« Hish'art li
rak milim, zer shel man'ulim
« Elohim,
hish'art li rak milim »
Ne me dites pas, je vous en conjure, que ces deux lignes
sont de l’hébreu à vos yeux question comprenotte… C’en est véritablement !
Gloussé, voire glapi par la voix couinante et usante d’Harel Skaat, un genre de
Steevy Boulay en moins masculin qui défendait les couleurs d’Israël au Concours
Eurovision 2010, ce « Milim » suranné aux douces effluves de
naphtaline pas fraîche n’a que très modérément convaincu les jurys internationaux
et s’est échoué quatorzième sur vingt-cinq.
Mais
les milim, pardon, les mots mis dans la bouche d’Harel gardent une
signification particulière puisqu’il chante que « tu ne m’as laissé que
des mots, une couronne de serrures, oh Dieu, tu ne m’as laissé que des
mots »… Feignasse, le Seigneur ? Voire ! Puisqu’en donnant les
mots aux humains, il leur confiait la meilleure arme pour les amener
inévitablement à se taper dessus…
On
peut, avec des mots, donner la signification et l’importance que l’on souhaite
à des évènements qui, s’ils étaient uniquement soumis à la sagacité de tout un
chacun, ne mériteraient même pas qu’on s’y attarde le quart d’une demi-seconde…
Mais avec des mots choisis, on va en faire des manchettes que le regard
accrochera grâce aux caractères gras…
Les
rotatives de nos feuilles de choux préférées, des inévitables torche-culs du
lundi que l’on lit d’un derrière distrait en attendant de se faire affoler le
brushing chez le coiffeur et des gazettes gracieusement distribuées et
infestées de publicités vont pouvoir tourner à plein régime dès demain pour
nous annoncer sur le ton de l’exploit les petites choses qu’on a choisi de nous
imposer comme étant l’actualité brûlante du jour, les unes angoissantes et les
articles de fond qui feraient passer le plus ardu traité de mécanique
ondulatoire en trois volumes et en grec classique pour une décalque fadasse du
dernier épisode de Plus belle la vie…
C’est
insignifiant, donc cela mérite la une ! On s’en bat les réserves ADN avec
une patte de cloporte enfariné, ça doit donc faire les titres de tous les
journaux télévisés et radiodiffusés de France et de Navarre ! Ça ne
modifiera en rien notre train-train quotidien, en conséquence on doit en parler
à toutes les pauses-café-clope-médisances des bureaux francophones !
On
nous annonce un peu partout la mort à seulement vingt-cinq ans de Gaël Lopes,
qui aurait chuté plus ou moins intentionnellement du balcon au quatrième étage
de sa sœur… Cet ersatz de Mike Brant avait séduit la semaine dernière le public
de Rising Star, et c’est en répétant sa prochaine prestation, une reprise de
« Envolez-moi » de Jean-Luc Lahaye qu’il aurait finalement choisi un
titre de Mike Brant : « Laisse-moi tomber »…
C’est
également ce qu’a dû entonner Christophe de Margerie, le PDG de Total, au
moment où son jet privé s’est artistiquement crashé sur la piste d’envol… A
moins que ce ne soit « Toute ma vie, j’ai rêvé d’être une hôtesse de
l’air »… Triste fin pour un patron apparemment respecté et apprécié pour
ses imposantes bacchantes. Décidément, personne ne veut de la moustache
française… Après la claque à l’Eurovision, le crash Total…
Non,
décidément non, il ne fait pas bon de vouloir s’envoyer en l’air en ce moment… Ça
tombe pire qu’à Gravelotte, ça chute comme des mouches arrosées de Fly-tox, ça
dévale comme un Felix Baumgartner sans parachute, ça déquille comme un Tom
Daley dans le grand bain… Avec Total on ne venait plus chez eux par hasard… On
n’ira certainement pas pour la sécurité de leurs vols privés !
Pour
rester dans ce registre frais, primesautier et positif qui n’aurait pas déplu à
Jean-Claude Brialy, surnommé dans le milieu bien introduit la Mère Lachaise
tant il frétillait du goupillon à eau bénite lorsqu’il s’agissait d’aller boire
une dernière bière avec une vieille gloire du show bizness décatie mais enfin
raide, il ne vous sera pas inintéressant d’apprendre le décès à l’âge
respectable de 103 ans de Maria Lambour. Cette bigoudène bon teint avait eu son
quart d’heure de gloire grâce à un seul mot, un « Pirates ! » fleurant
bon le kouign-aman lourdement beurré et le chouchen frelaté de contrebande et
répété à l’envi dans les pubs Tipiak.
A
peine plus rigolard, cette nouvelle, marquée d’une étoile jaune,
vraisemblablement, selon laquelle des criminels nazis auraient bénéficié
pendant des décennies de prestations sociales versées par les Etats-Unis… Ah,
ma bonne dame ! Ce ne sont pas des choses qu’on aurait vu en France,
ça ! Ah non, en France, les criminels nazis, on leur donne la légion
d’honneur et ils soutiennent financièrement les candidats socialistes à la
Présidentielle 1974 ; on leur octroie des maroquins et des postes de
Préfet de Police afin de s’occuper des manifestations du FLN et de la station
de métro Charonne…
Les
mots toujours, habile moyen pour les ministres du Gouvernement du Pétillant de
se transformer en snipers politiques en balançant des scuds à des confrères
dont la tête et les prises de position, pleines de bravitude, ne leur
reviennent décidément pas. Sapin rejette en effet l’idée de ne taxer les poids
lourds étrangers, brillante idée en forme d’usine à gaz issue du cerveau fécond
de la Dingo du Poitou… Quelle ambiance de franche camaraderie tout de
même ! Pépère leur aurait interdit les peaux de banane à la sortie du
Conseil des Ministres, parce que les acrobaties façon Candeloro à Holiday on
Ice sous les ors de la République, ça ferait peut-être un tout petit peu too
much…
Too
much aussi, les commentaires débridés suite à la destruction de l’immense
butt-plug vert qui avait hérissé d’effroi les coincés du cul et les
réfractaires à l’art moderne qui ne jurent que par les reproductions de scènes
de chasse sur les boites de chocolats et les miniatures en coquillages ramenées
à grands frais de Platja de Aro… Expliquez-moi concrètement comment des mecs
émanant de la Manif pour Tous peuvent qualifier cette bouse gonflable de
sextoy, alors qu’ils sont censés ignorer jusqu’à l’existence de ce jouet
habituellement destiné à vous dilater la rondelle en vue de la jouissive
intromission d’un membre impair médian et généralement fortement érectionné
dans le couloir à prouts…
Vraisemblablement,
c’est particulièrement utile pour sodomiser les diptères puisque cette activité
est largement répandue actuellement dans les pages sports de vos quotidiens
pour annoncer que la blessure de Zlatan Ibahimovic n’en finit pas de
s’éterniser et que l’on ne donne même plus de date pour le retour de
l’imbuvable suédois sur la pelouse…
Il
n’a pas intérêt, la Joconde des connasses en short, de nous piquer une rechute
entre le 24 et le 31 décembre, parce qu’il risque fort de se heurter à la porte
close de son médecin généraliste. Les toubibs appellent en effet à une grève
générale entre ces dates, pour protester contre le projet de loi de santé que
le Lapinou plein phares veut faire adopter.
Un
bon conseil donc, minimisez vos bobos pendant la trêve des confiseurs ;
évitez de généraliser sur vos cancers qui de toutes façons ne se gênent pas
pour se généraliser, eux ; retenez vos diarrhées autant que faire se peut
(d’où l’intérêt d’un plug…) ; garrottez vos doigts affreusement mutilés et
sanguinolents d’avoir essayé d’ouvrir cette putain de bourriche de fines de
claire ; prenez en grippe votre grippe carabinée qui vous transforme en
radiateur Calor ambulant (avec la hausse du gaz, c’est une économie
appréciable)… En prime, ça relancera le secteur des pompes funèbres…
Et
pour terminer en beauté, saluons la lutte contre les mots sans cesse renouvelée
avec cette nouvelle école incendiée à la voiture-bélier à Corbeil Essonne… Si
vous croisez une voiture un peu cramée née entre le 21 mars et le 20 avril,
appelez tout de suite la Police !
Des
mots encore, mais mis en musique, puisque le 21 octobre 1957 sort la chanson
« Wake up little Suzie », interprétée par les Everly Brothers, qui alignent
dans les années cinquante une liste de tubes intemporels.
Et
le 21 octobre 1984, François Truffaut prend son dernier métro, destination le
terminus des prétentieux, terrassé à seulement 52 ans par une tumeur au
cerveau. Réalisateur et scénariste indissociable de la Nouvelle Vague, Truffaut
laisse derrière lui de grands films du cinéma français parmi lesquels Les
Quatre cents coups, Jules et Jim, Baisers volés, Domicile conjugal, L'amour en
fuite, La Chambre verte, Fahrenheit 451, La Nuit américaine ou encore
L'Histoire d'Adèle H., oscar du meilleur film étranger en 1973 et Le Dernier
Métro, récompensé par dix César. Il ne laisse pas que des mots, mais aussi des
images, qui sont en quelque sorte des mots dessinés…
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