vendredi 13 février 2026

Brèves du 13 Février 2026

 Mais que j’aurais aimé être humoriste de gauche, moi !

Ben oui, je suis à jeun de toute boisson alcoolisée, je n’ai pas abusé des cigarettes qui font rire, ma santé mentale, bien que chancelante, se maintient à des niveaux acceptable et pourtant, je vous le confesse tout de go, j’aurais adoré être humoriste de gauche…

Attention, hein ! Ne confondons pas ! Pas humoriste de gauche, hein ! Humoriste de gôôôche ! De gauche gauche, quoua !

Entendons-nous bien, pas l’humoriste de gauche basique, comme on en rencontre par pelletées entières dès que vous arpentez dans les couloirs de France Inter. Pas le chroniqueur de base, qui croit spirituel de tambouriner à bras raccourcis sur les patrons, l’extrême-droite et Emmanuel Macron parce que ça va faire plaisir à la direction et qu’il obtiendra une chronique hebdomadaire dans la matinale, ce qui entre parenthèses le condamnera à se lever à trois heures du matin, à se cloquer les quatre kilomètres de trajet jusqu’à la Maison de la Radio en vélo électrique, bouffer des pancakes à la graine de chia trempées dans du mafé équitable au petit-déjeuner et à se flinguer le rythme circadien jusqu’à ses soixante ans, non !

Pas non plus le chroniqueur biberonné aux œuvres complètes de François Mitterrand dès le cours préparatoire, et qui, étudiant tout frais moulu, a adhéré à l’Unef-Id parce qu’il s’imaginait pécho tranquille des minettes ayant le petit livre rouge de Mao à la place du cœur et ne consentant à s’envoyer en l’air que sur l’échelle mobile des salaires… Que nenni !

J’ai à l’esprit l’humoriste de gôôôche, celui qui lit Mélenchon dans le texte, se beline la mouflette en apprenant par cœur les pensées de Sandrine Rousseau et qui recrépit le plafond de sa chambrette de colocation rien qu’en écoutant l’intégrale des billets d’humeur de Charline Vanhonaecker… Bref, le style Sophia Aram !

Alors, celle-là… Toujours prompte à propagander pour la Bande de Gaza, même si il ne lui viendrait pas à l’idée ne serait-ce qu’une nano-seconde de s’embarquer avec Rima Hassan et Greta Thunberg pour jouer un remake de la Croisière s’amuse et se faire refouler au large de la Sardaigne…

Toujours à faire de la retape avec des ficelles énormes pour ses convictions profondes de la quinzaine, sans qu’il germe dans son esprit formaté que l’on puisse penser différemment, en polluant l’antenne de ses fadaises, parce que ça, ça fait flaquer la Direction et qu’avec une bonne couche de cirage, ça devrait vous assurer la subsistance pendant encore quelques saisons…

Mais, manque de bol, je n’en suis pas… Ni humoriste, ni de gauche… Et encore moins belge ! Vous l’aurez remarqué, France Inter est actuellement une succursale de la RTBF, et on ne risque plus un chroniqueur sur les ondes sans s’être préalablement assuré de sa naissance outre-Quiévrain. 

C’est bien simple, dès potron-minet, ça sent les moules-frites et la gueuse lambic jusque dans le cœur des transistors…

Radio Gaucho s’aventure parfois à admettre un chroniqueur suisse, mais quand on a entendu deux ou trois chroniques de Bruno Peki, on se convainc qu’il doit s’agir du 1% handicapés, ou alors, sa famille est actionnaire majoritaire dans la capital de Radio France…

Encore que, à l’heure du goûter BN, on est incontinent transporté dans une enclave de la RTS, tant Matthieu Noël, le plus speedé des suisses, garnit son émission de chroniqueurs helvètes, chauvinisme oblige. Bon, tant qu’ils ne font pas la promotion des röstis à fond de train les ballons et qu’ils évitent de passer comme gimmick le dantesque « Ja Grüezi wohl Frau Stirnimaa », on veut bien leur accorder le droit d’asile et le bénéfice du doute…

Mais diantre ! N’avons-nous plus en France de véritables humoristes, à la verve acérée et à la plume vitriolée ? Prenez par exemple Kev Adams… Ah non, pardon, mauvais exemple, on a dit humoriste…

Je sais, j’exagère, puisque la première radio de France met également à l’antenne des chroniqueurs du cru, à l’image de Julien Santini… Ouais, d’accord, il est corse, chacun ses tares, et on ne l’entend pas avant onze heures, parce qu’il refuse le travail de nuit, et qu’il menace de plastiquer les studios en cas de cadences infernales (savoir une chronique mensuelle)… Le moins qu’on puisse dire, c’est que pour un spécialiste de la bombe, il ne nous fait pas exploser de rire…

Nous n’avons pas su élever et propulser comme il se doit les héritiers de nos chansonniers d’antan, qui eux, ne craignaient pas de dézinguer à gauche et à droite. Les petits-fils des Jean Amadou, Maurice Horgues, Jean Rigaux, Anne-Marie Carrière et j’en oublie des plus fameux, sont restés des bébés éprouvettes, en bocal au Musée Dupuytren…

Tout ça parce qu’on a un beau jour décidé que leur humour était poussiéreux, que leur verve était trop populaire, qu’il fallait désormais rire cérébralement, et qu’il fallait être de gôôôche pour pouvoir faire marrer ses contemporains… Hors ça, point de salut…

Certes, quand on voit l’état de mort cérébrale des socialistes aujourd’hui, on se dit que l’euthanasie a du bon parfois…

Et en plus, on ne peut plus rire de tout !

Gaussez-vous des personnes à la verticalité contrariée, et vous aurez le fan-club de Mimie Mathy qui vous mordra les mollets en guise de représailles… Marrez-vous des cons, et de leur entendement qui fait honneur aux nanotechnologies, tous les admirateurs de Nabila vous voueront aux Gémonies… Enfin, s’ils comprennent…

Farcissez-vous les pédés, vous vous cloquerez toutes les ligues de vertu des casseurs de fions qui vous traiteront d’homophobe (quand on prêche la tolérance, ça démontre une largeur de vue pas précisément panoramique)… Une remarque leste sur l’allure de camionneuse est-allemande d’une femme ? Le club des broute-minous vous agonira d’insultes…

Payez-vous la fiole des musulmans, vous vous exposez à une fatwa pas piquée des hannetons de la part des enturbannés… Bouffez du curé et c’est Christine Boutin qui deviendra votre pire cauchemar… Brocardez les pédophiles, et c’est Jack Lang et Cohn-Bendit qui viendront vous faire subir les derniers outrages… Enfin, si vous avez moins de dix-huit ans, évidemment…

Les noirs ? C’est Danièle Obono qui s’amusera avec sa poupée gri-gri… Les juifs ? C’est le Grand Rabbin de France qui viendra vous la couper… Les jaunes ? Vous serez persona non grata dans tout le treizième arrondissement de la capitale… Le sexe ? Là, c’est DSK et tous les tringleurs-fous qui vont vous regarder d’un œil noir… La drogue ? Bah, c’est Deloglu le mononeuronal et toute la DZ Mafia qui vont vous battre froid… Les fachos, c’est-à-dire Pascal Praud et l’ensemble de la rédaction de C News ? Ah non, surtout pas ! C’est le domaine réservé de Sophia Aram, ça… Et j’ai pas envie de me faire émasculer à la cuillère parisienne, moi…

Alors, qu’est-ce qu’il reste ? La météo… Et encore, Evelyne Dhéliat est capable de faire la danse de la pluie pour transformer mon salon en annexe de la Bretagne, et Hugo Clément se fera un malin plaisir de vous descendre sur ses réseaux sociaux en vous traitant de conspirationniste primaire et de climatosceptique indécrottable… 

Non, vraiment, j’aurais adoré être humoriste de gauche…

Ceci étant, je me doute fort que vous vous en contrecognez la merguez à col roulé et les bossues à béchamel avec une patte de tripotanus nain enfarinée à la Maïzena gros grain allégée, de mes velléités de pseudo-humoriste gaucho…

Vous devez sans doute avoir déjà la tête en plein dans le weekend et les préparatifs de la Saint-Valentin, cette célébration mercantile des amoureux qui fait dangereusement augmenter les bris de sommiers et les consultations en urgence proctologique à base de concombre, de bouteille magnum de Perrier ou de chandelier coincé en des endroits que l’honnêteté et la décence m’interdisent de préciser davantage…

Cette Saint-Valentin, tout de même… Payer un dîner somme toute très ordinaire au prix d’un demi-SMIC parce qu’on y aura mis des cœurs roses sur le steack-frites… S’arracher un rein pour offrir un bouquet de roses pas trop fanées à Madame… Laquelle aura passé trois heures dans la salle de bains à essayer de se rendre désirable (autant demander à un rôti de dindonneau de parler anglais)…

Une fête destinée à redonner un coup de fouet à la consommation des ménages, lessivés après les soldes, et aussi à vos partenaires, s’ils aiment ça… Et accessoirement faire remonter la courbe des naissances dans neuf mois… En tous cas, c’est positivement débile de devoir fondre de sentiments transis un jour par an, et jouer le remake de l’Hôtel des Culs tournés le reste de l’année…

Enfin, que voulez-vous, nous sommes dans une société de consommation à tout crin et de moutons de Panurge…

Faut-il être complètement vendu à la logique marchande des média et des services marketing, qui arriveraient à vendre des peignes à des chauves, pour croire aveuglément qu’il n’y a que ce jour-là, précisément, qu’il faut démontrer votre attachement à votre partenaire ? Certes, un bon petit coup dans les Pays-Bas, histoire de dégripper la mécanique et lubrifier la salle de jeux qui commençait à schmoukter le vasier à marée basse, ça n’est jamais mal venu (sauf si vous le pratiquez à la table centrale du restau en vue de la capitale, un soir d’affluence maximale)…

Alors, je ne vous donnerai pas de conseil… Tripotez les pis de la laitière qui vous tient lieu de morue, farcissez une dinde avec vos marrons chauds, dégustez de la queue de bœuf à la mayonnaise, payez-vous une tranche de tarte au poil, tapez-vous un « cinq contre un »… Faites comme vous le sentez mais par pitié, ne nous cassez plus les réserves ADN avec la Saint-Valentin…

Et puis, si vous vous prenez un mémorable râteau demain soir, si les chandelles enflamment la robe en satin rose fluo à quatre-vingt boules de Madame, si votre conquête récente a finalement un rire équin et une haleine à décoller les affiches électorales de dos et à distance, si la fermeture éclair de cette saloperie de putain de braguette reste définitivement coincée au moment stratégique, si vous déchargez le yaourt sous pression dès le seuil de la salle de jeu qui réclame à corps et à cris un arrosage de fond en comble, si vous ululez le nom de la voisine, ou du facteur, à l’instant précis où Vénus vous envoie au septième étage d’un grand coup de pompe dans le derche…

Ne vous inquiétez pas ! Vous pourrez toujours vous rattraper dimanche, jour de la Saint Claude, saint patron des pipes…

Et le 13 février 1973, se faisait entendre pour la première fois, au Théâtre du Palais Royal à Paris, dans « La Cage aux Folles », une pièce qui sera jouée plus de mille neuf cent fois, excusez du pneu, par Michel Serrault et Jean Poiret, la fameuse musique de la biscotte. A l’instar de certains humoristes de gôôôche qui, tout pareillement, nous les brisent…



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