Et en voilà un bon bout de dégagé !
La première demi-finale de l’Eurovision 2026 n’a pas vraiment tenu ses promesses, tant le niveau était faible, de mémoire d’eurofan, je ne me souviens pas d’avoir déjà assisté à un round éliminatoire aussi médiocre…
Bon, rien à redire sur la scène, sympa mais très ressemblante à celles des années précédentes, ni sur la réalisation. C’est bon enfant, consensuel, élégant et un brin suranné.
Les présentateurs font le job, lui en costume 70’s pur jus et elle, pas coiffée, en combinaison un poil trop moulante pour être véritablement honnête…
Les cartes postales n’ont rien de révolutionnaire, c’est candide et doucereux, gouleyant comme un chocolat viennois…
La green room est particulièrement réussie, très cosy avec cette ambiance café viennois.
Dommage que Vicky Léandros, liftée de frais, nous ait fait un playback intégral sur « L’amour est bleu », la magie n’était pas au rendez-vous…
Quant aux chansons en lice, la magie n’était pas non plus au rendez-vous… Allez hop ! Revue de détail.
Moldavie : Un titre fourre-tout d’autopromotion qui rappelle l’Autriche 2012, ce qui n’est pas un compliment… On dirait une chanson de stade, de troisième mi-temps, c’est dire si ça ne vole pas haut… Probablement la pause-pipi de l’année pour ouvrir la compétition. La réalisation est vomitive au refrain. C’est brouillon, bien que plutôt punchy. Avec son ambiance manga, c’est nippon, ni mauvais…
Suède : Après une rafraîchissante parenthèse au sauna, la Suède retombe dans ses travers de la suédoiserie calibrée, sans âme, sans saveur et en anglais. C’est décevant, pas convaincant, et en plus, la demoiselle ne chante pas toujours juste au début… De plus, l’ambiance noire et rouge, déjà vue pour Benjamin Ingrosso, fait qu’on ne saura pas de quelle couleur est sa robe…
Croatie : L’habituelle balade croate, classieuse, aux harmonies vocales caressantes, et à l’ambiance médiévale rappelant Enya, entre autres. Auditivement caressant, mais peut-être pas assez rythmé pour impressionner durablement. Hélas, l’ambiance et la scénographie mystique peuvent rebuter… Ainsi que le quintet de goudous qui nous font une bourrée macabre aux champs… Et en plus… plus tatouées, tu meurs !
Grèce : Ambiance électro pour un titre sans concession, plutôt original même si Akylas nous soûle en répétant à l’envi son « Ferto ». Un certain effort d’originalité de la part de l’ourson grec dans son univers de jeu d’arcade, une excellente scénographie, sympa parce que pas prise de tête.
Portugal : Des polyphonies corses sauce fado pour débuter un titre dépouillé, lent, ronronnant et gnagna. Ça peut peut-être séduire, même si ça n’est pas convaincant et si ça reste au final très vieillot et somnifère. Si on y ajoute les costumes disparates, ça en devient tellement démodé et rance que ça peut cartonner…
Géorgie : Répétitif, bruyant, sans originalité, avec un rythme qui est copié et recopié sur la majorité des chansons présentées. Ça gueule à l’envi sur des paroles qui tiennent sur un timbre poste. Les costumes à la Kill Bill sont certainement le point le plus réussi, puisque la chorégraphie est trop statique (on ne peut pas chanter et sautiller…), et que les effets stroboscopiques à la Tron ne sont pas une nouveauté…
Finlande : Un bon point pour vocaliser en finlandais. Un opéra-rock à la Vanessa-Mae efficace, entraînant, bien construit, actuel, vocalement irréprochable et au final ébouriffant. D’accord, mémé montre trop ses jambonneaux, mais c’est diablement captivant !
Monténégro : Enième manifestation du syndrome France Gall avec un puissant chœur qui vocalise sur un rythme heurté et rebutant et des dégueulis de tripes. Ah on aura notre comptant de trucs vaguement opéra cette année ! Et si en plus, c’est vocalisé par Morticia Addams et son quarteron de gougnottes pré-ménopausées, particulièrement énervées, qui donnent l’impression qu’elles nous engueulent… C’est interminable !
Estonie : Les revenantes suisses de 2005 avec ce qu’elles savent faire de mieux, un bon rock féminin pêchu, intemporel et entraînant. Ça envoie du steak, c’est très sympa, même si c’est pas forcément très actuel. La prestation est sans chichis superflus, les costumes sont acceptables, et les demoiselles, rechapées de A & Z depuis 2005…
Israël : Toujours et encore la même recette rance pour ratisser large : texte pétri de bonnes intentions et optimiste, en anglais, français et hébreu, musique convenue et sans surprise… Titre prénom fade vocalisé par un clone vocal de Slimane… Aucune originalité, aucune prise de risque, du réchauffé puissance 10 à en carboniser la casserole. Mais comme c’est Israël, ça finira dans le top 5, c’est couru d’avance… Le diamant renferme un zircon, et ses cinq danseuses déguisées en bonbons Regliss’Mint… C’est laborieux, et le texte français, indigent.
Belgique : Un truc qui veut faire actuel, pas foncièrement désagréable à l’oreille, mais qui rappelle trop de trucs pour véritablement séduire. Et c’est interminable et répétitif, hélas. La chanteuse me rappelle Björk, et elle manque hélas du petit plus qui retient l’attention. La scénographie, glaciale au départ, se réchauffe quelque peu, mais ça reste bien inoffensif au final.
Lituanie : Un chanteur passé au minium (vague clone de Klaus Nomi) pour un titre qui rappelle le Grand Prix 2025, entre prouesses vocales (guère impressionnantes ici) et rythme fatigué, qui ne prend pas son envol et qui finit en queue de poisson. Dommage surtout parce que la scénographie était sans concessions et que l’interprète nous fait partager son univers. Dommage que sur la fin, il ne soit plus très juste…
San-Marin : Ambiance 80’s pour un titre mille fois entendu, mélangeant un tempo disco tardif et dance, répétitif, sans véritable montée en puissance, mais plutôt agréable à l’écoute. Avec en prime, la participation plus que limitée de Boy George, largement dispensable, tant Tata George, la Queen qui couine deux mots, apparaît dépassée par les évènements, et limite pitoyable. Et quant à la multirécidiviste, sortie du formol, elle ressemble de plus en plus à Afida Turner, mais habillée.
Pologne : Et encore une gueularde à nichons saucissonnée dans un bustier en acier vulgaire, pas sympa, qui ne transmet rien, pour un titre mal ficelé, décousu, pénible de bout en bout, avec une scénographie à l’avenant. Next !
Serbie : Un titre barbant du début à la fin, avec un dégueulis de tripes central tout à fait dispensable. Ça écorche les oreilles pendant trois minutes et guère plus. Et pourtant, à les voir, à mi-chemin entre Lordi et Dracula version Kiss, avec leur prestation sans concession, ç’est devenu mon plaisir coupable.
De mes dix qualifiés, sept passent en finale, mais j’avais retenu l’Estonie (peut-être trop ringard), San Marin (trop passe-partout) et le Portugal (qui peut-être est passé trop tôt).
Si pour moi, la qualification de la Moldavie et de la Croatie sont logiques, je reste plus réservé sur celle de la Pologne…
Un mot sur l’Italie, qui pourrait surprendre samedi soir, tant son italo-pop années 80 est efficace… Il faudra juste qu’il soit moins statique, et plus juste dans le chant.
Un autre mot sur l’Allemagne, dont la chorégraphie et scénographie a été entièrement pompée sur Chypre 2018 et l’Espagne 2022. D’un vulgaire sans nom, avec ces tenues putassières à souhait. Un schuss dans le classement assuré !
La suite du ball-trap jeudi soir !
