Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!
Ce cri strident qui ferait passer les vocalises suraiguës de Patrick Juvet qui vient de se la faire mordre par Dave sur le plateau du Ring Parade de ce cher Guy Lux pour une vulgaire sonnette d’alarme fatiguée, c’est un cri de guerre. Ni plus, ni moins.
Un cri de guerre qui retentit comme autant d’antivols au passage du portique de sécurité plusieurs fois l’an. Un cri de guerre qui marque indubitablement le début d’une période faste au commerce de détail et aux banques qui facturent les agios au prix de la tonne de caviar sevruga : les soldes d’été.
Et j’ai l’envie quasi-irrépressible, un peu comme quand on voit les seins de Claire Chazal et qu’on sprinte vitesse grand V, accélération gamma petit p plus petit q, se ramoner les boyaux dans le caniveau tant le spectacle est insoutenable et pousserait à la conversion à l’homosexualité avec Houellebecq ; j’ai l’envie irrépressible de jouer à l’ethnologue, de parodier Claude Rika-Lewis-Chopin, ou Levi’s-Strauss, je ne sais plus, de singer l’immortel Christian Zuber et sa caméra au poing, et de vous emmener à la découverte d’une communauté méconnue bien que largement répandue : les amateurs des soldes.
Pas besoin de vous accoutrer d’un bermuda façon Tintin au Congo, d’un bitos des temps bénis de la Coloniale et de pataugas qui ont dû écraser plus de merdes que Marc Lévy et Katherine Pancol réunis ont pu en écrire dans toute leur carrière. Nul besoin de vous exiler dans quelque contrée perdue, hostile et généralement peuplée de peuplades aux noms fleurant bon les récits de la Semaine de Suzette et les albums-photo souvenir de la Cochinchine… Les amateurs de soldes crèchent partout : à Paris (un vrai nid), à Londres, à San Feliu de Guixols, à Sainte Ménéhoulde de Moncu-sur-Lacommode, sur votre palier (juste la porte en face) ou encore dans le gourbi du coin de la Rue des Onanistes En Rut…
Les amateurs de soldes aiment à se faire appeler selon les humeurs du moment et leurs envies versatiles : fashionistas, hystériques du falbalas, folles tordues de la réduction de la mort qui tue, idolâtres au dernier degré des grandes brésiliennes qui roucoulent du « Ma chéééérie, magnifaïque » à tout bout de champ devant une cagole saucissonnée en prêt-à-porter mal coupé, ou encore adulateurs acidulés des tafioles de concours qui prétendent, en une heure d’émission, relooker un boudin mongoloïde attifé de leggins léopard rose et d’un top à dentelle mordoré fluo en un top-model d’un mètre quatre-vingt et caréné comme un Riva de compétition.
Généralement griffés de la racine des cheveux patiemment permanentés chez les sœurs Carita, les madones des cuirs chevelus friqués jusqu’au bout renforcé de leur paire de Burlington grand siècle renfermant des panards crasseux, les amateurs de soldes s’en vont courir le pavé des centres-villes et des centres commerciaux de grande banlieue dès potron-minet, le jour d’ouverture des soldes. Pas question de louper, ne serait-ce que de quelques infimes nanosecondes, l’ouverture plus matutinale qu’à l’habitude des Galeries Farfouillette et de ne pouvoir se mettre sur les arêtes, moyennant un double smic, ce splendide ensemble en chintz d’ottoman moiré couleur diarrhée de nourrisson asthmatique avec ce somptueux drapé bouffant qui retombe en smocks sur la passementerie de brandebourgs en jabot à clochettes !
Peu importe de savoir s’ils devront se contenter de pâtes à l’eau tiède pour le restant de l’année, tant à cause de la carte bleue qui a viré cramoisi écarlate que des rondeurs qui obligent au recours d’un chausse-pieds et d’un bidon de vaseline pour enfiler le dit-ensemble susmentionné ! Les amateurs de soldes le veulent, et ils l’auront !
Peu leur chaut que l’article convoité coûte l’équivalent du PIB bisannuel des Iles Vanuatu, qu’il ne soit plus disponible qu’en taille 36 alors qu’on n’arrive qu’avec de grands efforts et des apnées prolongées à s’enquiller dans du 44 rectifié, ou qu’il soit miraculeusement réchappé de la collection Dormeuil Pépère 1957. Il est EN SOLDES !
Et c’est justement ce qui le rend si désirable à leurs yeux de presses-bites ou d’astigmates, ce qui fait qu’il le leur faut, absolument, décidément, définitivement !
Qu’importe que le commerçant ait multiplié le prix par deux pour offrir royalement quarante pour cent de remise ! L’article est soldé !
Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!! Des soldes !
Non content de bourrer comme une vulgaire starlette de porno hongroise en face d’une horde de Rocco-Siffredis priapiques sous perfusion de Viagra concentré son dressing croulant sous les inratables bonnes affaires des soldes précédents qui finiront dans trois ans bouffés aux mites malgré les quarante boules de naphtaline et la douzaine de plaquettes Vapona, l’amateur de soldes moyen s’exprime. Hélas…
Ce n’est ni du Voltaire, ni du Verlaine (qui avait le rein beau et la gâchette chatouilleuse), non. A peine du Barbelivien, voire du sous-Obispo en manque d’inspiration (pléonasme) et le plus souvent c’est d’un niveau inférieur à la moyenne des meilleurs textes de la Gitane sans filtre, Kendji Girac, toujours aussi virile, façon Beaugrand à la Gay Pride. C’est vous dire qu’on racle les fonds ultimes de la Fosse des Mariannes, au risque de découvrir des textes eurovisuels… C’est plutôt une collection de cris de guerre, d’incantations bellicistes et de gargouillis belliqueux qui arriverait presque à vous faire faire dans le froc, y compris en cas de constipation opiniâtre…
Du classique « J’en-veux-un-poussez-vous-je-l’ai-vu-la-première-j’étais-avant-vous ! » au carrément venimeux « C’est-le-mien-dégage-tes-pattes-de-là-pétasse-ou-j’te-pète-les-seins », le vocabulaire de l’amateur de soldes peut se faire presque intelligible et vous pourrez, au gré de vos pérégrinations au long des rayons transformés en remake de Raqqa ou de Beyrouth, saisir des « M’enfin Kévina, tu vas pas acheter un tee-shirt qui te cache les seins ! », des « Vous êtes sûr que ça va donner ? Assurément, le polychlorure de vinyle imitation similicuir façon moleskine donne toujours d’un à deux millimètres après dix-huit kilomètres de marché forcée en pleine canicule », des « J’les prends tous les quatre, tu comprends, c’est pas que j’en aie besoin, mais à mille boules l’unité, ça emmerde Charles-Hugues » ou des « Tu trouves pas que ça me boudine un peu ? Nan, mais tu pourras postuler chez Olida sans problèmes ».
Les soldes, période où l’on se rend compte que, soit la taille 42 n’est plus ce qu’elle était, et votre armoire rétrécit effectivement tous vos vêtements subrepticement la nuit venue, soit vous êtes amenés à caresser le commencement de l’idée qu’éventuellement vous auriez pris quelques dizaines de grammes et qu’un régime devrait peut-être mis en place dans un avenir aussi proche que la ligne d’horizon… Les quarante-huit spots pour « Comme j’aime » en une heure de programme télévisé devrait vous pousser à y être acculé…
Les soldes, où ces dames, demoiselles, messieurs, demi-vierges folles, échaudées de la carte bleue, folles tordues hystériques du falbalas se pâment devant les rabais en faisant montre d’une excitation au moins aussi élevée que celle d’un roumain au Salon International de la Caravane…
C’est qu’on en oublierait presque les futilités de notre actualité quotidiennement routinière, nullement en soldes et même en surnombre…
J’évacuerai rapidement les dernières élucubrations de notre cher Donald Trump, qui après avoir répété une bonne quarantaine de fois qu’un accord était plus que proche avec l’Iran, est enfin parvenu à faire signer un papelard avec les enturbanés, histoire de ne pas perdre complètement la face et d’arrêter les frais d’une guerre dont on ne comprenait plus ni les tenants ni les aboutissants… La suite au prochain numéro, si j’ose dire…
Je ne m’étendrai pas plus sur l’affaire Lyahnna, puisque le principal suspect l’a déjà fait avant de la faire passer de vie à trépas, pas plus que je ne me joindrai à la meute des loups hystériques vitupérant à perdre haleine contre la Justice française, qu’ils accusent évidemment de tous les maux.
Que les choses soient claires entre nous. Je ne suis pas en position de défendre bec et ongles les magistrats français. Si des erreurs ont été faites, les responsables devront en assumer les conséquences ; y’a pas tortiller du derche pour chier droit.
Mais tous les magistrats de France ne doivent pas être mis dans le même panier. Avec les moyens dont on les dote, il faut remercier Thémis que le système judiciaire français parvienne aux résultats qui sont les siens. Pour fréquenter de manière assidue l’institution, il est évident que la Justice française souffre d’un manque de moyens et d’effectifs flagrant.
Dans leur majorité, les magistrats français, ainsi que leurs greffiers, indispensable cheville ouvrière, font leur taff du mieux qu’ils le peuvent. Et s’ils étaient plus nombreux, ils auraient moins de dossiers à traiter, partant moins d’urgences à gérer et fatalement moins de risques de bévues.
Et comme si l’on n’avait pas suffisamment d’affaires médiatiques à se mettre sur les arêtes, voilà que Patrick Bruel donne du boulot à la justice française. Ce n’est pas d’hier que l’ex-idole des pisseuses prépubères charriait cette réputation d’affolé du slip, mais les plaignantes, avérées ou fantasmées, se réveillent tard. Ce qui n’est pas une mauvaise chose, au demeurant.
Je passerai vite également sur la canicule qui accable la France actuellement, parce que les chaînes d’info continue nous chauffent déjà plus que de raison les oreilles avec ça. Le réchauffement climatique est en route, et ce n’est pas parce qu’on va nous rabâcher à longueur de journée que les records historiques tombent comme des mouches que ça fera avancer le schmilblick des mesures à prendre.
Nos gouvernants sont manifestement incapables de décider quoi que ce soit de véritablement concret, et ce ne sont pas les promesses électorales qu’ils nous débitent à longueur d’interview qui modifieront le climat.
D’ailleurs, il ne vous a pas échappé que le nombre de candidats déclarés, supposés, putatifs voire éventuels à la prochaine présidentielle atteint le pléthore intégral. Il serait plus rapide de faire le compte de ceux qui ne sont pas candidats… Notamment à gauche, où tous ont d’ores et déjà déclaré vouloir s’aligner sur la ligne de départ de la grande course à l’échalote présidentielle.
Je souhaite bien du courage à Olivier Faure, le gardien du cimetière des éléphants socialistes, pour organiser sa primaire à gauche. Ça va être d’un croquignolet…
Surtout lorsque Glucksmann n’en finit pas de se tâter pour savoir s’il y va ou pas (à force de se tâter, il va se tâcher le moulebite), et que Pépère Flamby souhaite se déclarer uniquement à la fin de l’année, sans évidemment passer par la primaire. Et pendant ce temps, Mélenchon, Le Pen et Bardella rigolent en douce…
Bon, Jordanou est plus affairé en ce moment à faire croire à sa romance avec Maria-Carolina de Cognac des Trois-Sardaignes que de s’imaginer à l’Elysée. Mauvais calcul pour Jordanou, on n’a pas déquillé la royauté voici deux siècles et demi pour se récupérer un incapable flanqué d’une fin de race mononeuronale…
Côté carnet noir, ça se bouscule au portillon ces derniers temps. Le peinte David Hockney est allé peindre ses piscines chez Saint Pierre, le navigateur Charlie Dalin a fait sa dernière régate à seulement 42 ans, et Kaamelott pleure son maître d’armes, Christian Bujeau, le fameux fils d’unijambiste…
Les trains pas comme les autres (émission télévisée à la longévité remarquable) ont aussi perdu leur créateur, le réalisateur François Gall ayant pris un aller simple à l’âge de 103 ans.
Dans le domaine de la chanson, ça déquille sec également, puisque Franck Michael, le chanteur italo-belge des maisons de retraite, a poussé sa dernière romance, à l’instar de Noël Deschamps, idole bien oubliée de la vague yéyé.
La grande famille de l’Eurovision est également en deuil, puisque outre Franck Michael (qui tâta par deux fois des éliminatoires belges pour le Concours dans les années 80), nous déplorons le décès de Kirsti Sparboe, chanteuse norvégienne qui participa trois fois au Concours en 1965, 1967 et 1969 et réussit le tour de force de ne marquer que quatre points en trois participations, avec des chansons cucul-la-praline mais qui fleuraient bon l’insouciance des années 60.
Je refermerai cette page nécrologique avec la mort à 80 ans de Guesch Patti, inoubliable interprète du sulfureux « Etienne » en 1987, très gros tube hélas sans véritable lendemain. Les baisers salés, salis, sont définitivement tombés le long du lit, et Etienne ne le tient plus bien…
Et au titre de l’anniversaire du jour, il faut que vous sachiez, et pas dans les bottes de préférence, parce qu’avec la chaleur, ça fermente, et bonjour les odeurs… On dirait l’halitose de Zaz au réveil… Il faut que vous sachiez, donc, que le 25 juin 1998, Microsoft lançait le système d’exploitation Windows 98, qui allait se vendre à plus de quinze millions d’exemplaires, malgré le peu d’innovation par rapport à la version précédente. De l’absolue nécessité de ce que l’on a déjà, mais présenté différemment… Un peu comme les albums de Christophe Maé et Kendji : toujours aussi mauvais, mais comme c’est présenté différemment, on achète… Surtout s’ils sont en solde… Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!! Des soldes !
Brèves de presque
jeudi 25 juin 2026
Brèves du 25 Juin 2026
mardi 19 mai 2026
Brèves du 19 Mai 2026
Dès lors que les dernières notes du Grand Prix tout nouvellement couronné ont retenti et que la pompe cuivrée des impétueuses trompettes du Te Deum de Charpentier ont signifié la fin de la transmission en Eurovision, il s’instille immanquablement en chacun des fans du Concours les premiers symptômes de la dépression post-eurovisuelle, une sorte d’illustration moderne de l’expression latine de Galien « Post coitum omne animalius triste est » (après le sexe, tous les animaux sont tristes).
Et je ne parle pas là des jambonnages qui, en coulisses, émaillent la semaine eurovisuelle à un point tel que le Concours fait figure, dans certains milieux, de baisodrome mondain où l’on fornique à couilles rabattues…
Après la frénésie quasi-sexuelle de la présentation des vingt-cinq chansons finalistes, après la montée en puissance de l’annonce des points et après l’acmé de la proclamation du vainqueur, tout retombe…
Joie ou frustration à l’égard du grand gagnant, et une certaine tristesse à l’idée qu’il va falloir attendre quasiment un an pour retrouver cette ambiance de concours…
Dépression que certains transforment illico en déferlement de bonheur car leur chouchou a décroché la timbale, ou de haine car leur représentant a lamentablement cagué dans la colle, se perdant dans les tréfonds du classement final.
Je ne vous le cacherai pas plus avant, je suis assez amer depuis samedi soir, suite aux résultats du 70ème Concours de l’Eurovision. Amer à l’encontre de certains résultats, que ce soient ceux de la représentante française, ou de ceux d’autres concurrents.
Je dois coucher ça sur le papier numérique, et j’ai pris quelques moments de réflexion et de recul, pour éviter l’écueil de la réaction à chaud, rarement utile et encore moins salutaire dans ce genre de situation.
Mes pensées vont évidemment, et en premier, vers Monroe, notre représentante, dont on attendait beaucoup, poussé en cela par les médias, et la fièvre eurofanique. Je suis très déçu du résultat final, onzième, alors que les bookmakers l’avaient vue deuxième, avant de la rétrograder cruellement.
Mais loin de celles et ceux qui jettent le bébé avec l’eau du bain, et clament à qui veut bien l’entendre que l’Europe ne nous aime pas, que les européens ont de la merde dans les oreilles et qu’il est impératif que la France se retire de la compétition, je serai plus modéré.
Onzième, c’est certes décevant au vu de la prestation, tout en punch de Monroe qui, à mes yeux, a donné tout ce qu’elle avait samedi soir. Mais c’est quand même un presque top 10, un score que la France a du mal à accrocher ces dernières années. Onzième, ça veut dire qu’il y a quatorze candidats derrière elle, que les jurys et les téléspectateurs européens ont trouvé moins bons que Monroe.
Ça veut aussi dire que les jurys professionnels l’ont trouvé excellente (ils ont classé la France quatrième), mais que les téléspectateurs n’ont pas du tout aimé la chanson (dix-huitième, ça veut bien dire ce que ça veut dire).
Alors, arrêtons de spéculer, nous avions une bonne chanson, bien interprétée en live, mais qui n’a pas plu au grand public. Point barre. Il faut arriver à s’extirper de la gangue qui veut que la France doive présenter à l’Eurovision des ballades traditionnelles. Marie Myriam a gagné il y aura cinquante ans l’année prochaine ; les goûts européens ont évolué depuis, ce dont on ne se rend pas forcément compte.
J’en veux aussi un peu aux médias qui font monter la mayonnaise à chaque fois que la France se trouve parmi les favoris des bookmakers. Ah évidemment, ça fait vendre du papier, ça fait de l’audience, mais ça crée également un sentiment de frustration pas toujours justifié lorsque les résultats tombent.
On a fait mousser les candidatures de La Zarra et de Bilal Hassani, dont les chansons n’étaient pas particulièrement excellentes. Et on les a dézingués sans retenue une fois les votes révélés. Un peu plus de retenue et de modestie ne seraient pas les malvenues, même si le chauvinisme est une religion d’état dans l’Hexagone.
C’est le jeu, me direz-vous. Certes, mais n’oublions jamais que la France est un pays qui a toujours regardé l’Eurovision comme un événement décalé, poussiéreux, ringard et obsolète ; la position des médias dans les années 80 et 90 a profondément et durablement écorné l’image du concours dans notre pays. Le niveau abyssal des sélections françaises télévisées des années 80 n’a au surplus pas arrangé les choses ; les brèves embellies du début des années 90 et 2000 n’ayant évidemment pas suffi à retourner l’opinion publique.
Le relatif retour en grâce de ces dernières années avec les succès publics d’Amir ou de Slimane et, dans une moindre mesure, de la Betty Mars 2.0, reste fragile et le grand public sera prompt à se détourner à nouveau du Concours si on lui fait miroiter chaque année des monts et merveilles qui ne se réalisent pas.
Je suis également amer de constater que le télévote ne sert plus aujourd’hui à noter une chanson ou un pays selon ses goûts ou la qualité de la chanson, mais selon ses convictions, et ses positions politiques.
Evidemment, les votes géopolitiques ont toujours existé au Concours (depuis les années 60, les pays scandinaves se soutiennent mutuellement, et je n’évoque pas les légendaires échanges de « 12 points » entre Chypre et la Grèce), mais le vote des téléspectateurs ces dernières années n’est plus basé sur l’attrait de la chanson, mais bien plus sur la situation géopolitique et les appartenances communautaires.
Comment expliquer sinon les votes attribués à l’Ukraine, et plus encore à Israël ? Dans les deux cas, les jurys professionnels n’avaient que peu goûté les deux chansons, les classant respectivement quinzième et huitième. Dans un cas comme dans l’autre, le titre présenté n’était pas mauvais, mais était loin d’être éblouissant au point de le classer troisième au télévote, comme dans le cas d’Israël.
Là, on ne vote plus pour une chanson, mais pour une situation politique, et une conviction personnelle. L’Eurovision est censé être un concours de chansons apolitique, pas un meeting politique… Il serait grand temps de s’en souvenir…
L’UER a d’ailleurs drôlement dû serrer les fesses à l’annonce des résultats. Si Israël l’emportait, l’organisation du Concours 2027 s’annonçait compliquée, au bas mot, et les retraits se seraient probablement multipliés…
Que l’on se comprenne bien, je ne prends pas position pour ou contre ce qui se passe au Proche-Orient, ou dans les Balkans, ce sont mes convictions intimes qui resteront privées. Je regrette juste que le concours soit de plus en plus faussé par ces considérations qui doivent lui rester intégralement étrangères.
D’ailleurs, et tant pis si je me répète année après année, l’UER devrait exclure de la compétition tout pays impliqué dans un conflit mettant en présence un ou plusieurs pays participants, qu’il soit attaquant ou attaqué. Ils ont bien exclu la Russie et le Belarus sans trop d’états d’âme. Ils devraient exclure également l’Ukraine et Israël. Ça rendrait un peu de sérénité dans la compétition, et un peu de neutralité dont on a tant besoin à tous les niveaux, actuellement.
Pour le reste, et pour tenter d’être quelque peu plus primesautier, les résultats me paraissent globalement justifiés. La victoire de la Bulgarie avec sa miss survitaminée et fortement nichonnée me laisse froid, puisque je n’avais que peu goûté ce titre bruyant, qui n’est probablement pas promis à un succès public. Bien sûr, je suis content qu’un pays l’emporte pour la première fois. D’ailleurs, aucun pays balkanique n’avait gagné depuis 2007.
Je me réjouis par contre que la diversité des langues revienne en force cette année, la suprématie de l’anglais s’émoussant assez fortement. Trois titres seulement dans le Top 10 sont interprétés intégralement en anglais, ça ne s’était pas vu depuis belle lurette.
Bravo à l’Italie qui, avec sa chanson simple et touchante et son interprétation sincère, accroche à nouveau une cinquième place amplement méritée.
Bravo aussi au Danemark et à la Lituanie qui ont présenté des titres hors du moule Eurovision, avec des félicités différentes, hélas.
Cette année, le strip-tease à la croate (parce qu’initié par la candidate croate en 1998) semblait passé de mode, peu de candidates se déshabillaient au cours de leur prestation, mais le plus souvent sans utilité : pourquoi l’Allemande se déloque-t-elle dès le début de la chanson, si ce n’est pour être à l’unisson de son quarteron de boudins dodus ? De toute façons, l’Allemagne avait hérité de la deuxième place, la place maudite, aucune chanson passant en deuxième position n’ayant jamais remporté le Concours depuis 1956.
L’année dernière, les trois grosses qui s’exhibaient en justaucorps vulgaires sur des chorégraphies frisant la pornographie s’étaient maravées la gueule, finissant respectivement treizième, dix-septième et vingt-deuxième… L’espagnole, mieux tankée mais tout aussi putassière, s’était échouée vingt-quatrième. Peut-être que cela a incité à un peu plus de décence et de classe cette année…
Ces dames étaient presque normalement vêtues, mis à part la polonaise et son bustier en acier, la roumaine et ses cuissots sponsorisables par Olida, et la chypriote et ses bouts de tissu cachant heureusement l’essentiel, chypriote qui ressemblait à une vieille merguez trop cuite, tant elle avait abusé de la terracotta…
Les bookmakers se sont loupés encore une année, leur favori absolu, la Finlande, finissant à une sixième place honorable, et la Grèce à la dixième place. On en arriverait presque à se questionner sur leur utilité fondamentale…
Je suis enfin déçu par la contre-performance de Malte, seulement dix-huitième, avec une chanson simple et émouvante, fort bien défendue par Aidan, qui n’a pas fait d’effets de costumes ou de muscles.
