vendredi 9 août 2024

Brèves du 09 Août 2024

 « Partir, partir
« On a toujours
« Un bateau dans le cœur
« Un avion qui s'envole
« Pour ailleurs
« Mais on n'est pas à l'heure… »

Ah ! les trémolos caprins de notre Julien Clerc national ! On a beau s’en gausser avec des ricanements d’hyène hystérique qui ressemblent à s’y méprendre à Beaugrand au moment où Ghislain lui balance la purée en pleine tronche, ou avec des gloussements de dinde issus des plus belles cuvées de Miss France, ces bêlements chantés sont toujours plus agréables à l’oreille que les beuglements bovins d’une Lara Fabian en version mégaphone ou les couinements de sconse en chaleur de Christophe Maé…

Quoi qu’il en soit, cette appétence à partir est d’autant plus développée que la proximité des congés se fait douloureusement sentir… Et il faut bien se l’avouer, ce n’est plus une proximité mais carrément un encastrement version crash-test 38-tonnes contre Mini Austin dans la France du mois d’août…

La France du mois d’août, c’est plus que jamais la France des vacances malgré les porte-monnaie de plus en plus désespérément vides, à l’instar des nappes phréatiques, des bouchons (qui se forment sur les routes et qui sautent dans les apéros), des mémères en maillot de bain à fleurs fluo qui s’aspergent de Monoï et empestent à deux lieues à la ronde la fleur de tiaré périmée, des pépères en tongs et marcel qui schlinguent l’huile rance, le tabac froid et le slip pas frais ; c’est le royaume de la farniente avec quatre grammes dans chaque œil, l’empire du « j’en fous pas une rame » toute la sainte journée, le domaine des congés payés qui viennent se cultiver le mélanome à la Grande-Motte et des rafraîchissements à gogo…

Et le rafraîchissement d’aujourd’hui viendra d’un groupe bien oublié aujourd’hui mais qui en 1982 a fait danser les mémères adipeuses, les marcels franchouillards, les boutonneux aux slips volcaniquement actifs et les pisseuses à culotte mouillée et tampon OB gorgé : le groupe Elégance, et leur unique titre de gloire « Vacances, j’oublie tout »…

Et aujourd’hui, ça s’applique tout particulièrement… C’est en effet la dernière chronique avant une interruption aussi estivale que méritée, motivée par une énergie assez proche du bulot cuit abandonné sur un plateau de fruits de mer à côté de la mayonnaise tiédasse, une inspiration en baisse qu’on dirait la côte de popularité de Macron au meilleur de son second quinquennat, et un besoin de déconnecter tant le moral est survolté qu’on pourrait faire péter la centrale EDF en rejouant les Claude François sur un air de « J’ai mis les doigts dans la prise et récupéré la coiffure de Desireless »…

Bref ! J’ai besoin de vacances pour recharger les batteries… Rassurez-vous, je reviendrai vous voir requinqué et toujours plein de conneries que je déverserai avec un malin plaisir, avec l’aide précieuse des futilités de l’actualité…

Mais pour l’instant… Stop !

« Stop, ja, stop, ja, stop, mens legen er go'… »

« Stop, oui, stop, oui stop, pendant que tout va bien… »

Cette ritournelle antédiluvienne déjà génératrice d’insistantes odeurs de naphtaline en 1966 lorsqu’elle fut présentée sous les couleurs danoises au Grand Prix Eurovision de la Chanson, je me la coltine dans les pavillons auditifs depuis ce matin, lorsque l’affreux mécanisme sonneur qui me tient lieu de radioréveil s’entêta à me tirer des bras de Morphée dans lesquels je m’étais voluptueusement lové et que je ne souhaitais quitter pour rien au monde.

Stop, oui, stop, nous susurrait Ulla Pia avec sa bouille de paysanne berrichonne pas trop dégourdie et sa choucroute surlaquée d’un mètre de hauteur en guise de coiffure. Et c’est un conseil que je serais des plus avisés de suivre.

Stop, pendant que tout va bien… Ou, dans tous les cas, pendant que tout ne va pas trop mal, et que le niveau des gugusseries chronicales n’a pas encore irrémédiablement atteint le dernier niveau du trente-sixième sous-sol de la platitude et du verbiage illisible.

Stop, je ferais mieux de dire stop avant que de vous infliger la chronique de trop, celle qui vous filera définitivement le cœur au bord des lèvres à force d’entêtement borné dans le banal, les cucuteries convenues et les poncifs antédiluviens.

Stop, je ferais mieux de dire stop avant de consumer mes dernières onces de crédibilité chronicale à vos yeux…

Stop, je ferais mieux de dire stop parce que là, je sens que j’atteins l’ultime sous-sol de la fatigue et que quelques jours d’arrêt ne feront que du bien à toutes et tous !

Et ce n’est pas la peine d’en rajouter, comme disait Maxwell, donc, pour éviter le principe des vases communicants, trop-plein d’un côté et pénurie de l’autre.

Vite, vite, vite ! Une route vers les congés, vers le repos, vers la détente, vers le vidage de cervelet de toutes les mesquineries, les coups de pute des confrères, les clients cas soc’ puants et débiles, les DàM (célèbres dossiers à merde) qui vous font douter de votre profession de foi professionnelle, les urgences pourraves qu’il faut traiter en ultra-priorité parce que la date-limite-de-recours-est-avant-hier-et-que-ce-connard-de-client-à-l’AJ-s’en-aperçoit-maintenant-et-qu’il-a-téléphoné-douze-fois-depuis-hier…

Interrompons ces bavasseries plus ou moins quotidiennes dont je pollue à intervalles plus ou moins réguliers, avec la ponctualité quasi-suisse d’une tocante de Prisunic après une rencontre avec un marteau-pilon, vos murs et vos boites mails, prenons de la distance de la chose fesse-de-bouquienne, mettons les emmerdements sous cloche hermétique, les fâcheux sous containers scellés à destination des antipodes par courrier lent et port dû, le cortex au point-mort et les doigts de pied en éventail !

Voici donc le moment de vous dire au-revoir pour quelques jours, le temps de piquer, je l’espère, des roupillons d’anthologie, de retrouver un rythme de vie quasiment normal, de se ressourcer en famille au calme, au frais, et loin de tout ce merdier jeux-olympiquien et médiatico-géopolitique qui fait de plus en plus peur…

Et le 9 août 1969, année érotique pour la tête de chou de la chanson française, l'actrice américaine Sharon Tate, épouse de Roman Polanski et enceinte de huit mois, était retrouvée sauvagement assassinée avec quatre autres personnes dans sa villa californienne. Détail sordide, le mot "pig" a été écrit avec le sang des victimes sur la porte d'entrée… Charles Manson était-il un Omar Raddad avant l’heure ?

Ne vous brûlez pas les quelques neurones qui vous restent à phosphorer sur la question… Profitez de l’été, profitez de la vie, soyez heureux !

Aussi prendrais-je également congé en vous souhaitant de glisser goulûment dans la grâce des vacances, ces moments aériens et en apesanteur de liberté, de tranquillité, de bonheur… Excellentes vacances à toutes et tous, à très vite de vous revoir et relire, big smacks bien baveux à qui en fait la demande et surtout… carpe diem !



vendredi 2 août 2024

Brèves du 02 Août 2024


Dussé-je froisser celles et ceux qui, dans mon maigre auditoire assidu à mes divagations chroniquières, ont brillamment dépassé le stade du certificat d’études primaires, je m’en vais tout de go vous poser une question qui va paraître éminemment ardue à tous ceux qui ont zappé la lecture du petit Larousse illustré : est-ce que vous savez ce que veut dire « mémorable » ?


Oui ? Alors, je vous l’affirme : la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques… Mémorable !

Oh oui, je sais, c’est terriblement vulgaire et dangereusement précis de n’utiliser qu’un qualificatif somme toute commun pour désigner ce pensum télévisé de plus de quatre heures qu’il a fallu s’enfiler vendredi dernier. L’élite pensante et agissante de la Nation, forcément de gôôôche puisque la gôôôche française détient le sachoir en matière intellectuelle, vous trouverait incontinent et au bas mot vingt-cinq épithètes fleuris et amphigouriques pour glorifier la pénible succession de tableaux dont le bon goût moyen fait qu’on en arriverait à trouver de la classe et de la distinction à Afida Turner.

Je m’en tiendrai plus modestement à ce simple qualificatif de « mémorable », parce qu’un tel défilé pour ouvrir les Jeux Olympiques, ça va rester dans les mémoires. Et pas forcément pour la meilleure des raisons.

Bon, on passera rapidement sur la météo particulièrement pluvieuse, à croire que François Hollande était dans la tribune présidentielle… On esquivera tout aussi prestement sur l’humeur parfaitement jouasse de notre Président, qui tirait une gueule de cent pieds de long, accompagné de son porte-manteau rachitique, Brigitte, toujours aussi mal fagotée au décrochez-moi-ça. Qu’il était joyeux, notre Président, au moment d’annoncer l’ouverture officielle des Jeux Olympiques ! On aurait dit que Gaby Attal venait de lui annoncer qu’il le quittait parce qu’il en avait ras-le-fion de se faire démonter le couloir à Bounty… Ce qui n’est pas très éloigné de la réalité, me direz-vous…

A peine évoquerons-nous la présentation des différentes délégations, originale sur ces bateaux, mais plutôt discriminatoire, tant certains pays avaient droit à de spacieux bateaux mouches quand d’autres devaient se contenter de zodiacs fatigués, ce qui les faisait ressembler à des embarcations de migrants.

Des points positifs, avec ces séquences enregistrées du yamakasi masqué qui trimballait la flamme sur les toits de Paris, ou la Marseillaise brillamment interprétée en play-back par une fière artiste lyrique flanquée tel un paratonnerre sur le toit du Grand Palais.

Du plus douteux, puisque passer du Claude François alors qu’il pleut à verse, faut avoir confiance en l’EDF…

On ne pouvait évidemment éviter le conceptuel abscons, qui a dû faire mouiller à la rédaction de Télérama, du tableau de Marie-Antoinette décapitée, ou la beaucoup trop longue séquence LGBTQIA+ sur le pont, franchement lassante sur la longueur.

Pour reluquer des drag-queens détrempées par la flotte qui agitent leurs grelots avec la grâce putassière d’une pensionnaire délurée d’un bordel militaire de campagne, on a déjà l’Eurovision… D’autant plus que la référence au Banquet de Bacchus qui a inspiré Thomas Jolly n’était absolument pas évidente. Si par dessus le marché, vous rajoutez Philippe Katherine en vague évocation de Dionysos bedonnant, façon schtroumpf blond épilé, dénudé et avachi sur un lit de cresson, ça ne pouvait que faire grincer des dents… Christine Boutin en a d’ailleurs avalé son missel du paroissien.

Il faut tout de même reconnaître que la production n’avait pas lésiné sur les stars, ou prétendues telles, pour assurer la partie musicale. Clara Luciani qui sussurait juchée sur une bouée et particulièrement mal éclairée… Lady Gaga qui nous a massacré « Mon truc en plumes » de Zizi Jeanmaire avec un accent à couper au hachoir et une scénographie qui peinait à rappeler les heures glorieuses des grands cabarets français… Aya Nakamura qui nous a offert un joli playback avec la Garde Républicaine, mimant son tube immarcescible « Djadja », et qui n’a pas pu s’empêcher de se beliner la mouflette, visiblement à cause d’un costume qui la faisait ressembler à une grosse poule dorée et qui la grattait à l’endroit stratégique…

Heureusement que Céline Dion a apporté un vrai moment de classe à la fin, entonnant un « Hymne à l’amour » poignant sur la Tour Eiffel. Bon d’accord, la veuve à R’né était maquillée à la truelle et avait forcé sur le khôl, mais sa prestation en direct était d’autant plus émouvante quand on sait les soucis de santé qu’elle affronte.

Et la flamme ? On a presque failli l’oublier, après l’interminable chevauchée fluviale du cheval d’acier pour aller remettre le drapeau olympique, que les préposés ont réussi à accrocher et hisser à l’envers. Typiquement français…

Les derniers relais ont permis de revoir quelques vieilles gloires sportives pas toujours bien conservées, et j’ai regretté les longueurs de l’acheminement sur la Seine, probablement dû au poids de Serena Williams. Mais les derniers porteurs ont su émouvoir, surtout l’avant-dernier porteur, ce champion olympique centenaire que j’aurais aimé voir enflammer la montgolfière… Mais bon, fallait respecter la parité et l’inclusion et c’est donc Marie-Josée Perec et Teddy Riner qui ont foutu le feu au bousin.

Ouverture pluvieuse, J.O. heureux ?

Il faut l’espérer, car des incertitudes ont plané sur l’organisation du triathlon dans la Seine, bizarrement redevenue imbaignable quelques jours après la trempette médiatique de Notre Drame de Paris… Anne Hidalgo a d’ailleurs demandé à tous les parisiens de ne pas tirer la chasse des waters pendant trois jours pour que les athlètes puissent se choper des affections dermatologiques à foison…

Soyons un instant chauvins, pour saluer la pluie de médailles que nos athlètes fait se déverser depuis vendredi dernier… Profitons-en, parce que ça ne va pas durer, vu que les épreuves qui vont se dérouler désormais ne permettront guère aux français de briller…

Félicitons chaleureusement la nouvelle torpille de la natation, Léon Marchand, déjà triple médaillé d’or, qui tente une quatrième breloque ce vendredi. Ah il en a dans le slip, le petit !

Mais cet engouement olympique ne saurait faire oublier un autre événement, annuel celui-ci, qui va se dérouler ce week-end et qui va faire râler nos compatriotes.

En effet, si l’on exclut du lot les affolés de l’Eurovision, curieux croisement atypique et hasardeux entre les participants à la Gay Pride, les plus beaux pensionnaires de la Cage aux Folles et les plus douteux amateurs de musique merdique paneuropéenne, je ne puis assurer que le phénomène qui va prendre date ce weekend sera de nature à réjouir l’immense majorité des français…

Au prix de gigantesques bouchons sur les autoroutes, routes nationales, départementales et chemins vicinaux aux quatre coins de l’hexagone, nous allons devoir composer pendant près d’un mois avec un panel de touristes émanant de diverses nationalités européennes, bref, un Concours Eurovision en moins douloureux, puisque les touristes en question ne chantent pas… Et en tous cas moins faux que les vrais participants à l’Euromachinchose…

Heureusement d’ailleurs, déjà qu’on a du mal à trouver le sommeil au Camping des Epluchures, Route de la Déchetterie Nucléaire à Beuark-sur-Vomi à cause des odeurs de chaussettes macérées dans des tennis rompues aux panards transpirants, de la radio portative aux piles fatiguées de ce connard de parigot d’à-côté qui s’entête à écouter Inter-Accordéon en ondes courtes, des prouesses acrobatiques et amoureuses de la paire de tantes de la tente d’en-face qui persiste à baiser à couilles rabattues et porte ouverte toute la nuit durant et des relents de cuisine de Sar (parce que les sars dinent à l’huile…) de la ch’tie crasseuse du bloc d’après les waters qu’on croirait sponsorisée plein pot par Huilor et Lesieur réunis…

Si en plus, fallait y ajouter pour faire bonne mesure et couleur locale les roucoulades flamencisantes de Pedro et Ramona de Séville ; les fados et autre lamentations en forme de queue de morue de João et Tonicha, fraîchement débarqués de Lisbonne en paquet fado et aussi moustachus l’un que l’autre ; les matutinaux « Gode save the Gouines » des rousses Johanna et Clodagh, les brouteuses de frisée britanniques ; le yodel aussi approximatif qu’helvétique de Cornelia et Pino, les bourbines à terrines de meule de gruyère accidentée ; les sérénades guimauvesques à effluves de parmesan de Gino et Pietro, les maîtres-nageurs italiens jeunes mariés qui se baladent en moulebite tellement minimaliste qu’on leur voit non seulement le sexe mais aussi la religion, lunettes de soleil griffées et tube de Piz Buin à la main ; ou encore les interprétations aussi approximatives qu’auditivement douloureuses de l’ouverture du Tannhäuser à l’accordéon de chasse dès potron-minet par Günther et Gertrud, les mètres-cube teutons… Ce serait peut-être un peu too much…

Ça va rouler, ça va bouchonner, ça va rouspéter, ça va cartonner, ça va aller embrasser la vignette ; bref, un samedi à ne surtout pas passer sur les routes… et encore moins sur les plages… Quoique… Délivrée des serviettes douteuses des juillettistes, nos plages respirent brièvement avant le déversement de nouvelles pelletées de congés-payés qui exhiberont leur peau laiteuse, leur maillot deux pièces rétréci au lavage, leurs varices avec œil-de-perdrix assorti, leurs airbags récemment siliconés, leur paquet moulé dans un slip de bain qui coûte un bras, leur odeur de renfermé, de macéré, ou de « pas-lavé-depuis trois-jours-parce-qu’on-allait-à-la-plage-et-que-la-mer-c’est-gratos » ; bref, le bonheur olfactif et visuel !

C’est à peu près tout ce qu’il nous reste, parce que le bonheur intellectuel… Si l’on exclut les très larges transmissions télévisées olympiques, ce n’est pas dans les pitreries télévisées estivales (animées par les inamovibles présentatrices dont on se demande toujours qui est la plus virile : Beaugrand, Minne, Rovelli et Féraud), dans les nullités cinématographiques aoûtiennes, ni dans les calamiteux romans de l’été qu’on ira le dégoter… Pas plus que dans les futilités de l’actualité, qui tourne au ralenti en ces prémices de ouikènde…

Oh, bien sûr, le Proche-Orient est plus que jamais une poudrière qui ne demande qu’à exploser pour peu qu’on balance une allumette mal éteinte… Donald Trump est toujours aussi azimuté et empreint de sa délicatesse légendaire lorsqu’il s’agit de tailler des croupières à son nouveau challenger, Kamala Harris.

Il devient même franchement inquiétant, le Connard à l’orange… Il a assuré que s’ils l’élisaient à nouveau, les américains n’auraient plus besoin de voter dans quatre ans. Il voudrait liquider la démocratie amerloque qu’il ne l’annoncerait pas autrement, Pépère… Franchement, vous le voyez, vous, avec une perruque à la Louis XIV sur la tronche, régner depuis la Maison Blanche sous le nom de Donald 1er ? Le pire, c’est qu’il en est capable…

Et le 02 août 1947, naissait María Félix de los Ángeles Santamaría Espinosa, qui allait devenir une icône au pays des paellas sous le nom de Massiel. C’est elle qui remporta pour la première fois, le 06 avril 1968, et pour le compte de l’Espagne, le Concours Eurovision de la Chanson avec la chanson à texte « La, la, la ». Et obtenait par là, sinon une renommée internationale, au moins l’indéboulonnable statut d’icône immarcescible dans la péninsule ibérique. Plus de cinquante-cinq ans après, tous les ibères se souviennent précisément de ce qu’ils faisaient lorsque Massiel gagna « el Festival » !

lundi 22 juillet 2024

Brèves du 22 Juillet 2024

 « Oui, le monde tourne un peu comme un manège
Toi et moi, nous sommes ses chevaux de bois
Et qu'importe le ciel, qu'il soit tout beau, qu'il tombe en neige
Ce grand manège ne s'arrête pas… »

Quelle visionnaire qu’Heddy Lester, représentante batave au Concours Eurovision 1977 où elle vocalisait ce « De mallemolen », traduit en français sous le titre improbable « Le monde tourne comme un manège » !


Les paroles de cette chansonnette gentillette s’appliquent tout particulièrement au contexte actuel, où, quelles que soient les avanies vécues sur tous les points du globe, le grand manège du monde ne s’arrête pas un instant.


Et question actualité, nous sommes positivement de gros gâtés ! A peine avons-nous cessé de nous passionner pour une futilité qu’une autre prend sa place en bas des écrans de nos chaînes d’info continue, dans des bandeaux dont le putassier le bataille immanquablement à l’inutile.

Au niveau national, l’actualité politique ne prend pas de vacances, puisque le Nouveau Front Populaire nous offre gratuitement un remake poilant des plus grands vaudevilles qui firent les beaux jours du théâtre de boulevard. Portes qui claquent, bouderies, éclats de voix au programme des discussions sur la proposition d’un nouveau Premier Ministre au Président.

Chaque tendance propose son poulain, qui hérisse immanquablement le poil des autres, qui de leur côté ne font pas grand-chose pour hâter les choses. Résultat, une désagréable impression de cacophonie qui semble d’ores et déjà sonner le chant du cygne du NFP.

Ce qui n’empêche pas tout un chacun de hurler au déni démocratique chaque fois qu’un micro se tend vers eux…

Heureusement, la machine démocratique continue à avancer, avec l’élection au perchoir. Et en prime le mélodrame du « je serre ou je serre pas la main du benjamin ». Certains dépités ont jugé bon, dans un élan d’inculture et de manque d’éducation primaire, de snober le benjamin de l’Assemblée sous prétexte qu’il appartient au Rassemblement National. Certains ont dû sauter quelques chapitres dans le manuel du savoir-vivre…

Toujours dans l’actualité nationale, il ne vous aura pas échappé que les Jeux Olympiques déboulent à grands pas, et avec eux la fameuse cérémonie d’ouverture qui sera à n’en pas douter l’occasion de se ridiculiser aux yeux du monde entier.

Rien qu’avec l’aperçu que nous a offert le Concert de Paris le 14 juillet dernier, on s’attend à des trucs inimaginables. Et notamment Arielle Dombasle, inaugurant pour l’occasion son dernier lifting sponsorisé par Ripolin, sa chanson « Olympics » et son costume qui évoque immanquablement une gaine VMC mal raccordée.

Déjà qu’Arielle à l’état naturel, avec sa voix à la Florence Foster Jenkins, est un ovni que le monde entier nous remercie de garder pour nous, alors imaginez-là en perruque peroxydée, chaussée de pataugas dignes des missions lunaires Apollo, et frusquée avec cette imitation de gaine d’évacuation évoquant une coulure de dentifrice Signal, beugler un truc que même Britney Spears n’oserait pas chanter pour boucler un album…

On n’a pas besoin de ça pour être ridicules… Anne Hidalgo et Amélie Oudéa-Castera s’en chargent bien allègrement à elles seules.

Les deux miss se sont baignées dans la Seine, dont les eaux, pourtant réputées impropres à la baignade depuis des décennies, sont devenues par miracle lourdesque parfaitement baignables à quinze jours des JO… Y’a de ces coïncidences, tout de même…

Bon, elles étaient en combinaison de plongée, enduites de cinq centimètres de graisse de phoque, et sont depuis leur trempette en soins intensifs en dermatologie à la Pitié Salpêtrière… Mais elles se sont baignées… Maintenant, quand elles profèreront une connerie, on saura à quoi c’est dû…

Après le miracle de Notre Drame de Paris, un miracle qui a coûté près d’un milliard et demi pour deux minutes de trempette, le miracle Emmaüs. Dix-sept ans après la mort du fondateur des communautés Emmaüs, huit femmes ont retrouvé l’usage de la parole pour accuser l’Abbé Pierre d’agressions sexuelles. Un tel miracle mérite bien une canonisation d’urgence, non ?

Franchement, si ce n’est la volonté d’assombrir la réputation de l’Abbé, qui était semble-t-il  plus porté sur la frite que la moule, à quoi sert ce soudain déballage ? L’action publique est éteinte puisque l’auteur des faits dénoncés est mort. A quand une révélation de Line Renaud sur les tendances salingues d’Emile Zola ou du Chanoine Kir ?

Au niveau international, le grand manège n’arrête pas de tourner non plus, et pas de la manière la plus reluisante qui soit.

