa jaquette flottante au son de « Mon légionnaire », Nicolas Sarkozy avec Carlita qui gratte à la gratte « Les portes du pénitencier », Gérald Darmanin, le Garde des Sots, avec « Tout mais pas ça » à plein volume, et Emmanuel Macron avec son indicatif préféré « Tu me pompes l’air »…

Il n’empêche que dans le cas de l’immortel « Vesoul », il colle comme une seconde peau à Jordan Bardella, qui se sent pousser des ailes façon Concorde depuis que les sondages le classent invariablement comme grand favori de la Présidentielle 2027.

Le dauphin autoproclamé de Marine s’est retrouvé copieusement enfariné lors d’un déplacement à Vesoul, le blanc-bec (au sens propre désormais) de la politique a donc vu Francine de très près, même si pour l’occasion, c’était Francine fluide, en paquet d’un kilo.

Ça lui va comme un gant à un pis de vache, à Jordanou les dents blanches (du fait de son sponsoring farinier) puisqu’il affirme dans tous les médias que le RN est un parti qui lave plus blanc… D’ici à ce qu’il compare Marine Le Pen à la Mère Denis (voire la Mère Déni, vu ses embrouillaminis judiciaires), il n'y a qu’un pas…

Finalement, cet enfarinage est bien le seul cas où le RN sorte blanchi d’une affaire…

Et comme si cette dose de farine ne suffisait pas, Jordanou la poisse s’est fait écraser un œuf sur la tête dans le Tarn-et-Garonne… Il ne lui manque plus que du lait, et il pourra faire des crêpes…

Autre politocard qui risque fort d’être bientôt blême de rage, c’est notre Mélenchon national… Figurez-vous que Méluche sera sous peu convoqué devant la Commission d’enquête sur les liens entre partis et islamisme. Rhoooooooo ! Le coup bas vachard qui va bien ! Soupçonner le grand conducator des Insoumis d’accointances plus ou moins avouables avec les enturbannés qui aiment à se faire sauter en public, y’a de quoi le fâcher tout rouge en une nanoseconde, le Méchancon… 

Je le connais le Jean-Luc, avec son caractère limite ombrageux … Sourcilleux comme il est, il va nous péter une colère saine magnitude 12 devant les membres de la Grosse Commission, ça va chier dans le ventilo, tâcher les tapis, laisser une odeur de soufre mâtinée de kebab avarié, il va nous les éparpiller façon puzzle aux quatre coins de Paris, et y’aura des morceaux qui vont rester coincés dans les lustres… 

Sérieux ! Mélenchon est plus radioactif que Tchernobyl et Fukushima réunis sur l’islamisme, et ils veulent l’auditionner pépère sur un sujet chatouilleux qui le fait dégoupiller direct… Les mecs de la Commission auraient cherché le désagrément qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement… D’ici à ce qu’il leur éructe à la barbe et en stéréo quadriphonique que le Grand Mufti de l’Hexagone, c’est lui…

Bon, concernant le locataire actuel de l’Elysée, on est hélas habitué à ses déclarations fracassantes qui, si elles persistent à n’ébouriffer que les chauves, ont au moins l’avantage de brasser de l’air. Et l’on ne répètera jamais assez que l’aération des pièces contribue à un confort sanitaire accru… Rien que pour ça, le siphonné de la rue du Faubourg-Saint-Honoré mérite toute notre reconnaissance bienveillante.

Toujours animé par sa marotte va-t’en-guerre, Manu s’est fendu d’un discours ronflant sur l’instauration d’un service militaire basé sur le volontariat, balançant une bordée de mesures qui, pour certaines d’entre-elles, sont d’ores et déjà en vigueur. Et puis, vouloir faire de nos jeunots actuels, qui ont déjà assez de peine à déterminer s’ils sont des hommes, des femmes ou des grille-pains, des militaires aguerris et tout prêts à aller défourailler dans tous les azimuts, c’est peut-être placer la barre un poil haut… Mais faut pas lui en vouloir, vous savez…

Depuis le début de la guerre en Ukraine, on s’est largement rendu compte de son appétence immodérée pour les mecs en kaki ; y’a qu’à le voir reluquer Zelinsky à chacune de ses visites parisiennes, il ne peut s’empêcher de lui tâter la viande pour voir s’il ne pourrait pas lui mettre un grand coup de son obus à crème fleurette dans les Pays-Bas. Alors, dégoiser pendant deux plombes sur de jeunes enkakifiés tout moulés dans leurs uniformes, c’est un coup à se ruiner le slip façon empesage des rideaux pour notre Manu national…

Une autre qui se fait des films à longueur de journée, et qui n’hésite désormais plus à se mettre en scène d’une manière qui prêterait à sourire si elle n’était que trop sérieuse, c’est notre irremplaçable Sinistre de la Culture, Rachida Dati. Prête à tout pour faire oublier le casse du Louvre, Raticha s’est récemment payé une mise en scène que n’aurait pas renié Cecil Billet de Mille s’il était encore de ce monde.

