Après le Papa pingouin, la mère poule…
Décidément, le Grand Prix du Concours Eurovision de la Chanson ne cesse, année après année, de nous étonner et de nous surprendre (et par surprendre, je ne parle pas de partouze, quoique dans les coulisses, ça coulisse…). Faisant suite à un quarteron de femelles emperlouzées toutes ex-aequo, un tie-break franco-suédois où on se la fit mettre dans les grandes largeurs, un morceau plus musical que chanté, un Monsieur-madame, des monstres, des mongols azéris et un neurasthénique à queue de morue, voilà que la vénérable institution sexagénaire (et du point de vue des fans beaucoup plus sexa que génaire) nous pond un trio de tête avec deux poules et un coq…
Vous me direz qu’avec la volaille piaillante qui présidait la cérémonie, c’était normal… Un quatuor de présentatrices généralement vêtues de décolletés plongeants entourés de quelques centimètres carrés de tissu, de horions dont même Emmaus n’a pas voulu pour tapisser l’intérieur de ses poubelles et d’oripeaux flashy inspirés par Liberace qui seraient de mauvais goût même à la Gay Pride, ont animé avec la conviction d’un pasteis de nata anémié un Concours qui n’a pas brillé par son peps et son esprit.
Vous voulez vous choper un moral de réveillon de fin d’année et une gaule à péter l’émail du lavabo quand on ouvre l’émission sur deux fados qui vous donnent envie d’ouvrir le gaz et les veines ? D’accord, ça fait couleur locale et c’est ce qu’exporte le mieux le Portugal avec Linda de Suza et les peignes en écaille de morue que vous envoie Tata Rodriguez da Carvalho en paquet fado ; mais dans une compétition aussi enjouée et gaie que l’Eurovision, c’est un peu comme si on jouait « Le Petit Bonhomme en mousse » au beau milieu d’un enterrement…
Et je ne causerai même pas des DJ, issus de la promotion David Guetta sans doute, qui nous l’ont fait à la sauce panais sur la cérémonie des drapeaux où tous avaient le manche là ou il fallait…
Et puis, on a commencé les choses sérieuses… Coïncidence, la pluie a redoublé de puissance chez nous…
Allez, on se fade du fado comme des fadas et une revue de détail, dans l’ordre du palmarès.
1. ISRAËL : Dites, c’est ça ? C’est vraiment ÇA que les europétasses et les sourdingues chroniques nous ont bombardé Grand Prix, dans un geste d’inconscience collectif qui révèle leur abyssopélagique connerie musicale ? On dirait Silvia Night au rayon Jouets du BHV… D’accord, c’est actuel dans la musique, mais affligeant au dernier degré et dramatiquement répétitif dans les paroles… Un jouet, quoi… Netta se la joue manga 100 %, imite une poule qu’on rêve de foutre au pot avec un gros navet dans l’orifice buccal mais au final, c’est nippon ni mauvais. Une Bjork hébreue en aussi déjantée mais moins talentueuse car la voix est mal placée et pas toujours juste. Le genre de Grand Prix qui va alimenter le moulin des détracteurs, et faire pisser de transe les eurofans qui ont mis juste et qui s’imaginent les Pic de la Mirandole du bon goût musical…
2. CHYPRE : Après la poule israélienne, la poule chypriote, une espèce de Shakira eurovisuelle qui a trop forcé sur le collagène et le botox, avec une bouche à pipes qui veut mettre le « Fuego » avec un truc peu digeste qui mélange trop de styles musicaux pour plaire. Un peu comme la Renault Fuego, au final… Pour aérer son brushing, elle l’aère ! Elle chante avec sa tignasse et elle remue son popotin faute de chanson potable. Un ersatz de Shakira parfaitement putassier.
