mardi 21 octobre 2014

Brèves du 21 octobre 2014

« Hish'art li rak milim, zer shel man'ulim
« Elohim, hish'art li rak milim »

Ne me dites pas, je vous en conjure, que ces deux lignes sont de l’hébreu à vos yeux question comprenotte… C’en est véritablement ! Gloussé, voire glapi par la voix couinante et usante d’Harel Skaat, un genre de Steevy Boulay en moins masculin qui défendait les couleurs d’Israël au Concours Eurovision 2010, ce « Milim » suranné aux douces effluves de naphtaline pas fraîche n’a que très modérément convaincu les jurys internationaux et s’est échoué quatorzième sur vingt-cinq.

Mais les milim, pardon, les mots mis dans la bouche d’Harel gardent une signification particulière puisqu’il chante que « tu ne m’as laissé que des mots, une couronne de serrures, oh Dieu, tu ne m’as laissé que des mots »… Feignasse, le Seigneur ? Voire ! Puisqu’en donnant les mots aux humains, il leur confiait la meilleure arme pour les amener inévitablement à se taper dessus…

On peut, avec des mots, donner la signification et l’importance que l’on souhaite à des évènements qui, s’ils étaient uniquement soumis à la sagacité de tout un chacun, ne mériteraient même pas qu’on s’y attarde le quart d’une demi-seconde… Mais avec des mots choisis, on va en faire des manchettes que le regard accrochera grâce aux caractères gras…

Les rotatives de nos feuilles de choux préférées, des inévitables torche-culs du lundi que l’on lit d’un derrière distrait en attendant de se faire affoler le brushing chez le coiffeur et des gazettes gracieusement distribuées et infestées de publicités vont pouvoir tourner à plein régime dès demain pour nous annoncer sur le ton de l’exploit les petites choses qu’on a choisi de nous imposer comme étant l’actualité brûlante du jour, les unes angoissantes et les articles de fond qui feraient passer le plus ardu traité de mécanique ondulatoire en trois volumes et en grec classique pour une décalque fadasse du dernier épisode de Plus belle la vie…

C’est insignifiant, donc cela mérite la une ! On s’en bat les réserves ADN avec une patte de cloporte enfariné, ça doit donc faire les titres de tous les journaux télévisés et radiodiffusés de France et de Navarre ! Ça ne modifiera en rien notre train-train quotidien, en conséquence on doit en parler à toutes les pauses-café-clope-médisances des bureaux francophones !

On nous annonce un peu partout la mort à seulement vingt-cinq ans de Gaël Lopes, qui aurait chuté plus ou moins intentionnellement du balcon au quatrième étage de sa sœur… Cet ersatz de Mike Brant avait séduit la semaine dernière le public de Rising Star, et c’est en répétant sa prochaine prestation, une reprise de « Envolez-moi » de Jean-Luc Lahaye qu’il aurait finalement choisi un titre de Mike Brant : « Laisse-moi tomber »…

C’est également ce qu’a dû entonner Christophe de Margerie, le PDG de Total, au moment où son jet privé s’est artistiquement crashé sur la piste d’envol… A moins que ce ne soit « Toute ma vie, j’ai rêvé d’être une hôtesse de l’air »… Triste fin pour un patron apparemment respecté et apprécié pour ses imposantes bacchantes. Décidément, personne ne veut de la moustache française… Après la claque à l’Eurovision, le crash Total…

Non, décidément non, il ne fait pas bon de vouloir s’envoyer en l’air en ce moment… Ça tombe pire qu’à Gravelotte, ça chute comme des mouches arrosées de Fly-tox, ça dévale comme un Felix Baumgartner sans parachute, ça déquille comme un Tom Daley dans le grand bain… Avec Total on ne venait plus chez eux par hasard… On n’ira certainement pas pour la sécurité de leurs vols privés !

Pour rester dans ce registre frais, primesautier et positif qui n’aurait pas déplu à Jean-Claude Brialy, surnommé dans le milieu bien introduit la Mère Lachaise tant il frétillait du goupillon à eau bénite lorsqu’il s’agissait d’aller boire une dernière bière avec une vieille gloire du show bizness décatie mais enfin raide, il ne vous sera pas inintéressant d’apprendre le décès à l’âge respectable de 103 ans de Maria Lambour. Cette bigoudène bon teint avait eu son quart d’heure de gloire grâce à un seul mot, un « Pirates ! » fleurant bon le kouign-aman lourdement beurré et le chouchen frelaté de contrebande et répété à l’envi dans les pubs Tipiak.

A peine plus rigolard, cette nouvelle, marquée d’une étoile jaune, vraisemblablement, selon laquelle des criminels nazis auraient bénéficié pendant des décennies de prestations sociales versées par les Etats-Unis… Ah, ma bonne dame ! Ce ne sont pas des choses qu’on aurait vu en France, ça ! Ah non, en France, les criminels nazis, on leur donne la légion d’honneur et ils soutiennent financièrement les candidats socialistes à la Présidentielle 1974 ; on leur octroie des maroquins et des postes de Préfet de Police afin de s’occuper des manifestations du FLN et de la station de métro Charonne…

Les mots toujours, habile moyen pour les ministres du Gouvernement du Pétillant de se transformer en snipers politiques en balançant des scuds à des confrères dont la tête et les prises de position, pleines de bravitude, ne leur reviennent décidément pas. Sapin rejette en effet l’idée de ne taxer les poids lourds étrangers, brillante idée en forme d’usine à gaz issue du cerveau fécond de la Dingo du Poitou… Quelle ambiance de franche camaraderie tout de même ! Pépère leur aurait interdit les peaux de banane à la sortie du Conseil des Ministres, parce que les acrobaties façon Candeloro à Holiday on Ice sous les ors de la République, ça ferait peut-être un tout petit peu too much…

Too much aussi, les commentaires débridés suite à la destruction de l’immense butt-plug vert qui avait hérissé d’effroi les coincés du cul et les réfractaires à l’art moderne qui ne jurent que par les reproductions de scènes de chasse sur les boites de chocolats et les miniatures en coquillages ramenées à grands frais de Platja de Aro… Expliquez-moi concrètement comment des mecs émanant de la Manif pour Tous peuvent qualifier cette bouse gonflable de sextoy, alors qu’ils sont censés ignorer jusqu’à l’existence de ce jouet habituellement destiné à vous dilater la rondelle en vue de la jouissive intromission d’un membre impair médian et généralement fortement érectionné dans le couloir à prouts…

Vraisemblablement, c’est particulièrement utile pour sodomiser les diptères puisque cette activité est largement répandue actuellement dans les pages sports de vos quotidiens pour annoncer que la blessure de Zlatan Ibahimovic n’en finit pas de s’éterniser et que l’on ne donne même plus de date pour le retour de l’imbuvable suédois sur la pelouse…

Il n’a pas intérêt, la Joconde des connasses en short, de nous piquer une rechute entre le 24 et le 31 décembre, parce qu’il risque fort de se heurter à la porte close de son médecin généraliste. Les toubibs appellent en effet à une grève générale entre ces dates, pour protester contre le projet de loi de santé que le Lapinou plein phares veut faire adopter.

Un bon conseil donc, minimisez vos bobos pendant la trêve des confiseurs ; évitez de généraliser sur vos cancers qui de toutes façons ne se gênent pas pour se généraliser, eux ; retenez vos diarrhées autant que faire se peut (d’où l’intérêt d’un plug…) ; garrottez vos doigts affreusement mutilés et sanguinolents d’avoir essayé d’ouvrir cette putain de bourriche de fines de claire ; prenez en grippe votre grippe carabinée qui vous transforme en radiateur Calor ambulant (avec la hausse du gaz, c’est une économie appréciable)… En prime, ça relancera le secteur des pompes funèbres…

Et pour terminer en beauté, saluons la lutte contre les mots sans cesse renouvelée avec cette nouvelle école incendiée à la voiture-bélier à Corbeil Essonne… Si vous croisez une voiture un peu cramée née entre le 21 mars et le 20 avril, appelez tout de suite la Police !

Des mots encore, mais mis en musique, puisque le 21 octobre 1957 sort la chanson « Wake up little Suzie », interprétée par les Everly Brothers, qui alignent dans les années cinquante une liste de tubes intemporels.

Et le 21 octobre 1984, François Truffaut prend son dernier métro, destination le terminus des prétentieux, terrassé à seulement 52 ans par une tumeur au cerveau. Réalisateur et scénariste indissociable de la Nouvelle Vague, Truffaut laisse derrière lui de grands films du cinéma français parmi lesquels Les Quatre cents coups, Jules et Jim, Baisers volés, Domicile conjugal, L'amour en fuite, La Chambre verte, Fahrenheit 451, La Nuit américaine ou encore L'Histoire d'Adèle H., oscar du meilleur film étranger en 1973 et Le Dernier Métro, récompensé par dix César. Il ne laisse pas que des mots, mais aussi des images, qui sont en quelque sorte des mots dessinés…

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