Donald Trump nous la joue réincarnation de Vincent Van Gogh en nous offrant un remake d’un album de Tintin, « L’oreille cassée ». Un incident qui tombe à point nommé dans la course à la présidentielle américaine, à un point tel qu’on en arrive à se demander s’il n’a pas été orchestré de toutes pièces par l’homme à moumoutte couleur Casimir. Y’a pas à dire, mais du temps de Kennedy, ils visaient mieux…

De son côté, le cacochyme Président a enfin annoncé qu’il se retirait de la course à la Maison Blanche, visiblement poussé par ses soutiens qui redoutaient une nouvelle gaffe. Bon, Biden ne s’est visiblement pas encore rendu compte de son retrait… Même s’il a affirmé avoir été sagement conseillé par Roosevelt…

Et c’est probablement sa vice-présidente, Kamala Harris, qui va briguer le poste de Président. Souhaitons-lui bonne chance, car une femme à la Maison Blanche serait une belle nouveauté…

Le monde tourne comme un manège, et emporte avec lui des fragments de notre enfance, nous faisant brutalement réaliser que ces jours heureux s’émiettent dangereusement…

Adieu donc à Louis Bozon, irremplaçable voix du Jeu des Mille Euros sur France Inter et animateur du jeu Réponse à Tout sur TF1 avec Carole Chabrier à la fin des années 70…

Adieu aussi à Shannen Doherty, inoubliable Brenda de la série « Beverly Hills 90210 », vaincue par la maladie à l’âge de 53 ans. Egalement connue pour son rôle de sorcière dans « Charmed », elle est partie ensorceler à nouveau Luke Perry, son éternel amoureux de Beverly Hills…

Adieu également à Raphaël Géminiani, 99 ans, coureur cycliste des années 50, figure populaire du Tour de France d’alors, attaquant infatigable de la petite reine, à une époque où l’on courait un peu plus à l’eau claire et à la hargne…

Adieu à Benoît Duteurtre, critique musical surtout connu pour ses commentaires du Concert du Nouvel An, traditionnelle cérémonie transmise en Eurovision, dont le cœur a lâché à 64 ans, visiblement une victime collatérale de la chanson olympique d’Arielle Dombasle…

Adieu encore à Evelyn Thomas, chanteuse américaine principalement connue de ce côté-ci de l’Atlantique pour le tube dance de 1984, « High energy », à l’âge de 70 ans…

Adieu enfin à Paul Lederman, célèbre impresario qui eut notamment sous son aile Thierry Le Luron et Coluche, qui ne se privèrent pas de brocarder les clauses léonines de leurs contrats…

Un mot enfin du Concours Eurovision de la Chanson 2025, qui se déroulera en Suisse le prochain mois de mai. Les villes de Bâle et Genève restent seules en compétition pour accueillir le grand raout annuel de la canzonetta paneuropéenne moisie. Tenant leur réputation de villes festives, ça va faire un choc aux helvètes de voir débarquer la cohorte multicolore de fans, folles tordues et invertis hystériques l’année prochaine…

Encore un mot du Grand Prix Eurovision avec l’incertitude de la participation des Pays-Bas en 2025. Après la disqualification de leur candidat cette année, la télévision néerlandaise émet de forts doutes sur une participation l’année prochaine. Ce qui ferait tache, venant d’un membre fondateur du Concours, en 1956…

Et le 22 juillet 2004, l’été est assombri par le décès d’un chanteur de charme (plus à l’aise sur les plateaux de télé qu’au volant, demandez à Chantal Nobel) qui aura marqué la variété par sa voix de velours et son œil de braise, à l’aise tout autant dans la chanson sirupeuse affligé d’une ex-gloire du cinéma (« Le soleil de ma vie » avec Brigitte Bardot) que dans la chansonnette comique (« La petite puce ») : Sacha Distel réalise son dernier Sacha Show… Et le grand manège ne s’arrête pas de tourner…



jeudi 4 juillet 2024

Brèves du 04 Juillet 2024

 « Die alte Welt dreht sich verkehrt… »

Le vieux monde tourne dans le mauvais sens… On peut dire ce que l’on veut à propos du Concours Eurovision de la Chanson, mais ce jamboree annuel de la canzonetta paneuropéenne moisie a parfois su attirer l’attention du public sur certains soucis affectant le vaste monde, certes sur le mode de la constatation gentillette, fallait pas choquer les téléspectateurs avec des chansons engagées.

J’en veux pour preuve la chanson autrichienne du Concours 1995, vocalisée par Stella Jones, qui constatait voilà près de trente ans que le monde tournait mal.

Et ce monde, au moins dans le microcosme de la politique française, tourne vraiment mal depuis environ un mois ; depuis que le locataire de l’Elysée a eu l’idée de génie de dissoudre l’Assemblée Nationale, de manière tout aussi surprenante qu’impréparée.

Quel besoin impérieux avait donc notre Jupiter élyséen de rappeler les français aux urnes pour des législatives anticipées, alors qu’il bénéficiait d’une majorité, certes relative, dans l’hémicycle ? Ego froissé suite à la victoire du RN aux européennes ? Volonté gaullienne de se faire mousser ? Allez savoir…

Et nous voilà, suite à cette dissolution plus chiraquienne dans les conséquences que mitterrandienne, plongés dans un merdier inextricable, avec comme ligne de mire une probable accession de l’extrême-droite aux responsabilités…

Certes, le résultat des urnes de dimanche prochain n’est pas encore connu, et il peut toujours nous réserver des surprises, mais il va falloir compter avec le parti de Marine Le Pen si l’on veut continuer à gouverner le pays jusqu’à la fin du mandat présidentiel.

Et depuis le lendemain des européennes, et plus encore depuis dimanche dernier, on assiste à une démonstration à marche forcée de l’incapacité de nos politiques à convaincre dans la mesure…

A en croire nos politocards, les chars de la Wermacht sont aux portes de l’Assemblée Nationale, les charters remplis d’étrangers sont près à décoller, et on nous affole sans demi-mesure sur la France ingouvernable qui se prépare. Désagréable goût de déjà-entendu, puisqu’en 1981, on nous annonçait sérieusement les chars soviétiques sur la place de la Concorde en cas de victoire de la gauche…

Si la seule force de conviction politique est de faire peur, nous sommes tombés bien bas…

Evidemment, je ne suis pas aveugle sur les côtés sombres du parti de Jordan Bordel-là, que des décennies de dédiabolisation n’ont pas réussi à gommer. Bien sûr, je trouve parfaitement inepte d’envoyer à Matignon un nazillon bien propret sous le prétexte qu’on n’a pas essayé l’extrême-droite.

Mais les atermoiements du Nouveau Front Populaire, qui peine à cacher les velléités gouvernementales de Mélenchon, curieusement muet depuis une semaine, ne font que renforcer son image d’épouvantail à électeurs. Marine Tondelier, qui refuse de débattre avec Bordel-là parce que « ouh que c’est pas bien de discuter avec les extrêmes », ne sert qu’à renforcer l’image de couille molle de cet agrégat de gauche.

Ce n’est guère mieux dans la majorité présidentielle et la droite, à l’image de Bruno Le Maire qui finaude sur la stratégie électorale à adopter. Mais Bon Dieu, n’arriveront-ils jamais à comprendre que l’électeur français a horreur qu’on lui tienne la main au moment d’urner dans l’isoloir ? Est-ce hors de leur comprenotte que les français en ont ras-le-bol de toutes leurs cuisines politiques ? Visiblement, oui…

Heureusement, les désistements afin d’éviter des triangulaires casse-gueule se sont multipliés, parce qu’il existe encore des candidats empreints d’une certaine rigueur morale.

Mais cela suffira-t-il à sauver ce qui est encore sauvable ? J’en doute…

Alea jacta est, désormais, mais une chose est acquise, le résultat des urnes dimanche soir ne redorera pas le blason de la politique française.

Le vieux monde tourne mal, mais permettez-moi de rigoler doucement lorsque j’entends des quidams réclamer une révolution démocratique… Ils ne sont même pas foutus d’accepter une réforme, alors…

Le vieux monde tourne mal, puisque l’on a appris récemment que l’emblématique cabaret Chez Michou allait tout prochainement fermer définitivement ses portes, suite à des difficultés financières. Cette fermeture va dans le sens du souhait de son créateur, qui ne voulait pas que son bébé lui survive. Bah, les pensionnaires pourront toujours se rabattre sur Drag Race, même s’il n’est pas certain qu’un playback usé d’une Sylvie Vartan homénasse maquillée à la truelle fasse désormais recette. Une page du Gai Paris qui se tourne…

Le vieux monde tourne mal aussi à l’international, avec Joe Biden qui s’interroge de plus en plus sur un maintien de sa candidature aux élections américaines. Suite à son débat calamiteux face à Donald Trump, le cacochyme président est poussé vers la sortie par ses partisans. Faut bien dire que même Jean-Marie Le Pen fait figure de fringant jeune homme à côté.

Neunœil de Montretout ne serait cependant pas en état d’être jugé, annoncent ses avocats, alors que le procès des assistants parlementaires se précise. Les experts auraient constaté une profonde détérioration de ses capacités physiques et psychologiques. Pourtant, ça n’est pas d’hier que le papa à Marine raconte n’importe quoi…

Le vieux monde tourne mal, et c’est une figure de la mitterrandie qui vient de s’éteindre, à l’âge respectable de 101 ans. Roland Dumas est mort, lui qui avait été éclaboussé par l’affaire Elf, et ses démêlées avec Christine Deviers-Joncour. Je ne sais toujours pas si Mittrerrand gagnait à être connu, mais on pouvait visiblement gagner beaucoup en le connaissant…

Le vieux monde tourne mal, et le réalisateur Benoît Jacquot vient d’être mis en examen pour viol sur mineur et agressions sexuelles, notamment sur l’actrice Isild Le Besco. Pour sa part, les agressions sexuelles dénoncées à haut cri par Judith Godrèche passent à la trappe parce que prescrites. C’était bien la peine de faire tant de barouf…

Le vieux monde tourne mal, et c’est encore une part de notre jeunesse qui s’en va avec le décès de Jean-Pierre Descombes, à l’âge de 76 ans. Le mémorable animateur des Jeux de vingt heures a succombé à la maladie de Parkinson. Hanouna par contre pète la forme à s’en carboniser le moulebite…

Le vieux monde tourne mal, avec l’arrêt du jeu « Des chiffres et des lettres », après plus d’un demi-siècle de présence à l’écran. Il se murmure toutefois que l’inoubliable émission pourrait renaître de ses cendres sur C8. Il faudrait toutfois qu’Hanouna apprenne à lire et compter… Vu le niveau culturel de la chaîne, on s’attend à devoir trouver des mots de deux lettres et gagner le pompon en récitant sur prompteur la table de multiplication par un…

Heureusement que pour distraire les foules, les Jeux Olympiques de Paris s’annoncent mais sans la tant promise baignade de Notre Drame de Paris dans la Seine, qui demeure encore et toujours impraticable. On va avoir l’air fin, tiens…

Sport et distraction, encore, avec l’Euro de football et le parcours remarquable de l’équipe de France, qui s’est débrouillée à accéder aux quarts de finale sans marquer un seul but. Face au Portugal, les bleus ont intérêt à assurer. Pas trop de risques toutefois, puisque la sélection lusitanienne s’entraîne à marquer contre son camp pour permettre à la France d’accéder aux demi-finales…

Et le 4 juillet 1927 naissait celle qui demeurera pour les spectateurs français un des premiers sex-symbols de l’après-guerre, une star latine dotée d’une force de frappe qui ferait passer Loana pour Christophe Willem, toujours moulée dans des robes dont on se demandait si elle était dehors et essayait d’y rentrer ou si elle était dedans et essayait d’en sortir… Gina Lollobrigida, une star latine qu’on n’était pas fâché d’attraper (tout ça vaut mieux que d’attraper la star latine, disait la chanson), Gina, qui eut raison de tant de vieux militaires frappés de congestion dans les salles obscures devant sa plastique des plus généreuses, Gina, qu’on surnomma Lollo, car il n’était pas mesquin de prendre la partie pour le tout… Immortelle Esmeralda qui sut faire sonner tant de cloches…



vendredi 21 juin 2024

Brèves du 21 juin 2024

 Ah ! Quel plaisir d’entendre en ce jour anniversaire du 21 chanter Hugues Aufray, alors candidat du Grand Duché de Luxembourg, son titre fétiche « Dès que le printemps revient », au Parc de Tivoli à Copenhague lors du Grand Prix Eurovision 1964 ! Comme son interprète, la chanson n’a pas pris une ride !

Hmmm ??? Comment dites-vous ? Nous ne sommes pas le 21 mars, mais le 21 juin ? Euuuuuh… Vous en êtes surs ? Vues les températures, et les mégabassines de flotte qu’on se ramasse sur le paletot, on peut raisonnablement se croire au tout début du printemps…

Et pourtant, la réalité implacable du calendrier m’accule à reconnaître que nous avons déjà franchi d’un pas allègre (enchaussetté chaudement vu les conditions climatiques plus proches d’un rigoureux hiver sibérien que d’un été subtropical) le printemps pour nous vautrer à corps perdu dans l’été, que d’aucuns nous annoncent pourri, entre les Jeux Olympiques parisiens et les résultats des législatives anticipées… Bah ! Il ne fallait tout de même pas quelque chose qui puisse redonner espoir ou le sourire aux français…

Ah, l’été, la musique…

Qui dit été dit musique, musique de détente au long des soirées alanguies par la chaleur du jour et se préparant à la fraîcheur nocturne… Qui dit été dit également depuis quarante-deux ans fête de la musique…

Voilà une belle invention, la Fête de la Musique… Une fête populassière où les enculturés mondains qui se branlent en s’essuyant dans les pages culture de Télérama sur une interprétation de la 5ème de Beethoven au triangle symphonique par un griot érythréen et les pétasses prisunicardes qui flaquent d’aise en écoutant Juste Imbibé, les One Direction et Christophe Willem se croisent dans le flot ininterrompu de décibels… Une invention typiquement mitterrandienne, ou plus précisément languesque, puisque c’est le frétillant Ministre de la Culture éternel qui a pondu cette idée issue de son cerveau fécond (ou fait-con, selon les croyances)… Eh oui, si depuis plus de quarante ans, chaque 21 juin, vous n’arrivez pas à dormir grâce à des morues à cheveux gras qui frisent dans le dos et qui jouent du tam-tam en psalmodiant l’annuaire téléphonique 1963 de la Loire inférieure jusqu’à point d’heure juste sous vos fenêtres, vous le devez à Jack Lang…

Tout comme on doit à Monsieur « Quel bel homme » entre autres manifestations inutiles et onéreuses, la fameuse et bruyante Techno-Parade… Eh oui, cette rave party géante, c’est encore une idée socialiste… Mais c’est normal, le PS, ou ce qu’il en reste désormais, est le spécialiste des rêves partis…

Et question rêves partis, utopies extravagantes et chimères inaccessibles, je ne laisse pas ma part…

Vous le savez, je suis depuis des lustres et quelques candélabres animé par une ribambelle de fantasmes tous plus ou moins inavouables, car risquant immanquablement de me retrouver à Sainte-Anne dans une jolie chambre capitonnée avec un seyant pyjama à manches très longues nouées dans le dos.

Du rêve fou de posséder l’intégralité de la production eurovisuelle mondiale à celui d’espérer entendre un jour Christophe Willem chanter comme Barry White enroué, j’ai encore en mémoire celui d’avoir une nuit imaginé une ancienne bâtonnière biterroise participer au Concours Eurovision 1972, qui était présenté par Sacha Distel….

Ah ! le fantasme des participations au Grand Prix Européen de la canzonetta merdique ! Quel est le fan français normalement constitué à ne pas avoir souhaité la participation de son chouchou au casse-pipe paneuropéen, imaginant jusqu’au trempage de string intégral la Vilaine Fermière ou Christophe Maé fouler la scène eurovisuelle sous la bannière tricolore ?

Mon fanstasme eurovisuel, outre une sixième victoire française qui est aussi prévisible que le retour de Patrick Sabatier dans une émission en prime-time sur une chaîne nationale, ce serait un Grand Prix politique. Nous aurions un programme d’une haute tenue culturelle et musicale, à n’en point douter !

Du chœur des sacrifiés du second acte qui ululent sur le nécessaire front républicain à établir aux législatives jusqu’aux suppliques gouvernementales du « votez pour moi » car demain on rasera gratis, en passant par la complainte du charmeur de serpent voluptueusement interprétée par Johan Bardella et son orchestre…

La France, terre d’élections, et celles qui se préparent à vitesse supersonique promettent à n’en pas douter des surprises qui ne réjouiront probablement pas tout le monde.

Entre Macron qui serre les fesses à un point tel que si on lui filait des graines de tournesol dans le sillon interfessier, on aurait notre huile pour l’année, Bordel-là qui s’essaye au rétropédalage et au « pas tout, tout de suite » avec son cantique « si j’ai pas la majorité absolue, je veux pas Matignon », et Mélenchon, étonnamment muet depuis qu’il n’est plus en position de force dans le Nouveau Font Populaire ; il n’en fallait pas beaucoup plus pour dégoûter les français d’aller urner dans les isoloirs pour éviter un afFront National prédit par toutes les sommités des éditorialistes politiques.

Ils ont beau jeu, nos compatriotes, à se dire que finalement, le RN, « on n’a pas encore essayé »… Mais il y a des tas de choses qu’on n’a pas essayé, mes cocos ! Sauter du troisième étage sans parachute, « on n’a pas essayé »… Manger des punaises de lit sauce Nantua, « on n’a pas essayé »… Prendre un bain d’acide chlorhydrique concentré dans le jacuzzi en sirotant un cocktail mangue-TNT, « on n’a pas essayé »…

Alors, pour paraphraser Giscard, il importe définitivement que l’on fasse sous peu le « bon choix madame, bon choix mademoiselle, bon choix monsieur »…

Question « bon choix », j’en connais qui devaient avoir le trouillomètre à moins douze, mardi dernier… Ah ! ces sourires béats qui se sont fanés l’autre matin, lorsque les potaches ont découvert les sujets du bac philo, matière qui donne le coup d’envoi des épreuves du Bac 2024, sorte de simulacre d’exam qui ne donne plus droit à rien du tout, si ce n’est, au choix, soit l’assurance d’une place à France Travail, soit le départ vers des amphis surchargés et bruyants, bruissants de glandos et de fumistes, au sein desquels surnagent encore péniblement quelques véritables étudiants…

Elle est bien révolue, l’époque pas si lointaine où le Bac était un diplôme encore significatif et sélectif… De nos jours, vu le taux de réussite démentiel, on est forcé de constater que les épreuves ne sont plus aussi difficiles qu’à l’époque… Surtout lorsque des études internationales remarquent itérativement que le niveau des élèves français baisse régulièrement depuis plusieurs décennies… Les profs vous diront que c’est la faute aux élèves qui ne veulent rien apprendre ; les parents vous diront que ce sont les profs (de dangereux gauchistes avec des barbes cache-sexe, des cheveux aux épaules, et avec une halitose à décoller le papier-peint) qui n’enseignent plus rien de valable… La vérité n’est pas loin de se cacher dans un mix savamment dosé de tout cela…

Ah ! Mes cours de philo ! Ce prof à l’air de polichinelle déguingandé mâtiné de corbeau en grand deuil, corps de survivant de Buchenwald avec cette chemise bordeaux à la propreté douteuse d’où émergeait une tête à mi-chemin entre le reptilien pré-jurassien et la compression de César pivotant sur un cou où yoyotait une pomme d’Adam démesurément saillante lorsqu’il babillait interminablement sur Aristote ou Sophocle avec une haleine tabagique à relever une momie… Qu’est-ce qu’on a pu compter les mouches au plafond et les pellicules sur ses épaules ! La philo, cours récréatif dans les sections scientifiques, qui m’a tout de même permis d’écrire une bonne part de mon premier bouquin !

Mais oui ! La philo sert à quelque chose, ne vous en déplaise, bande de lobotomisés chroniques pétris d’insignifiance télévisuelle boursouflée de vacuité intégrale… Catalyseur de violentes céphalées (un peu comme lorsque vous écoutez du Aya Nakamura), ou trempeur de petites culottes (à l’instar de Justin Bibé ou de Madonna dans les années 1880), ce pan de l’enseignement ne peut laisser indifférent… Et les sujets sur lesquels ont planché les impétrants non plus…

Et quels sujets ! On a eu des questions à la con oscillant entre le mords-moi-le-nœud intégral et l’enculage de mouches complet, et un texte hermétique, incompréhensible et rébarbatif (un peu comme les bouquins de Marguerite Duras qui se révèlent d’une efficacité redoutable dans le combat contre l’insomnie chronique sévère ou le calage d’armoires normandes quelque peu bancales…)… Mais rien ne peut égaler mon sujet de philo de mon bac à moi : « peut-on dire n’importe quoi n’importe comment »… C’est ce que je fis pendant quatre heures ce jour de juin 1991… Ce qui me valut un quinze sur vingt voici trente-trois ans, mais j’avoue toujours kiffer ma race à en tâcher mon moulebite à lire les questions bidonnantes soumises aux crânes vides des futurs bacheliers…

L’eussiez-vous cru, il aura fallu toute la patience du monde aux examinateurs pour attendre pendant quatre heures dans des salles confinées regorgeant d’odeurs sui-generis à mi-chemin entre la culotte prémenstruelle pas fraîche, le sous-gland moisi qui a zappé le Fa Douche après la branlette et le pétard surdimensionné d’afghane… Alors qu’on pouvait torcher ça en deux coups de cuillère à pot…

Quatre heures pour blablater selon l’inusable schéma « thèse-antithèse-foutaise » ? Mais c’est trois heures cinquante de trop ! Evidemment, on est loin du célèbre « Peut-on dire n’importe quoi n’importe comment », qui aura certainement rencontré un succès certain cette année, vu qu’il suffisait d’avoir accroché une note potable au contrôle continu pour bâcler l’épreuve en moins de temps qu’il n’en faut à Kendji Girac pour mémoriser la table de multiplication par deux…

Premier sujet : « La science peut-elle satisfaire notre besoin de vérité ? ». Vu les savants dosages politiques récents pour nous faire croire aux licornes à crinière fluorescentes, la réponse sera fatalement non !

Deuxième sujet : « L’Etat nous doit-il quelques chose ? ». Réponse, oui ! Une tranquillité et une pérennité démocratique vachement incertaines…

Quant au commentaire de texte sur la condition ouvrière de Simone Weil, la célèbre philosophe, je redoute que la majorité des candidats ne se soit étonnée que Simone Veil, Madame IVG, se soit un jour intéressée aux ouvriers de chez Renault. Chaque époque a les Socrate qu’elle mérite…

Quant au carnet nécrologique, la question pertinente serait de demander à mon amie la rose en bottes rouges de Russie comment lui dire adieu, puisque l’amour s’en va et ma jeunesse fout l’camp, dans la maison où j’ai grandi ? Françoise Hardy est désormais partie pour un monde meilleur, nous laissant certes « tant de belles choses » à nos oreilles attristées, mais puisque vous partez en voyage, madame, laissez-nous vous remercier bien humblement de vos textes nostalgiques et poignants qui ont bercé tant de générations.

Dans le domaine sportif, est-ce un retour de bâton suite à ses déclarations hostiles à la clique de Jordan Borel-là, mais la chose est posée : avec sa fracture du nez, Kylian M’bappé ne votera certainement pas Narine Le Pen aux prochaines législatives. Sa crainte est désormais que son blair soit dévié vers l’extrême droite… Et non, je rassure les mononeuronaux chroniques, Kylian ne deviendra pas papa, même si on lui a promis sous peu un nouveau nez…

Et le 21 juin 1980, décédait à Majorque le compositeur, arrangeur et chef d’orchestre allemand Bert Kaempfert. Immensément populaire dans les années 60 et 70 pour ses morceaux d’easy listening immédiatement reconnaissables, Bert Kaempfert est le créateur entre autres succès d’« Afrikaan Beat », « Danke Schön », « A wimoweh » (qui deviendra « Le lion est mort ce soir »), « A swingin’ safari », « That happy feeling », et surtout de « Strangers in the night », écrit en 1960 et que Frank Sinatra popularisera en 1966 avec sa voix veloutée pour amateurs de soupe…



mardi 11 juin 2024

Brèves du 11 Juin 2024

Putain, trois ans !


Après la macronisation, la gilet-jaunisation, la jupitérisation, l’attalisation (forme juvénile et a priori bien montée de la benallisation ou de la trudeautisation, voici venir le temps de la chiraquisation !

Nul besoin pour notre Président de lamper des Corona à la chaîne, de dévorer des plâtrées de tête de veau sauce gribiche ou de caresser le cul des vaches à s’en choper des mains calleuses, non !

D’accord, pour le mimétisme avec l’ancien Maire de Paris, il a déjà la vioque décatie qui fait la gueule et fringuée au « décrochez-moi-ça », mais en prime, depuis dimanche soir, il a en prime à son actif une dissolution casse-gueule.

Tout ça à cause de son ego surdimensionné tout confit de culte de la personnalité, parce que ce qui reste de son camp politique s’est mangé une gaufre mémorable aux élections européennes et que Jordan Bardella est le grand vainqueur du bouzin électoral.

Ah qu’il était chonchon, notre Macron national, dimanche soir à la tévé, lorsqu’il a annoncé la dissolution de l’Assemblée Nationale, la cravate de croque-mort en bandoulière et le front tout plissé façon 2-CV après un crash-test frontal ! On aurait dit que la moitié de sa cour des miracles venait d’être décimée dans un accident d’avion et que Brigitte venait de lui annoncer qu’elle était enceinte…

Evidemment, voir l’extrême-droite récolter plus de deux fois plus de voix que sa candidate attitrée (une falote créature à mi-chemin entre l’ectoplasme au charisme de beignet froid et la godiche de bénitier tellement transparente qu’on peut y lire le missel au travers) n’a rien de plaisant, je vous l’accorde.

Mais si le locataire de l’Elysée ne s’attèle pas fissa à un brin d’introspection et d’autocritique, on est franchement mal barrés pour la suite des évènements…

Bon, c’est joli, c’est bravache, ça fait gaullien à la petite semaine de s’en remettre au vote des français suite à la branlée de dimanche. Mais les français sont tellement remontés contre lui qu’ils sont foutus d’envoyer dans l’hémicycle pas mal de dépités qui n’auraient pas renié les bruits de bottes, les casques à pointes et les solutions finales en d’autres époques…

A croire que c’est son but ultime, à Manu…

Essayons, si vous le voulez bien, de nous mettre dans sa tête (uniquement, parce que dans son cul, y’a une sacrée file d’attente, une queue énorme qui n’arrête pas de grossir…) :

« Voilà, j’ai fait mon petit effet d’annonce, juste pour emmerder Marine Le Pen, et focaliser l’attention des médias sur la dissolution plutôt que sur sa victoire écrasante… Dans moins d’un mois, les français envoient une majorité d’extrême-droite à l’Assemblée, Jordan Bardella réclame Matignon façon Mélenchon, je crie au scandale national sur toutes les chaînes de télé et au déni de démocratie en tapant des poings sur la table que je vais m’en faire saigner les paumes…

« Jordan met le boxon, je le surnomme « Bordel-là », je l’envoie se faire voir chez les grecs avec Gaby Attal qui en connaît un rayon en ce domaine, et si ça suffit pas, je le pousse dans la Seine lors de l’ouverture des Jeux Olympiques. Comme toutes les folles tordues de ma Cour vont se battre pour lui faire du bouche-à-bouche, je crie au complot anti-démocratique, et paf ! Je sors l’uniforme militaire du Grand Charles de l’antimite, j’instaure l’état d’urgence et je balance ma démission !

« D’une pierre deux coups, je vire la vieille qui s’est fait mettre en cloque par je ne sais quel obscur loufiat, je me fais une perfusion à haute dose de sirop d’érable et de chansons de Céline Dion, j’épouse Justin Trudeau et hop ! Me voilà Première Dame du Canada »…

Avouez que ce serait tentant, tout de même…

Pour le moment, et à défaut de nouveau bouquin de Christine Boutin sur la déliquescence française, on a juste Hidalgo et sa baignade dans la Seine en combinaison de plongée intégrale pour se marrer…

Parce que sinon, ça ne rigole plus du tout dans les différents landernaux politiques depuis dimanche soir… Devoir s’organiser pour assurer des législatives en moins de trois semaines, après plusieurs mois à s’être usé la couenne pour les européennes, y’a de quoi crier stop aux cadences infernales.

Quant aux chaînes d’information continue, ils se préparent des heures supplémentaires qui vont faire se pâmer les comptables des dites chaînes au moment des les payer… On se tartine du programme unique sur la dissolution et ses conséquences inévitables, supposées et hypothétiques à longueur d’antenne. Plus un journaliste digne de ce nom avec un slip propre…

Hier matin, j’écoutais d’une oreille distraite la matinale d’Inter où Demorand recevait en édition spéciale tout le panel politique des vaincus (ça faisait du monde autour des micros), lesquels vaincus ululaient sur tous les tons au déni de démocratie que constituaient ces législatives anticipées.

Tu parles, ils se sont tous aperçus qu’avec le merdier électoral actuel, il leur était tout bonnement parfaitement impossible de se présenter unis devant les urnes.

Voilà plus de trois mois qu’ils s’envoient les pires vacheries en pleine figure pour obtenir un siège au parlement européen, c’est pas pour se rabibocher façon « embrassons-nous Folleville » en deux jours… Mission impossible à côté, c’est de la petite bière, de la roupie de sansonnet !

Si François Ruffin, dont la voix surexcitée trahissait qu’il en était à sa vingt-quatrième cafetière de robusta sévèrement burné, appelait au front populaire des forces de gauche contre Bordel-là, Olivier Faure, le gardien du cimetière socialiste, minaudait en faisant d’ores et déjà la fine bouche, tout pétri de sa suffisance suite au score relativement encourageant de son candidat.

Quant à Mélenchon, Bompard et Aubry, le triumvirat infernal de LFI, silence radio, vu leur déculottée dans les urnes, et leur position d’infériorité dans une putative NUPES 2.0…

Je voudrais tout de même avoir une pensée émue pour tous les candidats dont les listes n’ont pas réussi à dépasser les 5 % et qui n’auront aucun élu à Strasbourg. Et plus particulièrement tous ceux qui ont récolté moins que Jean Lassalle avec pourtant des discours clairs et intelligibles ou que le Parti Animaliste, dont le programme se bornait à poster des photos de minous mignons, comme sur Facebook…

Toutes mes condoléances donc à Florian Philippot et ses 0,93 %, qui au final était particulièrement ravi de l’avoir bien profondément dans le cul, à Nathalie Arthaud qui avec ses 0,49 % confirme son statut d’ersatz insipide d’Arlette Laguillier, ou encore à Hamada Traoré et ses 0,0 %, qui a quand même dégoté 749 couillons pour voter pour lui…

Et maintenant ? Ben, il va falloir se fader à nouveau les lénitives promesses, les appels à un changement salvateur qui sonnent aussi faux qu’une cloche fêlée ou le dernier album de Camille, les tronches de faux-culs patentés qui quémandent la charité d’un vote au nom de la démocratie et qui vendraient la peau de leurs fesses montées en abat-jour pour y arriver.

Ras le pompon, plein le dos, par-dessus le brushing !

Nos politocards n’ont rien compris, une fois de plus, et font ronfler les mots creux, les qualificatifs qui font peur et les épithètes putassiers pour tenter d’attraper les électeurs dans leurs rets émoussés. On est à peu de chose d’avoir une France gouvernée par des extrêmes au passé effrayant, et ils ne pensent qu’à sauver leurs miches…

Les français ont envie de changement, et on ne leur offre que des recettes qui les ont écœuré depuis longtemps. Et au soir du sept juillet, on risque fort de s’aventurer sur des routes peu engageantes, dans un regrettable hoquet de l’Histoire…

Pensez-y, et plutôt deux fois qu’une, avant d’aller urner dans l’isoloir… Réfrénez vos envies un peu trop débordantes de dégager le Mickey présidentiel parce qu’il vous la fait à l’envers depuis 2017… Ne voyez pas que l’éventuelle possibilité d’un sang neuf aux responsabilités, pensez surtout et avant tout aux conséquences, à tous niveaux… En un mot, soyez intelligents, si cela est encore du domaine du possible…

Et le 11 juin 1978, la finale de Roland-Garros était remportée par le Suédois Bjorn Borg, écrasant l’argentin Guillermo Vilas d’un 6-1, 6-1, 6-3 sans appel. Le blond suédois est alors au faîte de sa domination, ne lâchant pas un seul set et concédant simplement 32 jeux de toute la quinzaine, un record jamais inégalé depuis. Et tout cela, pour une dotation globale de 75.000 $... Tellement éloigné des 1,65 million d’euros empochés récemment par le chorizo surmusclé qui jouit à chaque revers et s’est fait sortir cette année au premier tour, au terme d’un match sans gloire… Sic gloria transit…




jeudi 30 mai 2024

Brèves du 30 Mai 2024

« And that completes the voting of the jury français, buenas noches Brussels… »

Rassurez-vous, je ne suis pas en DPE jusqu’à la racine de mes défunts cheveux. DPE ? Cékoidon ? Dépression Post Eurovision, mon cher docteur Schweitzer ! L’incoercible spleen de devoir patienter près de douze mois pour m’ensabler à nouveau les esgourdes de mélopées inécoutables et de canzonnettas mièvrement moisies… La douloureuse attente des sélections nationales d’où émergera forcément en mai prochain un vainqueur et vingt-cinq vaincus…

Et quitte à rimailler tel un scribouillard de bas étage, autant vous dire que cette victoire, le vainqueur l’a au cœur et les vaincus l’ont dans le c..

