« J’irai pleurer à
Bilbao,
« Sur le comptoir d’un
vieux bistrot
« J’irai pleurer pour
le plaisir
« Et même j’irai pleurer
pour rire… »
Eh oui ! Depuis jeudi
soir dernier, on en aura entendu, des trucs qui font mal aux oreilles, font
vriller les tympans et font saigner les trompes d’Eustache !
Entre les déclarations à la
mords-moi-le-nœud de nos politocards dangereusement vautrés dans la surenchère
d’autant plus gratuite qu’on l’aura oubliée dans deux mois, les hurlements d’effroi
des candidats de Fort Boyard qui feraient passer Christophe Willem poussant un
contre-ut pour le nouveau Barry White, et les larsens insupportables des
revendications à tout-va des enturbannés ; il y avait de quoi assurer de
confortables fins de mois aux ORL de France et de Navarre…
Alors, quitte à vous
fusiller le conduit auditif à grands coups de tisonnier chauffé à blanc, autant
vous introduire avec la voix mélodieuse, parfaitement timbrée et à la justesse
inégalable, de la Choukroun garnie, l’irremplaçable Régine, digne trisaïeule de
Zaz, et son non moins impérissable « J’irai pleurer à Bilbao »…
J’irai pleurer pour rire…
Parce qu’il ne faut pas mettre en danger l’industrie du mouchoir en papier en
se tarissant quotidiennement les canaux lacrymaux (qui ne sont pas des canaux
vénitiens) ; parce qu’il faut montrer à une certaine frange de la
population mondiale que nous leur pissons à la raie sans toucher les bords (vu
les tendances des derniers spécimens révélés au grand jour, ce sera aussi
facile que de faire passer une Smart dans une bouche de métro) ; et parce
que le rire est le meilleur médicament pour soigner les bobos de l’âme, même si
je vous l’accorde, le goût est parfois un peu âpre.
Si tel est le cas, faites
comme William Carnimolla qui fêtait sa première pipe : enfilez-vous (sans
jeu de mots douteux) quatre whiskies cul-sec coup sur coup… Et le goût
commencera à passer…
Rire, même si le goût
rappelle les vasiers à marée basse, face à ce départ en couille de notre cher
et vieux pays, comme disait Mongénéral… Ah ben si, quand même un peu… Quand le
bas peuple s’aventure à huer l’exécutif investi d’une mission divine d’enfumage
intégral et continu à grande échelle, c’est que le chaos et la chienlit sont à
nos portes dans un tohu-bohu général…
Ou quand on agresse
violemment une mère et ses trois filles à l’arme blanche parce qu’on leur
reproche d’être trop légèrement vêtues… Ben quoi, c’est logique de larder de
coups de couteau façon gigot à l’ail du dimanche des femelles qui ont commis l’impudence
ultime de montrer leur jambes, et d’envoyer une gamine de huit ans à l’hosto en
urgence absolue… Guy Bedos vitupérait sur les « salopes » de l’époque
qui montraient leur cul mais qui étaient encore en crinoline dans leur esprit…
Du côté des mecs, ils en sont pour certains encore à l’ère du silex non taillé…
Rire, même si ça sent
carrément la merde en arrêtant un chauffeur de VTC du Val de Marne fiché S chez
qui on retrouve des explosifs… D’accord, le mec aimait à s’éclater le week-end,
mais vu son arrestation, on a une claire impression de tâtonnement façon « ah
ben merde alors, on s’attendait pas à un tel truc »…
On a intérêt à porter des
cierges pascaux gros comme des troncs de baobab pour remercier le barbu de ne
pas avoir sauté plus tôt…
Et de ne pas avoir, encore,
d’illuminés qui manient la hache comme un éventail dans un train allemand… Ils
ont raison d’en causer dans le poste, ça va leur donner des idées…
Déjà qu’ils ont le cerveau
échaudé par la canicule qui commence à faire péter les tubes à mercure des
thermomètres et liquéfier les vieux dans les maisons de retraite, les média ont
raison de leur proposer des nouvelles activités de plein air…
Rire, même si le goût de la
politique version ketchup et Big Mac est aussi imbitable que son équivalent steak-frites…
Rire jaune, ou orangé pour faire ton sur ton avec s moumoutte, des
inconvénients routiers de Donald Trump, victime d’un accident de la route sans
gravité, et indemne… N’empêche, quand on l’entend causer, on se dit qu’il a dû
un jour servir de mannequin de crash-test avant l’invention des ceintures de
sécurité…
Rire, parce qu’on rit
toujours des cruches qui n’ont rien d’autre que de la flotte dans la gourde
supérieure, à l’instar de Madame Trump, publicité vivante pour les firmes de
chirurgie esthétique, qui plagie allègrement un discours de Michelle Obama…
Depuis qu’on lui a dit que pomper n’était pas tromper…
Rire, même si ça sent
carrément le glauque, le slip tâché et l’arrière-cour de backroom dans l’entourage
de Jean-Marc Morandini… L’ancienne pelle à merde de la téléréalité
(souvenez-vous de son mémorable « Tout est possible ») se retrouve
dans le tourbillon de la chasse d’eau des révélations sur les castings scabreux
qu’il faisait passer à de jeunes hommes. Et lui de nous sortir l’orchestre
symphonique de violons avec l’inévitable complot ourdi contre lui par son
ennemi juré, la mère Fogiel, son prétendu ex-amant Mathieu Delormeau et le
sosie porno belge de Juste Imbibé, qu’il accuse d’assassinat public…
Oui, oui, ça sent le
règlement de compte entre folles hystériques à plein nez… Et franchement, au
final, on s’en branle… Comme eux, quoi…
Rire, avant de voir de quel
bois on se chauffe, ou à l’instar de Firmin, de quel gaz il se chauffe, puisqu’Engie
lui a adressé une facture de gaz de 19.000 euros, et fait au surplus état d’une
consommation électrique pour un an de près de 350.000 kWh. Oh le cachottier qui
oublie de dire qu’il habite une centrale EDF et qu’il recrée la chaude ambiance
des chambres à gaz… mais c’est un détail, dirait Jean-Marie…
Et le 19 juillet 1976
naissait Benedict Cumberbatch, qui s’est révélé au monde ébahi avec la
mini-série Sherlock, adaptation contemporaine du personnage de Conan Doyle qui
certes ne prête pas à rire, mais qui au surplus a abandonné l’odeur et le gout âpre
de la pipe, afin d’être politiquement correct. Et pourtant, une bonne pipe, ça
détend… Sauf lorsqu’on se fait sauter en public…

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire