Eurovision is
best !
N’en déplaise
à certains pisse-froids qui se font des gorges-chaudes d’un trop tiède rendez-vous
annuel de la canzonetta paneuropéenne pour pédales en hyperactivité hormonale
et sourdingues imperméables à la musique de qualité ; l’inamovible
Concours Eurovision de la Chanson apparaît supérieur à l’ensemble des
productions télévisuelles actuelles sur un point, celui de la concision,
notamment de la concision des chansons gravées sur la cire des disques.
Pour ce qui
est de la cire-concision, et même si ça vous la coupe, c’est probablement le
seul programme qui arrive à caser plus de vingt-cinq prestations artistiques
dans une enveloppe temporelle de trois heures trente.
Alors,
permettez-moi de vous confier mezzo voce sur le ton de la confidence qu’on
ébruite que sous la torture de l’intégrale de Zaz en 78-tours sur un gramophone
mal réglé, que les fanfaronnades sur le Débat à onze qui ont duré encore plus
longtemps qu’un numéro classique d’On n’est pas couché me font doucement
rigoler…
Plus de trois
heures quarante pour les tours de piste de onze gugusses qui se bornent à
répéter en boucle qu’ils sont les plus meilleurs des bons et que tous les français
dotés de la plus élémentaire des raisons devraient voter pour eux qu’ils
finiraient à l’Elysée avec au moins cent dix pour cent des suffrages…
Toujours la
même chanson, pour le téléspectateur guère attentif qui tente sur le canapé
familial de digérer la collation vespérale à grands renforts d’hépatoum et de
rots sonores… Mais pour l’observateur plus pointu, aguerri au langage de
Pinocchio de nos politocards, l’ariette est subtilement diverse. Et la
différence se sent dès l’entrée en matière des onze, un nombre équivalent à une
équipe de connasses en short, mais avec apparemment des neurones pour l’ensemble
du championnat européen…
- Bonsoir,
Nathalie Artaud…
- C’est la
faute au capitalisme ! Il faut interdire les licenciements ! C’est
faux, c’est pas vrai, vous mentez !
- Bonsoir,
Nicolas Dupont-Aignan…
- Ah non, si
vous le prenez comme ça, je suis désolé, je m’en vais ! C’est un scandale
de se faire traiter comme ça !
- Bonsoir,
François Asselineau…
- Constitutionnellement
parlant, je vous dirai que l’article 106…
- Ah non,
106, c’est votre voiture…
- Bonsoir, François
Fillon…
- C’est un
scandale, je suis le Saint Sébastien de la présidentielle, on a voulu m’éliminer
de cette élection par le truchement de Miss Penny-Money…
- Bonsoir
Emmanuel Macron, en un mot…
- Banque ?
- Ben voyons…
Bonsoir,
Jean-Luc Mélenchon…
- C’est la dure
lutte finale !
- Bonsoir,
Jacques Cheminade…
- *Mode 130
décibels* Je voudrais tout d’abord vous dire, Madame Lamborghini et
Mademoiselle Ruth Abaga, que je ne comprends guère le système solaire actuel
depuis que j’ai voulu aller coloniser mars et néanmoins, il me semble que le
moment soit venu de vous adresser en guise de bienvenue sur le plateau un
bonsoir de circonstance *mode moins douze décibels*… Rrrrr Zzzzz
- La
prochaine fois, évitez de commencer en hurlant et de finir en ronflant, les
preneurs de sons sont déjà tous sourds…
- Bonsoir,
Philippe Poutou,
- Moi, j’attends
toujours qu’un ami me paye un costard, alors je me pointe en tee-shirt de chez
Gémo…
- Bonsoir,
Jean Lassalle…
-
Mgmemgnemgngngngngn, candidats, à la bourre… moi, suis unu candidat bourré…
- Certes,
mais quelles sont vos mesures ?
-
Mgngngngngnemgmgngmng… un mètre quatre-vingt-douze…
- Bonsoir, Marine
Le Pen…
- C’est un
interrogatoire ! C’est la République des Procureurs ! Je suis
persécutée politiquement ! Jeanne, au secours !
- Bonsoir
Benoît Hamon…
- Je n’étais
pas loin de penser que vous alliez m’oublier, comme la plupart de mes électeurs…
- Non,
rassurez-vous, il y avait une place de vide, on a pas retrouvé le candidat
socialiste, alors on vous a casé…
Résultat,
plus de six millions de téléspectateurs (dont quatre et demi qui ont ronflé les
deux tiers du programme)… Et un tel succès que France 2 a décidé d’annuler le
débat prévu à trois jours du premier tour…
Poutou vous
dire, Hamon humble avis, ne Mélenchon pas Lassalle Le Pen avec Artaud, ne nous
Fillon pas un instant à Dupont-Aignan ni à Asselineau. Enfin, j’espère que vous
n’avez pas Macron pris ma Cheminade parfois tortueuse…
Difficile de
trouver une nouvelle riante en ce mercredi ou l’odeur des armes chimiques
syriennes le disputent au sang caillé du métro de Saint Pétersbourg ?
Que nenni !
Marion Maréchal-Nouvoila-Le Pen, dite la Peste blonde, envisage d’arrêter la
politique, et de ne pas se représenter en juin aux législatives… Elle ne
supporterait plus la mainmise de Miss Philipopo sur le parti, et les volées de
bois vert de sa tante Marinette dès qu’elle l’ouvre pour lâcher une connerie. La
nièce qui ne peut plus piffer les deux tantes… L’ambiance des réunions de
famille…
Excellente
ambiance également au Concours Euromachinchose du falbalas pailleté de la
chanson pour tafioles en rut. Toujours les bisbilles ukraino-russkof qui
perdurent, et qui sembleraient pousser l’UER à envisager, si le climat reste
toujours aussi délétère, de délocaliser le Concours pour le confier à Berlin… Ça
tombe au poil pour les eurofolles qui sont généralement dingues de grosses
saucisses…
Et le 5 avril
1950 naissait celle qui, enceinte jusqu’au blanc des yeux, ne put faire mieux
que troisième au Melodifestivalen 1973 avec « Ring ring », mais qui
allait devenir un an plus tard la suédoise blonde type pour le monde entier,
Agnetha Fältskog, un des « A » de ABBA.
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