mercredi 5 avril 2017

Brèves du 05 Avril 2017

Eurovision is best !

N’en déplaise à certains pisse-froids qui se font des gorges-chaudes d’un trop tiède rendez-vous annuel de la canzonetta paneuropéenne pour pédales en hyperactivité hormonale et sourdingues imperméables à la musique de qualité ; l’inamovible Concours Eurovision de la Chanson apparaît supérieur à l’ensemble des productions télévisuelles actuelles sur un point, celui de la concision, notamment de la concision des chansons gravées sur la cire des disques.

Pour ce qui est de la cire-concision, et même si ça vous la coupe, c’est probablement le seul programme qui arrive à caser plus de vingt-cinq prestations artistiques dans une enveloppe temporelle de trois heures trente.

Alors, permettez-moi de vous confier mezzo voce sur le ton de la confidence qu’on ébruite que sous la torture de l’intégrale de Zaz en 78-tours sur un gramophone mal réglé, que les fanfaronnades sur le Débat à onze qui ont duré encore plus longtemps qu’un numéro classique d’On n’est pas couché me font doucement rigoler…

Plus de trois heures quarante pour les tours de piste de onze gugusses qui se bornent à répéter en boucle qu’ils sont les plus meilleurs des bons et que tous les français dotés de la plus élémentaire des raisons devraient voter pour eux qu’ils finiraient à l’Elysée avec au moins cent dix pour cent des suffrages…

Toujours la même chanson, pour le téléspectateur guère attentif qui tente sur le canapé familial de digérer la collation vespérale à grands renforts d’hépatoum et de rots sonores… Mais pour l’observateur plus pointu, aguerri au langage de Pinocchio de nos politocards, l’ariette est subtilement diverse. Et la différence se sent dès l’entrée en matière des onze, un nombre équivalent à une équipe de connasses en short, mais avec apparemment des neurones pour l’ensemble du championnat européen…

- Bonsoir, Nathalie Artaud…
- C’est la faute au capitalisme ! Il faut interdire les licenciements ! C’est faux, c’est pas vrai, vous mentez !

- Bonsoir, Nicolas Dupont-Aignan…
- Ah non, si vous le prenez comme ça, je suis désolé, je m’en vais ! C’est un scandale de se faire traiter comme ça !

- Bonsoir, François Asselineau…
- Constitutionnellement parlant, je vous dirai que l’article 106…
- Ah non, 106, c’est votre voiture…

- Bonsoir, François Fillon…
- C’est un scandale, je suis le Saint Sébastien de la présidentielle, on a voulu m’éliminer de cette élection par le truchement de Miss Penny-Money…

- Bonsoir Emmanuel Macron, en un mot…
- Banque ?
- Ben voyons…

Bonsoir, Jean-Luc Mélenchon…
- C’est la dure lutte finale !

- Bonsoir, Jacques Cheminade…
- *Mode 130 décibels* Je voudrais tout d’abord vous dire, Madame Lamborghini et Mademoiselle Ruth Abaga, que je ne comprends guère le système solaire actuel depuis que j’ai voulu aller coloniser mars et néanmoins, il me semble que le moment soit venu de vous adresser en guise de bienvenue sur le plateau un bonsoir de circonstance *mode moins douze décibels*… Rrrrr Zzzzz
- La prochaine fois, évitez de commencer en hurlant et de finir en ronflant, les preneurs de sons sont déjà tous sourds…

- Bonsoir, Philippe Poutou,
- Moi, j’attends toujours qu’un ami me paye un costard, alors je me pointe en tee-shirt de chez Gémo…

- Bonsoir, Jean Lassalle…
- Mgmemgnemgngngngngn, candidats, à la bourre… moi, suis unu candidat bourré…
- Certes, mais quelles sont vos mesures ?
- Mgngngngngnemgmgngmng… un mètre quatre-vingt-douze…

- Bonsoir, Marine Le Pen…
- C’est un interrogatoire ! C’est la République des Procureurs ! Je suis persécutée politiquement ! Jeanne, au secours !

- Bonsoir Benoît Hamon…
- Je n’étais pas loin de penser que vous alliez m’oublier, comme la plupart de mes électeurs…
- Non, rassurez-vous, il y avait une place de vide, on a pas retrouvé le candidat socialiste, alors on vous a casé…

Résultat, plus de six millions de téléspectateurs (dont quatre et demi qui ont ronflé les deux tiers du programme)… Et un tel succès que France 2 a décidé d’annuler le débat prévu à trois jours du premier tour…

Poutou vous dire, Hamon humble avis, ne Mélenchon pas Lassalle Le Pen avec Artaud, ne nous Fillon pas un instant à Dupont-Aignan ni à Asselineau. Enfin, j’espère que vous n’avez pas Macron pris ma Cheminade parfois tortueuse…

Difficile de trouver une nouvelle riante en ce mercredi ou l’odeur des armes chimiques syriennes le disputent au sang caillé du métro de Saint Pétersbourg ?

Que nenni ! Marion Maréchal-Nouvoila-Le Pen, dite la Peste blonde, envisage d’arrêter la politique, et de ne pas se représenter en juin aux législatives… Elle ne supporterait plus la mainmise de Miss Philipopo sur le parti, et les volées de bois vert de sa tante Marinette dès qu’elle l’ouvre pour lâcher une connerie. La nièce qui ne peut plus piffer les deux tantes… L’ambiance des réunions de famille…

Excellente ambiance également au Concours Euromachinchose du falbalas pailleté de la chanson pour tafioles en rut. Toujours les bisbilles ukraino-russkof qui perdurent, et qui sembleraient pousser l’UER à envisager, si le climat reste toujours aussi délétère, de délocaliser le Concours pour le confier à Berlin… Ça tombe au poil pour les eurofolles qui sont généralement dingues de grosses saucisses…

Et le 5 avril 1950 naissait celle qui, enceinte jusqu’au blanc des yeux, ne put faire mieux que troisième au Melodifestivalen 1973 avec « Ring ring », mais qui allait devenir un an plus tard la suédoise blonde type pour le monde entier, Agnetha Fältskog, un des « A » de ABBA.

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