mercredi 7 septembre 2016

Brèves du 07 Septembre 2016

Bref, j’ai plaidé…

Et non pas j’ai plaidé bref… Enfin, plaidé… J’ai essayé, j’ai tenté, j’ai eu l’intention, la grosse envie, l’irrépressible désir et l’incoercible besoin…

Mais j’ai attendu, j’ai poireauté, j’ai mariné, j’ai fait banquette, j’ai patienté, j’ai croqué le marmot, j’ai compté les mouches au plafond tout fraîchement peint du nouveau Palais de Justice, j’ai pu détailler avec des plaisirs coupables de fin gourmet et d’enculeurs de diptères les veines du bois brut à peine vernies du bureau mastoc digne du mobilier est-allemand des années cinquante devant moi…

J’ai eu l’insigne honneur d’entendre plaider avec brio et leur langue certains de mes confrères, j’ai eu le redoutable honneur d’en entendre bavasser longuement, très longuement, trop longuement, certains autres, j’ai failli saigner des tympans en entendant requérir un stagiaire bien sympathique mais qui aurait mieux fait de rester chez lui à sucer la gougoutte à maman ou la quéquette à son mari…

Et enfin, après une quantité impressionnante de dossiers éclusés, et de balivernes plaidées par mes confères et consoeurs qui voyaient l’heure tourner et leurs estomacs crier famine, j’ai plaidé…

Oh, ce n’est pas que je plaide mieux ou pire qu’avant, et je me garderai de vous dégainer le fameux « cétémieuavan » pour regretter les salles crasseuses de l’ancien Tribunal et les geôles délabrées où s’entretenir avec son client relevait de l’exploit qu’on accomplissait en apnée ou avec le nez bouché, spécialement en été…

Ce n’est pas non plus que les salles clonées du nouveau bunker, pardon, palais, soient à ce point déshumanisées, aseptisées et vides émotionnellement parlant qu’on aurait envie de se balancer par les meurtrières servant de fenêtres (manque de bol, elles sont toutes scellées)…

Bref, j’ai plaidé, et l’heure tardive, et un facétieux confrère, aidant, l’affaire s’est soldée par des sourires, les nerfs des uns, des autres, et de la Marguerite Gauthier de service, lâchant comme des sandows sur le chargement sur le toit de la 504 break qui repart au bled en juillet…

Bref, j’ai plaidé… Et je ne sais pas si j’aurais le courage, et surtout le culot, de plaider pour certains des acteurs principaux des futilités du jour…

Autant vous le confesser immédiatement, je ferais jouer avec toute la vigueur du désespéré qui actionne son parachute de secours à dix mètres du sol ma clause de conscience si je devais défendre Monseigneur Barbarin, le tripoteur d’enfant de chœur dans les recoins de sacristie… Ce n’est pas que je n’aime pas les choses de l’église (le calme reposant d’une église de village l’après-midi, l’odeur de l’encens, le jeu de lumière des vitrail le matin entre si heures quarante et sept heures douze), mais défendre un mec qui aurait dévoué à se vie à un mec (Jésus, c’est pas Dalida non plus, hein) et qui ferme les yeux sur des petits trous de balle élargis par les cierges pascaux, ça non !

Pas sur que j’accepte le cas Huzac, avec son lot de bonimenteries et son néologisme finement relevé par Bernard Pivot. Même si Jéjé Le Pèze-en-suisse nous a cahuzaqué qu’il s’était rêvé Jeanne D’Arc, c’était à cause des voix de Michel « Anaha » Rocard, Francis Blanche, Pierre Mendès-France et Jean Jaurès… par contre, j’inciterais son PQ à porter plainte : c’est inhumain d’avoir à torcher une pareille merde…

Par contre, je prends immédiatement le dossier de ce groupe anti-radars facebookien… La Cour de Cassation, en les relaxant définitivement, a jugé qu’il n’était pas interdit d’informer de leur localisation. Premièrement, ça permet de faire ralentir les Fangio du dimanche, et deuxièmement, ça prive l’Etat de quelques millions d’euros de recettes, ils nous pompent déjà suffisamment…

Concernant les dossiers de l’Ex, je ne pourrais que lui conseiller dans un premier temps de grimper dessus, il serait peut-être alors à la hauteur des circonstances… pour le reste, l’énervé de l’omoplate gesticule comme un shiva politicien pour éviter le renvoi en correctionnelle avant la primaire… Autant dire que le Nain vire à l’extrême-gauche en s’invitant à la Fête de l’Immunité…

C’est par contre un niet définitif et bien timbré, démontrant mon caractère affranchi, que j’opposerai à ce sous-chef de La Poste, dans le Nord, qui a obligé une employée de 25 ans qui faisait un AVC a continuer son travail… C’est vrai quoi… Pour une fois qu’ils bossent, à La Poste…

Alors qui ? Qui défendre ? Pour qui plaider ? Car, comme me le disait hier encore Guy-Louis dont la démarche façon Donald Duck en disait long sur le weekend qu’il a subi, on n’est jamais trop plaidé…

Sans doute faudra-t-il bientôt un bon avocat à Patrick De Carolis, qui balance dans son dernier bouquin à propos de l’échantillon présidentiel à talonnettes surhaussées. Sarko, toujours dans la demi-mesure et la délicatesse, aurait fait pression aux fins de virer Patrick Sébastien et Laurent Ruquier. Deux parangons du bon goût et de la finesse en matière d’humour pourtant… Et il aurait fallu leur dire quoi ? Casse-toi, pâuv’ con ?

Quoi qu’il faille désormais en toutes circonstances modérer ses propos, filtrer sa logorrhée comme les cigarettes, édulcorer ses paroles à l’instar de son café… Sinon, il faudra s’attendre à une vendetta corse ; l’île de beauté (mais aussi de Patrick Fiori) où vous le savez, on autorise d’interdire les burkinis, et où les cafés allongés arrivent toujours après le coup de feu dans les restaurants… Pour preuve, encore un homme abattu par balles ce mercredi matin… Feignants les corses ? on dira qu’ils sont vite abattus…

Et quoi de mieux pour éviter de se laisser abattre (le leitmotiv de la famille Kennedy) qu’une bonne petite chanson disco bien calibrée pour faire mouiller les tee-shirts et les aisselles sur les pistes des discothèques ? Un petit « I will survive » par exemple… Evidemment pas l’inécoutable version française piaillée par Régine, ni la nouvelle version revampée couinée par Larusso, celle qui se coiffait comme un dessous de bras… La seule, la vraie, l’unique, la version originale 1978 chantée par Gloria Gaynor, à qui vous n’oublierez pas de souhaiter un bon anniversaire, la diva du disco étant née le 7 septembre 1949. Au moins est-elle à l’unisson de sa chanson-phare, je survivrai… 

mardi 6 septembre 2016

Brèves du 06 Septembre 2016

« Débout, les morts ! »

Adjudant Péricard, sortez immédiatement de ce corps ! De ce corps d’armée… Armée jusqu’aux dents… Dents de lion…Lion de Belfort… Belfort pas si loin de Verdun… Le vert d’un printemps pourtant bien sanglant… Sans gland ni sans gants pour fournir sans cesse la mitraille en chair à canon en ce mois d’avril 1915…

L’adjudant Péricard, resté célèbre pour ce mot tentant de galvaniser les pauvres poilus qui n’attendaient qu’une bombe schleue pour s’envoler en vitesse et en miettes vers le terminus des prétentieux, a vraisemblablement opéré un triple looping piqué avec rétablissement sur la clavicule et lutz piqué du bassin dans sa caisse ces jours-ci…

Debout, les morts ! Il n’y a pas une seule émission de variétés télévisées qui se respecte sans le recours éhonté à des images d’archives usées jusqu’à la trame et faisant revivre les pointures de la chanson d’hier et d’avant-hier. Que n’a-t-on revu mille fois déjà le survolté Cloclo virevolter en smoking pattes d’eph’ entouré de son quinteron de bobonnes à peine vêtues, le rondouillard Carlos nous faire la biguine de sa doudou adorée dis donc, le jet de cacahuètes sur les binocles zitroniennes ou les fous-rires inextinguibles de Denise Fabre, qui elle pour encore vivante n’en est pas moins cathodiquement décédée…

Debout, les morts ! Les majors des maisons de disques se font des réservoirs à semence en or triple épaisseur en exhumant de leurs fonds de répertoires ce qu’ils ont de plus ringard, d’une mélopée réaliste pleurnichée par un ersatz de Berthe Sylva à la version italienne de la chanson flamande eurovisuelle en 1969, en passant par les bêlements de Julien Clerc et de Carène Chéryl ; en les vampant à grands coups de liftings numériques pour vous vendre telle une soupe mal réchauffée ces versions modernisées…

