« Oiçam, oiçam : o
vento mudou e ela não voltou
« As aves partiram, as
folhas caíram… »
Écoute, écoute, le vent a
changé et elle n’est pas revenue… Les oiseaux sont partis, les feuilles sont
tombées…
C’est par la voix mâle d’Eduardo
Nascimento, le premier chanteur noir à fouler la scène du Concours Eurovision en
1967 que le Portugal espérait gagner la timbale lors du Concours de Vienne…Raté !
On ne peut espérer remporter le Grand Prix Eurovision avec une chanson évoquant
l’automne, les amours déçues et la révulsante odeur de la pluie dans les
bosquets parés de couleurs mordorées d’un parc où l’on viola pas moins de deux
vieilles dames et quatre fillettes dans les dix dernières années…
Parlez-nous de choses primesautières
et gaies, d’amourettes naissantes au creux d’un vallon verdoyant et parsemé de
pâquerettes (même si le tourtereau se chopera des champignons au gland pour
avoir besogné une jouvencelle délurée et pas très saine), de tendres serments d’amour
éternel près des flots glougloutants d’une fraîche rivière de montagne (en
évitant de montrer l’eau rougie par le sang des alpinistes qui s’y sont écrasés
après avoir dévissé de huit cent mètres…), d’enfants riants à la vie et
débordant de santé choyés par des parents comblés (comblés surtout de s’être
enfin débarrassé de son frère ainé, un grumeau fini à la pisse qu’on a congelé
façon Courjault et dont on a donné les restes au chien…
Voila, voila ce que devrait
être une chanson qui vous met le moral, la pêche, la banane (et plus si
appétence de salade de fruits) et vous rend capable d’affronter avec le plus
indéfrisable sourire, le plus indéboulonnable « souriez cheese », le
plus permanenté show-case de ratiches, la dernière journée de la semaine, au
cours d’un mois qui n’a pas toujours été d’une joyeuseté exemplaire question
actualité…
Se prendre de plein fouet
dans la même semaine le discours de Flotte Mec à l’ONU, l’égorgement d’un
randonneur par les allumés du turban à merguez, et le retour du ramoneur de l’aPhone
6, c’est quasiment plus rude que d’aller embrasser la vignette du pare-brise en
cas de crash-test in vivo et sans ceinture…
Et au vu de l’actualité
positivement délirante de ce vendredi, autant vous dire qu’après le roulage de
pelle à la vignette, vous vous prenez en quelque sorte le coup du lapin avec
craquement sinistre de cervicales en prime…
Franchement, vous n’avez
guère envie de vous fendre la poire en lisant partout que le djihad est à nos
portes, les couscoussières bourrées d’explosifs à nos gares et les barbus rêvant
de nous offrir un sourire kabyle au coin de la rue… Et pourtant, ce doit être
encore plus chobouillant que le thé à la menthe hypersucré de Farid l’arabe du
coin, puisque l’ensemble des musulmans de France appellent à manifester contre
l’Etat islamique au son de « nous sommes tous des sales français »… Y
aurait comme une boulette dans le couscous que ça ne m’étonnerait guère…
Honnêtement, vous avez envie
de vous taper bruyamment sur les cuisses en poussant des glapissements de
cochon qu’on égorge mâtinés de bruits orgasmiques de chèvre asthmatique en
apprenant que le Sénat, mouroir pour vieilles loques politiques cacochymes et
qui ne font plus sous elles grâce à une double ration de couches Confiance
modèle Eddie Barclay, risque de basculer à droite dimanche lors d’élections
sénatoriales partielles… Cool le train de sénateur… on bascule à droite avant
de passer l’arme à gauche…
Les yeux dans les yeux (et
vous gardez les mains dans vos poches, petits dégoutants), vous n’hoquèterez
pas façon Bouvard après avoir suivi le premier meeting de l’Ex qui encore une
fois nous a fait le coup du changement…. C’est quand même tordant, tous les
politiques, des amateurs de jogging à épaule en liberté aux culbutos
sudoripares à cravate de traviole et trempeurs de croissants en scooter, nous
beurrent la raie à nous promettre du changement… et tout reste désespérément
pareil… C’est ça, le changement ? Alors, il est urgent de ne plus changer !
Et pourtant, le changement,
c’est parfois positivement retournant… Savez-vous qui va se faire introduire
pour la première fois à Paris, entre le 9 et le 15 novembre (même si à mon
humble avis, ce n’est pas la première fois qu’il se prend un coup d’andouillette
à jus dans le corridor à prouts) au Crazy Horse ? Le dernier vainqueur du
Concours Eurovision, Josiane Saucisse, ou Conchita Würst, si vous pratiquez le
bretzel-bière… Franchement, un travelo dans un des temples incontestés du nu féminin
chic, ça risque de faire bizarre… Un peu comme si vous filiez Mauresmo au beau
milieu d’un sauna gay… Ah non, mauvais exemple…
Et puisqu’il faut savoir se
retourner de temps en temps pour ne pas rester les yeux dans les yeux comme des
chiens de faïence, débutez dès à présent à vous oindre la porte du garage
arrière avec toutes les matières graisseuses que vous pourrez trouver à portée
de main (huile, vaseline, saindoux, cheveux de Claire Chazal) : le
Gouvernement, déjà largement porté à pratiquer d’intenses et douloureuses
saillies arrières sur les contribuables français a semble-t-il décidé de nous
en mettre quelques centimètres de plus dans el derche sous peu : hausse du
prix du gazole, et « probable » hausse du tabac au mois de janvier
prochain… Décidément, amis fumeurs, réjouissons-nous, on a l’alcool pour
oublier qu’on clope…
Qu’importe, le Gouvernement,
toujours à l’écoute des sans-dents et autres suceurs d’allocs, a indiqué que
les chomistes seraient mieux indemnisés, grâce à des droits rechargeables
induisant une durée d’indemnisation accrue… Et comment inculquer le goût de l’effort
de la récompense à des gens qui palpent plus à se gratter les réserves ADN
toute la sainte journée plutôt qu’à bosser ?
Le travail, une valeur qui
va à la dérive et à vau l’eau, comme le Manureva d’Alain Colas, disparu en mer,
et dont Serge Gainsbourg en fera une chanson, interprétée par Alain Chamfort et
qui est commercialisée le 26 septembre 1979.
Et ce 26 septembre sera une
double date musicale, puisqu’en 1983 s’éteint à l’âge de 76 ans, des suites d’un
cancer du pancréas, Tino Rossi, le roucouleur corse le plus actif de toute l’histoire
de l’île de beauté… Cinquante ans de carrière, des quantités industrielles de
petites culottes ruinées, des centaines de disques publiés, des centaines de
millions vendus, et un wagon de standard dont l’inusable « Petit Papa Noël »…
Et ce Marinella dont vous connaissez tous cette version gaillarde :
Marinella, j’ai pris tes jambes pour tes bras, mais quand je m’en suis aperçu,
j’avais mes lèvres sur ton cul »…
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