mardi 19 mai 2026

Brèves du 19 Mai 2026

 Let the post Eurovision depression begin !

Dès lors que les dernières notes du Grand Prix tout nouvellement couronné ont retenti et que la pompe cuivrée des impétueuses trompettes du Te Deum de Charpentier ont signifié la fin de la transmission en Eurovision, il s’instille immanquablement en chacun des fans du Concours les premiers symptômes de la dépression post-eurovisuelle, une sorte d’illustration moderne de l’expression latine de Galien « Post coitum omne animalius triste est » (après le sexe, tous les animaux sont tristes).

Et je ne parle pas là des jambonnages qui, en coulisses, émaillent la semaine eurovisuelle à un point tel que le Concours fait figure, dans certains milieux, de baisodrome mondain où l’on fornique à couilles rabattues…

Après la frénésie quasi-sexuelle de la présentation des vingt-cinq chansons finalistes, après la montée en puissance de l’annonce des points et après l’acmé de la proclamation du vainqueur, tout retombe…

Joie ou frustration à l’égard du grand gagnant, et une certaine tristesse à l’idée qu’il va falloir attendre quasiment un an pour retrouver cette ambiance de concours…

Dépression que certains transforment illico en déferlement de bonheur car leur chouchou a décroché la timbale, ou de haine car leur représentant a lamentablement cagué dans la colle, se perdant dans les tréfonds du classement final.

Je ne vous le cacherai pas plus avant, je suis assez amer depuis samedi soir, suite aux résultats du 70ème Concours de l’Eurovision. Amer à l’encontre de certains résultats, que ce soient ceux de la représentante française, ou de ceux d’autres concurrents.

Je dois coucher ça sur le papier numérique, et j’ai pris quelques moments de réflexion et de recul, pour éviter l’écueil de la réaction à chaud, rarement utile et encore moins salutaire dans ce genre de situation.

Mes pensées vont évidemment, et en premier, vers Monroe, notre représentante, dont on attendait beaucoup, poussé en cela par les médias, et la fièvre eurofanique. Je suis très déçu du résultat final, onzième, alors que les bookmakers l’avaient vue deuxième, avant de la rétrograder cruellement.

Mais loin de celles et ceux qui jettent le bébé avec l’eau du bain, et clament à qui veut bien l’entendre que l’Europe ne nous aime pas, que les européens ont de la merde dans les oreilles et qu’il est impératif que la France se retire de la compétition, je serai plus modéré.

Onzième, c’est certes décevant au vu de la prestation, tout en punch de Monroe qui, à mes yeux, a donné tout ce qu’elle avait samedi soir. Mais c’est quand même un presque top 10, un score que la France a du mal à accrocher ces dernières années. Onzième, ça veut dire qu’il y a quatorze candidats derrière elle, que les jurys et les téléspectateurs européens ont trouvé moins bons que Monroe.

Ça veut aussi dire que les jurys professionnels l’ont trouvé excellente (ils ont classé la France quatrième), mais que les téléspectateurs n’ont pas du tout aimé la chanson (dix-huitième, ça veut bien dire ce que ça veut dire). 

Alors, arrêtons de spéculer, nous avions une bonne chanson, bien interprétée en live, mais qui n’a pas plu au grand public. Point barre. Il faut arriver à s’extirper de la gangue qui veut que la France doive présenter à l’Eurovision des ballades traditionnelles. Marie Myriam a gagné il y aura cinquante ans l’année prochaine ; les goûts européens ont évolué depuis, ce dont on ne se rend pas forcément compte.

J’en veux aussi un peu aux médias qui font monter la mayonnaise à chaque fois que la France se trouve parmi les favoris des bookmakers. Ah évidemment, ça fait vendre du papier, ça fait de l’audience, mais ça crée également un sentiment de frustration pas toujours justifié lorsque les résultats tombent. 

On a fait mousser les candidatures de La Zarra et de Bilal Hassani, dont les chansons n’étaient pas particulièrement excellentes. Et on les a dézingués sans retenue une fois les votes révélés. Un peu plus de retenue et de modestie ne seraient pas les malvenues, même si le chauvinisme est une religion d’état dans l’Hexagone. 

C’est le jeu, me direz-vous. Certes, mais n’oublions jamais que la France est un pays qui a toujours regardé l’Eurovision comme un événement décalé, poussiéreux, ringard et obsolète ; la position des médias dans les années 80 et 90 a profondément et durablement écorné l’image du concours dans notre pays. Le niveau abyssal des sélections françaises télévisées des années 80 n’a au surplus pas arrangé les choses ; les brèves embellies du début des années 90 et 2000 n’ayant évidemment pas suffi à retourner l’opinion publique.

Le relatif retour en grâce de ces dernières années avec les succès publics d’Amir ou de Slimane et, dans une moindre mesure, de la Betty Mars 2.0, reste fragile et le grand public sera prompt à se détourner à nouveau du Concours si on lui fait miroiter chaque année des monts et merveilles qui ne se réalisent pas.

Je suis également amer de constater que le télévote ne sert plus aujourd’hui à noter une chanson ou un pays selon ses goûts ou la qualité de la chanson, mais selon ses convictions, et ses positions politiques.

Evidemment, les votes géopolitiques ont toujours existé au Concours (depuis les années 60, les pays scandinaves se soutiennent mutuellement, et je n’évoque pas les légendaires échanges de « 12 points » entre Chypre et la Grèce), mais le vote des téléspectateurs ces dernières années n’est plus basé sur l’attrait de la chanson, mais bien plus sur la situation géopolitique et les appartenances communautaires.

Comment expliquer sinon les votes attribués à l’Ukraine, et plus encore à Israël ? Dans les deux cas, les jurys professionnels n’avaient que peu goûté les deux chansons, les classant respectivement quinzième et huitième. Dans un cas comme dans l’autre, le titre présenté n’était pas mauvais, mais était loin d’être éblouissant au point de le classer troisième au télévote, comme dans le cas d’Israël.

Là, on ne vote plus pour une chanson, mais pour une situation politique, et une conviction personnelle. L’Eurovision est censé être un concours de chansons apolitique, pas un meeting politique… Il serait grand temps de s’en souvenir…

L’UER a d’ailleurs drôlement dû serrer les fesses à l’annonce des résultats. Si Israël l’emportait, l’organisation du Concours 2027 s’annonçait compliquée, au bas mot, et les retraits se seraient probablement multipliés…

Que l’on se comprenne bien, je ne prends pas position pour ou contre ce qui se passe au Proche-Orient, ou dans les Balkans, ce sont mes convictions intimes qui resteront privées. Je regrette juste que le concours soit de plus en plus faussé par ces considérations qui doivent lui rester intégralement étrangères.

D’ailleurs, et tant pis si je me répète année après année, l’UER devrait exclure de la compétition tout pays impliqué dans un conflit mettant en présence un ou plusieurs pays participants, qu’il soit attaquant ou attaqué. Ils ont bien exclu la Russie et le Belarus sans trop d’états d’âme. Ils devraient exclure également l’Ukraine et Israël. Ça rendrait un peu de sérénité dans la compétition, et un peu de neutralité dont on a tant besoin à tous les niveaux, actuellement.

Pour le reste, et pour tenter d’être quelque peu plus primesautier, les résultats me paraissent globalement justifiés. La victoire de la Bulgarie avec sa miss survitaminée et fortement nichonnée me laisse froid, puisque je n’avais que peu goûté ce titre bruyant, qui n’est probablement pas promis à un succès public. Bien sûr, je suis content qu’un pays l’emporte pour la première fois. D’ailleurs, aucun pays balkanique n’avait gagné depuis 2007.

Je me réjouis par contre que la diversité des langues revienne en force cette année, la suprématie de l’anglais s’émoussant assez fortement. Trois titres seulement dans le Top 10 sont interprétés intégralement en anglais, ça ne s’était pas vu depuis belle lurette.

Bravo à l’Italie qui, avec sa chanson simple et touchante et son interprétation sincère, accroche à nouveau une cinquième place amplement méritée.

Bravo aussi au Danemark et à la Lituanie qui ont présenté des titres hors du moule Eurovision, avec des félicités différentes, hélas.

Cette année, le strip-tease à la croate (parce qu’initié par la candidate croate en 1998) semblait passé de mode, peu de candidates se déshabillaient au cours de leur prestation, mais le plus souvent sans utilité : pourquoi l’Allemande se déloque-t-elle dès le début de la chanson, si ce n’est pour être à l’unisson de son quarteron de boudins dodus ? De toute façons, l’Allemagne avait hérité de la deuxième place, la place maudite, aucune chanson passant en deuxième position n’ayant jamais remporté le Concours depuis 1956.

L’année dernière, les trois grosses qui s’exhibaient en justaucorps vulgaires sur des chorégraphies frisant la pornographie s’étaient maravées la gueule, finissant respectivement treizième, dix-septième et vingt-deuxième… L’espagnole, mieux tankée mais tout aussi putassière, s’était échouée vingt-quatrième. Peut-être que cela a incité à un peu plus de décence et de classe cette année… 

Ces dames étaient presque normalement vêtues, mis à part la polonaise et son bustier en acier, la roumaine et ses cuissots sponsorisables par Olida, et la chypriote et ses bouts de tissu cachant heureusement l’essentiel, chypriote qui ressemblait à une vieille merguez trop cuite, tant elle avait abusé de la terracotta…

Les bookmakers se sont loupés encore une année, leur favori absolu, la Finlande, finissant à une sixième place honorable, et la Grèce à la dixième place. On en arriverait presque à se questionner sur leur utilité fondamentale…

Je suis enfin déçu par la contre-performance de Malte, seulement dix-huitième, avec une chanson simple et émouvante, fort bien défendue par Aidan, qui n’a pas fait d’effets de costumes ou de muscles.

Une pensée émue pour le Royaume-Uni, qui persiste à envoyer au casse-pipe des titres originaux, mais qui n’impressionnent plus personne. Quand on pense au glorieux passé des anglais au Concours, ça ferait presque pitié…

Au final, le Concours Eurovision 2026 restera un cru assez moyen, où aucun favori clair ne se distinguait, les 12 points attribués par les jurys ont été très disséminés, et où on s’ennuyait parfois ferme. La faute peut-être à une réalisation trop sage, pas toujours adéquate.

On a revu avec plaisir certains anciens participants, comme Verka Serdushka, toujours sympathique, Lordi qui nous a gratifié d’une reprise sensationnelle du Papa pingouin, de Max Mutzke, qu’on a sorti du saloir, de Ruslana, encore plus jeune qu’en 2004, de Miriana Conte, toujours aussi vulgaire avec son trot’ballon, ou encore d’Alexander Rybak, toujours aussi jeune, qui a juste gratté du crincrin…

Allez, fans eurovisuels de tous pays, déprimons un bon coup, et puis reprenons une vie normale… Tout cela n’est au final qu’un concours, auquel il ne faut pas donner plus d’importance qu’il n’en a réellement. 

Le Concours fut créé pour stimuler la production de chansons de qualité en Europe, même si il y eut une tendance, encore vivace aujourd’hui, aux titres onomatopées. Quoi qu’on puisse en penser, le « Bangaranga » n’en est pas un, puisqu’il s’agit de patois jamaïcain, et qu’on peut le traduire comme « Une sorte de désordre joyeux »… Puisse le Concours être encore longtemps désordonné, mais surtout, joyeux…
 


samedi 16 mai 2026

Brèves du 16 Mai 2026

 Eh ben ! Quelle soirée !


Depuis 1990, date à laquelle j’ai commencé à suivre régulièrement le Concours de l’Eurovision, j’ai rarement assisté à un vote aussi palpitant ! D’abord parce que les « douze points » ont été éparpillés, preuve que le niveau était assez médiocre cette année. Ou parce que les votes communautaires ou géopolitiques ont repris le dessus (je n’évoque là que les échanges de notes maximales entre Chypre et la Grèce). Ensuite pour le télévote qui a rebattu les cartes de manière assez claire (et là, on est à mille lieues de voter pour une chanson, mais bien plus pour une situation politique).


Je ne vais pas vous infliger à nouveau mes commentaires sur les vingt-cinq participants, je vous ai donné mes impressions à l’issue des deux demi-finales ; je me limiterai à quelques remarques sur certains candidats, et je me laisserai aller à quelques observations sur le déroulement de la soirée.


La cérémonie des drapeaux a été brouillonne, et la scinder en deux est une fausse bonne idée, d’autant que la réalisation laissait particulièrement à désirer…


Visiblement, J.J., le fils caché de Sissi et de Zaza Napoli, n’est pas cher, on le recase partout dans le show.


Quant à présentateurs, s’ils n’atteignent pas le niveau de nullité apocalyptique des italiens de 1991, ils ne pourront pas prétendre au podium des meilleurs hôtes. Certes, ils sont gentils, policés, mais elle, avec ses robes toutes aussi moches les unes que les autres, ne dépasse pas le stade de la plante verte parlante. Lui, scotché dans les années 70 avec ses tenues improbables, a été largement dispensable…


Quant aux commentaires français… J’aurais bien voulu énucléer Camille Cerf à la cuillère parisienne durant tout le show, tant elle a été parfaitement insupportable ! D’accord, elle a été appliquée à relire les fiches des demi-finales (c’est flagrant pour Malte où elle répète mot pour mot ce que Bern avait déjà dit), mais elle a été rigoureusement pénible lors des votes ! Et je n’aurais que deux mots à lui adresser : « Ta gueule ! ».


Bon, Bern fait du Bern, c’est-à-dire qu’il zitronnise à longueur de temps, et il a été horripilant à rappeler à tout bout de champ l’ordre de passage de la France. Tout seul, il aurait été supportable… Et encore, à doses homéopathiques…


Mention spéciale à l’un des intermèdes, où d’anciens titres du concours ont été interprétés par d’anciens candidats, souvent à contre-emploi. Quel kif d’entendre « Le papa pingouin » chanté par Lordi, ou l’immarcescible « Volare » vocalisé en chœur. Mention spéciale à Erika Vikman, toujours aussi classe et distingué, mais aussi à Miriana Conte, qui s’applique consciencieusement à ressembler à son trot-ballon, toujours aussi vulgaire…


Quant aux résultats… 


La victoire, très nette, de la Bulgarie, avec ce titre accrocheur à l’oreille mais putassier à la vision, a sauvé le Concours. Si Israël l’avait emporté, avec son ersatz de Slimane version Temu, nul doute que l’édition 2027 aurait compté un grand nombre de retraits… Et j’en reviens toujours à ma marotte : tous les pays en guerre, qu’ils soient attaquants ou attaqués, devraient être bannis du concours le temps des conflits. Pourquoi exclure la Russie si c’est pour conserver l’Ukraine, ou Israël ? Pas de place à la politique à l’Eurovision ! Point barre !


Bon, les résultats du télévote pour Israël et l’Ukraine sont logiques, on ne va pas s’étendre là-dessus, on a l’habitude. Même classés moyennement par les jurys (qui eux votent pour une chanson), ces pays accrocheront toujours le top 10 grâce à un vote communautaire, d’empathie et à visée politique.


La Céline Dion version Wish échoue au pied du podium, car trop de paillettes tue les paillettes. C’est dommage, c’était sympa, à défaut d’être follement original.


Quant à l’excellente cinquième place de l’Italie, elle s’explique d’une part par sa jolie scénographie à base de strip tease et de commedia dell’arte, et d’autre part par la sincérité non feinte de l’interprète qui, malgré quelques couacs, a su faire passer un émotion vraie.


Quant aux grands favoris, la déconvenue est grande, mais leurs classements respectifs, tous au sein du top 10, sont fort honorables. Encore une fois, les bookmakers ont mis à côté…


La France quant à elle essuie une nouvelle claque en étant clairement boudée par le public, alors que les jurys avaient classé Monroe quatrième. Quoi qu’il en soit, la jeune interprète n’a pas à rougir, elle a offert une très bonne prestation. 


A titre personnel, je suis très déçu de la contre-performance de Malte, qui a laissé le public de marbre malgré sa très jolie ballade.


Toutes mes condoléances à la Suède, qui récolte un de ses plus mauvais classements, tant au niveau des jurys que du public. Mais il faut bien se l’avouer, se manger de la suédoiserie calibrée chaque année, ça finit par être lassant. Et le titre n’était pas particulièrement original.


Dommage pour l’Autriche, qui reproduit quasiment à l’identique son classement de 2015, lorsqu’ils avaient accueilli le concours, en l’améliorant toutefois de six points…


Le passage en deuxième position reste fidèle à sa tradition, puisque l’Allemagne s’offre une fois encore un schuss dans le classement. Faut dire que leur foire aux boudins n’était pas convaincante.


Et une nouvelle dernière place pour le Royaume-Uni, qui avait mis toutes les chances de son côté pour arriver à un tel résultat. Il évite cependant l’infamant « nul points », de justesse.


Au final, il est toujours bon qu’un pays engrange une première victoire au Concours, et la victoire, incontestable, de la Bulgarie a d’une certaine manière sauvé la compétition, évitant les polémiques sur la participation d’Israël et probablement d’autres retraits en 2027.


Encore une fois, France Télévisions, en croyant bien faire, a mis à côté de la plaque, en succombant au syndrome France Gall, et en envoyant un copié-collé de la chanson gagnante de 2025. Certes, Monroe a été impeccable et a fort bien défendu les couleurs françaises, mais souvenons-nous qu’en 1966, alors que plusieurs pays avaient sélectionné des chansons rythmées interprétées par des jeunes filles (voulant imiter France Gall), c’est une chanson lente, interprétée par un homme qui avait remporté la timbale.


Bis repetita…




jeudi 14 mai 2026

Brèves du 14 Mai 2026

Et voilà ! On a l’intégralité des chansons qui vont concourir samedi soir pour le Grand Prix Eurovision 2026 !


Et ce ne fut pas sans dommages auditifs et visuels, tant on a encore eu droit ce jeudi soir à un défilé de voix pas toujours assurées, de costumes frisant le bon goût sans jamais l’atteindre et des performances pas toujours marquées au sceau de la délicatesse…


Certes, le niveau global de cette deuxième demi-finale était nettement meilleur (difficile en vérité de faire pire), mais l’on nous a réservé quand même un joli quota de bouses…


Heureusement que la parodie introductive du Grand Prix 2025 était réussie, parce que sinon, les présentateurs ne sont pas parmi les plus hilarants… Quand à Stéphane Bern, il zitronise à l’envi, et arrive toujours à être d’une parfaite inutilité…


Allez, je ne vous fais pas plus attendre pour la revue de détail !


Bulgarie : Un mix difficilement digestible entre dance, hip-hop et musique traditionnelle, pour un titre onomatopée répétitif et pénible sur la longueur. Bangaranga répété à l’infini ne suffit pas à construire une chanson potable… Bon, la demoiselle a de gros nichons et c’est son seul titre de gloire, mais la scénographie est vitaminée, et originale avec son jeu de chaises musicales.


Azerbaïdjan : Dès les premières notes, on s’attend à la balade lacrymale qui déverse les décibels dans un dégueulis de tripes… Et on n’est pas déçus ! Pas captivant, lassant sur la durée. La scénographie est minimaliste, voire cheap (des rideaux qui sèchent avant le repassage, de la fumée, une ombre chinoise), la robe sobre malgré les lambeaux, le maquillage de larmes de sang est bizarre. 


Roumanie : Encore un truc qui se veut moderne et mélange allègrement les rythmes actuels avec une petite dose de lyrique, histoire de faire un clin d’œil au dernier Grand Prix en date. Au final, c’est bruyant, gueulard et lassant. La maîtresse sado-maso façon Xena la Guerrière trop bien nourrie est câblée avec ses guitaristes, avec des regards hallucinés à la Nina Hagen. Plutôt bien présenté et efficace.


Luxembourg : Voix pas toujours très juste pour un titre mille fois entendu et pas rythmé pour deux sous. Si j’étais méchant, je dirais que ça sent la naphtaline à plein nez… Et si j’étais gentil aussi, tant c’est une presatation « nature » : pas de maquillage, pieds nus, robe écolo. Ambiance « nature et découvertes », regards hallucinés en prime mais ça manque de peps.


République Tchèque : La balade sirupeuse type, molle du genou et qui se complait dans les longueurs. La voix de l’interprète n’est pas désagréable, mais on baille plus souvent qu’à son tour même s’il gueule sans raison au final. Mais l’habile jeux de miroirs, le casual wear sans chichis, la scénographie minimaliste ainsi que la montée en puissance impeccable convainquent. 


Arménie : Un rythme agressif qui ne faiblit pas mais qui en contrepartie, lasse rapidement avec cette façon de chanter en rap ou assimilé. Pas dénué d’une certaine originalité toutefois, même si le final vous fera frôler la tachycardie. La scénographie « ambiance bureau veste à post-it » est marrante, la prestation du vague clone d’Hanouna est punchy, et le final survitaminé « torse nu aisselles nettes » est convaincant.


Suisse : Voix grave pour une chanson prénom au tempo inhabituel. Un peu de blues, un peu de soul, un univers bien à elle, rappelant celui d’Adele. Une proposition qui sort des sentiers battus et qui parviendra sans doute à se distinguer du reste, avec son faux air de Nana Mouskouri, sa combinaison pailletée et son micro à câble. Dommage que les quatre boudins en justaucorps et la cage de cordes viennent gâcher le tout. Inclassable, au final.


Chypre : Même si le titre me rappelle la marque de serviettes-éponge, rien qui me fasse transpirer… Le titre type qui fait suer tant c’est un maelström difficilement digestible de rythmes. Mille fois entendu, et sans originalité, donc. Ce qui se confirme en voyant cette Dalida au rabais avec un balai espagnol sur la tête, passée à la terracota et habillée (si peu) de lambeaux de vêtements, la Shakira de chez Temu, qui nous sert la même soupe depuis Fuego, pas très juste, en plus.


Lettonie : Une balade dépouillée, sans chichis, tout en douceur, qui vous berce agréablement. Pas très originale, mais qui peut se démarquer du reste, bruyant et survolté. Scénographie minimaliste, même les effets spéciaux semblent au ralenti… La robe est très sobre, mais tout ça est soporifique.


Danemark : Søren installe son univers dès la première note, et en version originale ! La voix est assurée, la chanson pas désagréable, la scénographie originale bien qu’un peu flippante et ça monte bien en intensité. Søren nous fait l’irremplaçable strip-tease à la croate, sans faire de surenchères dans le bling-bling ou le toc, et on fait un tour en boîte, dans tous les sens du terme.


Australie : Une belle balade planante, certes déjà entendue, mais qui se muscle au fur et à mesure, et qui se laisse écouter sans trop de séquelles auditives, malgré les prouesses vocales de la dame, qui n’a pas fait dans le demi-mesure, question brillants et paillettes… Y’en a partout ! La robe, le micro, le faux piano… Et que dire de l’ascenseur final… Trop de clichés tue le cliché. En tout cas, Delta plane…


Ukraine : Et encore une énième balade planante, qui va jouer à fond sur la vague européenne d’empathie… Sauf que là, c’est chiant puissance 10 avec les vocalises à péter le pyrex de la chanteuse, victime d’un accident de coiffure et d’un maquillage qui fait peur, qui se tortille façon turista aigüe. Mis à part les jeux de lumière et le guitariste qui s’emmerde, c’est morne…


Albanie : Une balade puissante vocalement, avec le renfort de chœurs opératiques qui saturent l’oreille. Pas désagréable, même si les chœurs surpassent souvent la voix de l’interprète, avec un final tout doux. Habillé en cote de maille, peut-être trop strict avec ses lunettes, Alis propose une scénographie intelligente, et une prestation tout en émotion.


Malte : Le bellâtre de service qui n’a pas manqué de faire mouiller les invertis, tout en cuir griffé Versace dans sa tonnelle, pour un titre étonnamment sobre et romantique de la part de Malte, le bon gros slow avec la montée rythmique nécessaire, sobrement interprété et qui laisse au final une bonne impression. Une sobriété bienvenue après des années de surenchères putassières. C'est simple, frais, classe, même s’il  manque finir dans une essoreuse à salade…


Norvège : Un rock pêchu et efficace, qui fleure bon les années 70 et 80 et qui se démarque de la masse. Sans concession, entraînant, on est loin des habituelles norvégienneries mièvres et ça fait du bien aux esgourdes ! Son look Freddy Meercury tatoué et ses salopettes à la Måneskin ont impressionné, à l’instar de sa prestation pêchue.


De mes dix favoris, huit passent en finale, j’avais retenu l’Arménie (peut-être trop brouillonne), et la Suisse (ma grosse déception).


Je n’avais pas voulu voir venir l’Ukraine (de toute façon, on filerait un bonze tibétain marmonnant l’annuaire que ça se qualifierait), ni Chypre (preuve vivante qu’il y a encore des hétéros qui votent).


Un mot sur l’Autriche, à la scenographie inventive (avec ce reboot des Animaux du monde) et aux costumes originaux. Passant en dernier, ça pourrait retenir l’attention, et c’est tant mieux.