Debout, les morts ! A la télé aussi, en dehors des variétés toujours friandes de viandes froides et de cercueil mal scellé, on aime à sortir les grandes pailles et aller aspirer à pleine bouche les gouttelettes sur les tôles froissées du grand carambolage du dimanche soir ; on raffole d’une image volée d’une dépouille sur son lit de mort avec les commentaires larmoyants qui vont bien ; on s’en mouillerait presque le slip à la vue des débris d’une catastrophe aérienne, mêlant kérosène, effets personnels, morceaux de carlingues et de dentier…

Debout ,les morts ! En politique aussi, on pille allègrement les stèles en se réclamant du Général ou de Tonton, à un point tel et avec une telle absence de vergogne que les tombes de Jarnac et de Colombey ont pris des allures de machines à laver bloquées en position essorage intensif…

Débout les morts ! Puisqu’ils ne viendront pas contredire les calembredaines que vous osez proférer pour vous couvrir parce que vous vous êtes fait choper avec non pas le doigt dans le pot de confiote mais le corps entier dans un silo industriel de chez Andros, quoi de plus facile que de leur faire porter le chapeau…

Debout, les morts ! Et Cahuzac, qui transparaît jour après jour comme une petite crapule dénuée de la moindre once de fierté, balança Rocard… C’est pour lui qu’il avait ouvert son premier compte en Suisse… Vu que Monsieur « Anaha Bigbang » fume désormais ses gitanes au goût pissenlit, ce sera difficile de porter la contradiction…

Debout, les morts ! Et certainement que Cahuzac a également dû passer du pèze en Suisse parce qu’il a vu une nuit en rêve Saint-Michel Royer le lui demander, et que ce couillon-là l’a fait… Déjà qu’il n’était pas spécialement sympathique, la grande asperge, il est carrément passé à franchement détestable…

Debout, les morts ! Et heureusement que la bêtise crasse de ce père de la Réunion n’en a pas occasionné. Mécontent de voir que la course ne s’arrêtait pas alors que son fils cycliste avait chuté, il n’a trouvé de pire moyen pour se venger d’entraver volontairement la route au passage des autres coureurs… Son fils est peut-être le roi de la pédale (même s’il est hétéro) mais son père est certainement le roi des cons…

Debout, les morts ! Et il semble que cette supplique soit des plus vaines dans la bouche de Vincent Bolloré, qui éprouve les pires peines du monde à relever les audiences de Canal +. Le futur accident industriel de la chaîne se nomme le Petit Journal… Petit Journal, mais gros malaise après s’être fadé quasiment demi-heure de Cyrille Eldin, tour à tour sexiste, egotique, omniprésent… Mais jamais drôle. Si le Petit Journal a fait sa rentrée récemment, il risque de faire sa sortie encore plus rapidement…

Debout, les morts ! Mais là, il n’y a hélas guère d’espoir de redressement du côté d’Isabelle Dinoire, la première patiente greffée du visage, décédée de longue maladie à même pas 50 ans, ou d’Elisabeth Collot, doyenne des français avec ses 113 printemps au gazogène nouveau…

Debout, les morts ! Car du courage, il en faudra bien une grosse louche à Benoît Hamon pour mener à bien et sur les fonds baptismaux son micro-parti dénommé « Elpis »… Mais si, Benito, ça va marcher du feu de Dieu, ton truc ! Bientôt, on verra Elpis partout ! Elpis dans son froc, Elpis de peur que le FN ne l’emporte, Elpis à côté de la cuvette à proximité des capotes dans toutes les bonnes backrooms, Elpis le plus long pour éviter de se tremper les godasses…

Debout, les morts ! Car il en fallu du courage, ce 6 septembre 1956, à Bonneville Salt Flats, aux États-Unis, à Jean Hébert, pilote-ingénieur chez Renault, pour piloter l'Étoile filante, propulsée par une turbine développant 270 chevaux, conçue par l'entreprise française Turbomeca, et battre le record de vitesse de sa catégorie (moins de 1 000 kg) avec une vitesse de 308,85 km/h, moyenne extraordinaire quand on connait les performances des Renault de l’époque… 

lundi 5 septembre 2016

Brèves du 05 Septembre 2016

« Chez Casto y’a tout c’qu’il faut… »

Les détracteurs de la publicité et de son univers de formules-choc ont très certainement dû s’étrangler avec leur tartine beurrée l’autre matin en écoutant, d’une oreille distraite et encore ensommeillée, le flash d’information de leur station radio préférée…

En cette époque de consumérisme échevelé où la réclame se love partout, et même ailleurs, il ne doit plus se trouver dans nos campagnes retirées où fleure bon la bouse des vaches et la consanguinité, beaucoup de ménagères de moins de cinquante ans pour allouer un certain crédit aux slogans des enseignes qui dépensent des fortunes pour grignoter des parts de marché, tel un cancer phagocyte nos cellules en métastasant à tout-va.

En ces temps où le consommateur est plus que jamais pris pour un gogo, et disons-le tout de go, pour un gogol, je vous fiche mon billet qu’on devra s’écorcher la french manucure à dix boules le doigt à gratter parmi la population française pour retrouver un pékin moyen qui croit toujours dur comme fer aux promesses quasi-électorales des grandes marques.

Fumisterie que le slogan de Total qui affirme qu’on ne viendra plus chez eux par hasard. C’est en réalité par pure obligation et le réservoir quasiment vide qu’on se résigne à faire le plein chez eux, vu les tarifs pratiqués…

Foutaises que les leitmotivs fallacieux des produits amincissants vous faisant miroiter deux tailles de moins en huit nuits par l’application d’une crème collante et malodorante vendue l’équivalent du kilo de caviar sevruga épépiné à la main. Deux tailles en moins si, à la rigueur, vous vous faites enlever deux côtes à la tronçonneuse ou si vous subissez une liposuccion façon nettoyage par le vide, et encore…

Fariboles que l’apophtegme antédiluvien de Décathlon, l’impérissable « A fond la forme ! ». Ce n’est pas en enfilant leurs moulebites qui se détendent après quinze longueurs de bassin que vous ressemblerez à Michael Phelps, en chaussant leurs godasses que vous vous transformerez en Usain Bolt de la piste cendrée, ou en shootant dans leurs ballons fabriqués par des gamins de cinq ans que vous vous muerez illico en Karim Benzema, la couscoussière des stades…

Un bémol est cependant à apporter à cette farandole infinie de devises mensongères qui a fini par déteindre sur les partis politiques (avec ici aussi le bémol que le « Changement c’est maintenant » de Pépère avait ceci de vrai que c’est de pire en pire depuis près de cinq ans). Certaines enseignes tiennent leurs promesses.

La grande marque de bricolage française, véritable temple des banlieusards hexagonaux qui y passent leurs samedis après-midi dans la quête d’un tirefonds de 42 à pas de vis inversé et favouille sous-glissante à glipstiche mono-chantournée afin de s’esquinter les phalanges le dimanche venu à monter le fameux range-tout suédois que Bobonne a tenu à installer dans le salon entre le poster dédicacé de Frédéric François et la crédence art-déco en formica beigeasse sur lequel trône une scène bucolique entièrement réalisée en coquillages peints à la tyrolienne, s’efforce de tenir les promesses de son inusable slogan énoncé en introduction liminaire du commencement de cette chronique.

Chez Casto, y’a tout ce qu’il faut, et même plus qu’il n’en faut puisque vous pourrez même croiser au détour d’une allée un responsable politique qui se donne du plaisir devant les colles à parquet et les maroufleuses à béton ciré qui firent la gloire de la gougnotte de la décoration télévisée…

Robert Rochefort, vice-président du Modem (si, si, ça existe encore, au rayon des antiquités politiques, rangé avec la SFIO et le MRP) et dépité européen, s’est fait gauler en pleine séance de barattage de son stylo à crème fleurette…

Pour sa défense, le tripoteur de braquemart à jus a expliqué qu’il avait le besoin de se masturber quand il était en situation de stress… On imagine la poussée de stress au moment de choisir entre un tournevis électrique bitension à tête interchangeable et une chignole à main capable dans le même mouvement de touiller la peinture et de monter les blancs en neige…

Encore un qui n’en avait rien à branler de la politique de François Hollande…

Comme apparemment l’immense majorité des français, si l’on croit le résultat d’un sondage qui indique que 85 % des électeurs sont contre une candidature hollandouillesque en 2017. Il reste donc en France 15 % de doux dingues…

Voire plus, c’est en tout cas ce que l’on souhaite à Emmanuel Macron, le caramboleur de vieilles carcasses, devenu depuis sa démission le nouveau chouchou des media. Et pourtant, il n’a pas grand chose à dire, si ce n’est de cracher dans la soupe gouvernementale en affirmant qu’on a beaucoup fait de choses à moitié… Ce qui est tout de même plutôt sympa pour le Pépère’s Lonely Socialo Branquignols Band : ils auraient fait des trucs…

A part cela, Manu Macaron se contente d'annoncer la préparation d'un "projet de transformation du pays", puisqu’il va "articuler une vision". "Tant que je ne l'aurai pas exprimé de manière ambitieuse et complète", la question de sa candidature présidentielle ne se posera pas. Il est fortiche, Manu… Articuler une vision… Bon d’accord, il désosse un plésiosaure tous les premiers samedis du mois quand il secoue les puces à Bobonne, mais quand même…

Sinon, on saluera le courage de cette mère de famille de l’Essonne qui, après avoir entendu Satan, s’est tapée six cent bornes pour abandonner son moutard sur une aire d’autoroute bordelaise. Généralement, on abandonne ses animaux familiers dans le bois voisin…

De Satan, on glisse sans transition vers Dieu, qui doit désormais accueillir une nouvelle sainte, canonisée de fraîche date par le Pape : Mère Teresa de Calcutta. Evidemment, ce ne sera pas évident de l’appeler Sainte Teresa, tant son action désintéressée nous l’a rendue proche… Mais le Pape François a profité de l’occasion pour rincer mille cinq cent personnes sans ressources, autour d’une pizza napolitaine… On est loin des fastes de l’Eglise d’antan…

Et le 5 septembre 1942 naît à Cagnes-sur-Mer celle qui deviendra une des plus célèbres speakerines de l’ORTF puis de TF1, avec ses inextinguibles et communicatifs fous-rires en direct, Denise Fabre. La décapsuleuse de l’ORTF sera la dernière présentatrice française à animer le Concours Eurovision en 1978. Au crédit de ses faux pas, on pourra aussi noter son rôle dans une série télévisée en 1971 et un 45-tours en 1982, à la gloire de l’équipe de France de football. Et pourtant, on l’aime toujours, notre Denise… 

jeudi 1 septembre 2016

Brèves du 1er Septembre 2016

Le petit matin blême est un poil frisquet et le soleil point timidement ses rayons sur les toits de tuiles rouges encore mouillée de rosée. La ville s’éveille doucement, comme un gros matou qui ronronne, et pourtant l’activité est déjà là. Les bars répandent de la sciure fraîche, les primeurs déploient leurs étals en exposant à tous vents leur asperge bien raide et leur concombre robuste, tandis que les bouchers font reluire leur saucisse et les poissonniers montrent leur raie à qui n’en veut.

Vous, le trouillomètre au triple zéro, vous fixez la pointe de vos Kickers marron toutes neuves avec la secrète volonté de les voir se clouer sur place, vous immobilisant irrémédiablement et interdisant ainsi toute arrivée à destination, au bout de cette rue, vers ce portail de fer peint en gris entrouvert où s’engouffrent des mères trainant comme des boulets des gamins de votre âge, généralement au bord des larmes et de la nausée, pas mécontentes de s’en débarrasser le temps d’une demi-journée…

Vous avez la trouille, faut bien le dire, une trouille indéfinissable et paralysante… Et bien que ces fonctions naturelles aient été remplies voici dix minutes en quittant l’appartement, vous avez tout à la fois envie de pipi, de caca, de vomir et de faire demi-tour…

Et pourtant… hier soir, assis en tailleur sur le dessus de lit en patchwork multicolore, vous étiez fiers de mettre dans votre cartable Tann’s flambant neuf la trousse tout aussi neuve et tout aussi Tann’s avec à l’intérieur un Bic 4-couleurs et une gomme qui sentait le bonbon avarié, les cahiers à petits carreaux recouverts par les protège-cahiers multicolores et l’ardoise double face à cerclage de bois… Vous étiez contents du sac à goûter vert militaire qui allait sous peu renfermer choco-BN, pain au lait violé d’une barre de Milka individuelle et banane qui imprimera pour plusieurs décennies sur le revêtement lavable intérieur son odeur…

Le portail de fer est franchi, et déjà vous cherchez la main de votre maman qui vous fait un gros bisou tendre, pas plus rassurée que vous, ni que les bambins qui batifolent dans la cour en piaillant comme de futurs poulets aux hormones ou qui brament à s’en péter les cordes vocales, morve au nez et bulles sur les commissures des lèvres. Un signe de la main sur le pas du portail et sa silhouette en pantalon pattes d’eph’ et blouson de cuir marron s’efface…

Ne niez pas, vous vous souvenez tous certainement d’à peu près les mêmes choses lorsqu’on vous parle de rentrée des classes…