Ne perdant aucune occasion de brocarder la gestion légendairement calamiteuse de Notre Drame de Paris, et comme de toute façon, le ridicule ne tue pas, la Ministre Sans Culture a fait mumuse devant les caméras en grande tenue d’éboueur… Ah ! Fallait pas la louper, Raticha, en costume de boueux siglé Chanel, soie sauvage, brocarts d’or fin et boutons en vermeil, faire mine de tripoter des containers désinfectés pour l’occasion… Pour une fois, c’était une ordure qui vidait les poubelles…

Tiens, puisqu’on parle de détritus, un mot sur Sarkozy, et son bouquin, visiblement écrit à la vitesse d’un éjaculateur précoce sous perfusion de viagra concentré. L’Ex nous a pondu en un temps record « Le journal d’un prisonnier », un pensum imbitable de plus de deux cent pages qu’il aurait rédigé lors de ses vingt jours de détention… Y’a pas à dire, le yaourt, ça booste l’imagination à un point tel qu’il faudra envisager de classer le Danone nature comme dopant survitaminé…

Pas besoin d’être toutefois un grand matheux pour constater que l’amateur de talonnettes a accouché d’une moyenne de dix pages journalières, reléguant de ce fait Balzac, grand pisseur de copie devant l’éternel, au rang guère enviable de bande-mou de la plume.

Je me demande, avec une récurrente insistance teinté d’un certain esprit critique, si le Petit Nicolas n’aurait pas tendance à nous prendre pour des beubeuttes… D’ailleurs, les sites de vente en ligne regorgent d’ores et déjà d’exemplaires d’occasion, à des prix défiant toute concurrence. Pour moins de trois euros, vous emportez le dernier torche-fion de la Santé. C’est vous dire si la page de papier-cul est bon marché en ce moment…

Pitié, Messieurs les Juges rouges à la solde du grand capital apatride levantin, ne le reflanquez pas en taule, ça lui donnerait l’occasion de nous déféquer d’autres best-sellers. Et si d’aventure, Carlita compose à la même vitesse que son mari, c’est vous dire si l’industrie discographique a du mouron à se faire dans les mois qui viennent…

Dieu merci, toutes les futilités de ce début de semaine ne sont pas politiques. A l’instar de ces policiers de La Ciotat qui, pensant aider une automobiliste victime d’une crevaison, ont finalement découvert qu’elle roulait sans permis, et qu’au surplus, elle livrait de la drogue, un hectogramme de résine de cannabis étant retrouvé dans le véhicule…

Après Uber Eats, Uber Shit… Dans les deux cas, c’est de la merde…

Puisqu’on parle de merde, vous aurez remarqué probablement qu’on vient de se faire littéralement ensevelir sous les réclames télévisées, radiodiffusées et internetesques pour le Black Friday, une journée d’une semaine où l’on peut arriver à économiser jusqu’à 100 % si l’on achète strictement rien de tout leur bazar pourrave, majoré de 30 % avant de vous faire une royale remise de 10 %… J’en arrive presque à me demander si les racistes fêtent le Black Friday…

Dans le domaine de la santé, vous constaterez également que le pognon de la recherche médicale est savamment utilisé. Des chercheurs allemands ont en effet annoncé faire le pari d’un chewing-gum bientôt capable de détecter la grippe. 

Vous avez bien lu : demain, on sera en capacité de mâcher un chewing-gum et découvrir, grâce à son goût, que l’on est infecté par le virus de la grippe avant même d’en avoir les symptômes… Et ce, grâce au thymol, qui réagit au virus grippal, et qui vous flanquera en bouche la saveur reconnaissable du thym. D’ici à ce que les écolos réfractaires à la gomme à mâcher aillent brouter des bouquets de thym dans les champs pour se dépister à moindre frais…

Le goût comme détecteur de maladies n’est pourtant pas un scoop défrisant… Depuis des lustres, et quelques candélabres, une saveur buccale de vasier à marée basse après une partie de broute-minou hasardeuse vous indiquait sans coup férir une moule avariée et une chtouille carabinée dans les jours à venir… Des remontées gastriques à base de vert-de-gris et de chambre à gaz ? Arrêtez de lire les bouquins de Bardella et de Ciotti… Un goût de merde prononcé dans la gorge en regardant la télé ? Vous avez atteint votre seuil de tolérance aux émissions d’Hanouna…

Et pour finir sur une note primesautière, je vous rappelle le décès à seulement soixante-trois ans de Bébert, surnom d’Albert Kassabi, leader emblématique du groupe Les Forbans, groupe qui connut son heure de gloire dans les années 80, avec des titres rock’n’roll fleurant bon les sixties comme « Chante », « Lève ton ful de là » ou encore « Flip-flap ». La Camarde s’en fout bien de grignoter inlassablement nos souvenirs d’enfance…

Et le 1er décembre 1966, sort sur les écrans ce qui deviendra le plus gros succès cinématographique hexagonal et tiendra, avec plus de dix-sept millions d’entrées, le top du box-office national pendant plus de trente ans toutes nationalités confondues, et plus de quarante ans pour un film français. « La Grande vadrouille » conte sur un mode humoristique les déboires des français face aux allemands pendant la dernière guerre. Avec un De Funés et un Bourvil aux sommets de leurs arts comiques, ce film multi-rediffusé à la télévision, désormais plus de trente rediffusions depuis 1976, offre encore et toujours une parenthèse rafraîchissante, au milieu de tout ce cinéma politique, maintenant sponsorisé par de grandes marques de farine…



mardi 25 novembre 2025

Brèves du 25 novembre 2025

 La vie est bien cruelle, parfois…

Ne vous méprenez pas sur mes intentions chroniquières du jour, hein ! Je sais bien qu’après la ration de cirage triple épaisseur avec finition main à la nénette dont je vous ai abreuvé hier, je vais replonger incontinent dans mes travers habituels et sulfater toutes les futilités de l’actualité à la mitraillette de mon mauvais esprit.

Mais je suis bien obligé de constater que la vie et ses hasards nous assènent plus souvent qu’à son tour des coups derrière les oreilles qui vous font brusquement déchanter amèrement. 

Alors que je voguais pépère sur un océan de béatitude benoîte à bord d’un petit navire de félicité après m’être sustenté ce week-end de la lecture de ce livre dont j’ai dit le plus grand bien dans ma dernière chronique, et dont je me retiens à grand peine de vous en remettre une couche si je n’avais peur de me faire accuser de favoritisme mal placé, l’actualité s’est chargée de faire couler mon frêle esquif façon Titanic, chanson de Céline Dion en prime, histoire de parachever intégralement la tragédie.

Alors que j’avais goulûment rempli plusieurs cases du puzzle de mon enfance en me baladant au pays de Croque-Vacances (mâtin, quel bouquin !) avec une gourmandise non dissimulée, la semaine débutait mal en arrachant sans crier gare quelques cases de ce nostalgique puzzle.

Jimmy Cliff est mort, des suites d’une pneumonie, à l’âge de 81 ans. Cette icône du reggae, à la carrière émaillée de plusieurs tubes immarcescibles, déquillait sans prendre garde. Il l’ignorera sans doute, mais sa chanson « Reggae night » est pour moi une incomparable madeleine de Proust. Dès les premières mesures, je me revois immanquablement gamin, dans ma chambre, mettre sur la platine du tourne-disques le 33-tours de compilation que mes parents m’avaient offert et sur lequel figurait ce titre pour lequel j’ai toujours eu une tendresse particulière.

Ah ! Cruelle Camarde qui nous ravit Jimmy Cliff et ses chansons, mais nous laisse Jul et ses bousasses auditives ! 

Pas la peine pour tenter de me remonter le moral de me conseiller la lecture du bouquin de Sarkozy, hein ! Si en lui-même, le titre est déjà prometteur d’une belle marrade « Le journal d’un prisonnier » pour un mec qui vient de passer moins d’un mois en cellule hyper-sécurisée et en régime favorisé, faut quand même pas pousser la déconne trop loin ; je redoute que le contenu ne soit qu’une observation autocentrée du nombril de l’Ex, se lamentant de son sort, ourdi par un quarteron de juges rouges, et décochant quelques flèches venimeuses bien senties.

