De son inimitable voix nasillarde qui rappelait assez bien celle d’un Donald Duck enrhumé parlant dans un tuyau de poêle et retransmis par téléphone aux heures glorieuses du 22 à Asnières, le sémillant Premier Ministre Jacques Chaban-Delmas prévenait, par le truchement de son meilleur imitateur Thierry Le Luron, les grévistes de l’époque de cesser leur arrêt de travail car, disait-il, « si ça continue, ça finira pas »…
Et cette boutade, dont les réseaux sociaux feraient aujourd’hui assurément leur miel en y accolant d’affligeants commentaires ne dépassant que rarement le débile intégral mais se complaisant habituellement dans le marigot de l’inculture crasse et de la beaufferie parisienne, et au surplus barbotant dans le mauvais goût sans jamais arriver à s’en extirper, s’applique parfaitement aux futilités de l’actualité du moment.
Si ça continue, ça finira pas…
C’est marqué au coin du bon sens, c’est au niveau des conversations qu’affectionnent les consommateurs de boissons anisées au Café du Commerce, c’est du babillage élémentaire pour ragots entre commères sur la place du marché entre les fraises pas fraîches, la raie gluante et les poireaux ramollos…
Mais je vous le dis avec la plus inébranlable des convictions qui ne saurait loucher de manière divergente vers la dissémination intellectuelle : si ça continue, ça finira pas !
Lapalissade de première bourre, bon sens hexagonal qui ne souffrirait pas la moindre critique, si ce n’est de la part de certains pisse-vinaigre qui trouveraient le nectar et l’ambroisie communs au goût, mais comme en France, on aime parler pour ne rien dire, si ce n’est le contraire et réciproquement, il fallait que ce soit dit !
Et cette antienne, je ne cesse de me la répéter depuis que Donald Trump s’est levé un matin, la moumoutte en bataille et le fond de teint ravagé par les oreillers, l’air chafouin et la cravate de guingois, et qu’il a décrété qu’il fallait bombarder l’Iran…
Je m’étais convaincu de ne pas polluer les fils d’actualité des réseaux sociaux de mes miasmes chroniquiers tant que la dernière marotte du président américain perdurerait, ce qui, connaissant la versatilité dudit président, pouvait durer à peine plus que le temps des roses.
Bien mal m’en avait pris, puisque la girouette amerloc persistait dans son entêtement va-t’en-guerre, et faisait souffler le froid et le chaud à un rythme tel que c’était la congestion pulmonaire assurée à suivre ses changements d’humeur…
Et puisque le Connard à l’Orange n’est toujours pas décidé à faire cesser le blocage du blocus bloquant le déblocage de l’embargo débloquant le blocage précédent du détroit d’Ormuz, je m’en vais incontinent feuilleter tout de go les futilités de l’actualité, qui depuis mon dernier babillage, se sont accumulées à une fréquence particulièrement soutenue.
Petits gâtés, va !
Pas la peine de s’appesantir davantage sur les fanfaronnades successives de Donald concernant l’atomisation de la république islamique ; au vu de ses déclarations, les Iraniens en sont revenus à l’âge de pierre, et devraient continuer le combat avec des lance-pierres.
Quoique les américains nous avaient habitués à mieux finir le boulot, quand même. Certes, ils ont rapidement dézingué l’ancien guide suprême, mais ils semblent avoir négligé de dégommer son successeur, qui est annoncé comma gravement brûlé mais toujours en vie. Ah, quand on sous-estime la puissance du méchoui, on doit bouffer des côtelettes pas cuites…
Malheureusement, les divagations de Trump ont donné des idées à l’autre siphonné israélien, qui en a profité pour bombarder le Liban, sous le prétexte fallacieux d’éliminer le Hezbollah. Et connaissant la santé mentale de Netanyahou, si ça continue, ça finira pas…
La seule satisfaction qu’on peut, en France, retenir de toute cette agitation passablement inquiétante, c’est de constater la santé insolente des chaînes d’info continue, qui nous abreuvent 24/7 d’éditions spéciales et de bandeaux anxiogènes.
Et de voir les prix des carburants s’envoler vers des sommets himalayens, qui nous contraignent de flinguer nos PEL à chaque passage à la pompe. Ce à quoi notre Premier Sinistre réplique par un saupoudrage parfaitement risible d’aides. En gros, et pour faire simple, seront éligibles à une aide de douze centimes par plein de cent litres tous les automobilistes roulant plus de cent mille kilomètres par semestre, possesseurs d’une voiture de couleur brun mordoré dont l’immatriculation doit être porteuse des lettres Q et Y, à la condition d’avoir remplir trois formulaires sur papier vélin, affranchis à quinze balles de timbres fiscaux, et accompagnés de vos déclarations de revenus des douze dernières années, d’une photo de Mireille Mathieu nue et d’un bon d’emprunt russe de 1915…
Et pour faire bonne mesure, notre Lecornu national qui nous enjoint d’électrifier nos vies quotidiennes, et d’acheter des voitures électriques en masse pour accélérer la transition énergétique… Faudrait d’abord avoir le pognon pour acheter ces bagnoles… Y’en a qui, visiblement, ont mis les doigts dans la prise…
Faute de rejouer Claude François dans sa baignoire, il vaut mieux rester au courant (continu ou alternatif, je ne discute pas vos préférences intimes) de l’actualité de nos peoples. Parce là, assurément, y’a du lourd à risquer la surcharge pondérale façon Magloire…
Il ne vous aura pas échappé la révélation par Paris Match de l’idylle que personne n’attendait (et dont tout le monde se fout avec la dernière des énergies, renouvelables ou pas) ; le baguenaudage électoraliste et parfaitement bidon entre Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles et Jordan Bardella…
Mais qu’ils sont trognons, les deux tourtereaux… Elle, la fin de race d’un Gotha illusoire et lui, le neuneu arriviste prêt à tout pour sécuriser son boulot élyséen de dans un an… On serait lobotomisés de frais qu’on arriverait à éprouver une once d’empathie pour ce couple aussi bien assorti que le seraient Dave et Amélie Mauresmo. Mais là… La ficelle est tellement grosse qu’elle pourrait servir à arrimer un transatlantique…
Paris Match aurait annoncé le futur mariage de Jordanou et de Jean-Philippe Tanguy, on aurait ululé au scoop, on aurait rigolé deux minutes, on aurait gambergé pour savoir lequel des deux bouffe l’oreiller, et on serait passé à autre chose… Mais là… Il est quasiment surhumain de croire à ces fredaines entre la bonne aryenne et le bon à rien…
Heureusement qu’on a autre chose à se mettre sous la dent pour assouvir ses velléités de peopleries croustillantes… Tenez, on vient d’apprendre que le jardinier de la veuve Le Pen était depuis belle lurette en situation irrégulière en France, et a été expulsé… Si même les Le Pen recourent à des bougnoules sans papiers pour les menus travaux, où va-t-on, je vous le demande… Encore une histoire qui sent le gaz…
Du côté de l’actualité télévisuelle, ça n’est guère mieux, et l’on en vient carrément à vous réchauffer les ragoûts les plus rances et les titres les plus putaclics pour tenter de vous intéresser.
Si l’on en est encore à se passionner pour le Concours Eurovision de la Chanson, qui n’est plus aujourd’hui qu’une pâle imitation du jamboree paneuropéen de la canzonetta moisie, romantique ou sirupeuse qu’il fut jadis, tant les titres inaudibles, grand-guignolesques ou putassiers se multiplient cette année, il ne vous sera pas indifférent apprendre que les commentaires français de la grande sauterie musicale seront assurés pas Stéphane Bern et Camille Cerf.
Bon, rien à redire sur Stéphane Bern, qui va nous faire du Zitrone réchauffé, parlant de tout, de rien, de son contraire et réciproquement ; glorifiant à tout bout de champ la chanson française et oubliant de présenter les autres candidats. Il est indéboulonnable et sans le garde-fou qu’était Laurence Boccolini, il sera en roue libre pendant trois heures et demie.
