mercredi 14 octobre 2020

Brèves du 14 octobre 2020

« Où sont les femmes ?

« Avec leurs gestes pleins de charmes… »

Cette question dramatique et fondamentale, je ne cesse de me la poser, à l’unisson de Patrick Juvet qui la glapissait de sa voix de castrat vaudois, depuis que j’ai vu passer sur le petit écran et sur le papier glacé des torche-culs du lundi certains spécimens qui auraient tendance à faire passer Vincent Mc Doom, voire Jarry, pour le summum de la perfection de la féminité triomphante…

Quand vous vos tartinez coup sur coup un reportage dégoulinant de complaisance sur Régine, un article quadruple page sur Amélie Mauresmo et un tutoriel de Valérie Damidot pour le marouflage effet queue de vache à la pelle mécanique, vous êtes soudainement pris d’une irrépressible envie d’aller élargir la rondelle de Cyril Féraud, voire de turluter Christophe Beaugrand à visage découvert… C’est vous dire l’électrochoc que ces vagues formes féminines peuvent provoquer chez vous, messieurs, ou prétendus tels…

Où sont les femmes ? Les vraies, les sensuelles, les pulpeuses, espièglement délichieuses et gainées de bas noirs affriolants… Pas les goudous de première pression en salopette de déménageuse est-allemande, coupe à la légionnaire, et lippe hargneuse de malbaisées…

Où sont les femmes ? Et n’essayez pas de me vendre, fût-ce en soldes à -95%, Alice Coffin comme étant une femme… Cet ersatz de virago à la dégaine homenasse se revendique lesbienne et proclame aussi haut que ses cordes vocales lui permettent qu’elle bannit toute forme de masculinité de sa vie, virant de sa discothèque tous les compositeurs hommes, de sa filmothèque tous les réalisateurs hommes, et tout à l’avenant…

Posture imbécile et parfaitement idiote d’un esprit étriqué doté d’un cerveau aussi riquiqui que son clito… Vous imaginez Beaugrand virer toutes les femmes de sa vie, de sa culture, de ses loisirs juste parce qu’il préfère la merguez ? Alors évidemment, quand on passe sa vie avec les bouquins d’Amélie Nothomb, les disques de Zaz et les films de Chantal Ackermann, on finit par pondre « Le génie lesbien »… Toutes mes condoléances à Catherine Lara, Juliette et autres brouteuses de minou… 

Où sont les femmes ? Quand il s’agit de mettre de l’huile sur le feu… On ferait mieux par finir y faire des frites…

Où sont les femmes ? pourra à nouveau se demander Donald Trump, plus que miraculeusement réchappé de la Covid-19, et qui n’a fait qu’un rapide passage à l’hôpital, juste le temps de gratouiller deux ou trois « pussies » et de se refaire teindre la moumoutte… Se rétablir du Binouzovirus à son âge, et avec son surpoids, c’est encore plus balèze que l’autre hippie à barbouze qui marchait sur la flotte… Le Connard à l’Orange est dans une forme olympique à moins de trois semaines de la Présidentielle, et sa supposée guérison sera utilisée jusqu’à la corde dans la campagne…

Un qui va certainement demander la recette miraculeuse de la guérison lourdesque du Président américain, c’est à n’en point douter  Ronaldo, le foutebaleur en moulebite garni qui vient d’être contrôlé positif à la Covid-19… Pour une fois qu’il n’était pas content qu’on lui ait enfoncé un long truc tout dur au plus profond de lui…

Remarquez que chacun d’entre nous risque, dès ce soir, d’en avoir au moins vingt centimètres quelque part… S’il vous vient l’idée de vous brancher aux alentours de vingt heures sur l’une des deux premières chaines, préparez le bidon de vaseline, celui qu’on utilise à la Gay Pride… Notre Président Vénéré va s’adresser à la nation par la voie d’une interview pour porter la bonne parole et expliquer comment la France va faire face à la deuxième vague du coronavirus…

Je ne vous cache pas que j’en bande d’avance, et je vais enfiler un slip blindé pour éviter les tâches inopportunes sur mon pantalon… Oh oui Manu, vas-y, annonce-nous des mesures iniques (ta mère), balance-nous des restrictyions drastiques de nos libertés individuelles pour notre sécurité, crache-nous ton venin totalitaire (ça va rappeler des souvenirs à Benalla, ça) en instaurant le couvre-feu de vingt heures à dix-neuf heures trente !