3. Autriche : A l’instar (tignolle) de son illustre prédécessuer, le Cesar viennois est venu, a vu et a presque vaincu. La chanson est trop uniforme mais se retient assez facilement, et elle a été défendue correctement. En revanche, il est mal fringué avec des habits de tous les jours, couleur muraille, mais qui mettent bien en évidence ses talents cachés et un instrument à plaisir fort bien dimensionné… Reste qu’il transmet quelque chose à la caméra, et ça lui a permis de se marquer des points.
4. ALLEMAGNE : Une ballade toute simple, façon James Blunt sous Lexomyl et un interprète à première vue insignifiant, avec son balai espagnol en guise de moumoutte. Mais dès qu’il l’ouvre… L’émotion est au rendez-vous, aidée en cela par un visuel fort et explicite, et une interprétation vécue ; Michael chante avec ses tripes et sincérité, et ça s’est ressenti. Un futur classique.
5. ITALIE Un duo très sympa, aux voix typiquement italiennes, cassées et rodées aux clopes sans filtre. Et au surplus, une ritournelle plutôt agréable avec un message fort qui a touché le public. L’Italie italianise dans ses plus italianisantes italianeries, et on est prêts à se resservir deux fois de la pasta. Après, ce n’est pas avec ce bonbon rital que les enturbannés de tout poil vont faire dans leur froc, mais bon…
6. TCHÉQUIE : Mi-parlé, mi-chanté, une proposition pas inintéressante qui m’a fait dresser l’oreille, alors que d’autres ont dressé autre chose devant ce petit jeunot aux airs de Matt Damon et à la voix déjà bien grave. Il doit en être à trois paquets de Marlboro sans filtre par jour… Présentation tendance ado Coca-Cola et sponsorisé par Eastpack avec ce sac à dos et le remuage de popotin durant le break musical, qui a excité les fans… Classement assez étonnant…
7. SUÈDE : Encore un puceau qui n’a pas fini de muer… Chanson dance efficace mais qui peine à monter en puissance, genre 2cv en côte…. Et qui plafonne une fois sa vitesse de croisière atteinte. Le minimum syndical suédois avec un morceau pop léché et calibré, frais mais pas emballant car trop gnagna à la corde. Présentation trop sombre (qui illustre le titre de sélection suédoise de 1986 « Dansa i neon ») avec ces néons de cabines à UV qui cache cet ersatz de Timberlake à la tessiture de Patrick Juvet jeune fille. Et en prime une claque mémorable de la part du télévote. Bien fait !
8. ESTONIE : Une pseudo-Callas de l’Est qui se la joue diva dans un italien approximatif et des vocalises prétendument lyriques pas toujours justes et déjà démodées en 1962 avec « Nur in die Wiener luft » d’Eleonore Scwharz. Pratique toutefois pour tester la résistance de vos plats en Pyrex… Quant à la robe de dix mètres de diamètre, on a déjà vu ça chez la moldave de 2013… Mis à part les effets de robe et les contre-ut qui font craindre pour le cristal de Tante Marthe…
9. DANEMARK : Une montée en puissance agréable malgré un goût de déjà entendu pour une chanson bien sympatoche. Une mise en scène guerrière façon Game Of Thrones pour Vickie le Vicking qui a bien grandi. Chorégraphie qui rappelle la Grèce 2002, et ça suinte la testostérone. Construction classique, mais efficace et planant. Un coup de cœur qui peut remercier le télévote !
10. MOLDAVIE : Une agréable resucée de l’année dernière. Maintenant que les moldaves ont compris la recette, ils vont l’épuiser jusqu’à la corde. Ambiance gypsy pas désagréable pour une chanson joyeuse et entraînante, qui met la pêche. Un trio sympa aux costumes rétro dans un vaudeville eurovisuel avec les portes qui claquent, un agréable jeu de scène pompé sur Lalaland. Délicieusement kitsch, pas prétentieux et résolument positif.
11. ALBANIE : C’est mou comme du Dunlopillo, et sa voix accroche comme du velcro. On a beaucoup de « Mall » à l’écouter tant c’est répétitif et gueulard. Les seuls points positifs, c’est qu’il chante en version originale, et qu’il sait chanter… Planté sur la scène, il s’emmerde autant que nous… On ne s’ennuie pas une seconde, on se fait chier trois minutes… Apparemment, les européens sont constipés pour voter pour une telle dragée Fuca…
12. LITUANIE : Encore un somnifère soporifique, même pas bien ronflé par une dépressive chronique qui pointe difficilement à moins deux de tension… Une robe fade pour une prestation fade sur le pont de soupirs… Même pas la force de se tenir debout et de sortir deux notes justes. Que c’est mauvais, ennuyeux et amateur. Et un résultat très surprenant pour une telle soupe fadasse et écœurante.
13. France : Vu le niveau du reste, on pouvait raisonnablement penser que « Mercy » aurait pu honorablement se classer… Seulement… Seulement, c’est toujours aussi dégoulinant de bons sentiments frelatés, d’opportunisme franco-français… Les costumes de Gaultier sont lugubres, la scénographie inexistante, Madame susurre en se la jouant minaudante (avec un look d’institutrice lesbienne frigide, autant demander à Gastambide de jouer du Ionesco) et Monsieur se contente de gratter… On a sauvé les meubles, et avec un thème aussi clivant et casse-gueule, c’est déjà beau ! MadameMonsieur, bonsoir !
14. BULGARIE : Un machin vaguement ethnique (ta mère) qui fait boom-boom et qui risquait fort de tomber sur un os en finale… Ça fera ton sur ton avec le titre… En noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir… Sans chichis superflus. On chante et on chante pas mal. Mais ça ne suffit plus désormais…
15. NORVÈGE : Le retour de… Ambiance funky et groovy pour un produit calibré pour plaire, entraînant et pas prétentieux malgré un texte indigent et l’irremplaçable intermède violon, Monsieur Ryback étant connu pour son instrument… Efficace car le coco a du métier et ça se voit. Le Monsieur Pointu eurovisuel n’a pas réussi la passe de deux, son charisme n’ayant pas agi, et c’est dommage.
16. Irlande : Ballade irlandaise classique, trop classique, avec un Ryan qui se la coince dans la fermeture éclair de temps à autre…Parfait en 1988, aujourd’hui… Bof… Un « Nous les amoureux » version 2018 avec un visuel des plus explicites et Ryan pétrifié à la guitare, dégageant une énergie de pinte de stout tiède… Le résultat final est logique.
17. UKRAINE : Du réchauffé sous-vide, prêt à consommer avec un jeunot qui fera mouiller les pisseuses et les invertis pur sucre, mais qui semble avoir du mal à pousser la note… Par contre, le Dracula ukrainien aux yeux vairon dérangeants a marqué des points avec une présentation originale. Entre la sortie de son cercueil-piano et le feu aux marches, c’était efficace, à défaut d’avoir une chanson potable. Gamelle prévisible.
18. PAYS-BAS : Cap sur la country couillue avec la voix typiquement américaine de Waylon. Chanson qui rentre bien dans la tête, et globalement bien fichue. De la country sympa, punchy et convaincante qui vous transporte dans un festival non loin de la Route 66. Carton rouge pour la veste léopard juste pas possible et les danseurs inutiles. Décidément, sorti de la soupe larmoyante, de la pop pour tafioles et des galéjades bêtifiantes façon poule israélienne, rien d’original et authentique ne fonctionne au concours…
19. SERBIE : Un truc pseudo-folklo fait d’un patchwork difficilement digestible auditivement. On en fait encore, des machins pareils, là-bas ? Remarquez, ils ont bien encore des Renault 12 neuves, alors… Ethnique à fond, le truc qui vous soûle depuis vingt ans, mais avec une ambiance. Un petit coucou à Jean Schulteis à la flute, et à Dracula barbu. Formaté et au final sans grande âme. D’où le gadin.