Vu la longueur de son incarcération, le dit Journal doit faire péniblement vingt-cinq pages, imprimées en police 26. Mais gageons que c’est un livre qui se lybien…

Il n’est pas par ailleurs certain que la dernière déclaration à la mords-moi-le-nœud que ça m’excite à en recrépir le plafond de Laurent Wauquiez me rende ma légendaire bonne humeur. Visiblement en manque d’exposition médiatique, Lolo a proposé l’interdiction du port du voile pour les mineures, histoire de faire causer dans le marigot politique. Wauquiez n’est peut-être pas voilé, mais il est certainement cintré…

Après le rejet de la partie recettes du budget, nos dépités s’inquiètent de l’avenir de l’économie française. L’un d’entre eux alerte même que sans budget, on va finir par couler l’économie française. Pas de risque, la politique de Macron a déjà fait le plus gros du boulot…

Si l’on regarde à l’international, pas de quoi afficher une banane allant d’une oreille à l’autre, non plus. Le plan de paix proposé par Donald Trump à Zelensky ressemble plus à un traité de capitulation en bonne et due forme, tant Moscou y apparaît avantagé. Le Connard à l’orange aurait tourné pro-Poutine que ça n’étonnerait pas plus que ça…

A la rubrique insolite de nos gazettes, on met en vedette des nouvelles qui n’occuperaient en temps normal pas plus qu’un vague entrefilet casé entre les petites annonces classées et l’horoscope, c’est vous dire si on n’a rien à vous raconter, avant d’embrayer sur la trève des confiseurs et les courses de Noël. 

Figurez-vous qu’à l’occasion d’une vente aux enchères consacrée à chanson française et internationale, les cheveux de Claude François et de Johnny Hallyday font match nul ! Deux peignes ayant appartenu à l’idole des jeunes et sur lesquels étaient restés accrochés quelques cheveux, ainsi qu’une mèche de tifs du chanteur électrisant (qui avait chanté « une petite mèche de cheveux ») ont été adjugées à 780 euros chaque. Des enchères au poil, visiblement.

Pour sa part, un trophée remis à Mike Brant en 1974 s’est envolé à 15.210 euros, alors que le chanteur, lui, était tombé bien bas…

A peine moins sordide, mais que voulez-vous, quand il s’agit de faire du pognon, on s’assoit bien prestement sur la dignité, une enchère de deux millions d’euros pour la montre en or d’Isidor Straus, un des rares passagers de première classe du Titanic n’ayant pas survécu, qui était restée dans sa famille jusqu’alors. La tocante s’était arrêtée pile à l’heure du drame, et avait été retrouvée sur la dépouille du passager. Encore une spoliation de juif dont Mélenchon ne va pas s’émouvoir, visiblement…

Rien à attendre non plus du côté de la télévision, dont les programmes sont emplis depuis plus d’un mois des inévitables et tout autant vomitifs téléfilms de Noël, sirupeuses bouses sur pellicule guimauvesques dont le but caché est de vous refiler la nausée post-prandiale des repas de fête de fin d’année sans avoir attaqué les hors-d'œuvre. 

Ras le bol de ces nigaudes blondes à peine déniaisées qui se maravent la gueule dans de la neige boueuse juste pour le plaisir de se faire relever par des bellâtres au sourire ultra-brite de 48 ratiches qui flashent instantanément sur elles et qui vont les emmener passer Noël dans une ferme perdue au fin fond du trou-du-cul du monde en les abreuvant de chocolat chaud et de marshmallows grillés à la flamme, fringués de pulls moches et de chaussettes en laine qui grattent les arpions….

Plein le dos de ces préparatifs calamiteux qui foirent lamentablement pendant une heure et demie et qui s’achèvent miraculeusement bien en moins de cinq minutes dans une apothéose sonnant tellement faux qu’on pourrait croire que Zaz chante juste !

Le carnet noir n’est pas là non plus pour nous donner le sourire puisque plusieurs personnalités ont replié leur pébroque récemment.

A l’instar d’Ornella Vanoni, chanteuse italienne, décédée à 91 ans, et qui n’avait pas véritablement percé en France, alors qu’elle était une artiste célébrée en Italie, fort d’une carrière débutée en 1956 et qui se poursuivait encore aujourd’hui. Seules ses participations au Festival de San Remo en 1965 et 1966 peuvent être encore dans la mémoire de quelques amateurs français de roucoulades italiennes périmées…

Adieu aussi à Jean Guidoni, parti à seulement 74 ans, après une carrière plus underground que grand public, malgré les titres « Tramway terminus nord » et « Mort à Venise » relativement connus en leur temps. Les eurofans se souviendront surtout de lui pour sa guimauve « Marie Valentine », arrivée deuxième derrière « Un, deux, trois » par Catherine Ferry au Concours de la Chanson Française 1976, sélection télévisée nationale pour l’Eurovision.

Lui, par contre, on le pleurera moins. Tommy Recco est mort en détention à 91 ans, ce qui faisait de lui le plus vieux prisonnier de France, condamné à la perpétuité, détenu depuis 1980 et jamais libéré malgré vingt-deux demandes de libération conditionnelle. Il restera dans la mémoire collective comme le tueur des trois caissières du Mammouth de Béziers, le 24 décembre 1979, de sorte qu’on va pas se détremper le rimmel, hein…

Et le 25 novembre 1959 mourait à seulement 36 ans Gérard Philipe, légende du théâtre et du cinéma français, figé dans cette image juvénile et romantique qui lui valait les faveurs du public. En quinze ans de carrière, il toucha avec un égal bonheur au théâtre et au cinéma, enregistrant également sur disque des versions légendaires du « Petit Prince » et de « Pierre et le loup ». Doté d’une insolente beauté, il fut, grâce à Jean Vilar et au TNP, un inoubliable Fanfan la Tulipe et un Cid mémorable, à un point tel qu’il est enterré dans le costume de Don Rodrigue. Va, cours, vole et nous venge, Rodrigue…



lundi 24 novembre 2025

Brèves du 24 Novembre 2025

 « Småting, småting, snakke om været
« Småting, småting, treffe no'n kjære
« Småting, småting, det er en liten sang »

Oui, je sais… Je sais que je ne sais pas si vous savez que je sais, mais je sais que vous ne savez certainement pas que je ne sais pas que je sais ce que vous saviez que j’eusse su que vous sachiez qu’ils sachiassent…

En gros, et pour ne pas surcharger votre neurone encore valide, ils croivent que je sais que vous ne sachiez pas…

En lisant l’entame introductive du commencement du début liminaire des prémices préliminaires de la chronique du jour, vous constaterez avec gratitude, désintéressement ou parfait découragement que ladite introduction fait encore une fois la part belle à une perle issue de l’inextinguible réservoir à bouses musicales du Concours Eurovision de la Chanson…

Cette fois-ci, c’est la Norvège, arrivée dans la compétition en 1960, et qui détient à ce jour le record de dernières places, qui a fourni la liminaire citation introductive pour commencer au début, grâce à sa chanson de 1972, interprétée par Grethe Kausland et Benny Borg, « Småting », ce qui signifie, pour les personnes qui ne pratiqueraient pas la langue d’Edvard Grieg, les petites choses.

Car ce sont des petites choses qui, les unes ajoutées aux autres, vous refilent une patate qui ferait hurler le plus vaillant des presse-purées, ainsi qu’une inamovible banane abra cadabrantesque à faire pâlir d’envie les dentiers de Denise Fabre et Patrick Sabatier réunis, Dieu les prothèse…

Un client qui vous remercie du travail accompli, une décision de justice favorable, la découverte d’un disque rare pour votre collection, bref, des petits riens qui illuminent une journée d’automne bien frisquette…

A l’instar d’un colis dans la boîte aux lettres, vendredi dernier, que je déballais avec l’avidité non dissimulée d’un biafrais sous-alimenté (pléonasme) espérant y trouver une demi-pomme et un quignon de pain (la ration alimentaire mensuelle d’Arielle Dombasle).

Déballage frénétique donc, au risque de me démettre une omoplate, auquel succéda un sourire béat, un œil humide qui n’avait rien à voir avec les températures extérieures, et une virulente bouffée de souvenirs d’enfance dans le cervelet.

C’était Noël avant l’heure, puisque je tenais entre mes mains un exemplaire du livre « Au pays de Croque-Vacances », rédigé avec amour, rigueur pointilleuse et un goût du détail non feint par un auteur dont j’ai le privilège de compter parmi mes amis.

Ne croyez pas que j’aie soudainement le cerveau monté en béchamel et le gâtisme galopant, mais il est des situations où je ne peux faire autrement que de dire du bien.