Fais-nous ton Führer, tu les excites toutes et tous avec ton costume de Wafen-SS en latex, ton bonnet de Mickey et tes talons aiguilles !

Faut bien avouer qu’à côté de Castex, même Mahjoubi aurait un charme et un sex-appeal à vous faire grimper aux rideaux (à condition d’avoir la tringle, bien entendu)…

Et Manu n’a même pas encore annoncé le comment du pourquoi et le pourquoi du comment (et inversément) que déjà, on s’ingénie à critiquer les mesures non encore annoncées… A l’image de Marine Le Pen qui a estimé que « les restrictions, c’est quand on a tout raté »… Et question ratage, elle en connaît un rayon…

Evidemment, on danse en pointes sur un fil verglacé au-dessus d’un vertigineux précipice, et quelles que soient les mesures prises, elles seront considérées comme inutiles, inefficaces, préjudiciables à telle ou telle partie de l’économie… Mais il faut agir…

J’en entends déjà qui disent qu’il est plus facile d’instaurer un couvre-feu que de rouvrir des lits d’hôpital… A moins qu’ils ne soient destinés aux policiers, transformés en pigeons d’argile pour ball-trap de banlieue…

Voila la nouvelle tendance pour l’automne-hiver 2020 : l’attaque de commissariats au mortier pyrotechnique… C’est joli, pourtant la belle bleue, le bouquet final et les gerbes d’étincelles, non ? Pas au goût de Gérald Darmanin, qui est tout prêt à décréter le couvre-feu d’artifice…

Quant à Marlène Schiappa, jamais en retard d’une connerie, vient de proposer des indemnités financières aux jeunes dealers, si leur juteux boulot venait à être supprimé du fait de policiers peu scrupuleux et à cheval sur le règlement… Oui, je sais qu’elle a proposé de faire bosser ces feignasses, contre rémunération honnête… Mais elle est tellement azimutée…

Et le 14 octobre 1967, sur les ondes de la première chaine de l’ORTF, débarque un petit homme rond, portant chapeau, fumant pipe et engloutissant des litres de bières, des quintaux de sandwich jambon-beurre quand ce n’est pas la blanquette de son épouse… En noir et blanc, puis en couleur, Jean Richard, ex-comique reconverti en homme de cirque, donnera vie à un personnage qui pourtant à l’écran en manque singulièrement : le Commissaire Maigret…


 

vendredi 2 octobre 2020

Brèves du 02 Octobre 2020

En ces temps troublés où il convient de laver son linge sale en public, d’étaler ses turpitudes sur la place publique à grands renforts de médiatisations et d’invitation dans « C’est mon histoire », et de revendiquer ses tares haut et fort comme si la connerie congénitale était devenue la nouvelle forme d’intelligence ultime (vous n’avez qu’à voir la popularité d’Hanouna, Alex Goude et Nadine Morano) ; je dois vous confesser mes penchants bien peu avouables…

A l’époque où ma chevelure n’était pas devenue ce navrant aérodrome à mouches, en attendant que le capilliculteur inverti ne s’occupé de ma séborrhée et de mes tifs, je prenais un malin plaisir à feuilleter d’un doigt distrait ces tabloïds sur papier glacé qui vous entretenaient une fois par semaine des hémorroïdes de la Princesse de Moncuq, du panaris du roi des Belges et des bas filés du Prince Héritier de Monaco ; ou qui vous renseignaient d’indispensables superficialités pipolesques sur le Tout Paris qui rit, qui chante et qui pète aussi, surtout dans la soie…

Glorieuses heures à parcourir France Dimanche, Ici Paris, Point de Vue tandis que le garçon coiffeur aussi bouffeur de touffe que les talibans sont des orthodoxes affables ! Epiques sagas de Mireille Mathieu et Georgette Lemaire, qui a elles deux ont dû avoir autant de peines de cœur que toute l’Europe réunie en cinquante ans, collectionnant les unes à grands coups de bluffs irréalistes et putassiers…

Et ça continue de nos jours ! Rien que cette semaine, revu de détail sur les deux plésiosaures du vedettariat français : Line Renaud que son clébard aurait sauvé d’un AVC, et Michel Drucker dont le cœur aurait lâché en pleine opération… Fariboles ! Ils sont indestructibles ces deux-là ! Dieu les aurait même trouvé là lors du big bang…