Une pensée émue pour le Royaume-Uni, qui persiste à envoyer au casse-pipe des titres originaux, mais qui n’impressionnent plus personne. Quand on pense au glorieux passé des anglais au Concours, ça ferait presque pitié…
Au final, le Concours Eurovision 2026 restera un cru assez moyen, où aucun favori clair ne se distinguait, les 12 points attribués par les jurys ont été très disséminés, et où on s’ennuyait parfois ferme. La faute peut-être à une réalisation trop sage, pas toujours adéquate.
On a revu avec plaisir certains anciens participants, comme Verka Serdushka, toujours sympathique, Lordi qui nous a gratifié d’une reprise sensationnelle du Papa pingouin, de Max Mutzke, qu’on a sorti du saloir, de Ruslana, encore plus jeune qu’en 2004, de Miriana Conte, toujours aussi vulgaire avec son trot’ballon, ou encore d’Alexander Rybak, toujours aussi jeune, qui a juste gratté du crincrin…
Allez, fans eurovisuels de tous pays, déprimons un bon coup, et puis reprenons une vie normale… Tout cela n’est au final qu’un concours, auquel il ne faut pas donner plus d’importance qu’il n’en a réellement.
Le Concours fut créé pour stimuler la production de chansons de qualité en Europe, même si il y eut une tendance, encore vivace aujourd’hui, aux titres onomatopées. Quoi qu’on puisse en penser, le « Bangaranga » n’en est pas un, puisqu’il s’agit de patois jamaïcain, et qu’on peut le traduire comme « Une sorte de désordre joyeux »… Puisse le Concours être encore longtemps désordonné, mais surtout, joyeux…
samedi 16 mai 2026
Brèves du 16 Mai 2026
Eh ben ! Quelle soirée !
Depuis 1990, date à laquelle j’ai commencé à suivre régulièrement le Concours de l’Eurovision, j’ai rarement assisté à un vote aussi palpitant ! D’abord parce que les « douze points » ont été éparpillés, preuve que le niveau était assez médiocre cette année. Ou parce que les votes communautaires ou géopolitiques ont repris le dessus (je n’évoque là que les échanges de notes maximales entre Chypre et la Grèce). Ensuite pour le télévote qui a rebattu les cartes de manière assez claire (et là, on est à mille lieues de voter pour une chanson, mais bien plus pour une situation politique).
Je ne vais pas vous infliger à nouveau mes commentaires sur les vingt-cinq participants, je vous ai donné mes impressions à l’issue des deux demi-finales ; je me limiterai à quelques remarques sur certains candidats, et je me laisserai aller à quelques observations sur le déroulement de la soirée.
La cérémonie des drapeaux a été brouillonne, et la scinder en deux est une fausse bonne idée, d’autant que la réalisation laissait particulièrement à désirer…
Visiblement, J.J., le fils caché de Sissi et de Zaza Napoli, n’est pas cher, on le recase partout dans le show.
Quant à présentateurs, s’ils n’atteignent pas le niveau de nullité apocalyptique des italiens de 1991, ils ne pourront pas prétendre au podium des meilleurs hôtes. Certes, ils sont gentils, policés, mais elle, avec ses robes toutes aussi moches les unes que les autres, ne dépasse pas le stade de la plante verte parlante. Lui, scotché dans les années 70 avec ses tenues improbables, a été largement dispensable…
Quant aux commentaires français… J’aurais bien voulu énucléer Camille Cerf à la cuillère parisienne durant tout le show, tant elle a été parfaitement insupportable ! D’accord, elle a été appliquée à relire les fiches des demi-finales (c’est flagrant pour Malte où elle répète mot pour mot ce que Bern avait déjà dit), mais elle a été rigoureusement pénible lors des votes ! Et je n’aurais que deux mots à lui adresser : « Ta gueule ! ».
Bon, Bern fait du Bern, c’est-à-dire qu’il zitronnise à longueur de temps, et il a été horripilant à rappeler à tout bout de champ l’ordre de passage de la France. Tout seul, il aurait été supportable… Et encore, à doses homéopathiques…
Mention spéciale à l’un des intermèdes, où d’anciens titres du concours ont été interprétés par d’anciens candidats, souvent à contre-emploi. Quel kif d’entendre « Le papa pingouin » chanté par Lordi, ou l’immarcescible « Volare » vocalisé en chœur. Mention spéciale à Erika Vikman, toujours aussi classe et distingué, mais aussi à Miriana Conte, qui s’applique consciencieusement à ressembler à son trot-ballon, toujours aussi vulgaire…
Quant aux résultats…
La victoire, très nette, de la Bulgarie, avec ce titre accrocheur à l’oreille mais putassier à la vision, a sauvé le Concours. Si Israël l’avait emporté, avec son ersatz de Slimane version Temu, nul doute que l’édition 2027 aurait compté un grand nombre de retraits… Et j’en reviens toujours à ma marotte : tous les pays en guerre, qu’ils soient attaquants ou attaqués, devraient être bannis du concours le temps des conflits. Pourquoi exclure la Russie si c’est pour conserver l’Ukraine, ou Israël ? Pas de place à la politique à l’Eurovision ! Point barre !
Bon, les résultats du télévote pour Israël et l’Ukraine sont logiques, on ne va pas s’étendre là-dessus, on a l’habitude. Même classés moyennement par les jurys (qui eux votent pour une chanson), ces pays accrocheront toujours le top 10 grâce à un vote communautaire, d’empathie et à visée politique.
La Céline Dion version Wish échoue au pied du podium, car trop de paillettes tue les paillettes. C’est dommage, c’était sympa, à défaut d’être follement original.
Quant à l’excellente cinquième place de l’Italie, elle s’explique d’une part par sa jolie scénographie à base de strip tease et de commedia dell’arte, et d’autre part par la sincérité non feinte de l’interprète qui, malgré quelques couacs, a su faire passer un émotion vraie.
Quant aux grands favoris, la déconvenue est grande, mais leurs classements respectifs, tous au sein du top 10, sont fort honorables. Encore une fois, les bookmakers ont mis à côté…
La France quant à elle essuie une nouvelle claque en étant clairement boudée par le public, alors que les jurys avaient classé Monroe quatrième. Quoi qu’il en soit, la jeune interprète n’a pas à rougir, elle a offert une très bonne prestation.
A titre personnel, je suis très déçu de la contre-performance de Malte, qui a laissé le public de marbre malgré sa très jolie ballade.
Toutes mes condoléances à la Suède, qui récolte un de ses plus mauvais classements, tant au niveau des jurys que du public. Mais il faut bien se l’avouer, se manger de la suédoiserie calibrée chaque année, ça finit par être lassant. Et le titre n’était pas particulièrement original.
Dommage pour l’Autriche, qui reproduit quasiment à l’identique son classement de 2015, lorsqu’ils avaient accueilli le concours, en l’améliorant toutefois de six points…
Le passage en deuxième position reste fidèle à sa tradition, puisque l’Allemagne s’offre une fois encore un schuss dans le classement. Faut dire que leur foire aux boudins n’était pas convaincante.
Et une nouvelle dernière place pour le Royaume-Uni, qui avait mis toutes les chances de son côté pour arriver à un tel résultat. Il évite cependant l’infamant « nul points », de justesse.
Au final, il est toujours bon qu’un pays engrange une première victoire au Concours, et la victoire, incontestable, de la Bulgarie a d’une certaine manière sauvé la compétition, évitant les polémiques sur la participation d’Israël et probablement d’autres retraits en 2027.
Encore une fois, France Télévisions, en croyant bien faire, a mis à côté de la plaque, en succombant au syndrome France Gall, et en envoyant un copié-collé de la chanson gagnante de 2025. Certes, Monroe a été impeccable et a fort bien défendu les couleurs françaises, mais souvenons-nous qu’en 1966, alors que plusieurs pays avaient sélectionné des chansons rythmées interprétées par des jeunes filles (voulant imiter France Gall), c’est une chanson lente, interprétée par un homme qui avait remporté la timbale.
Bis repetita…
jeudi 14 mai 2026
Brèves du 14 Mai 2026
Et voilà ! On a l’intégralité des chansons qui vont concourir samedi soir pour le Grand Prix Eurovision 2026 !
Et ce ne fut pas sans dommages auditifs et visuels, tant on a encore eu droit ce jeudi soir à un défilé de voix pas toujours assurées, de costumes frisant le bon goût sans jamais l’atteindre et des performances pas toujours marquées au sceau de la délicatesse…
Certes, le niveau global de cette deuxième demi-finale était nettement meilleur (difficile en vérité de faire pire), mais l’on nous a réservé quand même un joli quota de bouses…
Heureusement que la parodie introductive du Grand Prix 2025 était réussie, parce que sinon, les présentateurs ne sont pas parmi les plus hilarants… Quand à Stéphane Bern, il zitronise à l’envi, et arrive toujours à être d’une parfaite inutilité…
Allez, je ne vous fais pas plus attendre pour la revue de détail !
Bulgarie : Un mix difficilement digestible entre dance, hip-hop et musique traditionnelle, pour un titre onomatopée répétitif et pénible sur la longueur. Bangaranga répété à l’infini ne suffit pas à construire une chanson potable… Bon, la demoiselle a de gros nichons et c’est son seul titre de gloire, mais la scénographie est vitaminée, et originale avec son jeu de chaises musicales.
Azerbaïdjan : Dès les premières notes, on s’attend à la balade lacrymale qui déverse les décibels dans un dégueulis de tripes… Et on n’est pas déçus ! Pas captivant, lassant sur la durée. La scénographie est minimaliste, voire cheap (des rideaux qui sèchent avant le repassage, de la fumée, une ombre chinoise), la robe sobre malgré les lambeaux, le maquillage de larmes de sang est bizarre.
Roumanie : Encore un truc qui se veut moderne et mélange allègrement les rythmes actuels avec une petite dose de lyrique, histoire de faire un clin d’œil au dernier Grand Prix en date. Au final, c’est bruyant, gueulard et lassant. La maîtresse sado-maso façon Xena la Guerrière trop bien nourrie est câblée avec ses guitaristes, avec des regards hallucinés à la Nina Hagen. Plutôt bien présenté et efficace.
Luxembourg : Voix pas toujours très juste pour un titre mille fois entendu et pas rythmé pour deux sous. Si j’étais méchant, je dirais que ça sent la naphtaline à plein nez… Et si j’étais gentil aussi, tant c’est une presatation « nature » : pas de maquillage, pieds nus, robe écolo. Ambiance « nature et découvertes », regards hallucinés en prime mais ça manque de peps.
République Tchèque : La balade sirupeuse type, molle du genou et qui se complait dans les longueurs. La voix de l’interprète n’est pas désagréable, mais on baille plus souvent qu’à son tour même s’il gueule sans raison au final. Mais l’habile jeux de miroirs, le casual wear sans chichis, la scénographie minimaliste ainsi que la montée en puissance impeccable convainquent.
Arménie : Un rythme agressif qui ne faiblit pas mais qui en contrepartie, lasse rapidement avec cette façon de chanter en rap ou assimilé. Pas dénué d’une certaine originalité toutefois, même si le final vous fera frôler la tachycardie. La scénographie « ambiance bureau veste à post-it » est marrante, la prestation du vague clone d’Hanouna est punchy, et le final survitaminé « torse nu aisselles nettes » est convaincant.
Suisse : Voix grave pour une chanson prénom au tempo inhabituel. Un peu de blues, un peu de soul, un univers bien à elle, rappelant celui d’Adele. Une proposition qui sort des sentiers battus et qui parviendra sans doute à se distinguer du reste, avec son faux air de Nana Mouskouri, sa combinaison pailletée et son micro à câble. Dommage que les quatre boudins en justaucorps et la cage de cordes viennent gâcher le tout. Inclassable, au final.
Chypre : Même si le titre me rappelle la marque de serviettes-éponge, rien qui me fasse transpirer… Le titre type qui fait suer tant c’est un maelström difficilement digestible de rythmes. Mille fois entendu, et sans originalité, donc. Ce qui se confirme en voyant cette Dalida au rabais avec un balai espagnol sur la tête, passée à la terracota et habillée (si peu) de lambeaux de vêtements, la Shakira de chez Temu, qui nous sert la même soupe depuis Fuego, pas très juste, en plus.
Lettonie : Une balade dépouillée, sans chichis, tout en douceur, qui vous berce agréablement. Pas très originale, mais qui peut se démarquer du reste, bruyant et survolté. Scénographie minimaliste, même les effets spéciaux semblent au ralenti… La robe est très sobre, mais tout ça est soporifique.
Danemark : Søren installe son univers dès la première note, et en version originale ! La voix est assurée, la chanson pas désagréable, la scénographie originale bien qu’un peu flippante et ça monte bien en intensité. Søren nous fait l’irremplaçable strip-tease à la croate, sans faire de surenchères dans le bling-bling ou le toc, et on fait un tour en boîte, dans tous les sens du terme.
Australie : Une belle balade planante, certes déjà entendue, mais qui se muscle au fur et à mesure, et qui se laisse écouter sans trop de séquelles auditives, malgré les prouesses vocales de la dame, qui n’a pas fait dans le demi-mesure, question brillants et paillettes… Y’en a partout ! La robe, le micro, le faux piano… Et que dire de l’ascenseur final… Trop de clichés tue le cliché. En tout cas, Delta plane…
Ukraine : Et encore une énième balade planante, qui va jouer à fond sur la vague européenne d’empathie… Sauf que là, c’est chiant puissance 10 avec les vocalises à péter le pyrex de la chanteuse, victime d’un accident de coiffure et d’un maquillage qui fait peur, qui se tortille façon turista aigüe. Mis à part les jeux de lumière et le guitariste qui s’emmerde, c’est morne…
Albanie : Une balade puissante vocalement, avec le renfort de chœurs opératiques qui saturent l’oreille. Pas désagréable, même si les chœurs surpassent souvent la voix de l’interprète, avec un final tout doux. Habillé en cote de maille, peut-être trop strict avec ses lunettes, Alis propose une scénographie intelligente, et une prestation tout en émotion.
Malte : Le bellâtre de service qui n’a pas manqué de faire mouiller les invertis, tout en cuir griffé Versace dans sa tonnelle, pour un titre étonnamment sobre et romantique de la part de Malte, le bon gros slow avec la montée rythmique nécessaire, sobrement interprété et qui laisse au final une bonne impression. Une sobriété bienvenue après des années de surenchères putassières. C'est simple, frais, classe, même s’il manque finir dans une essoreuse à salade…
Norvège : Un rock pêchu et efficace, qui fleure bon les années 70 et 80 et qui se démarque de la masse. Sans concession, entraînant, on est loin des habituelles norvégienneries mièvres et ça fait du bien aux esgourdes ! Son look Freddy Meercury tatoué et ses salopettes à la Måneskin ont impressionné, à l’instar de sa prestation pêchue.
De mes dix favoris, huit passent en finale, j’avais retenu l’Arménie (peut-être trop brouillonne), et la Suisse (ma grosse déception).
Je n’avais pas voulu voir venir l’Ukraine (de toute façon, on filerait un bonze tibétain marmonnant l’annuaire que ça se qualifierait), ni Chypre (preuve vivante qu’il y a encore des hétéros qui votent).
Un mot sur l’Autriche, à la scenographie inventive (avec ce reboot des Animaux du monde) et aux costumes originaux. Passant en dernier, ça pourrait retenir l’attention, et c’est tant mieux.
Un mot également sur le Royaume-Uni, à l’ambiance 80 plutôt originale. Certes, la chanson est composée à l’orgue Bontempi, mais la présentation sort du moule Eurovision. Mon plaisir coupable, vraisemblablement.
Un mot enfin, sur la France. ENFIN ! France Télévisions propose une scénographie moderne, une chorégraphie adaptée à la chanson, et relativement sobre. Monroe assure malgré ses dix-sept ans, elle a le regard assuré, conquérant, elle tient les notes, chante juste… C’est vraiment pas mal ! Mais ne nous emballons pas trop vite et ne vendons pas la peau de Marie Myriam avant de l’avoir tuée.