Exercice inhabituel pour moi, je vous l’accorde, mais je ne peux pas faire moins que de sortir la brosse à reluire et le cirage première pression à froid. Je vais donc dire du bien de ce bouquin, et gratuitement en plus !

Non, parce que je peux facilement raconter des horreurs sur le futur bouquin de Sarkozy « Le journal d’un prisonnier », douze pages écrites en police 26 et accompagnées en prime d’un pack de six yaourts et de l’intégrale des invendus de Carlita (45 CD), je peux balancer la sulfateuse à plein régime dès les premières notes du dernier album écrit à la presse hydraulique de Kendji Girac, la Gitane sans filtre, mais quand je tombe sur une pépite, faut neutraliser et ne s’occuper que de cela.

Au pays de Croque-Vacances, c’est le bouquin idéal pour retomber en enfance, pour se remémorer les heureux instants hélas trop fugaces de notre innocence enfantine et des goûters à base de Nesquik et de tartines beurrées, pour goûter encore un moment le temps révolu où la télévision française proposait des émissions pour la jeunesse à la fois distrayantes et instructives (Là, à ce niveau de cirage de pompes, je sens qu’il y a des boules de billards qui sont déjà luisantes comme des boules d’escalier).

On sent le bouquin écrit par un passionné, qui maîtrise sur le bout des doigts le sujet. Pas le livre écrit grâce au chat qu’a pété par un pseudo-spécialiste qui meuble les heures creuses de BFMTV, et qui peut avec la même virevoltante inculture crasse pondre six cent pages sur l’histoire de la culture des pastèques en Basse-Provence lors du grand schisme de 1204, pour déféquer trois mois plus tard un traité sur la mécanique ondulatoire parfaitement documenté et rigoureusement inexact.

Des anecdotes en veux-tu en voilà, de la description velue, de l’iconographie qui te replonge dans les glorieuses heures du TF1 en 819 lignes, et une plume à faire pâlir les prix littéraires.

Tout ce que vous n’osiez même pas demander sur la fameuse émission qui illumina au début des années quatre-vingt les programmes de la première chaîne, présentée par une icône télévisuelle, Claude Pierrard.

Au sortir de ce livre, vous saurez tout de la riche carrière de Claude, qui ne s’est pas limité à divertir les enfants en compagnie de deux lapins ! 

Chaque page tournée équivaut à un shoot de nostalgie, c’est copieux, trop copieux, presque, tant ça fourmille d’informations, à tel point qu’il faudra peut-être voir à ne délivrer le bouquin que sur ordonnance médicale, tant il est addictif ! Tous les dessins animés, toutes les séquences qui composaient l’émission sont là, passées au crible et détaillées avec un souci d’entomologiste télévisé.

Quel plaisir régressif de retrouver Mightor, les Quatre Fantastiques, Dare-Dare Motus, ou encore le Club des Cinq, avec dans ce dernier cas, une présentation smaragdine rappelant les contrées britanniques où se déroulaient les aventures du quintet !

Et quand vous pensiez tout savoir sur une des séquences, on vous en apprend encore ! Un portrait des intervenants, des anecdotes… Bref, tout, le reste, et plus encore !

Une somme de travail colossale, on sent bien les heures de travail, les litres de café ingurgités, la passion viscérale qui anime l’auteur, la documentation accumulée (et je puis en témoigner pour l’avoir constaté de mes propres mirettes), les recherches faites.

Bref, vous l’aurez compris, le livre est une réussite et je ne vous cacherai pas que je l’ai adoré ! Il est tellement bon de blottir dans ses souvenirs d’enfance, qui rejaillissent à chaque page, qu’il faudrait, c’est une proposition sérieuse, déclarer incontinent son auteur d’utilité publique !

Et je ne dis pas ça parce que c’est mon poto, le Nono !

Bon, après une telle couche de cirage triple épaisseur pour pas un rond, va pas falloir s’étonner si je dégomme tout ce qui bouge, ou si je sors le bidon de fiel concentré pour vitrioler à tout-va…

Et le 24 novembre 1979, Sheila atteignait la tête du Hit-parade français avec sa chanson « Spacer », sortie un mois auparavant. Ah oui, je sais, Sheila et numéro un, ça peut choquer les générations actuelles, mais il fut une époque où la petite fille de français moyen, reconvertie depuis pour la pub vivante pour les bâtonnets de poisson pané du Captain Iglo, vendait des disques… Eh oui, elle chantait en anglais avec beaucoup de dévotion et des shorts moulants…