Question vieux du Muppet Show, la palme de l’imitation la plus parfaite revient cette semaine à Donald Trump et Joe Biden, près de 160 ans à eux deux, qui ont offert un spectacle d’une clownerie désolante lors du premier débat pour les présidentielles américaines… Lamentable pantomime de vieux macaques de la politique, échange d’invectives, d’insultes, et de coups bas, tout en évitant soigneusement le fond des choses…

Entre un crétin congénital sans-gêne et un débris sénile, les américains n’auront que l’embarras du non choix…

Heureusement, les débats politiques ont une autre tenue, une autre hauteur en France…  Il n’y a qu’à organiser un débat Mélenchon-Le Pen, et on en reparle…

Parler, parler… Surtout pour ne rien dire, et le répéter d’une voix qui rappelle sans beaucoup d’effort les couinements d’horreur d’une chèvre en patins à roulettes lancée à quatre-vingts à l’heure sur les pavés du nord un jour de fort verglas… Vous aurez reconnu sans peine Vianney, qui venait se faire honteusement draguer par Augustin Trapenard l’autre matin sur Radio Gaucho… Mais que doivent donc expier les Français avec une telle violence pour qu’on doive se tartiner ça dès neuf heures du matin…

Si je veux écouter des propos remplis de vide sidéral, je relis le programme politique des socialistes, et on n’en parle plus…

Ou alors, je me repasse les dernières déclarations de Barbara Pompili, la fausse blonde qui se tint en vert, sur les interdictions des cirques à animaux vivants, et l’interdiction des marinelands… Ah, c’est facile de faire péricliter tout un pan de l’économie française sous le prétexte du bien-être animal, pour complaire à un quarteron de Brigitte Bardot en préménopause… Par contre, l’interdiction des néonicotinoïdes qui font péricliter nos abeilles, vu qu’il faut fâcher les géants de l’agroalimentaire, on va soigneusement éviter d’aborder le sujet…

Tous pareils, nos politocards… A les en croire, ils en ont une monstrueuse, à côté de laquelle Rocco Siffredi se ferait traiter de micropénis rabougri, et quand il s’agit de vous la mettre, on s’aperçoit que c’est au mieux un vermicelle…

A l’enseigne d’Anne Hidalgo, Notre Drame de Paris, deuxième saison, qui a lâché les élastiques et qui veut rapprocher Paris de la mer… Non, elle ne fume pas de la colombienne après deux rails de farine de sarrazin et un Vichy-fraise… Elle est vraiment comme ça !

Et la fêlée du Sacré Cœur commence à mettre en œuvre le programme du grand et trop méconnu Ferdinand Lop… Dont les détracteurs sont de jolies gazelles puisque ce sont les Anti-Lop…

Anne Hidalgo fait siennes les propositions antérieures du brillant Paul Duconnaud, à savoir le prolongement de la rade de Brest jusqu’à la butte Montmartre (sauf en cas de brouillard), et l’extension du Boulevard Saint-Michel jusqu’à la mer (mais en dehors des heures de pointe)…

Tant qu’à faire, Notre Drame De Paris devrait mettre en œuvre les autres propositions de Ferdinand Lop :

- Extinction du paupérisme à partir de dix heures du soir sous peine de pollution nocturne,

- Elargissement du Pont de l’Alma à trois cents mètres de large pour abriter tous les clochards,

- Nationalisation des putes pour qu’elles puissent avoir les avantages de la fonction publique, qui elle, est payée à ne rien branler,

- Raccourcissement de la grossesse de neuf à sept mois,

- Octroi d’une pension à la femme du Soldat Inconnu,

- Suppression du wagon de queue du métro…

 Ne vous marrez pas, elle peut le faire…

Comme Hidalgo, Trump ose tout, c’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît habituellement. Le Connard à l’Orange à même osé avoué être positif au test de la Coiv-19. Pour une fois qu’il réussit un test… Les époux Trump ont été immédiatement placé en quarantaine, puisque Mélania est également positive ; ce dont on pourrait douter vu son légendaire sourire…

Emu par cette annonce, je me suis empressé de faire un geste pour le Président américain ; je lui ai envoyé un berlingot de Javel La Croix. Il paraît selon Donald que c’est souverain contre le virus…

Lui, on pourrait lui faire boire de la Javel, de l’huile de vidange ou du placenta fermenté qu’il y trouverait le même goût, tant il est imbu, et enivré, de sa propre personne. Le fils de Guy Bedos, l’humoriste cacochyme de gauche, a déclenché la polémique suite à son tweet anti-masque, « vivons, quitte à en mourir ». En même temps, il a des circonstances atténuantes, Nico… Il a balancé cette ineptie bobo-parisianiste d’une connerie sans nom à la sortie d’une boîte, à cinq heures dix du matin…

