Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!
Ce cri strident qui ferait passer les vocalises suraiguës
de Christophe Willem qui vient de se la faire mordre par Aminimir sur le
plateau de Destination Eurovision 2018 pour une vulgaire sonnette d’alarme
fatiguée, c’est un cri de guerre.
Un cri de guerre qui retentit comme autant d’antivols
au passage du portique de sécurité plusieurs fois l’an. Un cri de guerre qui
marque indubitablement le début d’une période faste au commerce de détail et
aux banques qui facturent les agios au prix de la tonne de caviar sevruga :
les soldes d’hiver.
Et j’ai l’envie quasi-irrépressible, un peu comme
quand on voit les seins de Claire Chazal et qu’on sprinte vitesse grand V,
accélération gamma petit p plus petit q, se ramoner les boyaux dans le caniveau
tant le spectacle est insoutenable et pousserait à la conversion à l’homosexualité
avec Houellebecq, de jouer à l’ethnologue, de parodier Claude
Rika-Lewis-Chopin, ou Levi’s-Strauss, je ne sais plus, de singer l’immortel
Christian Zuber et sa caméra au poing, et de vous emmener à la découverte d’une
communauté méconnue bien que largement répandue : les amateurs des soldes.
Pas besoin de vous accoutrer d’un bermuda façon Tintin
au Congo, un bitos des temps bénis de la Coloniale et des pataugas qui ont dû
écraser plus de merdes que Marc Lévy et Katherine Pancol ont pu en écrire dans
toute leur carrière. Les amateurs de soldes crèchent partout : à Paris (un
vrai nid), à Londres, à San Feliu de Guixols, à Sainte Ménéhoulde de
Moncu-sur-Lacommode, sur votre palier ou dans le gourbi du coin de la Rue des
Onanistes En Rut…
Les amateurs de soldes aiment à se faire appeler
fashionistas, hystériques du falbalas, folles tordues de la réduction de la
mort qui tue, idolatres au dernier degré des grandes brésiliennes qui
roucoulent du « Ma chéééérie, magnifaïque » à tout bout de champ
devant une cagole saucissonnée en prêt-à-porter mal coupé, et des tafioles de
concours qui prétendent, en une heure d’émission, relooker un boudin mongoloïde
attifé de leggins léopard rose et d’un top à dentelle mordoré fluo en un
top-model d’un mètre quatre-vingt et caréné comme un Riva de compétition.
Généralement griffés de la racine des cheveux
patiemment permanentés chez les sœurs Carita, les madones des cuirs chevelus
friqués jusqu’au bout renforcé de leur paire de Burlington grand siècle, les
amateurs de soldes s’en vont courir le pavé des centres-villes et des centres
commerciaux dès potron-minet le jour d’ouverture des soldes. Pas question de
louper, ne serait-ce que de quelques infimes nanosecondes, l’ouverture plus
matutinale qu’à l’habitude des Galeries Farfouillette et de ne pouvoir se
mettre sur les arêtes, moyennant un double smic, ce splendide ensemble en
chintz d’ottoman moiré couleur diarrhée de nourrisson asthmatique avec ce drapé
bouffant qui retombe sur la passementerie en jabot à clochettes !
Peu importe de savoir s’ils devront se contenter de
pâtes à l’eau tiède pour le restant de l’année, tant à cause de la carte bleue
qui a viré cramoisi écarlate que des rondeurs qui obligent au recours d’un
chausse-pieds et d’un bidon de vaseline pour enfiler le dit-ensemble
susmentionné ! Ils le veulent, et ils l’auront !
Peu leur chaut que l’article convoité coute
l’équivalent du PIB bisannuel des Iles Vanuatu, qu’il ne soit plus disponible
qu’en taille 36 alors qu’on n’arrive qu’avec de grands efforts et des apnées
prolongées à s’enquiller dans du 44 rectifié, ou qu’il soit miraculeusement
réchappé de la collection Dormeuil Pépère 1957. Il est EN SOLDES !
Et c’est justement ce qui le rend si désirable, qu’il
le leur faut, absolument, décidément, définitivement !
Qu’importe que le commerçant ait multiplié le prix par
deux pour offrir royalement quarante pour cent de remise ! L’article est
soldé !
Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!
Des soldes !
Non content de bourrer comme une vulgaire starlette de
porno hongroise en face d’une horde de Rocco-Siffredis priapiques son dressing
croulant sous les inratables bonnes affaires des soldes précédents qui finiront
dans trois ans bouffés aux mites malgré les quarante boules de naphtaline et la
douzaine de plaquettes Vapona, l’amateur de soldes moyen s’exprime.
