lundi 18 juin 2018

Brèves du 18 Juin 2018

- Inter France, il est sept heures soixante-quinze ; tout de suite, la revue de presque de Michel Nicoll… On me dit, Michel, que ce matin, il y a peu du pinacle à la Roche Tarpéienne…

- En effet Nicolas, vous avez parfaitement lu le conducteur qui est devant vos yeux encore embrumés de sommeil et de substances illicites. On se croit arrivés au somment du pinacle et il suffit d’un iota insignifiant pour que l’on chute aussi vertigineusement que Mike Brant dans un vol MH 370. A l’image de Miss Prestige National 2015, une des dindes de la virago chapeautée, qui se retrouve en détention provisoire pour détention de stupéfiants. D’autant plus stupéfiant qu’elle se destinait à devenir avocate. L’histoire tourne à la vinaigrette…

- Une vinaigrette acide lorsqu’elle est administrée par un prêtre parisien…

- Un suppôt du patron de Saint Pierre qui aurait vendu son âme au diable puisqu’il refuse des obsèques à une fidèle, sous le prétexte qu’elle était mariée avec une femme…

- Il peut toujours se tremper dans une piscine s’il craint les zobs secs…

- Nicolas, à l’avenir, évitez de sucer un clown avant la revue de presque, ça donne une coloration populacière qui n’est guère souhaitable au sein de notre auditorat de gauche… On suppose que ce prêtre a murement réfléchi sa décision, et en avait auparavant débattu avec son mari qui vient de fêter ses treize ans…

- La religion mène à tout, Michel…

- A condition d’en sortir, et de ne pas prêter trop d’importance aux instruments de la foi. A l’instar de ce spécimen, complètement ivre, qui a béni les gendarmes venus lui faire entendre raison avec la brosse des toilettes. Ce qui s’appelle une bénédiction urbi et merdi…

- Un mot de cinq lettres que nombre de lycéens ont dû répéter, ce matin, avec les premières épreuves du bac, et notamment la philo.

- Effectivement, et il fallait vraiment beaucoup de chance pour comprendre les sujets, directement issus des cerveaux féconds de profs qui ont chanté les louanges du Larzac libre et des pulls en macramé beigeasse. Jugez-en plutôt :

La culture rend-elle plus humain ? Avec en sous-entendu, les cons sont-ils des humains ?
Peut-on renoncer à la vérité ? Encore faut-il savoir ce qu’est la vérité…
Toute vérité est-elle définitive ? Au moins autant que les derniers adieux de Charles Aznavour…
Peut-on être insensible à l’art ? Oui, si l’on parle de Marc Lévy ou de Zaz…
Le désir est-il la marque de notre imperfection ? L’être parfait n’en est pourtant pas moins désirable…
L’expérience peut-elle être trompeuse ? Et sucer, c’est tromper ?
Peut-on maîtriser le développement technique ? Avec un bouton rouge dans un bureau ovale, oui…
Éprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ? Comment savoir si c’est injuste si on ne sait pas ce qui est juste ?

- Michel, achevez vite ce sujet, j’ai une étrange turgescence dans le pantalon qui risque de vous inonder si vous continuer à me causer tel un BHL au BHV…

- J’ai de quoi vous faire débander Nicolas, aussi sur qu’un poster gynécologique de Jeanne Moreau, avec Bolloré qui a réclamé sa tête aux Guignols après avoir eu la leur à l’antenne. Le patron de Canal Plus a récupéré sa tête en latex, certainement pour animer des bar-mitzvah en province ou des pots d’adieu qui vireront dans l’hilarant intégral…

- Une hilarité qu’on ne retrouve pas forcément dans le marigot politocard ce matin…

- Surtout si vous vous appelez Virginie Calmels, limogée sans ménagement par Laurent Wauquiez, à cause des incessantes critiques apportées au Conducator droitier, qui a remplacé la femelle par Jean Léonetti, promoteur de la loi sur la fin de vie. De quoi préparer un enterrement trois étoiles et sans douleur pour le parti de Lolo…

- Plus de douleurs en revanche aux Pays-Bas et dans le Rhône…

- L’autre pays du fromage qui n’en fait pas un au moment de compter les victimes d’un van qui a heurté la foule après un concert de Bruno Mars. C’eût été un concert de Christophe Maé, on aurait déjà décoré le chauffeur. Dans le Rhône, c’est une fillette de quatre ans qui a été renversée par son père, au volant d’un camion de déménagement.  Au moins, les parents sauront où se trouve la gamine, et ne craindront pas de l’oublier quelque part avec les balais et les photo-montage de la belle-mère…

- C’est pourquoi il faut aller de l’avant, goutte que goutte, m’écrivez-vous…

- Oui, de grosses gouttes que cet aveyronnais de cinquante-deux ans éclusait tous les jours, à raison d’une bouteille de pastis sur le chemin du travail. Mais l’histoire ne dit pas si l’éponge roulante travaillait pour un centre de prévention de la Sécurité Routière…

