jeudi 4 juillet 2024

Brèves du 04 Juillet 2024

 « Die alte Welt dreht sich verkehrt… »

Le vieux monde tourne dans le mauvais sens… On peut dire ce que l’on veut à propos du Concours Eurovision de la Chanson, mais ce jamboree annuel de la canzonetta paneuropéenne moisie a parfois su attirer l’attention du public sur certains soucis affectant le vaste monde, certes sur le mode de la constatation gentillette, fallait pas choquer les téléspectateurs avec des chansons engagées.

J’en veux pour preuve la chanson autrichienne du Concours 1995, vocalisée par Stella Jones, qui constatait voilà près de trente ans que le monde tournait mal.

Et ce monde, au moins dans le microcosme de la politique française, tourne vraiment mal depuis environ un mois ; depuis que le locataire de l’Elysée a eu l’idée de génie de dissoudre l’Assemblée Nationale, de manière tout aussi surprenante qu’impréparée.

Quel besoin impérieux avait donc notre Jupiter élyséen de rappeler les français aux urnes pour des législatives anticipées, alors qu’il bénéficiait d’une majorité, certes relative, dans l’hémicycle ? Ego froissé suite à la victoire du RN aux européennes ? Volonté gaullienne de se faire mousser ? Allez savoir…

Et nous voilà, suite à cette dissolution plus chiraquienne dans les conséquences que mitterrandienne, plongés dans un merdier inextricable, avec comme ligne de mire une probable accession de l’extrême-droite aux responsabilités…

Certes, le résultat des urnes de dimanche prochain n’est pas encore connu, et il peut toujours nous réserver des surprises, mais il va falloir compter avec le parti de Marine Le Pen si l’on veut continuer à gouverner le pays jusqu’à la fin du mandat présidentiel.

Et depuis le lendemain des européennes, et plus encore depuis dimanche dernier, on assiste à une démonstration à marche forcée de l’incapacité de nos politiques à convaincre dans la mesure…

A en croire nos politocards, les chars de la Wermacht sont aux portes de l’Assemblée Nationale, les charters remplis d’étrangers sont près à décoller, et on nous affole sans demi-mesure sur la France ingouvernable qui se prépare. Désagréable goût de déjà-entendu, puisqu’en 1981, on nous annonçait sérieusement les chars soviétiques sur la place de la Concorde en cas de victoire de la gauche…

Si la seule force de conviction politique est de faire peur, nous sommes tombés bien bas…

Evidemment, je ne suis pas aveugle sur les côtés sombres du parti de Jordan Bordel-là, que des décennies de dédiabolisation n’ont pas réussi à gommer. Bien sûr, je trouve parfaitement inepte d’envoyer à Matignon un nazillon bien propret sous le prétexte qu’on n’a pas essayé l’extrême-droite.

Mais les atermoiements du Nouveau Front Populaire, qui peine à cacher les velléités gouvernementales de Mélenchon, curieusement muet depuis une semaine, ne font que renforcer son image d’épouvantail à électeurs. Marine Tondelier, qui refuse de débattre avec Bordel-là parce que « ouh que c’est pas bien de discuter avec les extrêmes », ne sert qu’à renforcer l’image de couille molle de cet agrégat de gauche.

Ce n’est guère mieux dans la majorité présidentielle et la droite, à l’image de Bruno Le Maire qui finaude sur la stratégie électorale à adopter. Mais Bon Dieu, n’arriveront-ils jamais à comprendre que l’électeur français a horreur qu’on lui tienne la main au moment d’urner dans l’isoloir ? Est-ce hors de leur comprenotte que les français en ont ras-le-bol de toutes leurs cuisines politiques ? Visiblement, oui…

Heureusement, les désistements afin d’éviter des triangulaires casse-gueule se sont multipliés, parce qu’il existe encore des candidats empreints d’une certaine rigueur morale.

Mais cela suffira-t-il à sauver ce qui est encore sauvable ? J’en doute…

Alea jacta est, désormais, mais une chose est acquise, le résultat des urnes dimanche soir ne redorera pas le blason de la politique française.

Le vieux monde tourne mal, mais permettez-moi de rigoler doucement lorsque j’entends des quidams réclamer une révolution démocratique… Ils ne sont même pas foutus d’accepter une réforme, alors…

Le vieux monde tourne mal, puisque l’on a appris récemment que l’emblématique cabaret Chez Michou allait tout prochainement fermer définitivement ses portes, suite à des difficultés financières. Cette fermeture va dans le sens du souhait de son créateur, qui ne voulait pas que son bébé lui survive. Bah, les pensionnaires pourront toujours se rabattre sur Drag Race, même s’il n’est pas certain qu’un playback usé d’une Sylvie Vartan homénasse maquillée à la truelle fasse désormais recette. Une page du Gai Paris qui se tourne…

Le vieux monde tourne mal aussi à l’international, avec Joe Biden qui s’interroge de plus en plus sur un maintien de sa candidature aux élections américaines. Suite à son débat calamiteux face à Donald Trump, le cacochyme président est poussé vers la sortie par ses partisans. Faut bien dire que même Jean-Marie Le Pen fait figure de fringant jeune homme à côté.

Neunœil de Montretout ne serait cependant pas en état d’être jugé, annoncent ses avocats, alors que le procès des assistants parlementaires se précise. Les experts auraient constaté une profonde détérioration de ses capacités physiques et psychologiques. Pourtant, ça n’est pas d’hier que le papa à Marine raconte n’importe quoi…

Le vieux monde tourne mal, et c’est une figure de la mitterrandie qui vient de s’éteindre, à l’âge respectable de 101 ans. Roland Dumas est mort, lui qui avait été éclaboussé par l’affaire Elf, et ses démêlées avec Christine Deviers-Joncour. Je ne sais toujours pas si Mittrerrand gagnait à être connu, mais on pouvait visiblement gagner beaucoup en le connaissant…

Le vieux monde tourne mal, et le réalisateur Benoît Jacquot vient d’être mis en examen pour viol sur mineur et agressions sexuelles, notamment sur l’actrice Isild Le Besco. Pour sa part, les agressions sexuelles dénoncées à haut cri par Judith Godrèche passent à la trappe parce que prescrites. C’était bien la peine de faire tant de barouf…

Le vieux monde tourne mal, et c’est encore une part de notre jeunesse qui s’en va avec le décès de Jean-Pierre Descombes, à l’âge de 76 ans. Le mémorable animateur des Jeux de vingt heures a succombé à la maladie de Parkinson. Hanouna par contre pète la forme à s’en carboniser le moulebite…

Le vieux monde tourne mal, avec l’arrêt du jeu « Des chiffres et des lettres », après plus d’un demi-siècle de présence à l’écran. Il se murmure toutefois que l’inoubliable émission pourrait renaître de ses cendres sur C8. Il faudrait toutfois qu’Hanouna apprenne à lire et compter… Vu le niveau culturel de la chaîne, on s’attend à devoir trouver des mots de deux lettres et gagner le pompon en récitant sur prompteur la table de multiplication par un…

Heureusement que pour distraire les foules, les Jeux Olympiques de Paris s’annoncent mais sans la tant promise baignade de Notre Drame de Paris dans la Seine, qui demeure encore et toujours impraticable. On va avoir l’air fin, tiens…

Sport et distraction, encore, avec l’Euro de football et le parcours remarquable de l’équipe de France, qui s’est débrouillée à accéder aux quarts de finale sans marquer un seul but. Face au Portugal, les bleus ont intérêt à assurer. Pas trop de risques toutefois, puisque la sélection lusitanienne s’entraîne à marquer contre son camp pour permettre à la France d’accéder aux demi-finales…

Et le 4 juillet 1927 naissait celle qui demeurera pour les spectateurs français un des premiers sex-symbols de l’après-guerre, une star latine dotée d’une force de frappe qui ferait passer Loana pour Christophe Willem, toujours moulée dans des robes dont on se demandait si elle était dehors et essayait d’y rentrer ou si elle était dedans et essayait d’en sortir… Gina Lollobrigida, une star latine qu’on n’était pas fâché d’attraper (tout ça vaut mieux que d’attraper la star latine, disait la chanson), Gina, qui eut raison de tant de vieux militaires frappés de congestion dans les salles obscures devant sa plastique des plus généreuses, Gina, qu’on surnomma Lollo, car il n’était pas mesquin de prendre la partie pour le tout… Immortelle Esmeralda qui sut faire sonner tant de cloches…



vendredi 21 juin 2024

Brèves du 21 juin 2024

 Ah ! Quel plaisir d’entendre en ce jour anniversaire du 21 chanter Hugues Aufray, alors candidat du Grand Duché de Luxembourg, son titre fétiche « Dès que le printemps revient », au Parc de Tivoli à Copenhague lors du Grand Prix Eurovision 1964 ! Comme son interprète, la chanson n’a pas pris une ride !

Hmmm ??? Comment dites-vous ? Nous ne sommes pas le 21 mars, mais le 21 juin ? Euuuuuh… Vous en êtes surs ? Vues les températures, et les mégabassines de flotte qu’on se ramasse sur le paletot, on peut raisonnablement se croire au tout début du printemps…

Et pourtant, la réalité implacable du calendrier m’accule à reconnaître que nous avons déjà franchi d’un pas allègre (enchaussetté chaudement vu les conditions climatiques plus proches d’un rigoureux hiver sibérien que d’un été subtropical) le printemps pour nous vautrer à corps perdu dans l’été, que d’aucuns nous annoncent pourri, entre les Jeux Olympiques parisiens et les résultats des législatives anticipées… Bah ! Il ne fallait tout de même pas quelque chose qui puisse redonner espoir ou le sourire aux français…

Ah, l’été, la musique…

Qui dit été dit musique, musique de détente au long des soirées alanguies par la chaleur du jour et se préparant à la fraîcheur nocturne… Qui dit été dit également depuis quarante-deux ans fête de la musique…

Voilà une belle invention, la Fête de la Musique… Une fête populassière où les enculturés mondains qui se branlent en s’essuyant dans les pages culture de Télérama sur une interprétation de la 5ème de Beethoven au triangle symphonique par un griot érythréen et les pétasses prisunicardes qui flaquent d’aise en écoutant Juste Imbibé, les One Direction et Christophe Willem se croisent dans le flot ininterrompu de décibels… Une invention typiquement mitterrandienne, ou plus précisément languesque, puisque c’est le frétillant Ministre de la Culture éternel qui a pondu cette idée issue de son cerveau fécond (ou fait-con, selon les croyances)… Eh oui, si depuis plus de quarante ans, chaque 21 juin, vous n’arrivez pas à dormir grâce à des morues à cheveux gras qui frisent dans le dos et qui jouent du tam-tam en psalmodiant l’annuaire téléphonique 1963 de la Loire inférieure jusqu’à point d’heure juste sous vos fenêtres, vous le devez à Jack Lang…

Tout comme on doit à Monsieur « Quel bel homme » entre autres manifestations inutiles et onéreuses, la fameuse et bruyante Techno-Parade… Eh oui, cette rave party géante, c’est encore une idée socialiste… Mais c’est normal, le PS, ou ce qu’il en reste désormais, est le spécialiste des rêves partis…

Et question rêves partis, utopies extravagantes et chimères inaccessibles, je ne laisse pas ma part…

Vous le savez, je suis depuis des lustres et quelques candélabres animé par une ribambelle de fantasmes tous plus ou moins inavouables, car risquant immanquablement de me retrouver à Sainte-Anne dans une jolie chambre capitonnée avec un seyant pyjama à manches très longues nouées dans le dos.

Du rêve fou de posséder l’intégralité de la production eurovisuelle mondiale à celui d’espérer entendre un jour Christophe Willem chanter comme Barry White enroué, j’ai encore en mémoire celui d’avoir une nuit imaginé une ancienne bâtonnière biterroise participer au Concours Eurovision 1972, qui était présenté par Sacha Distel….

Ah ! le fantasme des participations au Grand Prix Européen de la canzonetta merdique ! Quel est le fan français normalement constitué à ne pas avoir souhaité la participation de son chouchou au casse-pipe paneuropéen, imaginant jusqu’au trempage de string intégral la Vilaine Fermière ou Christophe Maé fouler la scène eurovisuelle sous la bannière tricolore ?

Mon fanstasme eurovisuel, outre une sixième victoire française qui est aussi prévisible que le retour de Patrick Sabatier dans une émission en prime-time sur une chaîne nationale, ce serait un Grand Prix politique. Nous aurions un programme d’une haute tenue culturelle et musicale, à n’en point douter !

Du chœur des sacrifiés du second acte qui ululent sur le nécessaire front républicain à établir aux législatives jusqu’aux suppliques gouvernementales du « votez pour moi » car demain on rasera gratis, en passant par la complainte du charmeur de serpent voluptueusement interprétée par Johan Bardella et son orchestre…

La France, terre d’élections, et celles qui se préparent à vitesse supersonique promettent à n’en pas douter des surprises qui ne réjouiront probablement pas tout le monde.

Entre Macron qui serre les fesses à un point tel que si on lui filait des graines de tournesol dans le sillon interfessier, on aurait notre huile pour l’année, Bordel-là qui s’essaye au rétropédalage et au « pas tout, tout de suite » avec son cantique « si j’ai pas la majorité absolue, je veux pas Matignon », et Mélenchon, étonnamment muet depuis qu’il n’est plus en position de force dans le Nouveau Font Populaire ; il n’en fallait pas beaucoup plus pour dégoûter les français d’aller urner dans les isoloirs pour éviter un afFront National prédit par toutes les sommités des éditorialistes politiques.

Ils ont beau jeu, nos compatriotes, à se dire que finalement, le RN, « on n’a pas encore essayé »… Mais il y a des tas de choses qu’on n’a pas essayé, mes cocos ! Sauter du troisième étage sans parachute, « on n’a pas essayé »… Manger des punaises de lit sauce Nantua, « on n’a pas essayé »… Prendre un bain d’acide chlorhydrique concentré dans le jacuzzi en sirotant un cocktail mangue-TNT, « on n’a pas essayé »…

Alors, pour paraphraser Giscard, il importe définitivement que l’on fasse sous peu le « bon choix madame, bon choix mademoiselle, bon choix monsieur »…

Question « bon choix », j’en connais qui devaient avoir le trouillomètre à moins douze, mardi dernier… Ah ! ces sourires béats qui se sont fanés l’autre matin, lorsque les potaches ont découvert les sujets du bac philo, matière qui donne le coup d’envoi des épreuves du Bac 2024, sorte de simulacre d’exam qui ne donne plus droit à rien du tout, si ce n’est, au choix, soit l’assurance d’une place à France Travail, soit le départ vers des amphis surchargés et bruyants, bruissants de glandos et de fumistes, au sein desquels surnagent encore péniblement quelques véritables étudiants…

Elle est bien révolue, l’époque pas si lointaine où le Bac était un diplôme encore significatif et sélectif… De nos jours, vu le taux de réussite démentiel, on est forcé de constater que les épreuves ne sont plus aussi difficiles qu’à l’époque… Surtout lorsque des études internationales remarquent itérativement que le niveau des élèves français baisse régulièrement depuis plusieurs décennies… Les profs vous diront que c’est la faute aux élèves qui ne veulent rien apprendre ; les parents vous diront que ce sont les profs (de dangereux gauchistes avec des barbes cache-sexe, des cheveux aux épaules, et avec une halitose à décoller le papier-peint) qui n’enseignent plus rien de valable… La vérité n’est pas loin de se cacher dans un mix savamment dosé de tout cela…

Ah ! Mes cours de philo ! Ce prof à l’air de polichinelle déguingandé mâtiné de corbeau en grand deuil, corps de survivant de Buchenwald avec cette chemise bordeaux à la propreté douteuse d’où émergeait une tête à mi-chemin entre le reptilien pré-jurassien et la compression de César pivotant sur un cou où yoyotait une pomme d’Adam démesurément saillante lorsqu’il babillait interminablement sur Aristote ou Sophocle avec une haleine tabagique à relever une momie… Qu’est-ce qu’on a pu compter les mouches au plafond et les pellicules sur ses épaules ! La philo, cours récréatif dans les sections scientifiques, qui m’a tout de même permis d’écrire une bonne part de mon premier bouquin !

Mais oui ! La philo sert à quelque chose, ne vous en déplaise, bande de lobotomisés chroniques pétris d’insignifiance télévisuelle boursouflée de vacuité intégrale… Catalyseur de violentes céphalées (un peu comme lorsque vous écoutez du Aya Nakamura), ou trempeur de petites culottes (à l’instar de Justin Bibé ou de Madonna dans les années 1880), ce pan de l’enseignement ne peut laisser indifférent… Et les sujets sur lesquels ont planché les impétrants non plus…

Et quels sujets ! On a eu des questions à la con oscillant entre le mords-moi-le-nœud intégral et l’enculage de mouches complet, et un texte hermétique, incompréhensible et rébarbatif (un peu comme les bouquins de Marguerite Duras qui se révèlent d’une efficacité redoutable dans le combat contre l’insomnie chronique sévère ou le calage d’armoires normandes quelque peu bancales…)… Mais rien ne peut égaler mon sujet de philo de mon bac à moi : « peut-on dire n’importe quoi n’importe comment »… C’est ce que je fis pendant quatre heures ce jour de juin 1991… Ce qui me valut un quinze sur vingt voici trente-trois ans, mais j’avoue toujours kiffer ma race à en tâcher mon moulebite à lire les questions bidonnantes soumises aux crânes vides des futurs bacheliers…

L’eussiez-vous cru, il aura fallu toute la patience du monde aux examinateurs pour attendre pendant quatre heures dans des salles confinées regorgeant d’odeurs sui-generis à mi-chemin entre la culotte prémenstruelle pas fraîche, le sous-gland moisi qui a zappé le Fa Douche après la branlette et le pétard surdimensionné d’afghane… Alors qu’on pouvait torcher ça en deux coups de cuillère à pot…

Quatre heures pour blablater selon l’inusable schéma « thèse-antithèse-foutaise » ? Mais c’est trois heures cinquante de trop ! Evidemment, on est loin du célèbre « Peut-on dire n’importe quoi n’importe comment », qui aura certainement rencontré un succès certain cette année, vu qu’il suffisait d’avoir accroché une note potable au contrôle continu pour bâcler l’épreuve en moins de temps qu’il n’en faut à Kendji Girac pour mémoriser la table de multiplication par deux…

Premier sujet : « La science peut-elle satisfaire notre besoin de vérité ? ». Vu les savants dosages politiques récents pour nous faire croire aux licornes à crinière fluorescentes, la réponse sera fatalement non !

Deuxième sujet : « L’Etat nous doit-il quelques chose ? ». Réponse, oui ! Une tranquillité et une pérennité démocratique vachement incertaines…

Quant au commentaire de texte sur la condition ouvrière de Simone Weil, la célèbre philosophe, je redoute que la majorité des candidats ne se soit étonnée que Simone Veil, Madame IVG, se soit un jour intéressée aux ouvriers de chez Renault. Chaque époque a les Socrate qu’elle mérite…

Quant au carnet nécrologique, la question pertinente serait de demander à mon amie la rose en bottes rouges de Russie comment lui dire adieu, puisque l’amour s’en va et ma jeunesse fout l’camp, dans la maison où j’ai grandi ? Françoise Hardy est désormais partie pour un monde meilleur, nous laissant certes « tant de belles choses » à nos oreilles attristées, mais puisque vous partez en voyage, madame, laissez-nous vous remercier bien humblement de vos textes nostalgiques et poignants qui ont bercé tant de générations.

Dans le domaine sportif, est-ce un retour de bâton suite à ses déclarations hostiles à la clique de Jordan Borel-là, mais la chose est posée : avec sa fracture du nez, Kylian M’bappé ne votera certainement pas Narine Le Pen aux prochaines législatives. Sa crainte est désormais que son blair soit dévié vers l’extrême droite… Et non, je rassure les mononeuronaux chroniques, Kylian ne deviendra pas papa, même si on lui a promis sous peu un nouveau nez…

Et le 21 juin 1980, décédait à Majorque le compositeur, arrangeur et chef d’orchestre allemand Bert Kaempfert. Immensément populaire dans les années 60 et 70 pour ses morceaux d’easy listening immédiatement reconnaissables, Bert Kaempfert est le créateur entre autres succès d’« Afrikaan Beat », « Danke Schön », « A wimoweh » (qui deviendra « Le lion est mort ce soir »), « A swingin’ safari », « That happy feeling », et surtout de « Strangers in the night », écrit en 1960 et que Frank Sinatra popularisera en 1966 avec sa voix veloutée pour amateurs de soupe…



mardi 11 juin 2024

Brèves du 11 Juin 2024

Putain, trois ans !


Après la macronisation, la gilet-jaunisation, la jupitérisation, l’attalisation (forme juvénile et a priori bien montée de la benallisation ou de la trudeautisation, voici venir le temps de la chiraquisation !

Nul besoin pour notre Président de lamper des Corona à la chaîne, de dévorer des plâtrées de tête de veau sauce gribiche ou de caresser le cul des vaches à s’en choper des mains calleuses, non !

D’accord, pour le mimétisme avec l’ancien Maire de Paris, il a déjà la vioque décatie qui fait la gueule et fringuée au « décrochez-moi-ça », mais en prime, depuis dimanche soir, il a en prime à son actif une dissolution casse-gueule.

Tout ça à cause de son ego surdimensionné tout confit de culte de la personnalité, parce que ce qui reste de son camp politique s’est mangé une gaufre mémorable aux élections européennes et que Jordan Bardella est le grand vainqueur du bouzin électoral.

Ah qu’il était chonchon, notre Macron national, dimanche soir à la tévé, lorsqu’il a annoncé la dissolution de l’Assemblée Nationale, la cravate de croque-mort en bandoulière et le front tout plissé façon 2-CV après un crash-test frontal ! On aurait dit que la moitié de sa cour des miracles venait d’être décimée dans un accident d’avion et que Brigitte venait de lui annoncer qu’elle était enceinte…

Evidemment, voir l’extrême-droite récolter plus de deux fois plus de voix que sa candidate attitrée (une falote créature à mi-chemin entre l’ectoplasme au charisme de beignet froid et la godiche de bénitier tellement transparente qu’on peut y lire le missel au travers) n’a rien de plaisant, je vous l’accorde.

Mais si le locataire de l’Elysée ne s’attèle pas fissa à un brin d’introspection et d’autocritique, on est franchement mal barrés pour la suite des évènements…

Bon, c’est joli, c’est bravache, ça fait gaullien à la petite semaine de s’en remettre au vote des français suite à la branlée de dimanche. Mais les français sont tellement remontés contre lui qu’ils sont foutus d’envoyer dans l’hémicycle pas mal de dépités qui n’auraient pas renié les bruits de bottes, les casques à pointes et les solutions finales en d’autres époques…

A croire que c’est son but ultime, à Manu…

Essayons, si vous le voulez bien, de nous mettre dans sa tête (uniquement, parce que dans son cul, y’a une sacrée file d’attente, une queue énorme qui n’arrête pas de grossir…) :

« Voilà, j’ai fait mon petit effet d’annonce, juste pour emmerder Marine Le Pen, et focaliser l’attention des médias sur la dissolution plutôt que sur sa victoire écrasante… Dans moins d’un mois, les français envoient une majorité d’extrême-droite à l’Assemblée, Jordan Bardella réclame Matignon façon Mélenchon, je crie au scandale national sur toutes les chaînes de télé et au déni de démocratie en tapant des poings sur la table que je vais m’en faire saigner les paumes…

« Jordan met le boxon, je le surnomme « Bordel-là », je l’envoie se faire voir chez les grecs avec Gaby Attal qui en connaît un rayon en ce domaine, et si ça suffit pas, je le pousse dans la Seine lors de l’ouverture des Jeux Olympiques. Comme toutes les folles tordues de ma Cour vont se battre pour lui faire du bouche-à-bouche, je crie au complot anti-démocratique, et paf ! Je sors l’uniforme militaire du Grand Charles de l’antimite, j’instaure l’état d’urgence et je balance ma démission !

« D’une pierre deux coups, je vire la vieille qui s’est fait mettre en cloque par je ne sais quel obscur loufiat, je me fais une perfusion à haute dose de sirop d’érable et de chansons de Céline Dion, j’épouse Justin Trudeau et hop ! Me voilà Première Dame du Canada »…

Avouez que ce serait tentant, tout de même…

Pour le moment, et à défaut de nouveau bouquin de Christine Boutin sur la déliquescence française, on a juste Hidalgo et sa baignade dans la Seine en combinaison de plongée intégrale pour se marrer…

Parce que sinon, ça ne rigole plus du tout dans les différents landernaux politiques depuis dimanche soir… Devoir s’organiser pour assurer des législatives en moins de trois semaines, après plusieurs mois à s’être usé la couenne pour les européennes, y’a de quoi crier stop aux cadences infernales.

Quant aux chaînes d’information continue, ils se préparent des heures supplémentaires qui vont faire se pâmer les comptables des dites chaînes au moment des les payer… On se tartine du programme unique sur la dissolution et ses conséquences inévitables, supposées et hypothétiques à longueur d’antenne. Plus un journaliste digne de ce nom avec un slip propre…

Hier matin, j’écoutais d’une oreille distraite la matinale d’Inter où Demorand recevait en édition spéciale tout le panel politique des vaincus (ça faisait du monde autour des micros), lesquels vaincus ululaient sur tous les tons au déni de démocratie que constituaient ces législatives anticipées.

Tu parles, ils se sont tous aperçus qu’avec le merdier électoral actuel, il leur était tout bonnement parfaitement impossible de se présenter unis devant les urnes.

Voilà plus de trois mois qu’ils s’envoient les pires vacheries en pleine figure pour obtenir un siège au parlement européen, c’est pas pour se rabibocher façon « embrassons-nous Folleville » en deux jours… Mission impossible à côté, c’est de la petite bière, de la roupie de sansonnet !

Si François Ruffin, dont la voix surexcitée trahissait qu’il en était à sa vingt-quatrième cafetière de robusta sévèrement burné, appelait au front populaire des forces de gauche contre Bordel-là, Olivier Faure, le gardien du cimetière socialiste, minaudait en faisant d’ores et déjà la fine bouche, tout pétri de sa suffisance suite au score relativement encourageant de son candidat.

Quant à Mélenchon, Bompard et Aubry, le triumvirat infernal de LFI, silence radio, vu leur déculottée dans les urnes, et leur position d’infériorité dans une putative NUPES 2.0…

Je voudrais tout de même avoir une pensée émue pour tous les candidats dont les listes n’ont pas réussi à dépasser les 5 % et qui n’auront aucun élu à Strasbourg. Et plus particulièrement tous ceux qui ont récolté moins que Jean Lassalle avec pourtant des discours clairs et intelligibles ou que le Parti Animaliste, dont le programme se bornait à poster des photos de minous mignons, comme sur Facebook…

Toutes mes condoléances donc à Florian Philippot et ses 0,93 %, qui au final était particulièrement ravi de l’avoir bien profondément dans le cul, à Nathalie Arthaud qui avec ses 0,49 % confirme son statut d’ersatz insipide d’Arlette Laguillier, ou encore à Hamada Traoré et ses 0,0 %, qui a quand même dégoté 749 couillons pour voter pour lui…

Et maintenant ? Ben, il va falloir se fader à nouveau les lénitives promesses, les appels à un changement salvateur qui sonnent aussi faux qu’une cloche fêlée ou le dernier album de Camille, les tronches de faux-culs patentés qui quémandent la charité d’un vote au nom de la démocratie et qui vendraient la peau de leurs fesses montées en abat-jour pour y arriver.