Ce n’est ni du Voltaire, ni du Verlaine (qui avait le
rein beau et la gâchette chatouilleuse), non. A peine du Barbelivien et le plus
souvent c’est d’un niveau inférieur à la moyenne des meilleurs textes de la
Gitane sans filtre. C’est vous dire qu’on racle les fonds ultimes de la Fosse
des Mariannes au risque de découvrir des textes eurovisuels… C’est plutôt une
collection de cris de guerre, d’incantations bellicistes et de gargouillis
belliqueux qui arriverait presque à vous faire faire dans le froc, y compris en
cas de constipation opiniâtre…
Du classique
« J’en-veux-un-poussez-vous-je-l’ai-vu-la-première-j’étais-avant-vous
! » au venimeux
« C’est-le-mien-dégage-tes-pattes-de-là-pétasse-ou-j’te-pète-les-seins »,
le vocabulaire de l’amateur de soldes peut se faire presque intelligible et
vous pourrez, au gré de vos pérégrinations au long des rayons transformés en
remake de Raqqa ou de Beyrouth, saisir des « M’enfin Kévina, tu vas pas
acheter un tee-shirt qui te cache les seins ! », des « Vous êtes
sûr que ça va donner ? Assurément, le polychlorure de vinyle imitation similicuir
façon moleskine donne toujours après dix-huit kilomètres de marché
forcée », des « J’les prends tous les quatre, tu comprends, c’est pas
que j’en aie besoin, mais ça emmerde Charles-Hugues » ou des « Tu
trouves pas que ça me boudine un peu ? Nan, mais tu pourras postuler chez
Olida ».
Les soldes, période où l’on se rend compte que soit la
taille 42 n’est plus ce qu’elle était, et votre armoire rétrécit effectivement
tous vos vêtements subrepticement, soit vous êtes amenés à caresser le
commencement de l’idée qu’éventuellement vous auriez pris quelques grammes et
qu’un régime devrait peut-être mis en place dans un avenir aussi proche que la
ligne d’horizon… Les quarante-huit spots pour « Comme j’aime » en une
heure de programme télévisé devrait vous pousser à y être acculé…
Les soldes, où ces dames, demoiselles messieurs,
demi-vierges folles, échaudées de la carte bleue, folles tordues hystériques du
falbalas se pâment devant les rabais en faisant montre d’une excitation au
moins aussi élevée que celle d’un roumain au Salon International de la
Caravane…
C’est
qu’on en oublierait presque les futilités de notre actualité quotidiennement
routinière, nullement en soldes et même en surnombre… Et au premier rang, cette
nouvelle qui va faire hurler BB à lui en faire choir le dentier, les homards
suisses ne pourront plus être plongés vivants dans l’eau bouillante, il faudra
obligatoirement les étourdir avant d’être mis à mort… Et avant de faire passer
Bobonne à la casserole, on l’étourdit aussi ?
En
tous cas, il faudra veiller à ne pas faire plus que l’importuner avant de lui
faire le coup du Père François avec le service trois pièces et le légumier
assorti… C’est Catherine Deneuve, qui rayon bagatelle a déroulé suffisamment de
câble pour faire trois fois le tour de la Terra par l’équateur, qui revendique
pour les mâles le droit d’importuner… Question notion à la con, ça se pose là…
Lui
aussi, il se pose là… Bébert Collard, le zélé serviteur courbé de Marinette,
annonce avec « plaisir » et « honneur » qu’il est mis en examen
dans l’affaire du tweet… Une robe noire honorée d’être mis en examen… Il a
vraiment été bercé près du mur, Pépère…
Quant
au vrai Pépère, il n’en rate toujours pas une… Commentant la situation du PS,
ou des décombres qui subsistent, il lance « C’est catastrophique, on a
touché le fond »…Euh, grâce à qui ?
Quant
au sévèrement burné Nanard, le voilà opéré de son cancer de l’estomac… Pour
quelqu’un qui a toujours marché à l’estomac… Le prochain sur le train de retour
à la maison mère ?
Pour
ce qui est du voyage au bout de la nuit, Gallimard a préféré prendre un ticket
de quai, puisqu’il suspend son projet de réédition des pamphlets céliniens… Y
aurait pas une volée de bobos casse-bonbons et brise-noix qui voudraient interdire
l’intégrale allemande de France Gall ?
En
parlant de bobos imbaisables, Christine Angot s’est pris une volée de bois vert
de la part de Gauvain Sers, un jeune interprète éreintée par la précitée sur le
plateau de la mère Ruquier. Selon lui, Angot a une cervelle de géranium… Oh que
c’est méchant… Le géranium est joli, lui…
Et
le 11 janvier 1916 naissait Bernard Blier, qui allait jouer un bon nombre de cocus,
tenanciers de boxons et libidineux louches au long d’une carrière
cinématographique de près d’un demi-siècle, émaillée de quelques films,
personnages et répliques cultes comme le fameux Raoul des Tontons Flingueurs. Qui
finit par être dispersé façon puzzle en 1989…
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