« Celui
qui disait qu’on n’avait plus aujourd’hui de grands comiques,
« N’a
jamais vu Poniatowski dans son nouveau sketch politique
« C’est
à mourir, mourir de rire
« Quand
on les voit à la télé
« Avec
eux, on peut bien le dire,
« On
ne voit pas le temps passer… »
On
pourra gloser pendant des heures, peser le pour, le contre et le reste,
défourailler sur le passif et l’actif, dégoiser sur l’apparente légèreté
lourdasse des paroles qui ne collent qu’imparfaitement à la mélodie originale…
Force est de reconnaître que Thierry Le Luron avait parfois dans ses pastiches
des instincts visionnaires, ou à tout le moins parfaitement prémonitoires…
A
l’occasion de l’imitation du moustachu d’Antraygues, l’échantillon d’artiste
que Chazot, pour faire un mot chez Castel, surnommait La Luronne, remarquait
sur le mode aigre-doux que bien souvent, nos politocards étaient des rigolos rigoureusement
fumistes s’apparentant à des branquignols intégraux.
Que
l’on se rassure tout de suite, la classe politique actuelle n’a pas évolué d’un
iota sur ce point depuis les temps héroïques où Le Luron faisait fureur !
De Mélenchon à Marine en passant par le tambourineur de vieilles cocottes
encroutées, il n’en est pas un qui ne soit pas doué de capacités comiques
insoupçonnées, propres à nous faire humidifier nos sous-vêtements en moins de
temps qu’il n’en faut à Ribéry pour tirer aux putes…
Enfoncés,
les comiques traditionnels, ridiculisés les amuseurs publics, atomisés les
chansonniers qui ont fait un temps gondoler les foules, nos parents et nos
grands-parents… Les Frères Ennemis, Raymond Devos, Jean Rigaux, Anne-Marie
Carrière… A dégager ! Face à nos politocards, ils font définitivement
figure de croque-morts dépressifs en panne d’inspiration hilarante…
Vous
m’avez l’air particulièrement dubitatifs, ce qui n’est en aucun cas une
zigounette à perruque… Souhaitez-vous que j’illustrasse mes propos affirmatifs
de quelques exemples concrets piochés au petit bonheur la chance dans les
futilités récentes de notre pesante actualité ? Soit !
A
tout seigneur, tout honneur ! Encore qu’il eût falli… fallât… phallus ?,
encore qu’eut-il fallassiez que vous le sussiez et qu’eux le sachiassent que c’est
qu’il était nécessaire de féminiser le seigneur et l’honneur puisque la
recordwoman hors-catégorie, la winneuse « fingers in the nose et
vibromasseur dans le frouzi-frouzi », est incontestablement la ravagée du
bulbe poitevin, la siphonée du Sinistère de l’Ecologie, Notre Drame de la
Bravitude, la seule et (Dieu merci) l’unique Ségolène Royal !
On sentait
bien qu’en l’envoyant à Cuba, François, son ex con-cubain, avait idée qu’elle
allait nous pondre une connerie de taille intercontinentale : le décalage
horaire, les trous d’air d’Air Pépère One (le seul coucou qui fait aussi
paratonnerre), les saladiers de cuba libre qu’elle s’est épongé afin de trouver
la forcitude de ne pas éternuer sur les cendres du barbu et de son cigare… Ça n’a
pas loupé : Ségo, l’haleine empestant le rhum frelaté à faire décoller le
papier-peint dans la chambre d’à-côté, glorifie le régime castriste en snobant
les prisonniers politiques. Mais oui, on a trouvé notre Morano de gauche…
Jamais avare
d’une vilenie vipérine, Jack Lang et son
lifting à la Sheila s’est faux-cutement demandé si Notre Drame de la
Connericité Cyclique avait abusé du rhum. Sans soute… Autant que toi du cigare…
Question
comique à froid et inexpressif, le genre Buster Keaton qui se serait plâtré la
binette façon Emmanuelle Béart, notre futur ex-Premier Sinistre est un parangon
de l’énormité débitée sur un ton de croque-mort dépressif. Alors, imaginez,
lors de sa soi-disant déclaration de candidature aux primaires socialos en vue
de la branlée présidentielle du siècle, que Manu la déconne nous balance « Salut
les pédales, je me casse de Matignon, mais je ne me présente pas à votre
primaire miteuse qui sent la rose fanée et le caveau mitterrandien »…
Franchement,
vous le voyez candidat, le Chorizo en fusion ? Lui, l’homme du 49-3 à
répétition, le mec de la casse du Code du Travail façon puzzle, le zigue qui se
trimballe avec Flamby un million trois de chômeurs en plus en moins de cinq ans ?