20. AUSTRALIE : Et encore une couineuse façon gonds de porte mal graissés qui glapit du Stock-Aitken-Waterman première période avec un déguisement de top-model chez Olida… Gentillet mais sans plus. Faut dire que le boudin en bleu lamé avec son rouleau de PQ sui pendouille remue bien le jambonneau… La viande sera ferme sur le cuissot de la dame qui se tortille façon tourista aiguë, voire bourrée auvergnate. Ras-le-bol de ces excitées de la glotte qui vagissent…
21. HONGRIE : On ressort les grattes électriques, les gilets de cuir et les perruques chevelues à la « Europe ». Rock de l’est des eighties qui gueule et dégueule faux de chez faux. On vomit ses tripes sur scène pour ce morceau hors moule Eurovision. Difficilement écoutable jusqu’au bout car ça lasse cite, mais c’est en version originale et c’est bien le seul point positif. Quand on vous dit que le métal n’est pas eurovisuel…
22. SLOVÉNIE : Mouais… Musique heurtée et assez rebutante pour un rap slovène desservi par la voix quelconque, désagréable et mal posée d’une chanteuse attifée d’une tenue putassière et surmontée d’un accident de coiffure. Pénible sur la longueur, on attend que ça se finisse en se bouchant les oreilles… Et on n’est décidément plus étonné du faux incident. Le classement est hautement justifié.
23. ESPAGNE : La ballade d’amour intemporelle servie par une voix masculine assez désagréable et une voix féminine nunuche. C’est tellement démodé que ça en deviendrait sans âge. Aucune émotion ne se dégage des interprètes qui débitent leur fadaise comme ils feraient un sudoku, des costumes exhumés d’une espagnolade datée au Théâtre du Chatelêt en 1955 et pas convaincant au final, tellement éloigné de la vitalité espagnole… Au moins, on sait enfin quel effet cela doit faire d’être dans le coma…
24. ROYAUME-UNI : L’orage anglais est plutôt une bonne averse mais relèvait toutefois le niveau après des années de bruine eurovisuelle. Mais il y a une persistante et désagréable impression de plagiat au refrain… SuRie, avec une robe blanche plutôt sympa, a défendu ce qu’il y avait à défendre, et a eu le cran de continuer malgré l’incident du micro. Quand on vous dit que les anglais ne font rien comme les autres…
25. FINLANDE : C’eut été parfait voici quelques années, mais ce genre de chansons a passé de mode. Voix tantôt sucrée, tantôt sirène de paquebot en détresse. Ça laisse plutôt indifférent. Les choristes ressemblent à des SS et une chorégraphie qui plombe la chose… Sinon, assez bonne utilisation de la scène. Le résultat est sévère, mais c’est hélas une tradition finlandaise…
26. PORTUGAL : Un décalque de Salvador sans les couilles et la queue de morue. Ça ronfle sec pendant trois minutes. Le syndrome France Gall dans toute sa splendeur, incarné par deux brouteuses de première pression qui couinent pendant trois longues minutes une mièvrerie terminale, une daube inbectable sans voix ni loi. Ou comment faire le grand écart dans le classement… Queue de palmarès amplement méritée.