Vous vous rappelez les bureaux à couvercles rabattables qui vous ont plus d’une fois pincé les doigts en claquant intempestivement, ces bureaux au vernis craquelé et avec les trous des encriers, témoins d’une génération où l’on écrivait encore à la plume Sergent Major,

Vous vous souvenez de l’odeur (et de la poussière) de la craie lorsque vous étiez appelés au tableau, des lignes d’écriture où vous alignâtes des rangées de majuscules, redoutant l’infaisable « K », des infâmes cabinets à la turque sous le préau qui empestaient le désinfectant la première semaine pour retrouver très vite leur fragrance ammoniaquée et émétique de pipi-caca, de l’invariable odeur de poisson pané le vendredi midi, et les nouilles à l’eau trop cuites, des aventures de Poucet qui vous apprendront à lire, de la blouse en pur synthétique pour la peinture, des tubes de gouache Pébéo auxquels manquaient souvent le bouchon…

Et la séance hebdomadaire de télévision scolaire, assis en tailleur devant l’antédiluvien téléviseur noir et blanc, qui avait dû transmettre la première télé de Zitrone et le couronnement de la Reine Fabiola…

Aujourd’hui, nos chères têtes blondes, brunes, rousses et autres reprennent le chemin des classes où des enseignants de gauche (pléonasme) tenteront de leur inculquer les bases du savoir, une tâche ardue, il ne faut pas se le cacher… Et ces chères têtes blondes, brunes, rousses et autres nous feront quelque part revivre nos propres rentrées des classes…

Un conseil, ne regardez pas la grand-messe du vingt-heures ce soir ; à moins d’être porté sur le plaisir sadique et de vous pogner le spaghetti à mayonnaise sous pression en visionnant les habituels marronniers de la rentrée des classes : les effectifs trop importants et les refus de création de nouvelles classes, les moutards bramant des litres de larmes et gueulant comme des sirènes d’alerte à la grande époque de la Kommandantur, les mères à cheveux gras et verbe hésitant, témoin d’une culture téléréalistique, grognant les conditions d’accueil de leurs tétards à hublots, et l’incontournable chipie blonde à couettes qui braille à 120 dB dans le micro…

C’est qu’il faut remplir coco ! C’est qu’on a pas tous les jours une catastrophe aérienne, un attentat de Daesh ou la mort d’une célébrité pour tenir la tête du vingt heures… Il ne tombe pas un DSK à moitié à poil et la goutte au gland dans une chambre de Sofitel tout rôti dans l’escarcelle toutes les semaines… On peut prier Saint-Elkabbach du Scoop de la Mort qui Tue avec trois douzaines de cierges pascaux modèle « Jeux Gourmands à la Fistinière » avant de dégoter un Cas Huzac, les yeux dans les yeux et le pognon dans le compte helvète…

C’est roupie de sansonnet souffreteux que la dépêche selon laquelle le pot à tabac du Beffroi s’est ruiné un Sloggi quadruple XL en apprenant la démission de Manu Macaron, le trombineur de la trisaïeule à Dalida. Contente qu’il gicle (enfin, façon de parler) parce qu’il ne lui avait pas fait d’avances, le sulfateur de dindons racornis ? Qu’elle soit au contraire ravie, Titine Aubry, c’est qu’elle est quelque part encore consommable. Manu Macaron, c’est comme Amélie Nothomb, il n’aime que les trucs pourris…

Que vouliez-vous qu’on fasse, à part une brève en résumé de l’intention de Bruno Le Marie, s’il est élu à l’Elysée, de supprimer l’ENA ? Triple obstacle : Bruno Le Maire, inconnu au bataillon, il ne fait pas bander la ménagère quarantenaire ; son élection comme Président, autant demander à ce qu’il pleuve du Pétrus 1949 ; la suppression de l’ENA, impossible de virer une telle fabrique d’incapables…

Et ne comptez pas faire de l’audience et plus de quinze secondes avec le recrutement d’une nouvelle Miss Météo sur France Info, en la personne de Claire Chazal, qui peine à recycler sa perruque blonde dégueulasse depuis qu’elle s’est faite virer de la première…

Si les nouvelles du jour vous ont trop atomisé le moral, remontez le temps et visionnez donc un chef d’œuvre du cinéma français, « Le Voyage dans la Lune » de Georges Méliès, sorti le 1er septembre 1902 au théâtre Robert Houdin à Paris. Rassurez-vous c’est très propre, ce n’est pas le récit des mémoires de Chazot…