Un mot également sur le Royaume-Uni, à l’ambiance 80 plutôt originale. Certes, la chanson est composée à l’orgue Bontempi, mais la présentation sort du moule Eurovision. Mon plaisir coupable, vraisemblablement.


Un mot enfin, sur la France. ENFIN ! France Télévisions propose une scénographie moderne, une chorégraphie adaptée à la chanson, et relativement sobre. Monroe assure malgré ses dix-sept ans, elle a le regard assuré, conquérant, elle tient les notes, chante juste… C’est vraiment pas mal ! Mais ne nous emballons pas trop vite et ne vendons pas la peau de Marie Myriam avant de l’avoir tuée. 


Néanmoins, sa prestation de ce soir laisse espérer un classement fort honorable.


Croisons les doigts, et résultat samedi soir, bien après minuit…




mardi 12 mai 2026

Brèves du 12 Mai 2026

Et en voilà un bon bout de dégagé !

La première demi-finale de l’Eurovision 2026 n’a pas vraiment tenu ses promesses, tant le niveau était faible, de mémoire d’eurofan, je ne me souviens pas d’avoir déjà assisté à un round éliminatoire aussi médiocre…

Bon, rien à redire sur la scène, sympa mais très ressemblante à celles des années précédentes, ni sur la réalisation. C’est bon enfant, consensuel, élégant et un brin suranné. 

Les présentateurs font le job, lui en costume 70’s pur jus et elle, pas coiffée, en combinaison un poil trop moulante pour être véritablement honnête…

Les cartes postales n’ont rien de révolutionnaire, c’est candide et doucereux, gouleyant comme un chocolat viennois…

La green room est particulièrement réussie, très cosy avec cette ambiance café viennois.
Dommage que Vicky Léandros, liftée de frais, nous ait fait un playback intégral sur « L’amour est bleu », la magie n’était pas au rendez-vous…

Quant aux chansons en lice, la magie n’était pas non plus au rendez-vous… Allez hop ! Revue de détail.

Moldavie : Un titre fourre-tout d’autopromotion qui rappelle l’Autriche 2012, ce qui n’est pas un compliment… On dirait une chanson de stade, de troisième mi-temps, c’est dire si ça ne vole pas haut… Probablement la pause-pipi de l’année pour ouvrir la compétition. La réalisation est vomitive au refrain. C’est brouillon, bien que plutôt punchy. Avec son ambiance manga, c’est nippon, ni mauvais…

Suède : Après une rafraîchissante parenthèse au sauna, la Suède retombe dans ses travers de la suédoiserie calibrée, sans âme, sans saveur et en anglais. C’est décevant, pas convaincant, et en plus, la demoiselle ne chante pas toujours juste au début… De plus, l’ambiance noire et rouge, déjà vue pour Benjamin Ingrosso, fait qu’on ne saura pas de quelle couleur est sa robe… 

Croatie : L’habituelle balade croate, classieuse, aux harmonies vocales caressantes, et à l’ambiance médiévale rappelant Enya, entre autres. Auditivement caressant, mais peut-être pas assez rythmé pour impressionner durablement. Hélas, l’ambiance et la scénographie mystique peuvent rebuter… Ainsi que le quintet de goudous qui nous font une bourrée macabre aux champs… Et en plus… plus tatouées, tu meurs ! 

Grèce : Ambiance électro pour un titre sans concession, plutôt original même si Akylas nous soûle en répétant à l’envi son « Ferto ». Un certain effort d’originalité de la part de l’ourson grec dans son univers de jeu d’arcade, une excellente scénographie, sympa parce que pas prise de tête.

Portugal : Des polyphonies corses sauce fado pour débuter un titre dépouillé, lent, ronronnant et gnagna. Ça peut peut-être séduire, même si ça n’est pas convaincant et si ça reste au final très vieillot et somnifère. Si on y ajoute les costumes disparates, ça en devient tellement démodé et rance que ça peut cartonner…

Géorgie : Répétitif, bruyant, sans originalité, avec un rythme qui est copié et recopié sur la majorité des chansons présentées. Ça gueule à l’envi sur des paroles qui tiennent sur un timbre poste. Les costumes à la Kill Bill sont certainement le point le plus réussi, puisque la chorégraphie est trop statique (on ne peut pas chanter et sautiller…), et que les effets stroboscopiques à la Tron ne sont pas une nouveauté…

Finlande : Un bon point pour vocaliser en finlandais. Un opéra-rock à la Vanessa-Mae efficace, entraînant, bien construit, actuel, vocalement irréprochable et au final ébouriffant. D’accord, mémé montre trop ses jambonneaux, mais c’est diablement captivant !