Au final, l’Eurovision couronne une des chansons les plus bêtifiantes de son histoire, sous le prétexte que c’est une invocation du hashtag « MeToo »… Au quinzième degré, pourquoi pas, avec des œillères et des boules Quiès… On soulignera la coïncidence du soixante-dixième anniversaire de l’Etat d’Israël et ses victoires à vingt ans de distance. On est prêt pour 2038…
La France sauve des meubles qu’on pensait un peu trop vite favoris, mais ça devient une habitude hexagonale. Bravo à l’Autriche et à l’Italie qui ont sauvé des chansons moyennes par des prestations léchées…
On verra bien ce que le Concours 2019 nous pondra comme poules… Façon Netta ou façon Eleni… De toutes manières, ça risque de finir en omelette avec tous ces œufs pas frais et pas gobables… Comme le glapit la Bjork sous acide du kibboutz, « je ne suis pas ton jouet ». Eh non, l’Eurovision n’est pas un jouet…
Décidément, le Grand Prix du Concours Eurovision de la Chanson ne cesse, année après année, de nous étonner et de nous surprendre (et par surprendre, je ne parle pas de partouze, quoique dans les coulisses, ça coulisse…). Faisant suite à un quarteron de femelles emperlouzées toutes ex-aequo, un tie-break franco-suédois où on se la fit mettre dans les grandes largeurs, un morceau plus musical que chanté, un Monsieur-madame, des monstres, des mongols azéris et un neurasthénique à queue de morue, voilà que la vénérable institution sexagénaire (et du point de vue des fans beaucoup plus sexa que génaire) nous pond un trio de tête avec deux poules et un coq…
Vous me direz qu’avec la volaille piaillante qui présidait la cérémonie, c’était normal… Un quatuor de présentatrices généralement vêtues de décolletés plongeants entourés de quelques centimètres carrés de tissu, de horions dont même Emmaus n’a pas voulu pour tapisser l’intérieur de ses poubelles et d’oripeaux flashy inspirés par Liberace qui seraient de mauvais goût même à la Gay Pride, ont animé avec la conviction d’un pasteis de nata anémié un Concours qui n’a pas brillé par son peps et son esprit.
Vous voulez vous choper un moral de réveillon de fin d’année et une gaule à péter l’émail du lavabo quand on ouvre l’émission sur deux fados qui vous donnent envie d’ouvrir le gaz et les veines ? D’accord, ça fait couleur locale et c’est ce qu’exporte le mieux le Portugal avec Linda de Suza et les peignes en écaille de morue que vous envoie Tata Rodriguez da Carvalho en paquet fado ; mais dans une compétition aussi enjouée et gaie que l’Eurovision, c’est un peu comme si on jouait « Le Petit Bonhomme en mousse » au beau milieu d’un enterrement…
Et je ne causerai même pas des DJ, issus de la promotion David Guetta sans doute, qui nous l’ont fait à la sauce panais sur la cérémonie des drapeaux où tous avaient le manche là ou il fallait…
Et puis, on a commencé les choses sérieuses… Coïncidence, la pluie a redoublé de puissance chez nous…
Allez, on se fade du fado comme des fadas et une revue de détail, dans l’ordre du palmarès.
1. ISRAËL : Dites, c’est ça ? C’est vraiment ÇA que les europétasses et les sourdingues chroniques nous ont bombardé Grand Prix, dans un geste d’inconscience collectif qui révèle leur abyssopélagique connerie musicale ? On dirait Silvia Night au rayon Jouets du BHV… D’accord, c’est actuel dans la musique, mais affligeant au dernier degré et dramatiquement répétitif dans les paroles… Un jouet, quoi… Netta se la joue manga 100 %, imite une poule qu’on rêve de foutre au pot avec un gros navet dans l’orifice buccal mais au final, c’est nippon ni mauvais. Une Bjork hébreue en aussi déjantée mais moins talentueuse car la voix est mal placée et pas toujours juste. Le genre de Grand Prix qui va alimenter le moulin des détracteurs, et faire pisser de transe les eurofans qui ont mis juste et qui s’imaginent les Pic de la Mirandole du bon goût musical…
2. CHYPRE : Après la poule israélienne, la poule chypriote, une espèce de Shakira eurovisuelle qui a trop forcé sur le collagène et le botox, avec une bouche à pipes qui veut mettre le « Fuego » avec un truc peu digeste qui mélange trop de styles musicaux pour plaire. Un peu comme la Renault Fuego, au final… Pour aérer son brushing, elle l’aère ! Elle chante avec sa tignasse et elle remue son popotin faute de chanson potable. Un ersatz de Shakira parfaitement putassier.
3. Autriche : A l’instar (tignolle) de son illustre prédécessuer, le Cesar viennois est venu, a vu et a presque vaincu. La chanson est trop uniforme mais se retient assez facilement, et elle a été défendue correctement. En revanche, il est mal fringué avec des habits de tous les jours, couleur muraille, mais qui mettent bien en évidence ses talents cachés et un instrument à plaisir fort bien dimensionné… Reste qu’il transmet quelque chose à la caméra, et ça lui a permis de se marquer des points.
4. ALLEMAGNE : Une ballade toute simple, façon James Blunt sous Lexomyl et un interprète à première vue insignifiant, avec son balai espagnol en guise de moumoutte. Mais dès qu’il l’ouvre… L’émotion est au rendez-vous, aidée en cela par un visuel fort et explicite, et une interprétation vécue ; Michael chante avec ses tripes et sincérité, et ça s’est ressenti. Un futur classique.
5. ITALIE Un duo très sympa, aux voix typiquement italiennes, cassées et rodées aux clopes sans filtre. Et au surplus, une ritournelle plutôt agréable avec un message fort qui a touché le public. L’Italie italianise dans ses plus italianisantes italianeries, et on est prêts à se resservir deux fois de la pasta. Après, ce n’est pas avec ce bonbon rital que les enturbannés de tout poil vont faire dans leur froc, mais bon…
6. TCHÉQUIE : Mi-parlé, mi-chanté, une proposition pas inintéressante qui m’a fait dresser l’oreille, alors que d’autres ont dressé autre chose devant ce petit jeunot aux airs de Matt Damon et à la voix déjà bien grave. Il doit en être à trois paquets de Marlboro sans filtre par jour… Présentation tendance ado Coca-Cola et sponsorisé par Eastpack avec ce sac à dos et le remuage de popotin durant le break musical, qui a excité les fans… Classement assez étonnant…
7. SUÈDE : Encore un puceau qui n’a pas fini de muer… Chanson dance efficace mais qui peine à monter en puissance, genre 2cv en côte…. Et qui plafonne une fois sa vitesse de croisière atteinte. Le minimum syndical suédois avec un morceau pop léché et calibré, frais mais pas emballant car trop gnagna à la corde. Présentation trop sombre (qui illustre le titre de sélection suédoise de 1986 « Dansa i neon ») avec ces néons de cabines à UV qui cache cet ersatz de Timberlake à la tessiture de Patrick Juvet jeune fille. Et en prime une claque mémorable de la part du télévote. Bien fait !
8. ESTONIE : Une pseudo-Callas de l’Est qui se la joue diva dans un italien approximatif et des vocalises prétendument lyriques pas toujours justes et déjà démodées en 1962 avec « Nur in die Wiener luft » d’Eleonore Scwharz. Pratique toutefois pour tester la résistance de vos plats en Pyrex… Quant à la robe de dix mètres de diamètre, on a déjà vu ça chez la moldave de 2013… Mis à part les effets de robe et les contre-ut qui font craindre pour le cristal de Tante Marthe…
9. DANEMARK : Une montée en puissance agréable malgré un goût de déjà entendu pour une chanson bien sympatoche. Une mise en scène guerrière façon Game Of Thrones pour Vickie le Vicking qui a bien grandi. Chorégraphie qui rappelle la Grèce 2002, et ça suinte la testostérone. Construction classique, mais efficace et planant. Un coup de cœur qui peut remercier le télévote !
10. MOLDAVIE : Une agréable resucée de l’année dernière. Maintenant que les moldaves ont compris la recette, ils vont l’épuiser jusqu’à la corde. Ambiance gypsy pas désagréable pour une chanson joyeuse et entraînante, qui met la pêche. Un trio sympa aux costumes rétro dans un vaudeville eurovisuel avec les portes qui claquent, un agréable jeu de scène pompé sur Lalaland. Délicieusement kitsch, pas prétentieux et résolument positif.
