La réalité des choses et l’observation minutieuse et
attentive de l’actualité ces derniers temps me contraignent à vous en faire
part sans plus attendre, même si l’annonce peut être de nature à créer de
l’émoi glacé, de l’étonnement stupéfiant voire de la stupeur statufiante chez
vous. Mais qu’importe, vous êtes de grands garçons, vous êtres de grandes
filles, et je pense qu’on peut vous parler franchement, sans recourir à des
circonvolutions superfétatoires, des périphrases pompeuses et des fioritures
ampoulées : en France, le samedi et le dimanche, il se passe des choses…
Je
comprends que la nouvelle soit de taille à vous flanquer une secousse, un peu
comme lorsque Claude François s’ingéniait à être au courant en s’appliquant sur
une applique, mais ne venez pas chialer en prétextant mollement qu’on ne vous
avait pas suffisamment averti… c’est de la nouvelle, franche, brute, virile,
qui colle au boxer comme les traces de pneu après des opérations de nettoyages
aussi incomplètes qu’hasardeuses.
Depuis
quelque temps, si l’actualité ronronne paisiblement la semaine, me contraignant
à déployer des trésors d’inventivité pour gratter quelque nouvelle un tant soit
peu intéressante dans les fonds de tiroir pour vous en faire profiter sous
l’angle de vue déformant de mon kaléidoscope de mauvaise foi patentée, elle
s’emballe toujours le week-end, justement lorsque mes neurones surmenés par
l’harassant labeur quotidien tentent de trouver quelques instants de repos…
Ça
n’a pas loupé cette fin de semaine, où les infos nous ont régalé de plusieurs
révélations tellement brûlantes qu’on les aurait cru sorties d’un haut-fourneau
sidérurgique lorrain.
En
fait de nouvelle brûlante, c’est surtout le refroidissement définitif de la
température corporelle d’Ariel Sharon, l’ex-premier ministre israélien dans le
coma depuis huit ans et qui a enfin décidé d’aller s’expliquer de ses exactions
devant le Père Créateur. Il n’a que rarement lavé plus blanc, le vieux fauve au
prénom de lessive, et a entre autres le sang des morts de Sabra et Chatila sur
les mimines… Il avait un cœur de pierre, c’est d’ailleurs pour cela qu’on
l’avait surnommé Ariel Sharon Stone…
La
patate chaude débusquée par Closer, le torche-cul sur papier glacé pour
shampouineuses en mal de sensations, commençait dangereusement à refroidir, et
l’on s’est habilement chargé ces deux derniers jours de lui redonner quelque
chaleur.
A
déballer de la nouvelle de merde, il fallait bien qu’on continue à alimenter la
fosse septique, et chacun s’est cru obligé d’y aller de sa petite crotte ou de
son gros étron. On a ainsi appris que l’appartement loué par Julie Gayet, la
supposée maîtresse de Pépère habiterait un appartement lié au grand banditisme
corse, rue du Cirque à Paris… Une adresse prédestinée pour le clown de
l’Elysée…
Evidemment,
toute la classe politique y est allée de son commentaire indigné, de
Jean-François Copé qui a évidemment cassé du sucre sur le dos du Tout-Mou
national, jusqu’à la Dingo du Poitou, l’ex de Flamby, qui a été étonnamment sobre
en parlant de voyeurisme médiatique… Ben voyons, quand on médiatise son
accouchement, causer de voyeurisme sonne aussi juste que si le patron d’Ici
Paris nous faisait un cours de déontologie et de sérieux journalistique…
La
nouvelle tombe évidemment fort mal pour Moi Président, qui devait mardi
prochain organiser une grande conférence de presse afin d’exposer le grand
virage de sa politique et son pacte avec les entreprises… Il est matériellement
impossible d’éviter les questions relatives à sa prétendue liaison dangereuse… Et
le grand virage va se solder par un tête-à-queue…
Bien
qu’il apparaisse tous les jours de plus en plus normal, Pépère n’arrive
toujours pas à redécoller dans les sondages, sa côte de popularité restant
toujours dans des profondeurs où seul notre sondeur à bonnet rouge Morgan
Bourc’his peut d’une inspiration descendre…
Bon,
l’avantage dans l’histoire est qu’on parle beaucoup plus de Julie Gayet, dont
la carrière cinématographique n’est pas de nature à affoler les box-offices,
ayant généralement joué dans des films quittant l’affiche avant même que la
colle ne soit sèche…
Les
français s’en contrefoutent de savoir avec qui Flamby couche ou ne couche pas…
Et l’on serait même tenté d’affirmer avec la plus inébranlable conviction
qu’ils s’en battent les flancs avec un squelette de cloporte enfariné…
Tous
les français ? Bah non ! Il en est au moins une qui suit tout ce
vaudeville républicain avec une acuité forcément développée au maximum…
Valoche ! Eh oui, la twitteuse acharnée, la scribouillarde dans le « journal
de merde » (dixit herself), le Rottweiler de l’Elysée a de quoi
s’enorgueillir puisqu’à l’instar d’Hillary Clinton, elle est désormais First
Cocue Lady…
Valoche,
qui peut-être ne tardera pas à faire les siennes, a tout de même réussi à
occuper les sunlights de l’actualité en faisant connaître officiellement son
hospitalisation depuis vendredi, officiellement pour fatigue… Ouais, elle a
plus sûrement pété un câble en apprenant que Pépère allait tremper sa nouille
dans un bol de bouillon plus frais…
Pauvre
Valoche ! Elle qui était déjà mal-aimée des français à cause de son
caractère particulier et de ses sorties guère policées, la voilà au centre
d’une histoire de coucherie ! Et dire qu’elle en avait choisi un moche
pour s’assurer de ne pas se faire faire cocue…
Il
convient cependant de souligner la cohérence dans la ligne gouvernementale ces
derniers temps : un ministre de l’intérieur interdit la quenelle, tandis
que le Président nous montre la sienne…
Sortons
un instant du slip présidentiel, pour rappeler brièvement que l’amateur de
quenelles a officiellement renoncé à son spectacle « Le mur », vu
qu’il y allait à vitesse grand V…
Ah
oui, sorti de la quenelle à Pépère et de celle de Dieudonné, il y a d’autres
choses dans les futilités de l’actualité… D’autres futilités particulièrement
secondaires, dont on aimerait pourtant qu’on nous entretienne avec le sérieux
qui s’impose… La réduction du chômage, l’augmentation du pouvoir d’achat, les
solutions pour sortir du marasme économique où la France patauge depuis trop
longtemps…
Ne
soyez pas déçus, si les branquignols du Gouvernement ne nous parlent pas de
tout cela, c’est qu’il n’y a vraisemblablement aucune solution envisageable… Et
s’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème…CQFD !
Et
au rayon de la mémoire en ce 13 janvier, nous ne retiendrons qu’une date, comme
convenu très récemment. À Paris, le 13 janvier 1898, Émile Zola publie une
lettre ouverte au président de la République dans L'Aurore sous le titre
«J'accuse». Trois ans après la dégradation du capitaine Dreyfus sous
l’inculpation de trahison, les intellectuels et les élites parisiennes se
déchirent ; les uns invoquant l’erreur judiciaire, les autres rejetant toute
mise en cause de la justice militaire.
Le
capitaine étant de confession juive, l’Affaire s’accompagne de la première
campagne antisémite importante en Occident ; d’autres suivront… Avant, on ne
parlait pas de quenelles, on les mangeait… Mais ça, c’était avant…
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