Monténégro : Enième manifestation du syndrome France Gall avec un puissant chœur qui vocalise sur un rythme heurté et rebutant et des dégueulis de tripes. Ah on aura notre comptant de trucs vaguement opéra cette année ! Et si en plus, c’est vocalisé par Morticia Addams et son quarteron de gougnottes pré-ménopausées, particulièrement énervées, qui donnent l’impression qu’elles nous engueulent… C’est interminable !

Estonie : Les revenantes suisses de 2005 avec ce qu’elles savent faire de mieux, un bon rock féminin pêchu, intemporel et entraînant. Ça envoie du steak, c’est très sympa, même si c’est pas forcément très actuel. La prestation est sans chichis superflus, les costumes sont acceptables, et les demoiselles, rechapées de A & Z depuis 2005…

Israël : Toujours et encore la même recette rance pour ratisser large : texte pétri de bonnes intentions et optimiste, en anglais, français et hébreu, musique convenue et sans surprise… Titre prénom fade vocalisé par un clone vocal de Slimane… Aucune originalité, aucune prise de risque, du réchauffé puissance 10 à en carboniser la casserole. Mais comme c’est Israël, ça finira dans le top 5, c’est couru d’avance… Le diamant renferme un zircon, et ses cinq danseuses déguisées en bonbons Regliss’Mint… C’est laborieux, et le texte français, indigent.

Belgique : Un truc qui veut faire actuel, pas foncièrement désagréable à l’oreille, mais qui rappelle trop de trucs pour véritablement séduire. Et c’est interminable et répétitif, hélas.  La chanteuse me rappelle Björk, et elle manque hélas du petit plus qui retient l’attention. La scénographie, glaciale au départ, se réchauffe quelque peu, mais ça reste bien inoffensif au final.

Lituanie : Un chanteur passé au minium (vague clone de Klaus Nomi) pour un titre qui rappelle le Grand Prix 2025, entre prouesses vocales (guère impressionnantes ici) et rythme fatigué, qui ne prend pas son envol et qui finit en queue de poisson. Dommage surtout parce que la scénographie était sans concessions et que l’interprète nous fait partager son univers. Dommage que sur la fin, il ne soit plus très juste…

San-Marin : Ambiance 80’s pour un titre mille fois entendu, mélangeant un tempo disco tardif et dance, répétitif, sans véritable montée en puissance, mais plutôt agréable à l’écoute. Avec en prime, la participation plus que limitée de Boy George, largement dispensable, tant Tata George, la Queen qui couine deux mots, apparaît dépassée par les évènements, et limite pitoyable. Et quant à la multirécidiviste, sortie du formol, elle ressemble de plus en plus à Afida Turner, mais habillée. 

Pologne : Et encore une gueularde à nichons saucissonnée dans un bustier en acier vulgaire, pas sympa, qui ne transmet rien, pour un titre mal ficelé, décousu, pénible de bout en bout, avec une scénographie à l’avenant. Next !

Serbie : Un titre barbant du début à la fin, avec un dégueulis de tripes central tout à fait dispensable. Ça écorche les oreilles pendant trois minutes et guère plus. Et pourtant, à les voir, à mi-chemin entre Lordi et Dracula version Kiss, avec leur prestation sans concession, ç’est devenu mon plaisir coupable.

De mes dix qualifiés, sept passent en finale, mais j’avais retenu l’Estonie (peut-être trop ringard), San Marin (trop passe-partout) et le Portugal (qui peut-être est passé trop tôt).
Si pour moi, la qualification de la Moldavie et de la Croatie sont logiques, je reste plus réservé sur celle de la Pologne…

Un mot sur l’Italie, qui pourrait surprendre samedi soir, tant son italo-pop années 80 est efficace… Il faudra juste qu’il soit moins statique, et plus juste dans le chant.

Un autre mot sur l’Allemagne, dont la chorégraphie et scénographie a été entièrement pompée sur Chypre 2018 et l’Espagne 2022. D’un vulgaire sans nom, avec ces tenues putassières à souhait. Un schuss dans le classement assuré !

La suite du ball-trap jeudi soir !