11. ALBANIE : C’est mou comme du Dunlopillo, et sa voix accroche comme du velcro. On a beaucoup de « Mall » à l’écouter tant c’est répétitif et gueulard. Les seuls points positifs, c’est qu’il chante en version originale, et qu’il sait chanter… Planté sur la scène, il s’emmerde autant que nous… On ne s’ennuie pas une seconde, on se fait chier trois minutes… Apparemment, les européens sont constipés pour voter pour une telle dragée Fuca…
12. LITUANIE : Encore un somnifère soporifique, même pas bien ronflé par une dépressive chronique qui pointe difficilement à moins deux de tension… Une robe fade pour une prestation fade sur le pont de soupirs… Même pas la force de se tenir debout et de sortir deux notes justes. Que c’est mauvais, ennuyeux et amateur. Et un résultat très surprenant pour une telle soupe fadasse et écœurante.
13. France : Vu le niveau du reste, on pouvait raisonnablement penser que « Mercy » aurait pu honorablement se classer… Seulement… Seulement, c’est toujours aussi dégoulinant de bons sentiments frelatés, d’opportunisme franco-français… Les costumes de Gaultier sont lugubres, la scénographie inexistante, Madame susurre en se la jouant minaudante (avec un look d’institutrice lesbienne frigide, autant demander à Gastambide de jouer du Ionesco) et Monsieur se contente de gratter… On a sauvé les meubles, et avec un thème aussi clivant et casse-gueule, c’est déjà beau ! MadameMonsieur, bonsoir !
14. BULGARIE : Un machin vaguement ethnique (ta mère) qui fait boom-boom et qui risquait fort de tomber sur un os en finale… Ça fera ton sur ton avec le titre… En noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir… Sans chichis superflus. On chante et on chante pas mal. Mais ça ne suffit plus désormais…
15. NORVÈGE : Le retour de… Ambiance funky et groovy pour un produit calibré pour plaire, entraînant et pas prétentieux malgré un texte indigent et l’irremplaçable intermède violon, Monsieur Ryback étant connu pour son instrument… Efficace car le coco a du métier et ça se voit. Le Monsieur Pointu eurovisuel n’a pas réussi la passe de deux, son charisme n’ayant pas agi, et c’est dommage.
16. Irlande : Ballade irlandaise classique, trop classique, avec un Ryan qui se la coince dans la fermeture éclair de temps à autre…Parfait en 1988, aujourd’hui… Bof… Un « Nous les amoureux » version 2018 avec un visuel des plus explicites et Ryan pétrifié à la guitare, dégageant une énergie de pinte de stout tiède… Le résultat final est logique.
17. UKRAINE : Du réchauffé sous-vide, prêt à consommer avec un jeunot qui fera mouiller les pisseuses et les invertis pur sucre, mais qui semble avoir du mal à pousser la note… Par contre, le Dracula ukrainien aux yeux vairon dérangeants a marqué des points avec une présentation originale. Entre la sortie de son cercueil-piano et le feu aux marches, c’était efficace, à défaut d’avoir une chanson potable. Gamelle prévisible.
18. PAYS-BAS : Cap sur la country couillue avec la voix typiquement américaine de Waylon. Chanson qui rentre bien dans la tête, et globalement bien fichue. De la country sympa, punchy et convaincante qui vous transporte dans un festival non loin de la Route 66. Carton rouge pour la veste léopard juste pas possible et les danseurs inutiles. Décidément, sorti de la soupe larmoyante, de la pop pour tafioles et des galéjades bêtifiantes façon poule israélienne, rien d’original et authentique ne fonctionne au concours…
19. SERBIE : Un truc pseudo-folklo fait d’un patchwork difficilement digestible auditivement. On en fait encore, des machins pareils, là-bas ? Remarquez, ils ont bien encore des Renault 12 neuves, alors… Ethnique à fond, le truc qui vous soûle depuis vingt ans, mais avec une ambiance. Un petit coucou à Jean Schulteis à la flute, et à Dracula barbu. Formaté et au final sans grande âme. D’où le gadin.
20. AUSTRALIE : Et encore une couineuse façon gonds de porte mal graissés qui glapit du Stock-Aitken-Waterman première période avec un déguisement de top-model chez Olida… Gentillet mais sans plus. Faut dire que le boudin en bleu lamé avec son rouleau de PQ sui pendouille remue bien le jambonneau… La viande sera ferme sur le cuissot de la dame qui se tortille façon tourista aiguë, voire bourrée auvergnate. Ras-le-bol de ces excitées de la glotte qui vagissent…
21. HONGRIE : On ressort les grattes électriques, les gilets de cuir et les perruques chevelues à la « Europe ». Rock de l’est des eighties qui gueule et dégueule faux de chez faux. On vomit ses tripes sur scène pour ce morceau hors moule Eurovision. Difficilement écoutable jusqu’au bout car ça lasse cite, mais c’est en version originale et c’est bien le seul point positif. Quand on vous dit que le métal n’est pas eurovisuel…
22. SLOVÉNIE : Mouais… Musique heurtée et assez rebutante pour un rap slovène desservi par la voix quelconque, désagréable et mal posée d’une chanteuse attifée d’une tenue putassière et surmontée d’un accident de coiffure. Pénible sur la longueur, on attend que ça se finisse en se bouchant les oreilles… Et on n’est décidément plus étonné du faux incident. Le classement est hautement justifié.
23. ESPAGNE : La ballade d’amour intemporelle servie par une voix masculine assez désagréable et une voix féminine nunuche. C’est tellement démodé que ça en deviendrait sans âge. Aucune émotion ne se dégage des interprètes qui débitent leur fadaise comme ils feraient un sudoku, des costumes exhumés d’une espagnolade datée au Théâtre du Chatelêt en 1955 et pas convaincant au final, tellement éloigné de la vitalité espagnole… Au moins, on sait enfin quel effet cela doit faire d’être dans le coma…
24. ROYAUME-UNI : L’orage anglais est plutôt une bonne averse mais relèvait toutefois le niveau après des années de bruine eurovisuelle. Mais il y a une persistante et désagréable impression de plagiat au refrain… SuRie, avec une robe blanche plutôt sympa, a défendu ce qu’il y avait à défendre, et a eu le cran de continuer malgré l’incident du micro. Quand on vous dit que les anglais ne font rien comme les autres…
25. FINLANDE : C’eut été parfait voici quelques années, mais ce genre de chansons a passé de mode. Voix tantôt sucrée, tantôt sirène de paquebot en détresse. Ça laisse plutôt indifférent. Les choristes ressemblent à des SS et une chorégraphie qui plombe la chose… Sinon, assez bonne utilisation de la scène. Le résultat est sévère, mais c’est hélas une tradition finlandaise…
26. PORTUGAL : Un décalque de Salvador sans les couilles et la queue de morue. Ça ronfle sec pendant trois minutes. Le syndrome France Gall dans toute sa splendeur, incarné par deux brouteuses de première pression qui couinent pendant trois longues minutes une mièvrerie terminale, une daube inbectable sans voix ni loi. Ou comment faire le grand écart dans le classement… Queue de palmarès amplement méritée.
Au final, l’Eurovision couronne une des chansons les plus bêtifiantes de son histoire, sous le prétexte que c’est une invocation du hashtag « MeToo »… Au quinzième degré, pourquoi pas, avec des œillères et des boules Quiès… On soulignera la coïncidence du soixante-dixième anniversaire de l’Etat d’Israël et ses victoires à vingt ans de distance. On est prêt pour 2038…
La France sauve des meubles qu’on pensait un peu trop vite favoris, mais ça devient une habitude hexagonale. Bravo à l’Autriche et à l’Italie qui ont sauvé des chansons moyennes par des prestations léchées…
On verra bien ce que le Concours 2019 nous pondra comme poules… Façon Netta ou façon Eleni… De toutes manières, ça risque de finir en omelette avec tous ces œufs pas frais et pas gobables… Comme le glapit la Bjork sous acide du kibboutz, « je ne suis pas ton jouet ». Eh non, l’Eurovision n’est pas un jouet…
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