Néanmoins, sa prestation de ce soir laisse espérer un classement fort honorable.
Croisons les doigts, et résultat samedi soir, bien après minuit…
mardi 12 mai 2026
Brèves du 12 Mai 2026
vendredi 24 avril 2026
Brèves du 24 Avril 2026
De son inimitable voix nasillarde qui rappelait assez bien celle d’un Donald Duck enrhumé parlant dans un tuyau de poêle et retransmis par téléphone aux heures glorieuses du 22 à Asnières, le sémillant Premier Ministre Jacques Chaban-Delmas prévenait, par le truchement de son meilleur imitateur Thierry Le Luron, les grévistes de l’époque de cesser leur arrêt de travail car, disait-il, « si ça continue, ça finira pas »…
Et cette boutade, dont les réseaux sociaux feraient aujourd’hui assurément leur miel en y accolant d’affligeants commentaires ne dépassant que rarement le débile intégral mais se complaisant habituellement dans le marigot de l’inculture crasse et de la beaufferie parisienne, et au surplus barbotant dans le mauvais goût sans jamais arriver à s’en extirper, s’applique parfaitement aux futilités de l’actualité du moment.
Si ça continue, ça finira pas…
C’est marqué au coin du bon sens, c’est au niveau des conversations qu’affectionnent les consommateurs de boissons anisées au Café du Commerce, c’est du babillage élémentaire pour ragots entre commères sur la place du marché entre les fraises pas fraîches, la raie gluante et les poireaux ramollos…
Mais je vous le dis avec la plus inébranlable des convictions qui ne saurait loucher de manière divergente vers la dissémination intellectuelle : si ça continue, ça finira pas !
Lapalissade de première bourre, bon sens hexagonal qui ne souffrirait pas la moindre critique, si ce n’est de la part de certains pisse-vinaigre qui trouveraient le nectar et l’ambroisie communs au goût, mais comme en France, on aime parler pour ne rien dire, si ce n’est le contraire et réciproquement, il fallait que ce soit dit !
Et cette antienne, je ne cesse de me la répéter depuis que Donald Trump s’est levé un matin, la moumoutte en bataille et le fond de teint ravagé par les oreillers, l’air chafouin et la cravate de guingois, et qu’il a décrété qu’il fallait bombarder l’Iran…
Je m’étais convaincu de ne pas polluer les fils d’actualité des réseaux sociaux de mes miasmes chroniquiers tant que la dernière marotte du président américain perdurerait, ce qui, connaissant la versatilité dudit président, pouvait durer à peine plus que le temps des roses.
Bien mal m’en avait pris, puisque la girouette amerloc persistait dans son entêtement va-t’en-guerre, et faisait souffler le froid et le chaud à un rythme tel que c’était la congestion pulmonaire assurée à suivre ses changements d’humeur…
Et puisque le Connard à l’Orange n’est toujours pas décidé à faire cesser le blocage du blocus bloquant le déblocage de l’embargo débloquant le blocage précédent du détroit d’Ormuz, je m’en vais incontinent feuilleter tout de go les futilités de l’actualité, qui depuis mon dernier babillage, se sont accumulées à une fréquence particulièrement soutenue.
Petits gâtés, va !
Pas la peine de s’appesantir davantage sur les fanfaronnades successives de Donald concernant l’atomisation de la république islamique ; au vu de ses déclarations, les Iraniens en sont revenus à l’âge de pierre, et devraient continuer le combat avec des lance-pierres.
Quoique les américains nous avaient habitués à mieux finir le boulot, quand même. Certes, ils ont rapidement dézingué l’ancien guide suprême, mais ils semblent avoir négligé de dégommer son successeur, qui est annoncé comma gravement brûlé mais toujours en vie. Ah, quand on sous-estime la puissance du méchoui, on doit bouffer des côtelettes pas cuites…
Malheureusement, les divagations de Trump ont donné des idées à l’autre siphonné israélien, qui en a profité pour bombarder le Liban, sous le prétexte fallacieux d’éliminer le Hezbollah. Et connaissant la santé mentale de Netanyahou, si ça continue, ça finira pas…
La seule satisfaction qu’on peut, en France, retenir de toute cette agitation passablement inquiétante, c’est de constater la santé insolente des chaînes d’info continue, qui nous abreuvent 24/7 d’éditions spéciales et de bandeaux anxiogènes.
Et de voir les prix des carburants s’envoler vers des sommets himalayens, qui nous contraignent de flinguer nos PEL à chaque passage à la pompe. Ce à quoi notre Premier Sinistre réplique par un saupoudrage parfaitement risible d’aides. En gros, et pour faire simple, seront éligibles à une aide de douze centimes par plein de cent litres tous les automobilistes roulant plus de cent mille kilomètres par semestre, possesseurs d’une voiture de couleur brun mordoré dont l’immatriculation doit être porteuse des lettres Q et Y, à la condition d’avoir remplir trois formulaires sur papier vélin, affranchis à quinze balles de timbres fiscaux, et accompagnés de vos déclarations de revenus des douze dernières années, d’une photo de Mireille Mathieu nue et d’un bon d’emprunt russe de 1915…
Et pour faire bonne mesure, notre Lecornu national qui nous enjoint d’électrifier nos vies quotidiennes, et d’acheter des voitures électriques en masse pour accélérer la transition énergétique… Faudrait d’abord avoir le pognon pour acheter ces bagnoles… Y’en a qui, visiblement, ont mis les doigts dans la prise…
Faute de rejouer Claude François dans sa baignoire, il vaut mieux rester au courant (continu ou alternatif, je ne discute pas vos préférences intimes) de l’actualité de nos peoples. Parce là, assurément, y’a du lourd à risquer la surcharge pondérale façon Magloire…
Il ne vous aura pas échappé la révélation par Paris Match de l’idylle que personne n’attendait (et dont tout le monde se fout avec la dernière des énergies, renouvelables ou pas) ; le baguenaudage électoraliste et parfaitement bidon entre Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles et Jordan Bardella…
Mais qu’ils sont trognons, les deux tourtereaux… Elle, la fin de race d’un Gotha illusoire et lui, le neuneu arriviste prêt à tout pour sécuriser son boulot élyséen de dans un an… On serait lobotomisés de frais qu’on arriverait à éprouver une once d’empathie pour ce couple aussi bien assorti que le seraient Dave et Amélie Mauresmo. Mais là… La ficelle est tellement grosse qu’elle pourrait servir à arrimer un transatlantique…
Paris Match aurait annoncé le futur mariage de Jordanou et de Jean-Philippe Tanguy, on aurait ululé au scoop, on aurait rigolé deux minutes, on aurait gambergé pour savoir lequel des deux bouffe l’oreiller, et on serait passé à autre chose… Mais là… Il est quasiment surhumain de croire à ces fredaines entre la bonne aryenne et le bon à rien…
Heureusement qu’on a autre chose à se mettre sous la dent pour assouvir ses velléités de peopleries croustillantes… Tenez, on vient d’apprendre que le jardinier de la veuve Le Pen était depuis belle lurette en situation irrégulière en France, et a été expulsé… Si même les Le Pen recourent à des bougnoules sans papiers pour les menus travaux, où va-t-on, je vous le demande… Encore une histoire qui sent le gaz…
Du côté de l’actualité télévisuelle, ça n’est guère mieux, et l’on en vient carrément à vous réchauffer les ragoûts les plus rances et les titres les plus putaclics pour tenter de vous intéresser.
Si l’on en est encore à se passionner pour le Concours Eurovision de la Chanson, qui n’est plus aujourd’hui qu’une pâle imitation du jamboree paneuropéen de la canzonetta moisie, romantique ou sirupeuse qu’il fut jadis, tant les titres inaudibles, grand-guignolesques ou putassiers se multiplient cette année, il ne vous sera pas indifférent apprendre que les commentaires français de la grande sauterie musicale seront assurés pas Stéphane Bern et Camille Cerf.
Bon, rien à redire sur Stéphane Bern, qui va nous faire du Zitrone réchauffé, parlant de tout, de rien, de son contraire et réciproquement ; glorifiant à tout bout de champ la chanson française et oubliant de présenter les autres candidats. Il est indéboulonnable et sans le garde-fou qu’était Laurence Boccolini, il sera en roue libre pendant trois heures et demie.
Quant à la plante verte qu’on lui a flanqué, ex-Miss France reconvertie en animatrice télé interchangeable et insipide, il est à craindre qu’elle ne fasse tapisserie… A moins que Cerf ne fasse un effet bœuf…
Encore un mot d’Eurovision pour vous dire que les bookmakers prédisent la victoire de la Finlande et placent pour le moment la mignonnette Monroe deuxième. Evidemment, et comme à chaque fois, la France va déchirer lors des répétitions, on va prédire à tout-va qu’elle est la successeuse de Marie Myriam et tout l’aréopage des eurofans va se ruiner un slip à rêver de ramener la couronne Eurovision à Paris… Et on risque de déchanter très fort le dix-sept mai au matin…Enfin, l’espoir fait vivre, et croisons fort les doigts.
Restons dans le domaine des folles télévisuelles, puisque France 2 vient d’annoncer le nom du successeur d’Olivier Minne aux manettes de Fort Boyard, et qu’il s’agit de Cyril Féraud, l’incontournable blondinet des jeux télévisés. Après l’armoire à glace bodybuildée, le cure-dents papa solo… Ah ben, ce sont les réductions de budget de la télé publique, ma bonne dame…
Toujours est-il qu’avec Cyril Féraud, qui hurlait de trouille à s’en maculer le moulebite à chaque épreuve lorsqu’il était candidat, ça sera pas de nature à rebooster l’émission question testostérone…
Bon, je ne voudrais pas me la jouer Brialy sur le retour avec son goupillon furieux, mais le carnet noir des célébrités m’oblige à vous causer cimetière un instant.
On regrette le départ prématuré de Loana, dont le principal titre de gloire fut de s’envoyer en l’air dans une piscine lors de la première émission de téléréalité française, à seulement 48 ans, après une existence plus remplie de déconvenues que de réels bonheurs…
Côté eurovisionneries, citons la mot de Bjorgvin Halldorsson, à l’âge de 74 ans, candidat islandais en 1995 avec « Nuna », une mièvrerie soporifique oubliable…
Côté soaps américains, notons la mort de Patrick Muldoon à 57 ans, d’un infarctus, connu en France pour son rôle dans l’interminable « Des jours et des vies », diffusé sur la Deux entre 2000 et 2016, et qui compte à ce jour près de quinze mille cinq cents épisodes depuis 1965…
Le cinéma français est également en deuil avec deux disparitions le même jour. D’abord, Nadia Farès, actrice surtout connue pour son rôle dans Les Rivières pourpres, des suites d’un malaise cardiaque, à seulement 57 ans. C’était Farès, c’est effarant…
Ensuite, Nathalie Baye, actrice polyvalente et prolifique dont la carrière, alternant films exigeants et pochades faciles, est remarquable, qui s’éteint des suites de la maladie à corps de Lewy, à 77 ans. Compagne, entre autres, de Philippe Léotard et de Johnny Hallyday, Nathalie nous dit Baye-bye…
Et, au vu du contexte international guère rigolard, l’anniversaire du jour vous proposera de « dormir sur la bombe », ou « Nuku pommiin », si vous avez des velléités de causer le finlandais comme à Helsinki, puisque c’est le titre de la chanson finlandaise qui ne marqua aucun point et qui fut interprété par le blondinet Kojo au Concours Eurovision de la Chanson 1982, qui se déroula le 24 avril à Harrogate, le trouduc britannique à l’instar de Saint-Ploumenac’h Daoulas-le-Bas en Bretagne, et qui consacra l’une des pires guimauves eurovisuelles, un teuton « Ein bißchen Freiden » suicidogène à force de mièvreries sucrées et de paroles doucereuses. Dormir sur la bombe… Tu parles d’un sommeil réparateur…
mardi 31 mars 2026
Brèves du 31 Mars 2026
Bref, j’ai eurovisionné…
Que chacun se rassure pour ma chancelante santé mentale et ma santé auditive tout aussi bringuebalante, j’en ai entendu d’autres, et des plus sévères ; pour preuve j’ai même survécu à deux chansons d’Aya Nakamura en intégralité, sans me pilonner les tympans au tisonnier chauffé à blanc dans un bain de mercure liquide…
Non, je déconne, c’était une seule chanson, en extrait de trente secondes, et le chirurgien ORL a eu toutes les peines du monde à récupérer mes tympans… Mais il a gagné en prime un très joli tisonnier recouvert de mercure…
J’ai eurovisionné, non pas avec des bandes VHS fripées d’antédiluviens Concours qui fleuraient bon le micro à fil, l’orchestre en live intégral et les chanteurs qui savaient chanter sans en faire des tonnes, et sans rivaliser d’esbroufe putassière, mais avec les chansonnettes de ce 70ème Concours Eurovision de la Chanson 2026, baisodrome paneuropéen qui permet, dans les coulisses, de faire un tour d’Europe de l’andouillette à moindres frais si ce n’est ceux d’une double boite de capotes renforcées et d’un bidon de cinq litres de vaseline surfine, et sur la scène de s’ébaubir de trente-cinq tours de force musicaux, alliant l’inécoutable avec le gnangnan parolistique, et frôlant toujours le bon goût en prenant évidemment garde de ne jamais y accéder, ne serait-ce que partiellement…
Si vous le permettez, je vous propose un rapide tour d’horizon des trente-cinq alcoolats qui se disputeront le droit de fouler la scène autrichienne le samedi seize mai prochain.
Etant précisé que je n’ai fait qu’une écoute principalement audio (à partir des vidéoclips, autant vous dire que pour certains, on se marrera en direct intégral, rien qu’à voir les prouesses en studio), aucune vidéo ou presque en interférence.
Etant également précisé qu’on retrouve cette année encore le syndrome France Gall, avec plusieurs titres qui s’inspirent plus ou moins fortement et ouvertement de la chanson autrichienne gagnante de 2025.
Allez c’est parti !
San-Marin : Ambiance 80’s pour un titre mille fois entendu, mélangeant un tempo disco tardif et dance, répétitif, sans véritable montée en puissance, mais plutôt agréable à l’écoute. Avec en prime, la participation plus que limitée de Boy George, largement dispensable.
Bulgarie : Un mix difficilement digestible entre dance, hip-hop et musique traditionnelle, pour un titre onomatopée répétitif et pénible sur la longueur. Bangaranga répété à l’infini ne suffit pas à construire une chanson potable…
Roumanie : Encore un truc qui se veut moderne et mélange allègrement les rythmes actuels avec une petite dose de lyrique, histoire de faire un clin d’œil au dernier Grand Prix en date. Au final, c’est bruyant, gueulard et lassant.
Géorgie : Répétitif, bruyant, sans originalité, avec un rythme qui est copié et recopié sur la majorité des chansons présentées. Ça gueule à l’envi sur des paroles qui tiennent sur un timbre poste.
Albanie : Une balade puissante vocalement, avec le renfort de chœurs opératiques qui saturent l’oreille. Pas désagréable, même si les chœurs surpassent souvent la voix de l’interprète, avec un final tout doux.
République Tchèque : La balade sirupeuse type, molle du genou et qui se complait dans les longueurs. La voix de l’interprète n’est pas désagréable, mais on baille plus souvent qu’à son tour même s’il gueule sans raison au final.
Croatie : L’habituelle balade croate, classieuse, aux harmonies vocales caressantes, et à l’ambiance médiévale rappelant Enya, entre autres. Auditivement caressant, mais peut-être pas assez rythmé pour impressionner durablement.
Arménie : Un rythme agressif qui ne faiblit pas mais qui en contrepartie, lasse rapidement avec cette façon de chanter en rap ou assimilé. Pas dénué d’une certaine originalité toutefois, même si le final vous fera frôler la tachycardie.
Italie : Un titre italo-dance comme les italiens savent trousser au kilomètre et qui vous replonge avec plaisir dans les années 80. C’est dansant, agréable à l’écoute, diablement efficace ; bref, ça peut finir dans les top 10 sans difficulté.
Lituanie : Un chanteur passé au minium pour un titre qui rappelle le Grand Prix 2025, entre prouesses vocales (guère impressionnantes ici) et rythme fatigué, qui ne prend pas son envol et qui finit en queue de poisson. Dommage.
Allemagne : Après le Feuer ouest-allemand de 1978 et le Fuego chypriote de 2018, voici le Fire teuton de 2026, une chanson passe-partout qu’on écoute d’une oreille distraite et qu’on oublie sans peine. Pas mal, mais sans originalité débordante pour se démarquer.
Suisse : Voix grave pour une chanson prénom au tempo inhabituel. Un peu de blues, un peu de soul, un univers bien à elle, rappelant celui d’Adele. Une proposition qui sort des sentiers battus et qui parviendra sans doute à se distinguer du reste.
Grèce : Ambiance électro pour un titre sans concession, plutôt original même si Akylas nous soûle en répétant à l’envi son « Ferto ». Un certain effort d’originalité qui mériterait d’accéder à la finale.
Malte : Le bellâtre de service qui ne manquera pas de faire mouiller les invertis, pour un titre étonnamment sobre et romantique de la part de Malte, le bon gros slow avec la montée rythmique nécessaire, sobrement interprété et qui laisse au final une bonne impression.
Moldavie : Un titre fourre-tout d’autopromotion qui rappelle l’Autriche 2012, ce qui n’est pas un compliment… On dirait une chanson de stade, c’est dire si ça ne vole pas haut… Probablement la pause-pipi de l’année.
Estonie : Les revenantes suisses de 2005 avec ce qu’elles savent faire de mieux, un bon rock féminin pêchu, intemporel et entraînant. Ça envoie du steak, c’est très sympa, même si c’est pas forcément très actuel.
Autriche : Un vague tempo disco, une voix grave assez magnétique, une ambiance club pas désagréable, même si c’est pas captivant de A à Z avec une construction assez alambiquée. Aucune chance de faire la passe de deux.
Azerbaïdjan : Dès les premières notes, on s’attend à la balade lacrymale qui déverse les décibels dans un dégueulis de tripes… Et on n’est pas déçus ! Pas captivant, lassant sur la durée.
Ukraine : Et encore une énième balade planante, qui va jouer à fond sur la vague européenne d’empathie… Sauf que là, c’est chiant puissance 10 avec les vocalises à péter le pyrex de la chanteuse. De toutes façons, ça se qualifiera, alors…
Monténégro : Enième manifestation du syndrome France Gall avec un puissant chœur qui vocalise sur un rythme heurté et rebutant et des dégueulis de tripes. Ah on aura notre comptant de trucs vaguement opéra cette année !
France : Typiquement ce qu’on attend de la France à l’Eurovision… Evidemment, on balance un peu de vocalises façon J.J., mais même si le début est mou du genou, c’est globalement sympa et ça se démarque du reste. Monroe sait assurément chanter, un peu trop fort parfois, et si elle se lâche en live, et ne loupe pas la note finale casse-gueule, on devrait ne pas avoir à rougir du résultat final.
Royaume-Uni : Une base mélodique à l’orgue Bontempi, vite escamotée pour un rythme fait à la presse hydraulique. Un petit goût eighties pas rebutant, même si c’est pas la chanson du siècle, loin s’en faut. La perfide Albion reviendrait-elle à des titres innovants ? A voir…
Israël : Toujours et encore la même recette rance pour ratisser large : texte pétri de bonnes intentions et optimiste, en anglais, français et hébreu, musique convenue et sans surprise… Titre prénom fade vocalisé par un clone vocal de Slimane… Aucune originalité, aucune prise de risque, du réchauffé puissance 10 à en carboniser la casserole. Mais comme c’est Israël, ça finira dans le top 5, c’est couru d’avance…
Serbie : Un titre barbant du début à la fin, avec un dégueulis de tripes central tout à fait dispensable. Ça écorche les oreilles pendant trois minutes et guère plus.
Australie : Une belle balade planante, certes déjà entendue, mais qui se muscle au fur et à mesure, et qui se laisse écouter sans trop de séquelles auditives, malgré les prouesses vocales de la dame.
Finlande : Un bon point pour vocaliser en finlandais. Un opéra-rock à la Vanessa-Mae efficace, entraînant, bien construit, actuel, vocalement irréprochable et au final ébouriffant. Si ça ne gagne pas, ça sera assurément très haut dans le classement !
Norvège : Un rock pêchu et efficace, qui fleure bon les années 70 et 80 et qui se démarque de la masse. Sans concession, entraînant, on est loin des habituelles norvégienneries mièvres et ça fait du bien aux esgourdes !
Belgique : Un truc qui veut faire actuel, pas foncièrement désagréable à l’oreille, mais qui rappelle trop de trucs pour véritablement séduire. Et c’est interminable et répétitif, hélas.
Chypre : Même si le titre me rappelle la marque de serviettes-éponge, rien qui me fasse transpirer… Le titre type qui fait suer tant c’est un maelström difficilement digestible de rythmes. Mille fois entendu, et sans originalité, donc.
Portugal : Des polyphonies corses sauce fado pour débuter un titre dépouillé, lent, ronronnant et gnagna. Ça peut peut-être séduire, même si ça n’est pas convaincant et si ça reste au final très vieillot. Le Portugal nous avait habitué à bien mieux.
Pologne : Et encore une gueularde à nichons pour un titre mal ficelé, décousu, pénible de bout en bout. Next !
Suède : Après une rafraîchissante parenthèse au sauna, la Suède retombe dans ses travers de la suédoiserie calibrée, sans saveur et en anglais. C’est décevant, pas convaincant, et en plus, la demoiselle ne chante pas toujours juste au début…
Danemark : Søren installe son univers dès la première note, et en version originale ! La voix est assurée, la chanson pas désagréable, la scénographie originale et ça monte bien en intensité. Ça peut plaire.
Lettonie : Une balade dépouillée, sans chichis, tout en douceur, qui vous berce agréablement. Pas très originale, mais qui peut se démarquer du reste, bruyant et survolté.
Luxembourg : Voix pas toujours très juste pour un titre mille fois entendu et pas rythmé pour deux sous. Si j’étais méchant, je dirais que ça sent la naphtaline à plein nez…
Au final, j’ai retenu dans mon top 10, sans faire de classement pour le moment, et donc, par ordre alphabétique : Albanie, Croatie, Danemark, Estonie, Finlande, Italie, Lettonie, Malte, Norvège, et Suisse.
Pourraient être repêchées : Australie, Royaume-Uni et San-Marin.
Mon vainqueur ? Ma tête sur le billot que je ne vous le donnerai pas… Tout au plus un top 3, dans l’ordre alphabétique : Finlande, Italie, Malte.
Globalement, le cru 2026 est une édition plutôt homogène, avec quelques bouses inécoutables, mais pas de titre qui se détache réellement, à part peut-être la Finlande. Pas mal de titres qui se ressemblent, qui copient plus ou moins heureusement le gagnant de l’année dernière et qui donnent une désagréable impression d’uniformité. Peu de titres réellement innovants ou décalés cette année.
La Finlande, gagnant autoproclamé des bookmakers n’a pas partie gagnée, loin de là, même si elle présente le titre le plus actuel et le moins gueulard. Quant à la France, on peut espérer un classement très honorable, si toutefois l’on ne flanque pas la chanson d’une scénographie absconse (on nous promet une mise en scène « théâtrale », ce qui nous fait d’ores et déjà redouter le pire), et si Monroe ne fait pas de faux pas, car la demoiselle a du talent.
Réponse le seize mai prochain, bien après minuit…






