mercredi 25 juillet 2018

Brèves du 25 Juillet 2018

« Tournez, tournez, rotatives,
« Vendez ça comme la lessive […]
« Le tirage baisse à grande vitesse,
« Vite, publiez une histoire de fesses […]
« Il nous faut pour tenir le coup
« Des histoires à dormir debout… »

Je ne suis pas un admirateur béat et hystérique de Guy Béart et de ses récitals de quatre heures trente minimum ; mais je dois reconnaître que son « Tournez rotatives » est encore aujourd’hui d’une actualité au moins aussi brûlante que les thermomètres français et les forêts athéniennes. Surtout dans la version parodique qu’en donna Thierry Le Luron dans son spectacle au Théâtre Marigny en 1979.

Comme la lessive, on est en train de nous faire mousser, tels des dizaines de milliers de caisses de bières pas toujours très fraîches… On nous beurre le sillon interfessier avec des suppositions allégatoires qui n’auraient pas paru crédibles dans un mauvais vaudeville d’Au Théâtre Ce Soir… On glose sur les hésitations bêtasses d’un concon ministériel qui ferait passer Jeanfi pour un Einstein survitaminé… On nous gave telles des oies malingres à quinze jours de Noël de pastiches douteux, de caricatures grossières et d’à-peu-près tout aussi navrants que l’intégrale de Gad Elmaleh…

On échafaude des hypothèses interrogatives qui tiendraient autant que les tribunes à Furiani devant la raison pure ; on se maroufle la spatule à crème pâtissière tout en dégobillant des horreurs vexatoirement infâmantes sur Qui-Vous-Savez ; on s’enivre des absurdités affabulationnistes des siphonnés de la cafetière qui prennent les réseaux sociaux pour les derniers endroits où se love la vérité vraie…

Et pourtant, on ne sait rien ! Ou si peu ! Pour un peu, on se ferait traiter de Gérard Collomb que ce ne serait que l’exacte transcription de notre crasse inculturance flagrante sur l’affaire Benalla.

On en a vu, des séries à rebondissements qui meublaient les moites journées d’été où l’observation de deux moustiques se disputer une gamelle de flotte croupie au fond du jardinet de chez Tante Marthe était le summum de l’excitation, des interminables feuilletons multirediffusés qui vous barbiturent l’esprit encore plus surement qu’un discours de Mélenchon, et des émissions soporifiques sur l’élevage des barbouziers nains en basse Vallée de la Plouchtargue. Mais une saga comme « Benalla et moi », jamais !

Au début, je vous avoue que je suis resté assez frileux sur la chose. Une vidéo quasi-virale d’un bougnoule casqué qui tabasse des manifestants, comme teaser on a fait beaucoup mieux depuis les gros navions du 11 septembre…

Et puis c’est comme en cuisine quand vous vous apercevez que le cari de piment aux épices qui devait vous atomiser les hémorroïdes ressemble à une soupe de navet à l’eau, on rajoute du piquant : le tabasseur est en fait un proche du Président qui se passe les nerfs sur des passants, parce que la mère Macron, faut se l’infuser. Entre ses bombonnes de botox, son sarcophage et ses coquetiers à trois cents boules l’unité ; pas étonnant que son jupitérien époux aille renifler l’herbe d’autres herbages !

Fatalement, la surenchère médiatique fait qu’immédiatement, on se pique les infos, vérifiées ou non, et on en rajoute une couche qui fera l’exclusivité comme ces pauvres 4L à qui l’on rajoute une baguette chromée pour faire plus bourgeois et qui ne font que plus ridicules. D’obscur lampiste, le Fils-de-Dieu est catapulté quasi-First Lady bis avec des avantages aussi long que le bras de la statue de la Liberté, débordant même sur des privautés de plus privées avec Manu…

Faut dire qu’il a tout fait pour, le Manu ! Aller loger aux frais de la Princesse un barbouze pas blanc bleu là où Mitterrand logeait sa deuxième femme… Et se faire flasher avec lui quasi automatiquement qu’on croirait presque que c’est le concours « Ma binette partout »…