Ras le pompon, plein le dos, par-dessus le brushing !

Nos politocards n’ont rien compris, une fois de plus, et font ronfler les mots creux, les qualificatifs qui font peur et les épithètes putassiers pour tenter d’attraper les électeurs dans leurs rets émoussés. On est à peu de chose d’avoir une France gouvernée par des extrêmes au passé effrayant, et ils ne pensent qu’à sauver leurs miches…

Les français ont envie de changement, et on ne leur offre que des recettes qui les ont écœuré depuis longtemps. Et au soir du sept juillet, on risque fort de s’aventurer sur des routes peu engageantes, dans un regrettable hoquet de l’Histoire…

Pensez-y, et plutôt deux fois qu’une, avant d’aller urner dans l’isoloir… Réfrénez vos envies un peu trop débordantes de dégager le Mickey présidentiel parce qu’il vous la fait à l’envers depuis 2017… Ne voyez pas que l’éventuelle possibilité d’un sang neuf aux responsabilités, pensez surtout et avant tout aux conséquences, à tous niveaux… En un mot, soyez intelligents, si cela est encore du domaine du possible…

Et le 11 juin 1978, la finale de Roland-Garros était remportée par le Suédois Bjorn Borg, écrasant l’argentin Guillermo Vilas d’un 6-1, 6-1, 6-3 sans appel. Le blond suédois est alors au faîte de sa domination, ne lâchant pas un seul set et concédant simplement 32 jeux de toute la quinzaine, un record jamais inégalé depuis. Et tout cela, pour une dotation globale de 75.000 $... Tellement éloigné des 1,65 million d’euros empochés récemment par le chorizo surmusclé qui jouit à chaque revers et s’est fait sortir cette année au premier tour, au terme d’un match sans gloire… Sic gloria transit…




jeudi 30 mai 2024

Brèves du 30 Mai 2024

« And that completes the voting of the jury français, buenas noches Brussels… »

Rassurez-vous, je ne suis pas en DPE jusqu’à la racine de mes défunts cheveux. DPE ? Cékoidon ? Dépression Post Eurovision, mon cher docteur Schweitzer ! L’incoercible spleen de devoir patienter près de douze mois pour m’ensabler à nouveau les esgourdes de mélopées inécoutables et de canzonnettas mièvrement moisies… La douloureuse attente des sélections nationales d’où émergera forcément en mai prochain un vainqueur et vingt-cinq vaincus…

Et quitte à rimailler tel un scribouillard de bas étage, autant vous dire que cette victoire, le vainqueur l’a au cœur et les vaincus l’ont dans le c..

Je ne me remémore pas le bon vieux temps où la France savait briller dans le palmarès eurovisuel autrement que par ses mises en scènes putassiéro-intellectuello-bobo-gaucho de base qui se branle devant les pages culture de Télérama… La quatrième place glanée par Slimane et « Mon amour » serait même de nature à me mettre du baume au cœur…

Non, ce silence chroniquier de presque un mois a une raison simple, voire simpliste : quand ça veut pas, ça veut pas…

Depuis que j’ai le coupable passe-temps de vous enquiquiner à intervalles réguliers de mon babil de fadaises et de billevesées futiles sur les petites catastrophes et les immenses vides de l’actualité, je ne crois pas vous avoir déjà fait le coup de la panne…

Que les bucoliques irréfrénables des balades en torpédo sur les petites départementales champêtres avec déjeuner sur l’herbe tout aussi agreste, assorti d’herbe glissante, de moustiques affamés et de bouses de vaches bien fraîches, se rassurent. Il ne sera ici nullement question de jambonnage sur les sièges arrières de la Simca 1000, encore moins de turlutte crémeuse dans un taillis complice de jeux manuels et buccaux qui se paient en liquide, et certainement pas de parties de jambes en l’air dans un fossé abrité des regards indiscrets voire carrément voyeurs… A moins dans ce dernier cas que vous ayez réussi à flanquer la bagnole sur le toit en loupant un virage…

Ce coup de la panne, ce n’est pas le bête tracas mécanique simulé pour précipiter une jeune fille dans vos bras et sur votre service trois pièces… Ce n’est pas non plus la panne physique au moment de faire coulisser l’andouillette à jus dans la cressonnière ou le corridor à prouts, et qui fait ressembler les taureaux mous de chambre de bonne à des serpillières mal essorées pendouillant lamentablement sur une corde à linge exposé à un zéphyr feignasse de fin d’automne…

C’est un panne purement intellectuelle, intégralement littéraire… Je suis à sec…

Les moins neuronalement dotés d’entre vous, ainsi que les admirateurs de Ribéry, les membres du Denise Fabre’s Fan Club et les abonnés aux tribulations des énièmes avatars du retour de la vengeance des Enfants des Concons à Cancun contre Godzilla et la Momie, vont assurément me conseiller de changer de stylo, ou de remettre une cartouche d’encre pleine…

Mais bon sang, bande de crétins sous-développés du bulbe à force de vous tirebouchonner le spaghetti à chantilly entre cousins, vous êtes parfois tellement cons que même Jordan ne voudrait pas de vous pour vous embrigader dans son Fion Nazi-on-Heil…

Je n’écris pas à la plume (et gare au premier qui va se hasarder à dire que je les taille, les plumes…) mais j’ai pris le pli de frénétiquement clavinoter mes épanchements logorrhéiques…

Et je suis prêt à parier qu’il va s’en trouver parmi vous pour me conseiller de recharger mon clavier d’encre…

Je sais, je ne devrais pas être aussi dépité de la fin de la Semaine Sainte de tous les adorateurs de la canzonetta paneuropéenne moisie, et j’aurais dû, depuis ce samedi soir fatal qui vit la troisième victoire suisse et la première victoire non-binaire, recharger mes batteries, et faire provision de toutes les futilités de l’actualité qui vous aurait faire grimper aux rideaux (pourvu que vous ayez la tringle), des énièmes tribulations des Thénardier du 9-3 qui font faire pipi-culotte à certains dont je tairai le nom même sous la menace, jusqu’au Festival de Connes, son défilé des starlettes qui, phénomène metoo oblige hurlent au viol dès qu’on leur dit bonjour et Bilal Hassani qui fait la montée des marches non pas en déroulant du câble, son passe-temps favori, mais en déroulant un lourd rouleau de tissu…

Et pourtant, j’ai glandouillé tout ce temps, tout en ayant la furieuse envie de vous logorrher des calembredaines bien senties…

Comme tout natif des poissons qui se respecte, j’ai deux faces, tel un vieux 45-tours, je nage en sens opposés, ambivalent, paradoxal, contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre, et réciproquement.

Autant je sais me délecter de pièces classiques interprétées avec tout le pédant cérémonial de chefs d’orchestre perruqués à la De Funès façon Grande Vadrouille, autant je suis capable de mouiller mon slip avec des pochades gargotières qui fleurent bon la friterie rance, la Gauloise sans filtre et le Crésil de nos gogues d’écoliers.

Si je ne dédaigne pas de sacrifier à l’audition d’Aconcaguas himalayens de la musique de genre tels que la tétralogie de Wagner, que je possède dans un sensationnel enregistrement par Aimable et son orchestre sur 78-tours rayé, je prends également un plaisir coupable à me délecter le pavillon auditif de bousasses innommables et encore plus inécoutables dont même le Concours Eurovision n’a pas voulu pour cause de qualité trop aléatoire…

Sans pour autant vous broyer le tympan à l’instar d’une chanson de Pascal Obispo interprétée par Zaz sur des arrangements de Vianney, je vous ferai savoir que les refrains insouciants de l’immédiat après-guerre vous replongent incontinent dans cette époque bénie où l’on pouvait encore espérer en demain et où l’on savait prendre les choses à la rigolade…

On faisait les choses rigolotes très sérieusement, comme en témoigne, entre autres, « A Joinville-le-Pont », cette scie musicale que vous ont très certainement chanté vos grands-parents quand le temps se mettait au beau et que l’on décidait de partir en pique-nique dans l’Aronde P60 familiale, dénichant un champ bucoliquement champêtre au détour d’un raccourci qui vous avait allègrement rallongé de quinze bornes…

Les interprètes originaux formèrent à l’époque un duo comique grandement populaire, à l’humour aujourd’hui bien défraîchi, à peine moins toutefois que les platitudes d’un Elie et Dieudonné ou des lieux communs éculés des Tsamère et Foresti qui usent leurs fonds de jeans sur le canapé rouge de Drucker : Roger Pierre et Jean-Marc Thibault.

Les inoubliables créateurs de la grandiose « Guerre de Sécession », du déjà rance « Langage pour Chien » et des fameux « Maudits Rois Fainéants » du temps de l’ORTF sont désormais abonnés au Boulevard des Allongés, depuis le départ de Jean-Marc Thibault, 93 printemps aux zakouskis avariés, tout de même.

Epoux télévisuel de la tempétueuse Maguy, époux à la ville de la sœur de la bourgeoise à Jospin, autant vous dire qu’il était gâté question gonzesses…

Eh oui, tous les génies sont partis désormais : Einstein a toujours une température anale de 12 degrés ce matin, Jean Dutourd est parti écrire pour les anges, Verlaine rimaille sur un coin de nuage, Pic de la Mirandole n’est pas très frais, et moi-même, je ne me sens pas très bien, quitte à me faire sentir par quelqu’un d’autre le cas échéant…

Et le 30 mai 1973 sortait sur les écrans français le film de Jean Chapot, « Les Granges brûlées », qui mettait aux prises deux monstres sacrés du cinématographe de l’époque, Alain Delon en juge d’instruction (aussi crédible que Christophe Willem en Casanova) et Simone Signoret, en maîtresse-femme. Rien de bien mémorable, somme toute… Delon delonnisait et Simone s’ignorait…



mardi 23 avril 2024

Brèves du 23 Avril 2024

- Ah là là là… Ma pauvre M’âme Jeanssen… Si c’est pas malheureux de voir ça tout de même ! Y’a plus de saisons, avec le temps qu’ils font ! Devoir encore éclairer le Mirus en plein mois d’avril alors qu’avant, du temps de mon pauvre Marcel, on était déjà en bras de chemise à pareille époque ! Ça c’est sûr, c’est la faute à tout ce que c’est qu’ils nous envoient dans la lune, comme disait Jacques Chazot…

- M’en parlez pas, M’âme Sauzède ! Si ça continue, ça finira pas ! Et en plus, c’te greluche de Tatiana Silva qui nous brait dans le poste que c’est la faute au réchauffement climatique à chaque bulletin météo… C’te grue ! Y’a ben qu’à la tévé que ça chauffe…

Eh non, ma pauvre M’âme Jeanssen, il n’y a pas qu’à la « tévé » (voire dans le slip de la dite Tatiana) que ça chauffe… Ça chauffe partout en ce moment ; dans la rue, sur nos factures, dans nos caddies…

Ça chauffe même à Biscarosse, sur les aires réservées aux gens du voyage, plaisante périphrase pour désigner les emplacements où la Gitanerie élit domicile douze mois par an, puisque ça tire dans tous les sens et à toute heure.

Evidemment, dès qu’on parle de tirer, Guy-Louis a pointé son nez, et le reste, et m’a même régalé d’un petit pastiche de sa composition. Accrochez-vous à vos chaussettes, c’est du lourd :

« Toi, toi, la grosse espagnole,
« Aussi gourde qu’une girolle,
« Quand tu veux tirer un coup
« Tu ne prends même pas le bon bout… »

Eh oui, Kendji Girac, la gitane sans filtre qui se tripote la guitare sans relâche et qui est prêt à tout pour tirer un coup, s’est pris une bastos aux premières heures de l’aube. Ce qui ne lui fera qu’un deuxième trou de balle…

Les circonstances du ball-trap gitan sont encore ténébreuses, et même si une enquête pour tentative d’homicide volontaire a été ouverte, il semble que l’andalouse ait donné aux pompiers venus le secourir une explication : il se serait blessé en manipulant une arme qu’il venait d’acheter sur un marché aux puces du coin.

Ben voyons ! C’est au moins aussi crédible que les déclarations larmoyantes des Balkany affirmant qu’ils crèvent la dalle dans leur manoir de Levallois-Perret…

C’est bien connu, on fait acquisition d’un crucifix à ressort dans une brocante miteuse, on fourbit le brûle-parfums à quatre heures du matin parce qu’on a que ça à foutre, et on décharge sur le buffet aussi vite qu’un vieux militaire en retraite devant un film de boules moldo-slovaque… D’accord, Kendji est habitué à brailler des fadaises sans nom à des pucelles pré-pubères qui se détrempent le slip, mais faudrait pas voir à nous prendre intégralement pour des billes… Y’a des intellectuels dans le lot ! Des membrés du cortex qui écoutent Aya Nakamura sans se défoncer les tympans au tisonnier chauffé à blanc !

D’ailleurs, on est bien d’accord qu’Aya c’est de la merde, alors que Kendji, c’est de la balle…

Tentant de se dédouaner, l’humoriste-danseur Cartouche a juré qu’il n’avait pas touché la gitane… Donc quand ce dernier parlait de prendre une cartouche, c’était donc du tabac…

Et certainement qu’il se trouvera un micro secourable pour permettre à Murielle Bolle (vu les dimensions, c’est désormais Murielle Boulle) de nous déclarer avec toute la force de conviction de ses 12 de QI que « Kendji, lé innocent »…

Souhaitons tout de même un prompt et complet rétablissement à la couineuse d’espagnolades à bas coût, et prions pour que son concert de retour se fasse à Bâle (réelle)…

De nombreux artistes ont d’ores et déjà répondu présents pour ce concert qui fera parle la poudre (et pas seulement celle chère à Pierre Palmade) : Marc Lavoine, avec qui Kendji partagera une reprise : « Elle a les yeux revolver » ; Sheila, qui lui offrira une pétante reprise de « Bang, bang » et Daniel Guichard qui nous chantera « Le gitan »…

En attendant, pour financer la convalescence de Kendji, on pourrait mettre aux enchères sa caravane. Un modèle de luxe en état quasi-neuf, juste quelques traces d’impacts, mais trois fois rien…

Bon, allez, arrêtons les blagues à deux balles sur Kendji, ça plombe l’ambiance et la poitrine…

Ça chauffe aussi dans la rue, où l’on se lynche affectueusement entre écoliers ou collégiens, juste pour se marrer un coup. Et notre Premier Ministre en culottes courtes qui sort les rames pour essayer de donner le change et de faire croire que le Gouvernement maîtrise la situation. Il est à deux doigts de nous ressusciter les maisons de correction, notre Gaby national… Si seulement ça pouvait servir à quelque chose…

Ça chauffe aussi, semble-t-il au Proche-Orient où les dernières amabilités entre l’Iran et Israël nous font craindre, à plus ou moins brève échéance, un chaos qui ne demandera qu’à devenir mondial, si l’entêtement belliciste ne se calme pas…

Ça continue à chauffer sévère dans nos caddies, et chaque passage en caisse oblige à péter le PEL pour se payer deux paquets de pâtes et un rogaton de jambon polyphosphaté. Mais Bruno Le Maire, le Ministre de nos sous, affirme sans rire que l’inflation progresse moins vite. Lâchez-le dans un supermarché avec le salire d’un français moyen, on verra s’il fait toujours autant le mariole, l’amateur d’œil de bronze gonflé…

Ça devrait commencer à chauffer dans le microcosme politique où les sondages en vue des élections européennes prédisent une victoire massive de l’extrême-droite, Jordan Bardella ne débandant plus depuis ces prédictions de votes et devant chausser un moulebite en titane pour rester présentable en public.

Rien à espérer du côté du cimetière des éléphants, Olivier Faure étant comme toujours aux abonnés absents devant les reliques de la gauche française ; et guère mieux de l’autre coté de l’échiquier politique, Emmanuel Macron apportant tout son soutien, de manière éhontée, à la candidate de la droite, le plus sur moyen de se prendre une déculottée mémorable dans les urnes.

Et du côté des LFI, c’est carrément le Barnum généralisé. Entre Mélenchon 1er qui ulule à la République Bananière (république dont il adorerait être Président, soit-dit en passant) parce qu’on lui sucre une conférence et qui se prend pour le Calife à la place du Calife, et Panot ,la nouvelle égérie d’Olida, qui se voit convoquée par la Police pour apologie du terrorisme suite au controversé communiqué du parti sur les évènements du 07 octobre…

Ça chauffe aussi du côté du comité d’organisation des Jeux Olympiques, puisqu’à moins de cent jours du début des festivités, on continue à nager dans l’impréparation la plus complète. Faute de faire trempette dans la Seine pour les épreuves de natation en eau libre (sauf si les participants souhaitent ressembler dans la foulée aux hibakushas d’Hiroshima), on nous fait miroiter un plan B, voire un plan C… D’ici à ce qu’ils nous fassent tout l’alphabet pour tenter de sauver la face et éviter que tout cela ne finisse en plan Q…

Ça commence à chauffer aussi en Suède où le Concours Eurovision de la Chanson 2024 inaugure la phase des répétitions des différents titres qui s’affronteront dans ce jamboree de la canzonetta moisie d’ici peu.

Et dire que dans moins de deux semaines, nous pourrons nous adonner sans retenue et sans complexes au péché mignon de la gourmandise musicale… On gâte nos oreilles jusqu’à la putréfaction intégrale, dites donc !