Perso, à cinq heures dix du matin, je dors ! Et si j’étais réveillé je ne saurais pas forcément ce que j’écris… Donc, ne jamais tweeter après une teuf… Alors vingt-deux lignes, vous imaginez… Et pour Nicolas Bedos, finir une soirée sur vingt-deux lignes, c’est vraiment son record…

Record aussi, cette explosion entendue dans tout Paris récemment et dont on nous a dit qu’il s’agissait d’un avion ayant franchi le mur du son. Ben voyons ! Il y a un mur dans le ciel ! Première nouvelle ! Et les débris, Ou c’est-y qu’ils sont, les débris ? On nous ment, on nous spolie ! Encore un complot !

Complot royal en Belgique ? Faut dire que le Roi n’a pas précisément la frite puisqu’il l’a un peu trop eu voici quelques décennies… Et que sa fille cachée vient de se voir reconnaître le droit de se faire appeler officiellement Princesse… Albert de Monaco aussi, mais dans le cadre de soirées plus privées…

Décidément non, le monde ne va pas bien, et je connais une petite fille qui doit se sentir bien seule face à cette mappemonde qu’elle panse pour alléger ses soucis… Vous la connaissez sans doute, la malicieuse Mafalda, dont le papa, le dessinateur argentin Quino, vient de mourir à 88 ans…

Et pour terminer sur une note positive, voire positivement stupéfiante, à l’instar de la consommation d’Augustin Braquemard de France Inter, le français Gaston élimine Wawrinka à Rolland-Garros. Renseignement pris, Stan Wawrinka s’est fait battre à la régulière par le tout jeune Hugo Gaston, qui visiblement aura le téléfon qui son, dès ce soir…

Et n’oublions pas de fêter Charles M. Schulz ? Qui est-ce ? Eh bien, je vous dirai simplement qu’il publie à partir du 2 octobre 1950, et sans interruption jusqu’à sa mort en février 2000, un comic strip dans les journaux américains, sous le nom générique de Peanuts, mais que nous connaissons ici sous le nom de Charlie Brown et Snoopy… Loser sympathique, malchanceux, maladroit mais d’une rare opiniâtreté, Charlie Brown est souvent espanté par Snoopy, le chien au caractère extravagant qui assurera l’étourdissant succès de la série…

 


 

vendredi 25 septembre 2020

Brèves du 25 Septembre 2020

Il n’y a plus d’après, à Saint Germain des Prés… Et si tu t’imagines que la jolie môme qui hait les dimanches , rue des Blancs manteaux, se rendra sur les quais du Vieux Paris regarder un petit oiseau, un petit poisson de Paname en proie au mal du temps… Petite, petite, ce que tu te gourres…

La Muse de Saint Germain des Prés ne nous proposera plus de la déshabiller, oui mais pas tout de suite, pas trop vite, car elle nous avoue qu’elle en a bavé pas vous, mon amour, avant d’avoir eu vent de vous…

Juliette Gréco n’est plus… Elle fut Bélphégor ; aujourd’hui, la belle fait gore. L’œil de biche largement souligné au khôl noir profond, le cheveu de jais et la robe de même, elle était une diseuse inimitable de la chanson intellectuelle, existentialiste, typiquement Télérama… Mais elle avait su aussi interpréter des titres plus légers avec la même grâce grave et goguenarde.

Juliette fut libre et insolente ; limite provocatrice délibéré avec des chansons clairement antimilitariste lors d’un gala chez Pinochet, ou gentiment branleuse des bonnes mœurs établies avec « Le monsieur et le jeune homme », titre équivoque à la chute finale volontairement trouble…

Elle fut aussi une croqueuse d’hommes, amatrice successivement de la trompette black de Miles Davis qui, empruntant l’ascenseur pour l’échafaud, l’envoya au nirvana sensuel, du producteur américain Darryl F. Zannuck, pour qui elle déroula sa pellicule, du Dom Juan gauchiste amateur de grande bouffe et d’accidents au ralenti en Alfa-Roméo que fut Michel Piccoli, et enfin du compositeur et musicien Gérard Jouannest, qui l’accompagna les dernières années…

Juliette Gréco faisait partie de cette trempe de femmes qui disaient ce qu’elles avaient sur le cœur, n’avaient pas leur langue dans leur poche, se moquaient éperdument du qu’en-dira-t-on frileux de l’époque et bravaient l’opinion publique, et qui donnait sa chance aux nouveaux auteurs-compositeurs en interprétant leurs chansons, afin de les faire mieux connaître.

Guy Béart (qui fut un jeune auteur-compositeur, aussi étonnant que cela puisse paraître), Serge Gainsbourg (qui lui composa l’enivrante Javanaise en une nuit), et plus récemment Benjamin Biolay (un genre d’ersatz de succédané allégé de la pâle copie d’un Gainsbourg en manque cruel d’inspiration), urent l’honneur d’être chantés par elle.

Quel vide elle laissera ! Jadis nous eûmes Juliette Gréco, Michèle Arnaud, Patachou… Aujourd’hui nous nous tartinons Carla Bruni, Juliette, Camille Sauvage ou encore Clara Luciani… Chaque époque a les égéries qu’elle mérite…

Nous crierons donc famine de nourritures intellectuelles suffisamment roboratives… mais également de nourritures terrestres tout autant péteuses-de-bide (enfin, des vraies nourritures, pas des trucs visqueusement répulsives pour végans acharnés, genre « steak de tofu sans tofu sauce pelouse fraichement saupoudrée de Roundup »).

Pierre Troisgros est parti rejoindre Bocuse et consorts au paradis des fines gueules. Ne restent plus à Roanne qu’une paire de bedonnants, c’est-à-dire Deuxgros…

A l’aune des grands manitous de la cuisine soi-disant équilibrée et actuelle, Pierre Troisgros devrait être qualifié de chef terroriste excommuniable sur-le-champ, et mériteraient d’aller incontinent rôtir en enfer… Avec une sauce grand-veneur et des patates sautées au lard, ça devrait être divin…

Je ne vous dis pas merci, Monsieur Troisgros, d’être décédé définitivement… Vous laissez désormais libre le champ des possibles pour les gaveurs industriels, fabricants de merde alimentaire en boite, tube, sous-vide ou surgelé dont le monde entier se bâfre avec l’avidité d’un biafrais suçotant un demi-gressin desséché, et avec la ferme conviction qu’ils ingurgitent le summum du top de la gastronomie mondiale de toute la galaxie…

J’en suis tellement dépité qu’en guise de vengeance, je vais aller me taper une KFC bien graisseux (pléonasme)…

Avant que je n’avale ces imbouffables morceaux informes, une chose m’interpelle, au vu des nombreux décès récents parmi les personnalités… Existerait-il un club des 93, à l’instar de celui, tristement célèbre, des 27 ? Non, pas un club du 9-3, présidé par Patoche Balkany qui devrait faire Levallois-Perret un nouveau Lourdes, tant il a recouvré une santé insolente depuis qu’il en est sorti…

Quoi qu’il en soit, je m’interroge, et le doute m’habite, comme dirait Beaugrand, presbyte (ou presse-bite, comme il vous plaira de l’écrire) notoire… Roger Carel, Juliette Gréco, Pierre Troisgros… Les Janis Joplin, Jim Morisson et Kurt Cobain des maisons de retraite ? Voire ! Et la liste s’allonge comme celle de Macron quand il voit Benalla en string panthère fluo lui faire la danse des sept voiles et des deux pédales… Robert Chabbal, physicien français, le journaliste Claude Moisy, qui sera désormais raccord avec son nom…

En tous cas, Annie Cordy a loupé de peu son admission dans le club, mais là-haut, ils pourront toujours se régaler de « Tata Yoyo » chanté avec la voix de Kermit…

Je ne sais pas pour vous, mais perso, l’année 2020 me paraît d’ores et déjà bien pourrave… Et comme si la Covid-19, les déblatérations gouvernementales, le nouvel album de Jul, le dernier bouquin d’Amélie Nothomb, et la chanson française pour l’Eurovision ne suffisaient pas ; voila t’y pas que les barbus remettent ça, a priori…

Une attaque à la machette à proximité des anciens locaux de Charlie Hebdo a fait deux blessés graves, et un suspect de type « barbouzard radicalisé avec profile de bougnoule bien faraud » a été épinglé… Et on a mis en branle tout le toutim du parquet antiterroriste, la visite du Premier Sinistre, la boucle de l’absence d’infos sur BFMTV et tout le tralala…