Voyant que la sauce prend magnifiquement (en ces périodes estivales, on balancerait que Cyril Féraud est une femme que toutes les vioques à cheveux bleus le croiraient), nos mass-merdias récurent comme des désespérés les fonds de poubelles les plus scabreux pour tenter de maintenir le soufflé encore de belle facture pendant quelques jours (alors qu’avec une petite pilule bleue, vous fendillez l’émail du lavabo fingers in zen ose et gourdin in ze trou-de-balle) : et Benalla avait les clés de la résidence secondaire des Macron (sous-entendu, il est introduit partout), et il était Grand-Croix de la Légioin d’Honneur avec palmes et fourragère, et on aurait même vu Trump venir le consulter…

D’accord, comme le rappelait Beaugrand après la Gay-Pride, plus c’est gros et mieux ça passe, mais faudrait voir à arrêter de pousser Mémé dans les bégonias, parce que je suis contre les violences faites aux fleurs…

Et puis y a le pas de trop, le chouïa qu’il fallait pas, la goutte qui fait déborder la baignoire… A trop vouloir éteindre l’incendie en attisant les braises, le Gouvernement joue les pompiers pyromanes (certainement parce que Castaner ne se sent plus à la vue d’uniformes). Et on envoie en première ligne le Sinistre de l’Intérieur refaire le grand numéro de « Je sais rien mais je dirai tout » avec un air de benêt que n’aurait pas renié Jean Lefèbvre, avec l’affirmation de la mort qui tue « Je ne connais pas Alexandre Benalla ». ben faut te retourner de temps à autre, Gégé !

Comme Manu est un lettré et qu’il sait que bis repetita placent, il envoie Castaner au casse-pipe pour le double effet Kiss-Cool. Mais le rugbyman à carrure d’armoire normande ne connait pas la demi-mesure et sort la kalachnikov pour liquider un moucheron : Benalla l’omniprésent était avec les Bleus dans le bus, mais il se chargeait des bagages… Question bagage, Totophe avait dû se prendre une fameuse valouze avant pour pondre une pareille ânerie…

Et heureusement, et vous pourrez le vérifier dans le pire navet de série Z rediffusé sur un canal improbable, il arrive toujours le moment stratégique, où le Sage prend la parole et annonce le dénouement de la crise, ce qui permet de se mettre en roue libre jusqu’au mot fin.

Et là, Manu a parlé. Il a dit. L’Evangile s’est écrite. Alors maintenant, ite missa est, hein ! Retournez faire mumuse avec les pâtés de sable, les seaux en plastique, les méduses et le string de votre cousine ; plaignez-vous de la chaleur qui augmente, de vos revenus qui baissent, de la portion de paella que ce voleur de vendeur à la sauvette vous a vendu au prix du litre de Chanel n° 5 ; râlez sur ces connards de hollandais qui jouxtent votre tente et qui foutent dès six heures du matin l’intégrale de Conny Vandenbos à pleins tubes…

Mais par pitié, ne nous bassinez plus avec l’Affaire Benalla ! D’ailleurs, il n’y a pas d’affaire Benalla. Ce n’est pas une affaire d’état, tout au plus des chicaneries politico-merdiatiques pour faire passer le temps estival. D’ailleurs, personne au Gouvernement ne connaît Monsieur Benalla. Il n’y a jamais eu de Monsieur Benalla, pas plus qu’il n’y a eu en France de Président jupitérien qui préférait se faire casser le vase de Soissons plutôt que d’arroser sa vieille crémière. D’ailleurs, il n’y a jamais eu de Président en France, et on en est même à se demander s’il y a eu la France…

Et pour continuer dans la vacuité la plus vide, saluons la naissance le 25 juillet 1974 de Laurent Kérusoré, l’immarcescible et gay Thomas Marci de la série « Plus Belle La Vie », interminable soap aux rebondissements invraisemblables dont les scenarii sont visiblement signés Macron-Castaner. D’ici à ce que Benalla y fasse un caméo prochainement…

L’image contient peut-être : 1 personne, debout

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire