vendredi 17 novembre 2023

Brèves du 17 Novembre 2023

« Vi maler byen rød og himlen hvid af stjerneskær

« Det grå og triste får en ekstra farveklat

« Så gi'r vi nattens tøj et penselstrøg og gerne fler'

« Og først når solen si'r godmorgen og ta'r fat

« Si'r vi godnat… »

 

Brigitte Macaron me le confiait encore tout à l’heure au sortir de son injection bihebdomadaire d’une bombonne de botox modèle Hilary Clinton ; c’est définitivement dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, et en tous cas, dans les antiques cassolettes qu’on cuisine les meilleures tambouilles. D’ailleurs, son président de mari, grand décrasseur de dindon fripé devant l’éternel, est passé maître-queue dans l’art et la manière délicate d’accommoder les restes de femme…

 

Ce n’est pas Birthe Kjær, multirécidiviste du Dansk Melodi Grand Prix et médaillée de bronze au Grand Prix Eurovision 1989 grâce à ce « Vi maler byen rød » dans le plus pur style cabaret danois eurovisuel, qui contredira les dires de la doublure lumière d’Amanda Lear.

 

C’est à quarante balais bien sonnés, et presque autant de tentatives malheureuses à la sélection danoise, que Birthe foula enfin la scène eurovisuelle avec ce sautillant numéro délicatement nimbé de dix centimètres de poussière de rococo, qui invite au refrain à peindre la ville en rouge et le ciel en blanc de lueur d’étoile, et à rajouter un patch de couleur à tout ce qui est gris et ennuyeux.

 

Peindre nos vies monotones et monochromes, ripoliner en rose bonbon sucé trois fois nos grises cités couleur de muraille, peinturlurer les tronches cireuses des constipés chroniques du sourire… Quel joli programme ! Mais au moins aussi utopique et inapplicable qu’un programme électoral.

 

Allez, qu’importe ! Peignons en rouge ou en couleur vive nos quotidiens trop ternes, car tout va mal, c’est la crise, c’est la merde, ce pays c’est le bordel, et pis de toute façon, on finira tous par crever et arrêtez de me regarder comme ça, je sais que je suis schizophrène mondain, ils me le disent tous dans ma tête…

 

Peignons tout en rouge… De la même couleur que le Beaujolais nouveau cuvée 2023, que les prétentieux, les bobos gauchisants (pléonasme) et les amateurs de pince-fesses mondains ont dégusté hier soir avec la moue vaguement dégoûtée du connaisseur, principalement pour masquer l’atroce acidité de cette piquette imbitable qu’ils auront eu sans nul doute la plus grande peine à pisser ce matin.

 

Depuis 1985, les amateurs du monde entier trinquent à la santé de ce pinard douteux, longtemps vilipendé pour ses vomitifs arômes de banane, et d’après les petits chanceux qui ont déjà dégusté la bibine capable de vous flanquer un ulcère perforant en une seule bouteille, ce fut un choc sismique.

 

La cuvée 2023 aurait, aux dires des rares dégustateurs qui ont à peu près survécu, des arômes de petits fruits rouges acidulés et de sous-bois, et se révèlerait délicieusement souple… Consternation chez les consommateurs très déçus, qui ne se déplaçaient pas pour boire du vin, mais pour écluser un jus infâme qui a invariablement le goût de banane ou de fruits rouges, avec une touche de framboise caramélisée ou de topinambour miellé… Il y a donc eu un processus de vinification normale cette année, quelque part dans une cuve à macération carbonique où d’habitude tout y passe : vieux slips usagés, béton prêt à l’emploi, litière du chat, restes de tambouille de Philippe Etchebest…

 

Peignons tout en rouge… A l’instar des joues rebondies d’Alexis Corbière, à la suite de son lapsus commis en direct sur France Info télé. Le tringleur fou de la Chili Conne Carne a en effet dit « Jean-Marie Le Pen » au lieu de prononcer le nom triplement sacré de son conducator interstellaire, Jean-Luc Mélenchon. Justification cheap du dépité LFI, il aurait été troublé par la journaliste qui l’interrogeait. C’est sur que quand tu te farcis habituellement une mémère dodue dont la classe, la distinction et la taille de guêpe ne font pas partie des qualités premières, fût-elle suspendue au lustre depuis ses foucades à l’encontre de Mélenchon, la vue d’une femme normalement constituée peut provoquer un bien légitime trouble et des humidités intra-slipesques incontrôlées…

 

Peignons tout en rouge… A l’instar des joues velues et non moins rebondies de notre souriant Garde d’Esso, dont le procès devant la Cour de Justice de la République s’est achevé hier. A la suite des réquisitions somme toute assez clémentes du Procureur, les avocats d’Eric Dupont-Moretti ont plaidé la relaxe pour leur client, « coupable de rien » selon leurs mots. Encore des baveux idolâtres de Guy Mardel, chanteur sixties dont l’immarcescible titre de gloire est d’avoir chanté à l’Eurovision 1965 « N’avoue jamais »…

 

Peignons tout en rouge… A l’image de la colère de toutes les associations de femmes battues, qui ont appris hier que le nombre des violences conjugales avait augmenté de quinze pour cent en un an, portant la barre des victimes à plus de 244.000… A l’heure des hashtags MeToo et autres dénonciations à tout va de ces comportements inadmissibles, il y a de quoi péter des câbles, mais tout en se réjouissant que ces dames osent enfin dénoncer la situation. Un point c’est tout. Dans la gueule, de préférence…

 

Peignons tout en rouge… Pour tenter de mettre un peu de baume au cœur des sinistrés des inimaginables inondations dans le Pas de Calais. Plus d’un mois de précipitations quasi ininterrompues dont il résulte des crues inédites et des dégâts très importants. Pas possible, François Hollande, notre « Flotte Mec » national, a dû acheter une résidence secondaire dans le coin… Autant vous dire qu’une fois résorbées, les inondations vont faire grimper en flèche les primes d’assurances… Les assureurs ne prendront pas l’eau, eux…

 

Peignons tout en rouge… Tout comme mon indignation à l’égard des pronostiqueurs de l’Eurovision 2024. Alors que la nouvelle saison du jamborée paneuropéen de la canzonetta moisie s’ouvre à peine, les bookmakers en manque de sensations fortes balancent d’ores et déjà leurs prévisions, mettant en tête pour remporter la timbale en mai prochain Israël et l’Ukraine. Alors même qu’une seule chanson est connue, celle de la France !

 

Si désormais, pour remporter le Grand Prix Eurovision, il suffit d’être un pays en guerre, je ne saurais que trop conseiller à Manu Macaron de déclarer la guerre à Andorre et à Monaco et ainsi, on aura quelques chances de gagner…

 

Entre-temps, on a décongelé en urgence Marie Myriam pour lui demander son avis sur « Mon amour », un avis dithyrambique, vous vous en doutez bien… Alors là, je dis non ! Déjà qu’il va falloir d’ici quelques semaines se fader Mariah Carey qui viendra nous beugler à 120 décibels dans chaque esgourde ses fadaises vérolées sur les sapins, la neige et le gros bonhomme rouge ; si c’est pour prendre de plein fouet la dernière gagnante française de l’Eurovision dans les mirettes au seuil des réjouissances de Noël, y’a de quoi déposer une plainte aux Nations Unies…

 

Peignons tout en rouge… Un rouge de honte non dissimulé à l’endroit des sempiternels téléfilms de Noël qui trustent depuis déjà une bonne quinzaine les programmes déprimants des chaînes de télé. Au train où vont les choses, et au vu de la flemme congénitale des programmateurs, on se farcira dans quelques années les dits téléfilms dès la rentrée de septembre…

 

Franchement, sangloter mollement affalés sur le canapé, emmitouflés d’une plaid taillée dans les plus hideux pulls moches de Noël, la boîte de Mon Chéri largement entamée à portée de main et la palette de Kleenex calée sous le bras, en regardant d’insipides pochades qui commencent invariablement mal pour inévitablement se terminer d’une manière heureuse autour du sapin enguirlandé… Vous parlez d’une avancée sociale !

 

Quitte à regarder de piètres acteurs américains fourrer des dindes, autant que certaines proviennent de l’élevage de Jackie et Michel… D’autant plus que le scénario de ces téléfilms américains produits à la chaîne est inamovible. Une executive woman, desséchée du cœur et en assolement triennal au niveau de la salle de jeu, se désespère à l’arrivée des fêtes de fin d’année, qu’elle va évidemment passer seule avec son chat. Un jour, elle se casse la bobine sur une plaque de verglas et un bellâtre au sourire pré-vendu à une grande marque de dentifrice l’aide à se relever. Vous rajoutez une heure et demi de péripéties mièvres, vous nappez sous deux litres de sentiments amoureux transis et inavoués, et vous obtenez une happy end sous les guirlandes avec des promesses de ranch au fond des bois, de félicité conjugale sans nuages et d’une demi-douzaine de gniards neuneux…

 

Désolé, mais moi, j’y ai déjà ronflé devant…

 

Peignons tout en rouge… Comme notre cœur d’ado des années 80 qui saigne à l’annonce du décès bien trop prématuré de Buzy, chanteuse oubliée du grand public mais qui fit une jolie carrière voici près de quarante ans, avec des titres marquants comme « Dyslexique », « Adrénaline », « Adrian » (peut-être un hommage déguisé à Rocky), ou encore « Body physical », assez bien classé au Top 50. Saloperie de crabe…

 

Peignons tout en rouge… A l’image de nos oreilles après l’écoute du dernier album d’Isabelle Adjani. Fraîchement replâtrée en intégralité par les Ciments Lafarge, l’ex-égérie du cinéma français a décidé de commettre un nouveau disque, près de quarante ans après le fameux LP concocté par Gainsbourg et contenant l’inoubliable « Pull marine ». Afin de ne pas froisser les sensibilités auditives, la toujours aussi jeune actrice a choisi de pondre un album de duos avec plusieurs enroués chroniques tels que Benjamin Biolay et Etienne Daho, afin qu’on n’entende pas trop ses canards et que France Inter puisse le diffuser en boucle à partir de trois heures du matin en cas de grève.

 

Elle a même poussé le vice jusqu’à commettre plusieurs duos virtuels avec des chanteurs morts, comme Christophe ou Daniel Darc. Au moins, ils n’iront pas rouspéter à l’écoute du résultat… « Bande originale », un album indispensable si vous avez une vieille armoire normande bancale à caler au sous-sol…

 

Peignons tout en rouge… Comme la honte qui est bien loin d’étouffer La Tiatia, la veuve peu éplorée du Taulier, qui a décidé de commercialiser à grands renforts de publicité et de couverture médiatique « l’ultime chanson inédite » de Johnny Hallyday, intitulée « Un cri ». Souvenir d’une séance de chimio ? Visiblement à court de liquidités au sein du juteux héritage de notre gloire nationale, La Tiatia racle les fonds de tiroir pour espérer faire rentrer du cash. Et évidemment, toujours rien pour David et Laura…

 

Ultime chanson inédite ? J’en doute ! A peine « Un cri » a été livré en pâture aux média qu’on annonce un nouvel inédit pour le premier décembre, « Grave-moi le cœur », une énième adaptation française du célèbre « Love me tender » d’Elvis Presley, soi-disant enregistrée en 1996. Tout ça pour faire vendre une intégrale des chansons de Johnny revisitées en symphonique. Si ça ne pue pas la récupération sur le catafalque…

 

Que La Tiatia ne s’inquiète pas trop, au vu de la masse d’enregistrements effectués au cours de la carrière de Johnny, on va nous déterrer des inédits à la pelle à base de séances de travail, prises alternatives et autres maquettes plus ou moins abouties… Et on pourra nous régaler d’intégrales revisitées façon « musette bords de Seine », « afro-zouk ethnique », « a cappella philharmonique » ou encore « techno-heavy-metal ». Y’en a un qui doit faire des loopings dans sa tombe… Ah que oui !

 

A défaut de rouge, peignons tout en rose, en bleu layette, ou en noir Soulages, pour se remémorer que le 17 novembre 1970, l’hebdo Hara-Kiri, misant sur la provocation, se voyait définitivement interdit par le Ministre de l’Intérieur, Raymond Marcellin, après la fameuse une « Bal tragique à Colombey : 1 mort » de la veille. Cette approche ironique de la mort de De Gaulle et du traitement journalistique de la tragédie du dancing de Saint-Laurent-du-Pont dépassait les bornes aux yeux de la censure de l’époque… Eût-il ripoliné sa une en couleurs chatoyantes, le professeur Choron aurait-il évité cette interdiction ? Allez savoir…

 


 

jeudi 9 novembre 2023

Brèves du 09 novembre 2023

 Avis à la population ! Oyez, oyez, braves gens, gentes dames, frêles demoiselles et prudes damoiseaux ! Esgourdez bien, mesdames, mesdemoiselles, messieurs, Christophe Beaugrand, Muriel Robin, Bilal Hassani, Vincent McDoom !

 

 Je vous préviens bien à l’avance, je laisse les français prendre leurs précautions, leur courage à deux mains si vous le voulez bien (premier à-peu-près sémantique qui fera sourire de tout leur dentier les habitués de France Inter Grandes Ondes), leurs jambes à leur cou et accessoirement leurs cliques et leurs claques ; je suis tour à tour magnanime (Tour Magne à Nîmes, deuxième jeu de mot pourri de la chronique) patient, compatissant (et non « con pâtissant », sorte d’andouille qui confectionne des gâteaux pour ne pas nommément désigner Cyril Lignac -troisième jeu de mot pourrave-) et démesurément compréhensif face à la bêtise humaine… Je ne suis pourtant ni ancien combattant, ni patron de bistrot, ni militant de gauche, et nonobstant, j’en ai entendu des conneries dans ma vie…

 

 Mais je vous adresse cet avertissement tout aussi solennel qu’amical, et ainsi vous ne viendrez pas chialer après, c’est à la loyale, les yeux dans les yeux version Cahuzac : le premier qui me pond une ânerie bêtasse calibre Nabila, c’est-à-dire un truc que ne pourrait même pas pondre une poule qui serait passée du coq à l’âne au sens propre du terme, un de ces lieux communs tellement élimés qu’on leur voit le fond de culotte comme aux candidates de la Star Ac’ (enfin, celles qui en portent, et généralement c’est par la gorge qu’on leur voit, tant elle gueulent fort à vouloir vainement imiter Céline Dion) ou une de ces fadaises que même les mémères ménopausées les plus déglinguées, exposant leur fibrome et leur coloration violine sur la Promenade des Anglais, n’osent plus hasarder chez le boucher qui tripote son mou pour leur chat…

 

Aujourd’hui, je vais vous causer de l’exception culturelle française… Voilà, c’est dit !

 

Et le premier qui me parle des bienfaits de l’exception culturelle française prend mon pied quelque part, ma main ailleurs et un coup de boule(s) autre part !

 

Non mais franchement, l’exception culturelle française ! ! Vous voulez bien me laisser rigoler deux minutes façon Bouvard, avec le gras du bide qui fait ascenseur à cornichons durant un tremblement de terre de magnitude douze ?

 

Si je n’avais peur que mon rimmel se fasse la malle et que je ressemblasse incontinent à Juliette Gréco le lendemain d’un triple pontage coronarien sans anesthésie, je ricanerai avec toute la délicatesse, la classe et la distinction dont pourraient faire preuve Nadine de Rothschild, Régine et la Baronne Marianne von Brandstetter réunies, intégralement nues et rigoureusement pétées au Dom Pérignon millésimé, dans un bain de boue parfumé au lisier défraîchi…

 

L’exception culturelle française ! Aurions-nous oublié que nous sommes la patrie de Guy Lux, d’André Verchuren, de Christophe Maé, d’Aya Nakamura et autre Vincent Niclo ? Pouvons-nous ignorer que nous abritons, à grand frais, en plus, des cerveaux (enfin, des boites crâniennes, ne soyons ni présomptueux ni aventureux) tels que Frank Ribéry, Eve Angeli ou Félicien du Loft 2 ? Effacerons-nous de nos mémoires que nous devons régulièrement subir les éditos de Christophe Barbier, les talk-shows de Pascal Praud, les émissions de Laurent Ruquier, les disques de Carla Bruni, les livres de Marc Levy et les films de BHL ?

 

Et pourtant, l’exception culturelle française existe… Je le sais, je l’ai rencontrée…

 

Je l’ai rencontrée pas plus tard que ce matin, sur les ondes matutinales de France Inter, lorsqu’au détour des babillages radiophoniques de Nicolas Demorand (toujours aussi « je suis tellement de gauche que Mélenchon passerait pour un suppôt de Marine Le Pen ») et de Léa Salamé (toujours autant « Je suis la plante verte de service qui remplit le quota de l’égalité homme-femme »), nous fut révélé le nom du candidat français au Concours Eurovision de la Chanson 2024…

 

Oui, je sais, Radio Gaucho et Eurovision, c’est aussi antinomique et contre-nature que Sandrine Rousseau dans une marche pour le patriarcat ou Jul invité d’honneur d’un congrès de métaphysique appliquée, mais France Télévisions semble avoir sorti la toute grosse artillerie pour rebooster l’image du Concours dans l’hexagone et oublier le regrettable épisode La Zarra.

 

Tout comme elle a sorti du lourd, je ne fais pas référence à son embonpoint qui le ferait ressembler sous certains angles à un loukoum suralimenté, en la personne de Slimane. Vous avez bien lu, Slimane représentera la France au Grand Prix de la canzonetta paneuropéenne pour pédales en hyperactivité hormonale et sourdingues imperméables à la musique de qualité, en mai prochain.

 

Enfin ! Enfin un artiste qui ne se liquéfiera pas de trouille le soir de la grande sauterie, qui n’enchaînera pas les canards façon basse-cour en folie, et qui possède suffisamment de métier pour porter haut les couleurs de la France… La Grandeuuuuuu Franceuuuuuuuuh comme le bêlait la canadienne au doigt d’honneur un peu trop compulsif.

 

Tout cela est bien beau, c’est même superbe, mais l’artiste ne fait pas tout. Imaginez une star renommée vocaliser un texte de Vianney sur une musique d’Obispo, ça ne le ferait pas, même à l’Eurovision… La chanson doit également être de qualité pour espérer briller dans un Concours qui malgré son âge respectable, 68 ans aux prochaines nunucheries norvégiennes, fait encore assez souvent la part belle à la chanson de qualité.

 

Et, cerise sur le couscous slimanien, France Télévisions a dévoilé hier soir la fameuse chanson, sobrement intitulée « Mon amour ». Rien qu’au titre, on redoutait de devoir se fader une guimauve sirupeuse dégoulinante de sentiments amoureux transis et forcément déçus. Eh bien, nouvelle déconvenue pour les pisse-froids de Télérama, la bluette hexagonale tient la route !

 

Nous voilà armés de la bonne grosse balade française eurovisuelle type, avec ce qu’il faut de chouinant dans les sentiments énamourés, d’envolées vocales pour faire dégueulis de tripes tendance corne de brume enrayée, d’émotion bien transmise à la caméra, et de sobriété pour éviter le côté foire à Neuneu façon « Moustache » de funeste mémoire. Bref, le truc typiquement calibré Eurovision que les européens attendent de la France.

 

Evidemment, il y a quelques menus détails à parfaire d’ici le Concours, notamment au niveau de la technique respiratoire du monsieur, quelques imperfections à gommer dans la présentation scénique un poil trop sobre et dangereusement semblable à celle de la Betty Mars 2.0 de 2021, et peut-être le costume à améliorer (le top en verroterie style Paco Rabanne est assez original mais franchement pas très masculin).

 

Nul doute que Slimane saura remédier à tout cela et mettre toutes les chances de son côté aux fins d’éviter une nouvelle décongélation annuelle de Marie Myriam, l’indéboulonnable dernière gagnante française de l’Eurovision.

 

Pour une fois, la première impression n’est pas désastreuse, j’en suis même agréablement surpris, et quel que soit le résultat au soir du 11 mai, nous n’aurons probablement pas à rougir de la chanson française.

 

Evidemment, depuis la révélation de l’artiste et de la chanson, les commentaires pleuvent, et les fans ne sont pas unanimes : c’est encore un arabe, c’est mou, c’est chiant, c’est incolore… Vous le savez, les eurofans ont le nez creux puisqu’ils avaient adulé Amaury Vassili (quinzième au final), encensé la merguez du bled (seizième), et voué aux Gémonies eurovisuelles Jessy Matador (douzième mais décrochant le tube de l’été)… Laissons jacasser la Cage aux Folles, ça leur repose le corridor à prouts avant le grand coulissage d’andouillettes du printemps prochain.

 

Alors, exception culturelle française ou pas ? Réponse le 11 mai 2024, tard dans la soirée…

 

Rassurez-vous, l’exception culturelle française ne se limite pas à la chose eurovisuelle, et heureusement !

 

Nous écrivons actuellement quelques belles pages qui alimenteront dans les jours, les semaines voire les mois qui viennent les propos des journalistes et chroniqueurs de l’époque, notamment dans le domaine politique et judiciaire.

 

A l’enseigne du procès du Garde des Sceaux, qui ne fait pas forcément la une des gazettes mais qui se révèle être une situation inédite, puisqu’il vise un ministre en exercice. Mais comme disait l’autre, ou à peu de choses près : la Justice de la France, tu l’aimes ou tu l’acquittes…

 

Du côté de la tambouille politicienne, on n’est pas mal non plus, avec la mise en retrait décidée par LFI de Raquel Garrido, suite à ses propos polémiques sur le Tchon. Comme on devait s’y attendre, la Chili Conne Carne crie à la justice expéditive, à l’infamie, suite à sa sanction, et sur ce point, elle ne nous déçoit pas, l’ex-inféodée à Mélenchon. La punition peut paraître sévère, en effet. Raquel Garrido suspendue pendant quatre mois… Je plains le lustre auquel on va la suspendre…

 

Qu’elle ne se plaigne pas plus qu’il ne faut, la bobonne à Alexis Corbière ! On lui évite du même coup de participer à la marche contre l’antisémitisme, puisque de toute façon, LFI refuse d’y prendre part. Manifester contre cette organisation de résistance héroïque qu’est le Hamas ? Mais vous n’y pensez pas ! Je sais que les cons sont chaque année plus nombreux, mais j’ai la vague impression que la fournée de l’année prochaine est déjà sur les rails…

 

Ne nous plaignons pas, et ayons même un instant d’empathie à l’égard de Charles III, dont le premier discours du Trône a été perturbé par des manifestants. Pauvre Charlie ! Tout part à vau l’eau au pays des autobus à impériales qui n’ont même pas de chauffeurs au premier étage et de l’inénarrable rôti bouilli sauce à la menthe… Sa défunte mère pouvait débiter tous les discours possibles et inimaginables, fussent-ils chiants à pétrifier sur place ; la chose se passait dans un silence religieux, même les mouches évitaient de bourdonner et les chevaux se retenaient de péter. Et lui, il nous bonnit le même pensum et paf ! la chienlit ! Y’a pas à dire, ma pauv’ Lucette, cétémieuavan…

 

C’était mieux avant, quand les humoristes, ou prétendus tels, pouvaient librement s’exprimer et déverser leur poil à gratter sans se voir immédiatement menacés de mort, et autres joyeusetés par les coincés de tout poil. Aujourd’hui, Guillaume Meurice se hasarde à qualifier Natanyahou de sorte de nazi sans prépuce et paf ! ça tombe comme à Gravelottes. Résultat, le « Grand Dimanche Soir », l’émission radiophonique de France Inter habituellement en direct sera enregistrée sans public… Déjà que c’était une émission sans auditeurs…

 

Heureusement, l’actualité internationale est là pour nous redonner du baume au cœur ! Joe Biden se sent requinqué pour l’élection américaine après des scrutins locaux favorables. Voilà qui va flanquer une vague de priapisme incontrôlé à France Inter ! Il faut dire qu’avec la nouvelle candidature Trump, Radio Gaucho se préparait à revivre l’éprouvante nuit d’élections de 2016…

 

Rappelez-vous, les sondages de l’époque donnaient tellement Hillary Clinton gagnante « fingers in the nose » et botox in the lips qu’ils n’avaient plus envie d’imaginer l’inimaginable… Et l’inimaginable s’était alors produit… Toute la rédaction voyait tant une femme dans le bureau ovale pour la première fois (alors qu’il y en avait déjà eu au moins une sous le dit bureau avec des tâches de purée idoines sur sa robe), qu’ils ne pensèrent pas un seul instant que les ricains pouvaient y envoyer un clown fêlé du bulbe et graveleux de la braguette…

 

Ah ça, ils avaient mis les petits bagels dans les grands sundae caramel-jus de cactus en dépêchant sur place la fine fleur de ses équipes au premier rang desquelles le Dieu vivant de l’info, le Brahma de l’actu, le Vishnou (la paix) de l’interview, le frétillant du micro Patoune Cohen, désormais en retraite anticipée sur Europe 1 ; et à l’annonce du résultat, l’ambiance avait carrément viré soirée de deuil national au Père Lachaise par fort brouillard avec des lectures des Lamentations par Pierre Arditi enrhumé… On aurait dit la chronique pseudo-littéraire défécatoire hebdomadaire de Christine Angot… Oh la déception flagrante à peine voilée dans leurs voix ! Ça schlinguait la glace au marc de champagne qui fond dans les coupes de vermeil massif, le Dom Pérignon millésimé qui s’évente au fond de coupes en Baccarat grand siècle ! L’Histoire bégaye, mais on va essayer de corriger ce défaut…

 

Et le 9 novembre 1945, la Régie Renault présente le troisième prototype de son dernier projet, déjà très proche du modèle de série : la 4CV. Surnommée la « motte de beurre » à cause de ses formes rebondies et de la couleur jaune de ses premiers exemplaires, elle symbolise le retour de la paix et de la prospérité car elle est la première voiture française accessible au plus grand nombre comme l'indique le slogan publicitaire diffusé à l'époque : « 4 chevaux, 4 portes, 444.000 francs ! » Ça, c’était du slogan !

 


 

mardi 31 octobre 2023

Brèves du 31 Octobre 2023

 Avis solennel à tous les pisse-froids réactionnaires, râleurs patentés, roumégaïres professionnels et autres pisse-vinaigre expérimentés : je vous adresse aujourd’hui un « NON ! » aussi définitif que l’indélébile connerie chronique des candidats de téléréalité et aussi ferme que la merguez à tête chercheuse de Griveaux à la vue d’une étudiante en droit délurée.

 

Tout ne va pas à vau-l’eau, tout n’était pas mieux avant, tout ne part pas en couilles (mais tout part des couilles après la manutention adéquate)… Certaines choses, traditions ou manifestations résistent au marasme ambiant, font de la résistance de manière quasi héroïque et s’accrochent tels des morpions dans un calbut à la propreté toute relative.

 

Et j’en veux pour preuve cette fumisterie de fête d’Halloween, qu’on a cru bon d’importer des States voici quelques décennies, et dont on nous farcit annuellement la citrouille, à l’instar des potirons qui vont fleurir dès ce soir… Pour voir des gamins, déjà hideux au naturel, costumés de tenues abominables dont même le plus clodo des Kosovars ne voudrait pas, tambouriner aux portes en réclamant des bonbons sans un merci en retour, pour contempler des pétasses déguisées en sorcières de chez Prisunic et garnies d’une bougie dans le potiron, pour contempler des beaufs de première bourre lamentablement grimés en vampires grâce à une nappe à carreaux et vingt centilitres de ketchup sur la bouche (donnant l’impression qu’ils viennent de faire minette à une salope ayant ses ragnagnas)…

 

Ça donne bougrement envie, hein ! Toutefois, il est juste de remarquer que cette année, on nous a moins beurré la tartine de cette manifestation parfaitement oubliable ; peut-être était-ce dû au déjà grand-gignolesque spectacle de nos gouvernants se débattant vainement avec les difficultés au Proche-Orient et les 49-3 à répétition, ces aimables plugs anaux parlementaires dont je vous ai récemment entretenu…

 

Aussi serai-je particulièrement catégorique : Non, non, et non ! Qu’une chose soit bien claire entre nous en ce mardi « tête-dans-le-pâtesque » qui clôt admirablement ce mois d’octobre météorologiquement des plus doux… Je ne basculerai pas dans la facilité la plus convenue, je ne me vautrerai pas dans le sensationnel frelaté avec la grâce naturelle d’un trente-huit-tonnes dérapant artistiquement sur le verglas sur une bretelle d’autoroute nordique, je ne cèderai nullement aux doucereuses sirènes ulysséennes aux voix si mélodieuses qu’elles feraient passer celle de Zaz pour un ersatz de sanibroyeur SFA déréglé…

 

Non, non, et non ! Je ne vous parlerai pas de cette connerie de fête américaine dont le nom évoque deux goudous qui se téléphonent et dont notre plus grande sottise a été de l’importer chez nous. Je ne vous entretiendrai pas non plus de son vomitif défilé de pétasses empotironnées de haut en bas, de ses mioches épouvantablement mal déguisés et toujours aussi impolis en vous réclamant des bonbecs après avoir détruit votre sonnette à force de tambouriner sur le bouton, et de ses beaufs maquillés à la truelle qui trouveront forcément spirituel de se grimer en clowns vaguement effrayants, à grands renforts de blanc de Meudon et de concentré de tomates…

 

On en a ras la coloquinte de se faire farcir annuellement la couscoussière avec ces soi-disant « traditions » halloweenesques parfaitement risibles… Le seul point sur lequel on ne peut donner tort aux participants de ces pitoyables mascarades, c’est sur la bougie qu’on leur conseille de se carrer profondément dans la courge… Vu qu’au naturel, ce ne sont pas des lumières…

 

Visiblement, ce confrère n’avait pas la lumière à tous les étages non plus lorsqu’il prit des images sous les jupes de collaboratrices, infraction pour laquelle il vient d’écoper en appel d’une peine d’un an d’emprisonnement avec sursis. Ce vieux salingue lubrique calait un téléphone entre ses jambes lors de rendez-vous professionnels pour photographier les affriolants dessous de ses assistantes. Quand on vous disait que sous la robe austère de la justice se cachait parfois des choses bien peu avouables…

 

Toujours dans le domaine judiciaire, on vient d’apprendre que huit personnes seront jugées fin 2024 pour l’assassinat de Samuel Paty, cet enseignant qui avait perdu la tête, dans tous les sens du terme, en octobre 2020. Et ne venez pas causer de lenteurs de la Justice, le Garde des Sceaux vous ferait les gros yeux ; lui qui nous a réparé l’Administration Judiciaire à la manière d’une vieille Dacia dans la Roumanie des années 60, avec deux ficelles, un chewing-gum usagé et un bout de fil de fer entortillé…

 

Encore un chouïa d’actualité judiciaire avec le procès d’Eric Dupont-Moretti, le susdit Garde d’Esso, accusé de prises illégales d’intérêt et qui comparaîtra du 06 au 17 novembre devant la Cour de Justice de la République, composée de trois juges très expérimentés et de douze parlementaires, au nombre desquels la sympathique et joviale Danièle Obono. Cette dernière est visée par une enquête pénale pour apologie du terrorisme, après ses déclarations selon lesquelles le Hamas était un mouvement de résistance. On ne pouvait mieux choisir, dans le genre illuminée de la boîte crânienne…

 

La situation promet d’être ubuesque, entre EDM toujours en poste, une parlementaire aux déclarations hors-sol et le Procureur Général de la Cour de Cassation, qui devra porter l’accusation contre celui qui est son supérieur hiérarchique… « Le procès » de Kafka fait pâle figure, tout d’un coup…

 

Situation tout aussi abracadabrante en Nouvelle-Zélande, où Céline Dion se retrouve au cœur d’une querelle entre les habitants de Porirua. Ces derniers n’en peuvent plus d’être réveillés par des batailles musicales nocturnes au cours desquelles la chanson « My heart will go on » de l’orignal chantant québécois est diffusée à tue-tête par des groupes qui ont pris l’habitude de se réunir et de diffuser des chansons à l’aide de haut-parleurs et de sirènes dont ils ont équipé leurs voitures. Vous me direz, une sirène ou le dégueulis de tripes de la veuve à R’né, on perçoit assez difficilement la différence…

 

Restons encore un moment dans la délicatesse intégrale avec Fabien Galthié, le sélectionneur du XV de France, qui a été paparazzé nu sur une plage en compagnie de l’actrice Helena Noguerra, dont le plus méritoire titre de gloire est d’être la sœur de Lio. Galthié menace Voici, le torche-cul du vendredi, de faire interdire la publication des photos de sa zigounette. Parce qu’il estime que ça ne rend pas justice à la magnificence de son macaroni trombineur d’actrices inconnues ? La question reste pendante, comme son zgeg…

 

Plus rafraîchissant, on en sait désormais plus sur la seconde vie des cabines téléphoniques britanniques, ces cabines rouges emblématiques du Royaume-Uni qui disparaissaient à vitesse grand V depuis l’apparition des téléphones portables. Il ne vous sera pas indifférent d’apprendre qu’elles sont recyclées en cafés, bibliothèques (au format poche, évidemment), kiosques d’information pour touristes, ou même défibrillateurs. On pourrait même en faire les lieux de réunion favoris des partisans du NPA ou de Zemmour, et y’aurait encore de la place…

 

Culture toujours avec l’ouverture à Athènes du premier musée consacré à la diva Maria Callas, le premier du genre assure la plaquette publicitaire. Guidés par les trilles de la soprano, les aficionados se régaleront de plus de treize cent pièces relatives à la vie et à la carrière de La Callas, dont une exemplaire original de la première partie de ses mémoires. Le premier tome de sa voix, en quelque sorte. Pas de quoi en faire un fromage…

 

Clap de fin en revanche pour le Magazine de la Santé sur France 5 en juin prochain. L’émission qui avait débuté en janvier 1998 avec Michel Cymes, médecin star de la télé aux blagues grivoises largement biberonnées à l’Almanach Vermot des salles de garde, et Marina Carrère d’Encausse, qui n’en finissait pas de rire jaune aux dites blagues, est semble-t-il à bout de souffle selon la chaîne qui présentera un nouveau concept basé sur le bien-être. Si vous percevez une différence, faites-moi signe, je vous offrirai l’intégralité de la discographie bulgare de Sheila en 78-tours…

 

Encore une louche de classe et de distinction, avec le dernier concert européen de Madonna, qui fait uriner d’aise tous les aficionados transis de la Madone replâtrée façon Ripolin Industriel. Arrêtons une fois pour toutes de s’extasier benoîtement sur ces concerts qui ressemblent à s’y méprendre à une pitoyable foire à Neuneu où se succèdent play-backs complets, chorégraphies navrantes et un inextinguible étalage de vulgarité ; le tout servant d’écrin à une poussive poupée gonflable 100 % plastique pour ehpad de province ! Mémé a (mal) vieilli et court vainement à la poursuite de sa gloire passée… Papa don’t preach, d’accord, mais Mémé don’t rock anymore…

 

Carnet noir, pour terminer, avec ce qui restera la plus mauvaise blague de Matthew Perry, l’inoubliable interprète du sarcastique Chandler Bing dans la série Friends. L’acteur de 54 ans, depuis longtemps accro aux drogues et aux médicaments, a été retrouvé mort dans son jacuzzi dimanche, nous offrant ainsi le plus détestable épisode de la mémorable série télévisée : « Celui où l’on perd tous un ami »… Oh… my.. God…

 

Et pour rester dans un domaine de franche rigolade qui colle si bien au contexte actuel, souvenons-nous de cette tragédie que Jean Prat offrit aux téléspectateurs de la RTF ce 31 octobre 1961, « Les Perses » d'Eschyle. Cette dramatique fit date, puisqu’elle fut diffusée en simultané à la radio pour simuler la stéréophonie... Une expérience ambitieuse qui fut saluée comme une réussite marquante, même si certains estimèrent qu’elle avait ennuyé le téléspectateur, voire persiflèrent que la télévision avait proposé un spectacle d’intellectuel sec comme un coup de trique… Déjà à l'époque, on donnait aux gens l'envie d'aller se faire voir chez les grecs...