Tout ça juste au moment où le Ministre de la Santé Olivier Véranda (surnomme Akéna tant il peut être transparent) se rend à Marseille pour mater les petits gaulois réfractaires aux restrictions gouvernementales… Ah mais tu temps de Gastounet, le ministre n’aurait même pas mis la moitié d’un panard sur le Vieux Port qu’il s’y retrouvait totalement au fond avec des godasses en béton pour une apnée statique définitive… Aller à Marseille, lieu sacrificiel de Saint Didier Raoult, terre sacrée de la très sainte chloroquine-panacée… Autant envoyer direct votre canari dans la gamelle de votre matou…

Tout ça juste au moment où l’aïoli commence à monter aux abords du Pont transbordeur, pour prudemment éviter de parler du nuancier « Cinquante nuances d’écarlate » de la Covid-19…

Commanditer une attaque terroriste juste pour détourner l’attention et flanquer la frousse aux gens (mais attention, hein, une attaque toute gentille, hein, juste une machette pour maraver la tronche façon Ribéry à deux personnes, histoire de faire méchant mais sans engager des dépenses inconsidérées à la Sécurité Sociale et sans obligation de repeindre après…)… Alors que l’annonce de la démission dans délais de Manu de l’Elysée, de l’homosexualité de Cyril Féraud ou du mariage d’Olivier Minne avec Willy Rovelli auraient suffi, à moindres frais…

Ah, mais j’en vois qui râlent contre la prétendue incohérence des mesures annoncées hier par Olivier Véran alors qu'elles tombent pourtant sous le sens commun le plus élémentaire, et sont très simples à comprendre... La preuve, Hanouna aurait tout capté…

Donc, je les récapitule donc pour les gens de mauvaise volonté, et afin de complaire aux merveilleux et pragmatiques politocards qui nous gouvernent…

Si vous habitez dans un département rouge grenat : les bars ferment à quinze heures, sauf les mercredis pairs des années bissextiles impaires où ils pourront rester ouverts jusqu’à quinze heures vingt s’ils ne servent à partir de midi que des tisanes tièdes sans sucre de canne.

Si vous habitez dans un département rouge coquelicot : les piscines ferment à 22h22 et tant pis pour les coquettes qui auront pris le temps de se refaire un brushing dans les vestiaires, elles devront attendre la réouverture trois jours après, sauf si l’on vient à s’apercevoir d’une présence trop massive de poils pubiens dans les filtres, auquel cas une quarantaine de 12 jours et demi, renouvelable trois fois après autorisation administrative préfectorale soumise à un avis consultatif du Tribunal des Conflits en session plénière pris à la majorité qualifiée des treize-quarante-cinquièmes.

Si vous habitez dans un département rouge cerise : vous n'avez plus le droit d'acheter de la bière à partir de 19h45 (mais pouvez continuer d'acheter du vin jusqu'à 21h04, à la condition qu’il s’agisse d’un cru millésimé d’avant 1963 titrant plus de 12,5°, conditionné en jerrican parallélépipédique en mousse de kapok mercerisé certifié bio).

Si vous habitez dans un département rouge tomate : fermeture des clubs libertins les mardis et jeudis. Mais les boxons restent clos les lundis et mercredis, vu que de toute façon, Marthe Richard les a fait fermer depuis 1946, alors autant vous dire qu’on s’en tamponne le coquillard avec une demi-patte de tripotanus enfarinée à la Maïzena allégée…

Si vous habitez dans un département rouge pourpre : pas de restriction sauf si le préfet le décide. Et comme le Préfet est un lèche-derche gouvernemental de première, il a même dit du bien de Si-Nouille N’Diaye à l’époque, vous allez dérouiller à un point tel que des vacances en camp de travail à Pyongyang vous paraîtront une maga-partouze au Cap d’Agde…

Si vous habitez dans un département rouge vermillon : peine de mort si vous portez mal le masque par écartèlement sur la place publique et distribution de vos restes aux chiens errants et aux kebabs du quartier ; ainsi que fermeture des bowlings à 18h37 parce que Manu a horreur qu’on joue avec de si longues queues (à l’exception de la sienne, évidemment).

Et en parlant de bites, le 25 septembre 1985, se marient à Montmartre, pour de faux, mais avec les formes et un haut-de-forme, Coluche et Thierry Le Luron. Gigantesque canular destiné à tourner en dérision le mariage d’Yves Mourousi qui se célèbrera trois jours plus tard à Nîmes, cette préscience du mariage pour tous ne fait pas l’impasse sur les clichés. Autant vous dire que Titine Boutin n’était pas invitée…