Quant à la plante verte qu’on lui a flanqué, ex-Miss France reconvertie en animatrice télé interchangeable et insipide, il est à craindre qu’elle ne fasse tapisserie… A moins que Cerf ne fasse un effet bœuf…
Encore un mot d’Eurovision pour vous dire que les bookmakers prédisent la victoire de la Finlande et placent pour le moment la mignonnette Monroe deuxième. Evidemment, et comme à chaque fois, la France va déchirer lors des répétitions, on va prédire à tout-va qu’elle est la successeuse de Marie Myriam et tout l’aréopage des eurofans va se ruiner un slip à rêver de ramener la couronne Eurovision à Paris… Et on risque de déchanter très fort le dix-sept mai au matin…Enfin, l’espoir fait vivre, et croisons fort les doigts.
Restons dans le domaine des folles télévisuelles, puisque France 2 vient d’annoncer le nom du successeur d’Olivier Minne aux manettes de Fort Boyard, et qu’il s’agit de Cyril Féraud, l’incontournable blondinet des jeux télévisés. Après l’armoire à glace bodybuildée, le cure-dents papa solo… Ah ben, ce sont les réductions de budget de la télé publique, ma bonne dame…
Toujours est-il qu’avec Cyril Féraud, qui hurlait de trouille à s’en maculer le moulebite à chaque épreuve lorsqu’il était candidat, ça sera pas de nature à rebooster l’émission question testostérone…
Bon, je ne voudrais pas me la jouer Brialy sur le retour avec son goupillon furieux, mais le carnet noir des célébrités m’oblige à vous causer cimetière un instant.
On regrette le départ prématuré de Loana, dont le principal titre de gloire fut de s’envoyer en l’air dans une piscine lors de la première émission de téléréalité française, à seulement 48 ans, après une existence plus remplie de déconvenues que de réels bonheurs…
Côté eurovisionneries, citons la mot de Bjorgvin Halldorsson, à l’âge de 74 ans, candidat islandais en 1995 avec « Nuna », une mièvrerie soporifique oubliable…
Côté soaps américains, notons la mort de Patrick Muldoon à 57 ans, d’un infarctus, connu en France pour son rôle dans l’interminable « Des jours et des vies », diffusé sur la Deux entre 2000 et 2016, et qui compte à ce jour près de quinze mille cinq cents épisodes depuis 1965…
Le cinéma français est également en deuil avec deux disparitions le même jour. D’abord, Nadia Farès, actrice surtout connue pour son rôle dans Les Rivières pourpres, des suites d’un malaise cardiaque, à seulement 57 ans. C’était Farès, c’est effarant…
Ensuite, Nathalie Baye, actrice polyvalente et prolifique dont la carrière, alternant films exigeants et pochades faciles, est remarquable, qui s’éteint des suites de la maladie à corps de Lewy, à 77 ans. Compagne, entre autres, de Philippe Léotard et de Johnny Hallyday, Nathalie nous dit Baye-bye…
Et, au vu du contexte international guère rigolard, l’anniversaire du jour vous proposera de « dormir sur la bombe », ou « Nuku pommiin », si vous avez des velléités de causer le finlandais comme à Helsinki, puisque c’est le titre de la chanson finlandaise qui ne marqua aucun point et qui fut interprété par le blondinet Kojo au Concours Eurovision de la Chanson 1982, qui se déroula le 24 avril à Harrogate, le trouduc britannique à l’instar de Saint-Ploumenac’h Daoulas-le-Bas en Bretagne, et qui consacra l’une des pires guimauves eurovisuelles, un teuton « Ein bißchen Freiden » suicidogène à force de mièvreries sucrées et de paroles doucereuses. Dormir sur la bombe… Tu parles d’un sommeil réparateur…
vendredi 24 avril 2026
Brèves du 24 Avril 2026
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