Je ne me remémore pas le bon vieux temps où la France savait briller dans le palmarès eurovisuel autrement que par ses mises en scènes putassiéro-intellectuello-bobo-gaucho de base qui se branle devant les pages culture de Télérama… La quatrième place glanée par Slimane et « Mon amour » serait même de nature à me mettre du baume au cœur…

Non, ce silence chroniquier de presque un mois a une raison simple, voire simpliste : quand ça veut pas, ça veut pas…

Depuis que j’ai le coupable passe-temps de vous enquiquiner à intervalles réguliers de mon babil de fadaises et de billevesées futiles sur les petites catastrophes et les immenses vides de l’actualité, je ne crois pas vous avoir déjà fait le coup de la panne…

Que les bucoliques irréfrénables des balades en torpédo sur les petites départementales champêtres avec déjeuner sur l’herbe tout aussi agreste, assorti d’herbe glissante, de moustiques affamés et de bouses de vaches bien fraîches, se rassurent. Il ne sera ici nullement question de jambonnage sur les sièges arrières de la Simca 1000, encore moins de turlutte crémeuse dans un taillis complice de jeux manuels et buccaux qui se paient en liquide, et certainement pas de parties de jambes en l’air dans un fossé abrité des regards indiscrets voire carrément voyeurs… A moins dans ce dernier cas que vous ayez réussi à flanquer la bagnole sur le toit en loupant un virage…

Ce coup de la panne, ce n’est pas le bête tracas mécanique simulé pour précipiter une jeune fille dans vos bras et sur votre service trois pièces… Ce n’est pas non plus la panne physique au moment de faire coulisser l’andouillette à jus dans la cressonnière ou le corridor à prouts, et qui fait ressembler les taureaux mous de chambre de bonne à des serpillières mal essorées pendouillant lamentablement sur une corde à linge exposé à un zéphyr feignasse de fin d’automne…

C’est un panne purement intellectuelle, intégralement littéraire… Je suis à sec…

Les moins neuronalement dotés d’entre vous, ainsi que les admirateurs de Ribéry, les membres du Denise Fabre’s Fan Club et les abonnés aux tribulations des énièmes avatars du retour de la vengeance des Enfants des Concons à Cancun contre Godzilla et la Momie, vont assurément me conseiller de changer de stylo, ou de remettre une cartouche d’encre pleine…

Mais bon sang, bande de crétins sous-développés du bulbe à force de vous tirebouchonner le spaghetti à chantilly entre cousins, vous êtes parfois tellement cons que même Jordan ne voudrait pas de vous pour vous embrigader dans son Fion Nazi-on-Heil…

Je n’écris pas à la plume (et gare au premier qui va se hasarder à dire que je les taille, les plumes…) mais j’ai pris le pli de frénétiquement clavinoter mes épanchements logorrhéiques…

Et je suis prêt à parier qu’il va s’en trouver parmi vous pour me conseiller de recharger mon clavier d’encre…

Je sais, je ne devrais pas être aussi dépité de la fin de la Semaine Sainte de tous les adorateurs de la canzonetta paneuropéenne moisie, et j’aurais dû, depuis ce samedi soir fatal qui vit la troisième victoire suisse et la première victoire non-binaire, recharger mes batteries, et faire provision de toutes les futilités de l’actualité qui vous aurait faire grimper aux rideaux (pourvu que vous ayez la tringle), des énièmes tribulations des Thénardier du 9-3 qui font faire pipi-culotte à certains dont je tairai le nom même sous la menace, jusqu’au Festival de Connes, son défilé des starlettes qui, phénomène metoo oblige hurlent au viol dès qu’on leur dit bonjour et Bilal Hassani qui fait la montée des marches non pas en déroulant du câble, son passe-temps favori, mais en déroulant un lourd rouleau de tissu…

Et pourtant, j’ai glandouillé tout ce temps, tout en ayant la furieuse envie de vous logorrher des calembredaines bien senties…

Comme tout natif des poissons qui se respecte, j’ai deux faces, tel un vieux 45-tours, je nage en sens opposés, ambivalent, paradoxal, contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre, et réciproquement.

Autant je sais me délecter de pièces classiques interprétées avec tout le pédant cérémonial de chefs d’orchestre perruqués à la De Funès façon Grande Vadrouille, autant je suis capable de mouiller mon slip avec des pochades gargotières qui fleurent bon la friterie rance, la Gauloise sans filtre et le Crésil de nos gogues d’écoliers.

Si je ne dédaigne pas de sacrifier à l’audition d’Aconcaguas himalayens de la musique de genre tels que la tétralogie de Wagner, que je possède dans un sensationnel enregistrement par Aimable et son orchestre sur 78-tours rayé, je prends également un plaisir coupable à me délecter le pavillon auditif de bousasses innommables et encore plus inécoutables dont même le Concours Eurovision n’a pas voulu pour cause de qualité trop aléatoire…

Sans pour autant vous broyer le tympan à l’instar d’une chanson de Pascal Obispo interprétée par Zaz sur des arrangements de Vianney, je vous ferai savoir que les refrains insouciants de l’immédiat après-guerre vous replongent incontinent dans cette époque bénie où l’on pouvait encore espérer en demain et où l’on savait prendre les choses à la rigolade…

On faisait les choses rigolotes très sérieusement, comme en témoigne, entre autres, « A Joinville-le-Pont », cette scie musicale que vous ont très certainement chanté vos grands-parents quand le temps se mettait au beau et que l’on décidait de partir en pique-nique dans l’Aronde P60 familiale, dénichant un champ bucoliquement champêtre au détour d’un raccourci qui vous avait allègrement rallongé de quinze bornes…

Les interprètes originaux formèrent à l’époque un duo comique grandement populaire, à l’humour aujourd’hui bien défraîchi, à peine moins toutefois que les platitudes d’un Elie et Dieudonné ou des lieux communs éculés des Tsamère et Foresti qui usent leurs fonds de jeans sur le canapé rouge de Drucker : Roger Pierre et Jean-Marc Thibault.

Les inoubliables créateurs de la grandiose « Guerre de Sécession », du déjà rance « Langage pour Chien » et des fameux « Maudits Rois Fainéants » du temps de l’ORTF sont désormais abonnés au Boulevard des Allongés, depuis le départ de Jean-Marc Thibault, 93 printemps aux zakouskis avariés, tout de même.

Epoux télévisuel de la tempétueuse Maguy, époux à la ville de la sœur de la bourgeoise à Jospin, autant vous dire qu’il était gâté question gonzesses…

Eh oui, tous les génies sont partis désormais : Einstein a toujours une température anale de 12 degrés ce matin, Jean Dutourd est parti écrire pour les anges, Verlaine rimaille sur un coin de nuage, Pic de la Mirandole n’est pas très frais, et moi-même, je ne me sens pas très bien, quitte à me faire sentir par quelqu’un d’autre le cas échéant…

Et le 30 mai 1973 sortait sur les écrans français le film de Jean Chapot, « Les Granges brûlées », qui mettait aux prises deux monstres sacrés du cinématographe de l’époque, Alain Delon en juge d’instruction (aussi crédible que Christophe Willem en Casanova) et Simone Signoret, en maîtresse-femme. Rien de bien mémorable, somme toute… Delon delonnisait et Simone s’ignorait…