S’il se présente, c’est peut-être qu’il a des couilles au cul, mais il a laissé
les siennes pendues dans l’escalier, niveau décence…
Si on ne se
marrait que modérément avec le Pétillant, un peu comme aux spectacles de Franck
Dubosc et de Gad Elmaleh, on devrai au contraire s’humidifier intensément les
strings avec son successeur, tant les noms qui circulent fleurent bon la bonne
grosse farce : Cazeneuve, le gestapiste nain de l’Intérieur ; la
Grande Jajat, l’intégriste de l’inculture façon Star Ac’ ; mais aussi
Marifolle Touteraide, le lapinou sous exta qui fait tousser les fumeurs… Si
après ça, vous n’êtes pas convaincu que la politique, c’est du cirque façon
Barnum…
Comme si l’on
n’avait pas assez de nos politocards pour nous faire marrer, Alexandre Jardin,
le scribouillard à côté de qui on remarque que Marc Lévy a un talent fou, se
déclare candidat antisystème à la présidentielle… Ceci poursuit une certaine
logique, de voir un jardin en campagne. Surtout s’il se prend un râteau…
Question
jardinage, il dégustera désormais ses pissenlits par la racine… Marcel Gotlib a
refermé son encrier, il a cassé sa plume à l’âge de 82 ans… La rubrique-à-brac
est patraque, Gai-Luron est déluré, Super-Dupont est super dépité… Salut l’artiste…
Espérons que
lui ne nous fera pas rire jaune prochainement, et nous forcer à porter des
lunettes noires, sa marque de fabrique : Michel Polnareff, 72 ans aux
frisettes défrisées, est entre la vie et la mort suite à une embolie
pulmonaire. Sa poupée doit faire non, non, non, ne nous quitte pas…
Alors que
Kendji Girac pète la forme et le feu à s’en consumer le moulebite. La Gitane
sans filtre rejoint la troupe des Enfoirés… Ah tiens, il a fait son coming out,
le Gypsy-King à la voix de Christophe Willem ?
Si la Gitane
que tout le Marais a envie de fumer sort du placard, eux vont certainement
sortir du monde du spectacle rapidement ; Les Kids United, ce quarteron de
moutards braillards qui pillent le répertoire de la chanson populaire, ont rendu
hommage à François Feldman samedi soir au Téléthon en invitant la foule en
fauteuil roulant à se lever d’un « Tout le monde debout » qui les a
assis…
Assis… voire
couché en ce qui concerne Cyril Féraud. La blondinette idole des maisons de
retraite s’est ridiculisé dans son émission hier en foirant lamentablement le
mythique porté de « Dirty Dancing », laissant sa partenaire choir
comme une merde molle, bien loin de l’athlétique Patrick Swayze… Tapette, va !
(Hein, fallait pas le dire ?)…
On n’a
décidément plus de grands comiques… Prenez le cas de Bernard Haller, né le 5
décembre 1933 en Suisse, adepte d’un rire à la fois simple et sophistiqué. Il avait
souhaité dans un de ses sketchs que l'on annonce son décès ainsi :
« Mort d'Haller : merde alors ! ». A mourir de rire…

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire