Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!
Ce cri strident qui ferait passer les vocalises suraiguës de Patrick Juvet qui vient de se la faire mordre par Dave sur le plateau du Ring Parade de ce cher Guy Lux pour une vulgaire sonnette d’alarme fatiguée, c’est un cri de guerre. Ni plus, ni moins.
Un cri de guerre qui retentit comme autant d’antivols au passage du portique de sécurité plusieurs fois l’an. Un cri de guerre qui marque indubitablement le début d’une période faste au commerce de détail et aux banques qui facturent les agios au prix de la tonne de caviar sevruga : les soldes d’été.
Et j’ai l’envie quasi-irrépressible, un peu comme quand on voit les seins de Claire Chazal et qu’on sprinte vitesse grand V, accélération gamma petit p plus petit q, se ramoner les boyaux dans le caniveau tant le spectacle est insoutenable et pousserait à la conversion à l’homosexualité avec Houellebecq ; j’ai l’envie irrépressible de jouer à l’ethnologue, de parodier Claude Rika-Lewis-Chopin, ou Levi’s-Strauss, je ne sais plus, de singer l’immortel Christian Zuber et sa caméra au poing, et de vous emmener à la découverte d’une communauté méconnue bien que largement répandue : les amateurs des soldes.
Pas besoin de vous accoutrer d’un bermuda façon Tintin au Congo, d’un bitos des temps bénis de la Coloniale et de pataugas qui ont dû écraser plus de merdes que Marc Lévy et Katherine Pancol réunis ont pu en écrire dans toute leur carrière. Nul besoin de vous exiler dans quelque contrée perdue, hostile et généralement peuplée de peuplades aux noms fleurant bon les récits de la Semaine de Suzette et les albums-photo souvenir de la Cochinchine… Les amateurs de soldes crèchent partout : à Paris (un vrai nid), à Londres, à San Feliu de Guixols, à Sainte Ménéhoulde de Moncu-sur-Lacommode, sur votre palier (juste la porte en face) ou encore dans le gourbi du coin de la Rue des Onanistes En Rut…
Les amateurs de soldes aiment à se faire appeler selon les humeurs du moment et leurs envies versatiles : fashionistas, hystériques du falbalas, folles tordues de la réduction de la mort qui tue, idolâtres au dernier degré des grandes brésiliennes qui roucoulent du « Ma chéééérie, magnifaïque » à tout bout de champ devant une cagole saucissonnée en prêt-à-porter mal coupé, ou encore adulateurs acidulés des tafioles de concours qui prétendent, en une heure d’émission, relooker un boudin mongoloïde attifé de leggins léopard rose et d’un top à dentelle mordoré fluo en un top-model d’un mètre quatre-vingt et caréné comme un Riva de compétition.
Généralement griffés de la racine des cheveux patiemment permanentés chez les sœurs Carita, les madones des cuirs chevelus friqués jusqu’au bout renforcé de leur paire de Burlington grand siècle renfermant des panards crasseux, les amateurs de soldes s’en vont courir le pavé des centres-villes et des centres commerciaux de grande banlieue dès potron-minet, le jour d’ouverture des soldes. Pas question de louper, ne serait-ce que de quelques infimes nanosecondes, l’ouverture plus matutinale qu’à l’habitude des Galeries Farfouillette et de ne pouvoir se mettre sur les arêtes, moyennant un double smic, ce splendide ensemble en chintz d’ottoman moiré couleur diarrhée de nourrisson asthmatique avec ce somptueux drapé bouffant qui retombe en smocks sur la passementerie de brandebourgs en jabot à clochettes !
Peu importe de savoir s’ils devront se contenter de pâtes à l’eau tiède pour le restant de l’année, tant à cause de la carte bleue qui a viré cramoisi écarlate que des rondeurs qui obligent au recours d’un chausse-pieds et d’un bidon de vaseline pour enfiler le dit-ensemble susmentionné ! Les amateurs de soldes le veulent, et ils l’auront !
Peu leur chaut que l’article convoité coûte l’équivalent du PIB bisannuel des Iles Vanuatu, qu’il ne soit plus disponible qu’en taille 36 alors qu’on n’arrive qu’avec de grands efforts et des apnées prolongées à s’enquiller dans du 44 rectifié, ou qu’il soit miraculeusement réchappé de la collection Dormeuil Pépère 1957. Il est EN SOLDES !
Et c’est justement ce qui le rend si désirable à leurs yeux de presses-bites ou d’astigmates, ce qui fait qu’il le leur faut, absolument, décidément, définitivement !
Qu’importe que le commerçant ait multiplié le prix par deux pour offrir royalement quarante pour cent de remise ! L’article est soldé !
Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!! Des soldes !
Non content de bourrer comme une vulgaire starlette de porno hongroise en face d’une horde de Rocco-Siffredis priapiques sous perfusion de Viagra concentré son dressing croulant sous les inratables bonnes affaires des soldes précédents qui finiront dans trois ans bouffés aux mites malgré les quarante boules de naphtaline et la douzaine de plaquettes Vapona, l’amateur de soldes moyen s’exprime. Hélas…
Ce n’est ni du Voltaire, ni du Verlaine (qui avait le rein beau et la gâchette chatouilleuse), non. A peine du Barbelivien, voire du sous-Obispo en manque d’inspiration (pléonasme) et le plus souvent c’est d’un niveau inférieur à la moyenne des meilleurs textes de la Gitane sans filtre, Kendji Girac, toujours aussi virile, façon Beaugrand à la Gay Pride. C’est vous dire qu’on racle les fonds ultimes de la Fosse des Mariannes, au risque de découvrir des textes eurovisuels… C’est plutôt une collection de cris de guerre, d’incantations bellicistes et de gargouillis belliqueux qui arriverait presque à vous faire faire dans le froc, y compris en cas de constipation opiniâtre…
Du classique « J’en-veux-un-poussez-vous-je-l’ai-vu-la-première-j’étais-avant-vous ! » au carrément venimeux « C’est-le-mien-dégage-tes-pattes-de-là-pétasse-ou-j’te-pète-les-seins », le vocabulaire de l’amateur de soldes peut se faire presque intelligible et vous pourrez, au gré de vos pérégrinations au long des rayons transformés en remake de Raqqa ou de Beyrouth, saisir des « M’enfin Kévina, tu vas pas acheter un tee-shirt qui te cache les seins ! », des « Vous êtes sûr que ça va donner ? Assurément, le polychlorure de vinyle imitation similicuir façon moleskine donne toujours d’un à deux millimètres après dix-huit kilomètres de marché forcée en pleine canicule », des « J’les prends tous les quatre, tu comprends, c’est pas que j’en aie besoin, mais à mille boules l’unité, ça emmerde Charles-Hugues » ou des « Tu trouves pas que ça me boudine un peu ? Nan, mais tu pourras postuler chez Olida sans problèmes ».
Les soldes, période où l’on se rend compte que, soit la taille 42 n’est plus ce qu’elle était, et votre armoire rétrécit effectivement tous vos vêtements subrepticement la nuit venue, soit vous êtes amenés à caresser le commencement de l’idée qu’éventuellement vous auriez pris quelques dizaines de grammes et qu’un régime devrait peut-être mis en place dans un avenir aussi proche que la ligne d’horizon… Les quarante-huit spots pour « Comme j’aime » en une heure de programme télévisé devrait vous pousser à y être acculé…
Les soldes, où ces dames, demoiselles, messieurs, demi-vierges folles, échaudées de la carte bleue, folles tordues hystériques du falbalas se pâment devant les rabais en faisant montre d’une excitation au moins aussi élevée que celle d’un roumain au Salon International de la Caravane…
C’est qu’on en oublierait presque les futilités de notre actualité quotidiennement routinière, nullement en soldes et même en surnombre…
J’évacuerai rapidement les dernières élucubrations de notre cher Donald Trump, qui après avoir répété une bonne quarantaine de fois qu’un accord était plus que proche avec l’Iran, est enfin parvenu à faire signer un papelard avec les enturbanés, histoire de ne pas perdre complètement la face et d’arrêter les frais d’une guerre dont on ne comprenait plus ni les tenants ni les aboutissants… La suite au prochain numéro, si j’ose dire…
Je ne m’étendrai pas plus sur l’affaire Lyahnna, puisque le principal suspect l’a déjà fait avant de la faire passer de vie à trépas, pas plus que je ne me joindrai à la meute des loups hystériques vitupérant à perdre haleine contre la Justice française, qu’ils accusent évidemment de tous les maux.
Que les choses soient claires entre nous. Je ne suis pas en position de défendre bec et ongles les magistrats français. Si des erreurs ont été faites, les responsables devront en assumer les conséquences ; y’a pas tortiller du derche pour chier droit.
Mais tous les magistrats de France ne doivent pas être mis dans le même panier. Avec les moyens dont on les dote, il faut remercier Thémis que le système judiciaire français parvienne aux résultats qui sont les siens. Pour fréquenter de manière assidue l’institution, il est évident que la Justice française souffre d’un manque de moyens et d’effectifs flagrant.
Dans leur majorité, les magistrats français, ainsi que leurs greffiers, indispensable cheville ouvrière, font leur taff du mieux qu’ils le peuvent. Et s’ils étaient plus nombreux, ils auraient moins de dossiers à traiter, partant moins d’urgences à gérer et fatalement moins de risques de bévues.
Et comme si l’on n’avait pas suffisamment d’affaires médiatiques à se mettre sur les arêtes, voilà que Patrick Bruel donne du boulot à la justice française. Ce n’est pas d’hier que l’ex-idole des pisseuses prépubères charriait cette réputation d’affolé du slip, mais les plaignantes, avérées ou fantasmées, se réveillent tard. Ce qui n’est pas une mauvaise chose, au demeurant.
Je passerai vite également sur la canicule qui accable la France actuellement, parce que les chaînes d’info continue nous chauffent déjà plus que de raison les oreilles avec ça. Le réchauffement climatique est en route, et ce n’est pas parce qu’on va nous rabâcher à longueur de journée que les records historiques tombent comme des mouches que ça fera avancer le schmilblick des mesures à prendre.
Nos gouvernants sont manifestement incapables de décider quoi que ce soit de véritablement concret, et ce ne sont pas les promesses électorales qu’ils nous débitent à longueur d’interview qui modifieront le climat.
D’ailleurs, il ne vous a pas échappé que le nombre de candidats déclarés, supposés, putatifs voire éventuels à la prochaine présidentielle atteint le pléthore intégral. Il serait plus rapide de faire le compte de ceux qui ne sont pas candidats… Notamment à gauche, où tous ont d’ores et déjà déclaré vouloir s’aligner sur la ligne de départ de la grande course à l’échalote présidentielle.
Je souhaite bien du courage à Olivier Faure, le gardien du cimetière des éléphants socialistes, pour organiser sa primaire à gauche. Ça va être d’un croquignolet…
Surtout lorsque Glucksmann n’en finit pas de se tâter pour savoir s’il y va ou pas (à force de se tâter, il va se tâcher le moulebite), et que Pépère Flamby souhaite se déclarer uniquement à la fin de l’année, sans évidemment passer par la primaire. Et pendant ce temps, Mélenchon, Le Pen et Bardella rigolent en douce…
Bon, Jordanou est plus affairé en ce moment à faire croire à sa romance avec Maria-Carolina de Cognac des Trois-Sardaignes que de s’imaginer à l’Elysée. Mauvais calcul pour Jordanou, on n’a pas déquillé la royauté voici deux siècles et demi pour se récupérer un incapable flanqué d’une fin de race mononeuronale…
Côté carnet noir, ça se bouscule au portillon ces derniers temps. Le peinte David Hockney est allé peindre ses piscines chez Saint Pierre, le navigateur Charlie Dalin a fait sa dernière régate à seulement 42 ans, et Kaamelott pleure son maître d’armes, Christian Bujeau, le fameux fils d’unijambiste…
Les trains pas comme les autres (émission télévisée à la longévité remarquable) ont aussi perdu leur créateur, le réalisateur François Gall ayant pris un aller simple à l’âge de 103 ans.
Dans le domaine de la chanson, ça déquille sec également, puisque Franck Michael, le chanteur italo-belge des maisons de retraite, a poussé sa dernière romance, à l’instar de Noël Deschamps, idole bien oubliée de la vague yéyé.
La grande famille de l’Eurovision est également en deuil, puisque outre Franck Michael (qui tâta par deux fois des éliminatoires belges pour le Concours dans les années 80), nous déplorons le décès de Kirsti Sparboe, chanteuse norvégienne qui participa trois fois au Concours en 1965, 1967 et 1969 et réussit le tour de force de ne marquer que quatre points en trois participations, avec des chansons cucul-la-praline mais qui fleuraient bon l’insouciance des années 60.
Je refermerai cette page nécrologique avec la mort à 80 ans de Guesch Patti, inoubliable interprète du sulfureux « Etienne » en 1987, très gros tube hélas sans véritable lendemain. Les baisers salés, salis, sont définitivement tombés le long du lit, et Etienne ne le tient plus bien…
Et au titre de l’anniversaire du jour, il faut que vous sachiez, et pas dans les bottes de préférence, parce qu’avec la chaleur, ça fermente, et bonjour les odeurs… On dirait l’halitose de Zaz au réveil… Il faut que vous sachiez, donc, que le 25 juin 1998, Microsoft lançait le système d’exploitation Windows 98, qui allait se vendre à plus de quinze millions d’exemplaires, malgré le peu d’innovation par rapport à la version précédente. De l’absolue nécessité de ce que l’on a déjà, mais présenté différemment… Un peu comme les albums de Christophe Maé et Kendji : toujours aussi mauvais, mais comme c’est présenté différemment, on achète… Surtout s’ils sont en solde… Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!! Des soldes !
jeudi 25 juin 2026
Brèves du 25 Juin 2026
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