Eh oui, le Concours Eurovision 2024 pointe son nez à grands pas, et s’annoncent trois soirées remplies d’ersatz musicaux rances, de bluettes mièvres, de couineuses à nichons, de tapettes pur sucre, de chorégraphies osées et de performances vocales qui doivent plus à l’orgasme puissance sept et au décollage d’un Airbus A 380 qu’à la roucoulance murmurée d’un enroué chronique… Tout un microcosme chantant et dansant qui met invariablement en transe les eurofans…

Les eurofans, qui commencent à cartonner leurs strings fluo à l’idée de s’envoyer près d’une quarantaine de chansons inédites dont la médiocrité le discute au prétendu bon goût qui est censé en émaner… Va y avoir de la plume dans le cul, des mouillages de culotte et des cris de pucelle en chaleur dans la semaine du 6 mai…

D’autant plus que la lutte risque cette année d’être serrée entre les prétendants au titre eurovisuel, les pronostiqueurs classant dans un mouchoir de poche la Suisse, la Croatie, les Pays-Bas et l’Italie. La France ne démérite pas pour le moment, Slimane étant sixième pour les bookmakers.

Ce serait sympa de voir la Confédération Helvétique remporter à nouveau la timbale, puisque leur dernière victoire remonte à 1988, avec Céline Dion, et sa robe abat-jour à flinguer toutes les tantes du falbalas séance tenante. Ce serait tout aussi sympa de sacrer pour la première fois la Croatie, qui n’a jamais obtenu le Grand Prix en tant que pays indépendant (mais c’est une chanson croate qui gagna le Concours 1989 sous la bannière de la Yougoslavie), et qui présente une chanson entraînante mais un peu trop copiée sur le « Cha cha cha » finlandais de l’année dernière.

Et pourquoi pas une sixième victoire française ? Bien que peu probable, la chose n’est pas pour autant impossible. Dans un millésime somme toute assez moyen, « Mon amour » a les qualités pour émerger du lot, surtout si Slimane assure vocalement, et surtout si on ne lui flanque pas une scénographie absconse, spécialité française (vous n’avez qu’à vous remémorer la tour de Pise de La Zarra ou le décor guerrier de Lisa Angell). On va quand même attendre un petit peu pour congeler définitivement Marie Myriam, l’indéboulonnable dernière gagnante française de l’Eurovision…

Réponse le onze mai, tard dans la soirée…

Calme plat mis à part cela dans le monde des peoples et des têtes couronnées. Pas le moindre nouveau cancer annoncé au Royaume-Uni, c’est à croire que nos amis britanniques sont blasés de ces révélations médicales...

Quant à la télé, ce n’est guère mieux. Après six ans d’absence à l’antenne, Secret Story fait son grand retour sur TF1, toujours animé par Christophe Beaugrand, qui sera ravi avec sa terrine de hibou à dentier de hamster d’introduire des candidats dans le secret… Alors que la dernière saison avait enregistré des scores d’audience historiquement bas, la première chaîne décide de ressusciter l’émission de funeste réputation, en la lançant toutefois en catimini (un mardi à vingt-trois heures trente, on a connu inauguration plus pompeuse).

Bon, ne vous attendez pas à des secrets défense cette saison, on va probablement nous resservir les mêmes nunucheries mononeuronales qui avaient fait la gloire relative des saisons précédentes : nous sommes en couple, nous sommes jumeaux, ma pire ennemie est sur le plateau et j’aimerai lui maraver la trombine à grand coups de pelle, j’aime péter sous les draps les nuits de pleine lune, je digère mal la blanquette de chez Aldi, je prends mon pied en écoutant la discographie moldave de Cora Vaucaire, j’ai fait le régime Comme j’aime et j’ai perdu deux mois et la moitié de mon compte épargne…

Avec soixante-treize caméras pour traquer les impétrants, et un décor d’un tel mauvais goût que le cercueil d’Orlando passerait pour un monastère mormon au fin fond de la Bulgarie un soir de brume, il y a fort à parier que le caractère plus familial annoncé par TF1 sera bien vite évacué pour laisser place au voyeurisme habituel dans ce genre d’émissions. Si toutefois le public se laisse prendre à cette recette qui empeste le réchauffé.

Mais que va faire Beaugrand dans cette galère, si ce n’est pour assurer de remplir son frigo…

Et le 23 avril 1983, à Munich, le Concours Eurovision de la Chanson couronne pour la cinquième et dernière fois en date le Grand Duché du Luxembourg, par la voix de Corinne Hermès qui interprétait une bluette déjà poussiéreuse à l’époque, « Si la vie est cadeau »… Cadeau… Même si l’on utilisa pour la première fois des micros sans fil, ce Concours n’en fut pas un, de cadeau, entre l’interminable présentation de la saucisse munichoise Marlène Charell, qui tint à faire les annonces en trois langues pas toujours bien maîtrisées, les miaulements compassés de notre porte-drapeau Guy Bonnet en ouverture de Concours, les tenues de jogging façon Gym-Tonic des anglais, le maelström musical du turc qui prétendait honorer l’opéra, les pieds nus de l’espagnole avec un titre à consonances flamenco pur jus, sans doute trop en avance sur son temps pour plaire au plus grand nombre, la tyrolienne du yougoslave inverti pur sucre et les sauts de pucelle en chaleur de la danoise… Finalement, la guimauve luxembourgeoise était presque écoutable, comme un cadeau empoisonné…



jeudi 11 avril 2024

Brèves du 11 Avril 2024

 Bref, j’ai eurovisionné…

Que chacun se rassure pour ma chancelante santé mentale et ma santé auditive tout aussi bringuebalante, j’en ai entendu d’autres, et des plus sévères, pour preuve j’ai même survécu à deux chansons d’Aya Nakamura en intégralité, sans me pilonner les tympans au tisonnier chauffé à blanc dans un bain de mercure liquide…

Non, je déconne, c’était une seule chanson, et le chirurgien ORL a eu toutes les peines du monde à récupérer mes tympans… Mais il a gagné en prime un très joli tisonnier…

J’ai eurovisionné, non pas avec des bandes VHS fripées d’antédiluviens Concours qui fleuraient bon le micro à fil, l’orchestre en live intégral et les chanteurs qui savaient chanter sans en faire des tonnes, et sans rivaliser d’esbroufe putassière, mais les chansonnettes de ce 68ème Concours Eurovision de la Chanson 2024, baisodrome paneuropéen qui permet, dans les coulisses, de faire un tour d’Europe de l’andouillette à moindre frais si ce n’est ceux d’une double boite de capotes et d’un bidon de cinq litres de vaseline surfine, et sur la scène de s’ébaubir de trente-sept tours de force musicaux, alliant l’inécoutable avec le gnangnan parolistique, et frôlant toujours le bon goût en prenant évidemment garde de ne jamais y accéder…

Si vous le permettez, je vous propose un rapide tour d’horizon des trente-sept alcoolats qui se disputeront le droit de fouler la scène suédoise le samedi onze mai prochain.

Etant précisé que je n’ai fait qu’une écoute principalement audio, aucune vidéo ou presque en interférence.

Etant également précisé qu’on retrouve cette année encore le syndrome France Gall cette année, avec plusieurs titres qui s’inspirent plus ou moins fortement et ouvertement des chansons finlandaise et suédoise de 2023.

Allez c’est parti !

Albanie, Besa « Titan » : D’entrée de jeu, c’est du mille fois entendu, rabâché et remâché jusqu’à l’écœurement intégral. Aucune originalité, c’est encore une fois la même brailleuse à nichons à cordes vocales enforme de corne de brume. Bref, c’est du réchauffé à en carboniser la casserole.

Arménie, Ladaniva « Jako » : Plus folklo, c’est difficilement imaginable ! D’accord, c’est en version originale, et c’est sympa à ce titre, mais c’est vieillot et répétitif. Ce sera le nirvana des intégristes de l’ethnique, et encore… Pour les autres, on se croirait bloqué sur l’autoradio à cassette de la Lada Niva…

Autriche, Kaleen « We will rave » : Un truc vaguement électro susurré par une demoiselle qui n’a pas une voix inoubliable. C’est ni bon ni mauvais, juste déjà entendu à de nombreuses reprises.

Australie, Electric Fields « One milkali » : Ambiance world music 80’s avec un refrain en dialecte et une touche électro. Sympa, mais guère convaincant sur la distance. L’Australie nous avait habitué à mieux, bien mieux.

Azerbaïdjan, Fahree « Onzule apar » : Ils nous servent encore une fois l’habituelle soupe azérie, sans modernité ni originalité dans les ingrédients. Une rengaine sans âge qui reprend encore une fois les vocalises orientalisantes.

Belgique, Mustii « Before the party’s over » : Un titre plutôt original, qui nous plonge dans un certain univers, grâce à la voix intéressante de Mustii au service d’une chanson casse-gueule en live. Dommage, on aurait aimé que ça décolle plus vite, et c’est hélas trop répétitif vers la fin, ce qui gâche le plaisir d’écoute.

Croatie, Baby Lasagna « Rim tim dagi tim » : Titre onomatopée qui rappelle les années glorieuses du Concours, efficace, musclé et agréable à l’écoute. Ça dépote sévère et c’est couillu. Dommage que la chanson arrive un an après celle de Käärija, à qui on la compare inévitablement.

Chypre, Silia Kapsis « Liar » : Un truc qui veut faire genre, moderne et « in ze mood » mais qui n’est en vérité qu’un enième erstaz fadasse de « Fuego ». Un titre qui se fond dans la masse, et qu’il sera impératif de muscler sur scène si les chypriotes veulent accéder à la finale.

République Tchèque, Aiko « Pedestal » : Un son FM 80’s pas dégueu, avec une voix correcte. Y’a du Cyndi Lauper et du Nena là dedans. Plutôt sympa pour les nostalgiques de la pop des années 80.

Danemark, Saba « Sand » : Un titre sans intérêt et mille fois entendu, issu d’une recette éculée et sans saveur. C’est laborieux et daté, et ça s’ensable rapidement…

Estonie, 5 Miinust « Naarko… » : On dirait la version estonienne de « Jako » tant c’est folklo. On recycle Käärija et Let3, on secoue bien le shaker et hop ! C’est pas mauvais, mais on garde une impression de copié-collé assez désagréable.

Finlande, Windows95Man « No rules » : Le « Cha cha cha » 2024 pour la musique. La copie est tellement flagrante que le plaisir d’écoute en est gâché. Dommage car c’est plutôt sympa, grâce notamment aux interprètes déjantés.

France, Slimane « Mon amour » : C’est une ballade classieuse, à la française, typiquement ce qu’on attend de nous au Concours. Slimane a du métier, et ça s’entend. L’interprétation est bonne, les versions live étant supérieures au clip, assez monotone. Certes, c’est un peut trop répétitif à la fin, et il devra faire attention au passage a capella qui peut être terrible s’il ne le maîtrise pas parfaitement. Une carte à jouer pour accrocher un top 10, à condition de choisir une scénographie adaptée.

Allemagne, Isaak « Always on the run » : Une voix black qui accroche bien, une mélodie pas mal et plutôt entraînante. Le gimmick auditif est efficace, mais est-ce que ça suffira à faire remonter le pays dans le classement ? Il faut l’espérer…

Géorgie, Nutsa « Firefighter » : La gueularde à nibards de l’année, deuxième édition, avec un truc ethnico-techno-moderno-merdique, réalisé à la presse hydraulique en surrégime. Bruyant et désagrable.

Grèce, Marina Satti « Zari » : Une voix haut perchée qui vous refroidit d’entrée, au service d’un titre folklo qui sonne beaucoup plus Balkans ou oriental que typiquement grec. Un malstrom musical peu digestible.

Islande, Hera Björk « Scared of heights » : La revenante qui inaugure son lifting « Julie Piétri » et nous ressert la même robe qu’en 2010, et plus ou moins la même soupe musicale. C’est daté, poussiéreux et lassant.

Irlande, Bambie Thug « Doomsday blue » : Incontestablement la chanson « tout ou rien » de l’anneé. Très difficile d’accès, rebutante à la première écoute, inécoutable à la seconde. Un patchwork musical qui risque fort de rebuter les jurys et le public. Couplet pénible et refrain étonnamment mièvre. Très (trop) typé ?

Israël, Eden Golan « Hurricane » : Beaucoup de bruit autour d’un titre totalement dénué de la moindre originalité, vocalisé par une gueularde qui nous pète les tympans en couinant des banalités sur une musique passe-partout.

Italie, Angelina Mango « La noia » : C’est assez entraînant, plutôt actuel, la voix est agréable, mais le côté rap est assez déroutant en italien. Ça se laisse écouter, et oublier peu après.

Lettonie, Dons « Hollow » : La traditionnelle ballade à voix, pas désagréable sur la longueur. Mais on l’a déjà tellement entendu que Dons risque d’être bien creux en live…

Lituanie, Silvester Belt « Luktelk » : Un petit côté techno eurovisuel pas désagréable, en version originale en prime, ce qui est un plus. Entraînant, avec un pont musical sympa.

Luxembourg, Tali « Fighter » : Un titre folklo-ethnique pas vraiment moderne pour le retour tant attendu du Grand Duché, avec un mix français-anglais pas très heureux. Un come-back pas forcément réussi, car c’est vieillot.

Malte, Sarah Bonnici « Loop » : Encore une chanson boom-boom, bruyante et pénible qui ne surnage que difficilement dans l’océan des horreurs musicales maltaises. Beaucoup de bruit pour pas grand chose, tout dans la musique, rien dans la voix.

Moldavie, Natalia Barbu « In the middle » : L’autre revenante du cru propose une jolie ballade intemporelle, quelque peu datée et qui ne décolle pas réellement, et qui pâtit de l’intermède violoné et des vocalises finales…

Pays-Bas, Joost Klein « Europapa » : D’entrée de jeu, un rythme qui met la pêche, un texte en version originale avec des emprunts linguistiques à foison, un titre un peu bébête mais ça me plaît vachement ! Typiquement Eurovision, une chanson avec un finale hyper-nostalgique et touchant qui fera sans doute mouche.

Norvège, Gåte « Ulvehan » : Un titre à vocation moderne, assez intéressant au couplet avec ses sonorités ehtniques, mais qui vous fusille les tympans au refrain avec les vocalises sonores de la chanteuse. Mais qu’est qu’elle gueule, la dame aux airs de cantatrice qu’on aurait trop nourri…

Pologne, Luna « The tower » : Une voix inhabituelle au grain particulier pour un morceau à consonances eighties, pop avec des réminiscences de Cyndi Lauper. C’est plutôt convaincant, et agréable à l’oreille.

Portugal, Iolanda « Grito ». L’habituelle soupe portugaise aux relents de fado moisi, vocalisé par une chanteuse à la voix interchangeable et qui, au surplus, ne transmet absolument rien. Certes, la chanson porte bien son titre, « cri », mais c’est insipide.

San Marin, Megara « 11:11 » : Un titre en espagnol qui veut faire hard-rock mais qui ne fait que saigner les oreilles. D’accord, la principauté veut tout essayer pour réussir, mais se fader un processus de sélection aussi long pour un tel résultat est une insulte. Un intermède sans intérêt.

Serbie, Teya Dora « Ramonda » : Une mélopée soporifique au plus haut point, sans âme, rythme, ni intérêt. C’est creux, pénible et c’est sponsorisé plein pot par les somnifères Grododo.

Slovénie, Raiven « Veronika » : Encore un titre ethnique qui oscille entre la ballade à voix et le boom-boom bruyant. C’est criard et crispant, et le clip avec ces messieurs en moulebite qui font mumuse sous l’eau déroute plus qu’il ne séduit…

Espagne, Nebulossa « Zorra » : Un come-back à la Movida si inventive qui a décoiffé l’Espagne dans les années 80 ! Un son typiquement eighties pour un titre qui bouge bien. Certes, pas beaucoup d’efforts vocaux, c’est chanté à la Mecano, mais avec en prime un texte qui pique. Original, et osé.

Suède, Marcus & Martinus « Unforgettable » : Toujours et encore la même soupe suédoise, bien ficelée, vocalement irréprochable, actuel ou à peu près. Mais on croirait à s’y méprendre entendre un remix de la plupart des suédoiseries de ces dernières années ‘Benjamin Ingrosso, John Lundvik, Robin Bengtsson). Et les jumeaux norvégiens, avec leur charisme d’huître pas fraîche, sont loin d’être inoubliables.

Suisse, Nemo « The code » : Enfin de l’originalité helvète ! La voix est agréable, la chanson est très convaincante, heureux mélange de rythmes et de styles musicaux. Ça pulse, ça envoie du steak. Son statut de favori n’est pas usurpé.

Ukraine, Alyona Alyona & Jenny Heil « Teresa & Maria » : Encore un ersatz de « Stefania » ! Et c’est pénible ! L’Europe aime les chansons prénoms ? On leur en refile deux pour le prix d’un, et on ne se fatigue pas, on reprend le même thème musical qu’en 2022. Qu’importe, l’Europe va adore, puisque c’est ukrainien… Arrêtons l’escroquerie musicale, par pitié !

Royaume-Uni, Olly Alexander « Dizzy » : Un bon petit morceau pop, très eighties, plutôt bien ficelé et interprété. Un retour à ce que les anglais savent très bien faire à l’Eurovision. Ça se retient bien et ça peut même se chantonner sous la douche sans pour autant être étourdi.

Au final, j’ai retenu dans mon top 10, sans faire de classement pour le moment : Belgique, Croatie (mon favori), République Tchèque, Finlande, Lituanie, Pays-Bas (mon plaisir coupable avec la Finlande), Pologne, Espagne, Suisse et Royaume-Uni.

Mon vainqueur ? Ma tête sur le billot que je ne vous le donnerai pas… Tout au plus un top 3, dans l’ordre alphabétique : Croatie, Pays-Bas, Suisse.

Globalement, le cru 2024 est une édition plutôt homogène, sans bouse inécoutable ni titre qui se détache réellement. Pas mal de titres qui se ressemblent et qui donnent une impression d’uniformité. Peu de titres réellement innovants ou décalés, mis à part la Croatie, la Finlande, les Pays-Bas et la Suisse.

Le gagnant autoproclamé des bookmakers n’a pas partie gagnée, loin de là. Quant à la France, on peut espérer un classement honorable, si Slimane consent à tout donner, car le monsieur a du métier.

Réponse le onze mai prochain, bien après minuit…



jeudi 14 mars 2024

Brèves du 14 Mars 2024

 « Non ! Rien de rien ...
« Non ! Je ne regrette rien, Djadja...
« Ni le bien qu'on m'a fait
« Ni le mal, tout ça m'est bien égal ! »

Si d’aventure, au gré de vos pérégrinations hebdomadaires au Père Lachaise, vous constatez une tornade aux alentours de la 97ème division, ne vous étonnez pas. Edith Piaf est tellement en train de se retourner dans sa tombe que ça crée forcément des remous…

En effet, notre Président a demandé à Aya Nakamura, la moins écoutable des chanteuses françaises et pourtant la plus écoutée du streaming francophone, de venir chanter du Edith Piaf lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques. Et ce choix a créé une polémique qui ne cesse d’enfler, partageant notre cher et vieux pays en deux camps irréconciliables, les pros-Aya et les Aya-tollahs…

Vu la grâce, la délicatesse et la sensibilité dont fait naturellement preuve la grande cantatrice franco-malienne tout au long de sa discographie, on s’attend à un massacre auditif en règle.

Personnellement, je m’en baleck avec une force insoupçonnée, vu que les cérémonies d’ouverture m’insupportent au plus haut point et que de toute manière, la seule bande-son qu’on va très certainement entendre, ce sont les sirènes des hauts parleurs de la brigade fluviale qui tenteront de faire fuir les surmulots si chers au cœur de Notre Drame de Paris…

Si on y réfléchit bien, le parallèle entre les deux chanteuses se défend. Quelle autre chanteuse internationalement connue pourrait ouvrir les Jeux, si ce n’est la catin à Djadja ? Elle, si modeste, au point qu’elle met désormais un point d’honneur à avoir fait découvrir la Môme Piaf aux nouvelles générations et qui avoue si pudiquement que la dite môme se serait réincarnée en elle… Quand on admire ses proportions, on se dit qu’il y a largement la place…

Franchement, qui d’autre ? Mireille Mathieu ? Trop russe, et trop bonne chanteuse. Johnny Hallyday ? Ah non, trop tard… Michel Sardou ? Trop « Marseillaise ». Jul ? Trop marseillais. Manu Chao ? Trop à gauche. Booba ? Trop à droite. Carla Bruni ? Trop inaudible. Clara Luciani ? Trop bobos parisiens. Vincent Niclo ? Trop Place des Vosges.

Et ne nous plaignons pas : Manu aurait pu lui réclamer d’interpréter son propre répertoire…

Ah notre Manu national ! Va falloir qu’il se calme, notre jupitérien locataire de l’Elysée… Non content de nous balancer coup sur coup l’inscription de l’IVG dans la Constitution (pour une fois que la France fait figure de pionnière, il convient de le saluer), un projet de loi sur la fin de vie et Aya Nakamura gueularde à nichons officielle des JO, le mari à Brigitte veut jouer aux va-t’en-guerre en souhaitant envoyer des troupes occidentales en Ukraine…

Quand on connaît l’état actuel de l’armée française, et que l’on se souvient de ses succès militaires du vingtième siècle, on ne peut que s’affoler de ces déclarations hors sol, qui risquent de nous convertir incontinent en risée de l’Europe entière mais aussi de nous attirer quelques missiles nucléaires de la part du démocrate du Kremlin, peu habitué à ce que l’on vienne aussi ouvertement lui chier dans les bottes.

Mais qu’il arrête de lui causer vilain, au Vlad, parce que s’il lui prend l’envie d’envahir la France, les troupes russes seront à Plougastel-D’Aoulas avant même que la Grande Muette ait réussi à démarrer les chars Leclerc…

Question déclarations intempestives qui ne cherchent qu’à foutre le bousin, La Zarra a fait fort, également. Notre dernière porte-drapeau français à l’Eurovision a en effet déglingué lors d’une interview le staff de France Télévisions, qu’elle accuse de tous les maux, et notamment de lui avoir imposé de se teindre en blonde pour l’Eurovision, afin de faire « moins arabe ».

Vu qu’elle arborait cette couleur capillaire bien avant le concours, on serait en droit de se demander si elle n’essaierait pas de rejeter sur d’autres la faute de son médiocre classement. Un visionnage de sa prestation eurovisuelle écarte tout doute…

En parlant d’Eurovision, je sais qu’il vous sera parfaitement indifférent d’apprendre que les sélections publiques nationales se sont officiellement terminées samedi soir par la finale du Melodifestivalen suédois et que nous connaissons d’ores et déjà l’intégralité des alcoolats musicaux plus ou moins écoutables qui feront le Concours 2024. Espérons quelques pépites, pas trop de bouses imbitables, et le maximum de chansons qui ne vous feront pas saigner les tympans comme le dernier album de duos chantés en yiddish et en moldo-slovaque par Zaz et Christophe Maé…

Visiblement, la Suède n’a aucune envie de faire un doublé, puisqu’elle a sélectionné un duo de jumeaux norvégiens qui interprèteront « Unforgettable », une chanson bien oubliable.

Israël quant à lui a réussi à passer sous les fourches caudines de l’UER, au prix d’une modification des paroles de sa chanson, un slow à voix qui aura visiblement peine à passer en finale.

Quant à l’Arménie, elle a confié ses chances à un duo français, lillois plus précisément, Ladaniva, qui chantera en arménien « Jako », un titre folklorique. Oui, vous avez bien lu, « Ladaniva », on a au moins évité « Simca-Rancho » ou « Renault-Clio ». Si le titre est aussi poussif que ces antédiluviens 4x4 russes, on ne devrait pas les retrouver en finale…

Les chansons de l’Eurovision pourraient tout aussi bien servir à enrayer l’opiniâtre sécheresse qui afflige le sud de la France et l’Espagne. Une diffusion soutenue de « Voilà » ou de « Toy », et les nappes phréatiques se remplissent illico ! D’ailleurs, à Barcelone, la procession de prières pour la pluie s’est récemment faite… sous la pluie ! Qui a dit que la religion ne servait plus à rien ?

Dans l’inextinguible registre des informations dont on n’a strictement rien à secouer et qui ne nous empêchera pas de passer une nuit calme, l’enquête de Marianne qui révèle que François Vérove, dit Le Grêlé, tueur en série, avait participé en 2019 à une émission télévisée de Nagui, « Tout le monde veut prendre sa place ».

Et dire qu’on imprime pour nous dire çà… Au train où vont ces choses, on apprendra sous peu que Patoune Balkany a participé à « Qui veut gagner des millions », et qu’Emile Louis ne loupait jamais l’Ecole des Fans…

Il vaut mieux encore sourire au lapsus de la Ministre chargée de l’Enfance, Sarah El Haïry, qui, à l’Assemblée Nationale, chargée de répondre à Sandrine Rousseau, a rétorqué de ne pas « jeter l’eau propre sur les assistants familiaux ». Elle aurait voulu jeter l’opprobre sur les dits professionnels qu’elle ne s’y serait pas pris autrement…

A sa décharge, répondre à une diatribe de l’élue verte complètement déconstruite met à rude épreuve vos capacités intellectuelles. Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, fût-elle propre à l’opprobre…

Allez, enfilez votre tenue de grand deuil pour aborder la page nécrologie de cette chronique, hélas fort chargée ces jours-ci.

Décès d’Eric Carmen, auteur compositeur interprète en 1975 du tube international « All by myself ». Eh oui ! Céline Dion n’est pas la créatrice de cette mélodie imparable !

Disparition également de Jean-Pierre Bourtayre, prolifique compositeur français à qui l’on doit « Le téléphone pleure », « Magnolias forever » et « Alexandrie Alexandra » pour Claude François, mais également une multitude de tubes pour Michel Sardou et Jacques Dutronc. C’est lui qui a composé « Un banc, un arbre, une rue », Grand Prix Eurovision 1971 et l’immarcescible « J’ai bien mangé, j’ai bien bu » pour Patrick Topaloff la même année.

Déquillage d’Akira Toriyama, célèbre mangaka japonais, connu pour Dr Slump, et le célébrissime Dragon Ball, dont l’adaptation télévisée a fait les beaux jours du Club Dorothée dans les années 90. Encore un morceau de l’enfance de beaucoup qui s’en va…

Notons également la mort, à 102 ans, de Philippe De Gaulle, le fils de Mongénéral, militaire comme papa et sénateur sur ses vieux jours, dont la ressemblance avec son illustre géniteur était frappante. Après la pelle de Londres, l’appel de l’ombre…

Et le 14 mars 1968 naissait l’actrice canadienne Megan Follows, que les téléspectateurs français connurent pour son rôle dans la série « Matt et Jenny », diffusée à compter du 07 janvier 1981 dans le cadre de l’émission Les Visiteurs du Mercredi. Qui ne se souvient de ses moues boudeuses et de ses pleurnicheries, dans cette série évocatrice de notre enfance dorée, avec le générique français interprété par Isabelle Péruzat ? Ah ! C’était pas du Djadja, ça… Et heureusement !