- A ce compte-là, Michel, mieux vaut privilégier la voie aérienne…

- Sauf si l’on doit, comme à l’aéroport de Madère, croiser le buste grimaçant et franchement peu réussi de Ronaldo. Si peu ressemblant que les autorités ont décidé d’opérer en catimini au remplacement de la statue, pour y substituer un autre moulage plus sérieux du footeux aux œufs d’or. C’est à peine moins raté…

- Raté comme la prochaine série de concerts d’une légende vivante…

- Vivante, mais pour combien de temps encore ? Charles Aznavour, 94 ans et au moins autant de retours et de concerts d’adieux définitifs, annule cinq nouveaux concerts pour raisons de santé. Sébastien Farran, l’imprésario qui jaunit à l’idée, propose au père de la Mamma une date à La Madeleine…

- La madeleine de Proust qui se voit chamboulée en terres britanniques…

- Les bouffeurs de rôti bouilli en sont tout retournés, au moins autant que Tom Daley durant une nuit avec son mari, puisque la famille royale va vivre cet été son premier mariage gay. Lord Ivar Monutbatten, cousin de la Reine, épousera son compagnon dans une intimité toute relative. Les mauvaises langues murmureront que le cousin d’Elizabeth II aurait pu être sa tante…

- Et à tout mariage, il faut une rupture…

- Si ce n’est d’anévrisme, c’est à tout le moins une rupture amoureuse, à l’instar de Joey Starr qui laisse désormais brouter Karine Lemarchand dans le pré, et remet le couvert avec l’une de ses ex, apparemment plus fraîche. On en connaît qui ne vont pas se remettre de la fin de cette love story des temps modernes…

- Et pour finir, Michel, parce qu’on est déjà terriblement en retard, un anniversaire ?

- Oui, l’anniversaire d’une élection, puisque le 18 juin 1982, lors du 41ème Congrès de la CGT, Henri Krasucki était élu secrétaire général. Sous des aspects frustes et imperméable aux mathématiques, Krasucki s’était fait remarquer durant la seconde guerre mondiale en tant que résistant. Ce qui est assez rare pour le souligner, puisqu’en outre il a résisté pendant dix ans aux diktats d’un patronat profiteur…

- Faut dire qu’il n’avait rien d’un séducteur… Tout de suite, la suite avec le flash d’informations…

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jeudi 14 juin 2018

Brèves du 14 Juin 2018

« Vaisselle cassée, c’est la fessée,
« Vaisselle foutue, panpan cucul… »

Je me suis laissé dire que, tout jupitérien qu’il soit, le couple présidentiel et Madame Macron doivent apprécier la musique populaire de qualité. Que voulez-vous, l’élite comme le vulgum pecus ont leurs petits travers et leurs penchants coupables peu avouables. Sauf qu’ils coutent plus cher dans le premier cas.

Josiane Mouchabeu de Bourre-La-Reine confessera un pêché mignon pour les gorges profondes au sirop d’hommes (un dessert surtout servi au Cap d’Agde en été) ; Philémon-Tancrède de Mortemare-Labattue de la Vigerie Du Temple battra sa couple pour ses safaris à dos de gnou pour enrichir sa collection de trophée de tigres blancs du Mozambique Inférieur…

Manu, Bribri et qui vous savez, c’est la variétoche française… Pierre Perret, plus précisément, et ses couplets ciselés comme des joyaux qui, au final, après cent quatre-vingt-dix-huit auditions, vous cisèlent un peu les joyaux…

Et il vaut mieux chanter « Vaisselle cassée » que de briser effectivement les quarante-huit pièces su service, légumier compris, dans un accès de colère ou une subite poussée de jalousie à base de coucheries extra-conjugales, d’après-rasage sur le col de chemise et de traces dans le slip…

Le couple élyséen vient de remplacer le service de vaisselle actuellement utilisé, pour une facture qui dépasse allègrement le demi-million d’euros. Ce qui évidemment fait ululer les détracteurs de la Première Cougar de la République qui persiflent comme des serpents édentés que la vioque dilapide la budget de la France, qu’elle ferait mieux de se faire fabriquer des écuelles en bois pour éviter la casse due à son Parkinson galopant…

Loin de moi l’idée de défendre corps et âme M’âme Trogneu-gneu (même si j’apprécie les antiquités, le masochisme a des limites), mais un service de table élyséen n’a que peu de similitudes avec celui de la famille Morteflaque de la Couilladière ou de la smala Chafougnard de l’escalier C… Ce sont des centaines d’assiettes à dessert, de plats de service, sans compter les dizaine de douzaines d’assiettes… Pour tout dire, les Arcopal fleuries de Tante Marthe passeraient assez mal sous les ors de la République…

Ou alors, Brigitte sait qu’il va y avoir de l’eau dans le potage et une couille dans le gaz (si ce n’est le contraire) et elle fourbit ses munitions comme Manu se fourbit le fourbi avec le calice de Christ de Tabenac’ de Tintin Trouduc’…

« Baise, baise-moi,
« Baise, baise-moi comme ça… »

Je vous laisse vous pénétrer profondément (petits cochonous lubriques) de ce pastiche grivois de « Toi mon toit » avant de vous balancer toute la purée… C’est tout de même hallucinant de constater comme les pratiquants de religions brimant tel ou tel comportement peuvent, en réaction consciente ou non, ressentir des pulsions incontrôlées envers ces comportements.

Puisque la religion du prophète déconseille fortement les cochoncetés entre messieurs, vous n’imaginez pas le nombre d’enturbannés qui veulent se faire sauter en public… Depuis Salah Abdeslam qui au soir du 13 novembre n’avait pas joué les éjaculateurs précoces et s’était retenu de se faire sauter, jusqu’à ces deux jeunots, arrêtés ce matin en Seine-et-Marne, qui affinaient leur projet d’attentat au nom de Daesh sans bouillir et voulaient visiblement s’en prendre à des homosexuels.

C’est certainement les bouteilles de poppers, les combinaisons latex, les bidons de vaseline et les gode-ceintures qui ont mis les enquêteurs sur la piste…

A l’instar de « Despacito », « Au nom de la Rose » ou plus anciennement « Non ho l’eta », vous ne pourrez pas y échapper dans le mois qui vient, à moins, éventuellement, de vous faire catapulter sur Mars. La Coupe du Monde russe vient de débuter, avec un match d’ouverture entre les éponges à vodka et les siffleurs de merguez…

Ô toi, détracteur (et toi, des motobineuses) de ce lobotomisant jeu pour décérébrés mononeuronaux qui passent les retransmissions télévisées à se gratter les couilles en survêt en lycra douteux en éclusant de la bière au décalitre, sacrifie incontinent ta télé sur l’autel de la tranquilité, car les chaînes de télé ne vont avoir de cesse dans les emaines qui viennent de venir nous atomiser menu les coucougnettes avec leurs retransmissions à la mord-moi-le-nœud que je vais tout lâcher dans le couloir à prouts de matches où l’on se bornera à voir des millionnaires en short courir derrière un ballon rond…

Avec les pharamineux salaires versés (quand ce ne sont pas de byzantines primes de match parce que le gogol a pour une fois tiré au but au lieu de tirer une pute), ils pourraient s’acheter un stade, une fabrique de baballes et deux usines de shorts mouleburnes… Alors qu’ils arrêtent de courir après comme des femelles hystériques le jour de l’ouverture des soldes !

Par pitié, évitez pendant le mois qui va venir de parler de la Coupe du Monde de Football !

D’abord parce que tous les media de France, de Navarre et d’ailleurs vont consciencieusement nous beurrer la raie de ces inintéressantes nouvelles ballonnesques… Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point on s’en bat les réserves ADN avec la force d’un pet lâché jambes écartées sur une toile cirée de savoir que telle connasse en short a eu un souci à l’échauffement et qu’il est incertain pour le match du jour… Avec les salaires indécents qu’ils touchent pour faire mumuse dans une balle, ils devraient être contraints de jouer même avec une dysenterie fulgurante…

Ensuite, parce vous en aurez très rapidement ras le bol de bouffer de la Russie à toutes les sauces… Le bortsch, les zakouskis, Poutine et les ninotchkas, ça va bien un moment…

Et enfin, parce qu’on va nous gonfler le mou au-delà du raisonnable sur les bras cassés français qui se sont envoyés en l’air il y a quelques jours pour relier la Russie… Par pitié, et c’est une supplique adressée à nos connasses tricolores, faites vous sortir par la première équipe du fond du panier, qu’on n’ait pas à se fader vos pseudo-exploits et vos commentaires d’après match qui font passer Nabila pour la nouvelle Marguerite Yourcenar…

Non, sérieusement, il y a tellement de sujets de conversation infiniment plus attirants que ces sportifs qui miment l’accouplement façon place des Vosges à chaque but marqué et qui se reluquent la nouille sous la douche, dans la clameur ouatée des savonnettes qui chutent…

C’est tellement reluisant, et surtout entre confrères, de causer de Bébert Collard, l’ex-cador du barreau rétrogradé neuneu officiel de Marinette depuis sa superbe photo en bonnet marin aux côtés du bouledogue blond ; un ex-cador du Barreau qui apparemment l’avait encore suffisamment pour se voir viser par une plainte pour viol, émanant d’une cliente qui n’avait visiblement pas compris ce que payer en liquide signifiait…

Notre inénarrable Gilbert à la mèche graisseuse aurait dû imiter son voisin du Pontet qui, depuis un an, se masturbait consciencieusement sur son balcon… Pour le plus grand déplaisir de sa voisine de 17 ans, qui a officiellement annoncé qu’elle virait brouteuse… Bref, le genre de nouvelle dont tout le monde se branle…

Et enfin, une nouvelle qui ne fera pas mentir la maxime d’Audiard « les conneries c’est comme les impôts, on finit toujours par les payer » : Trente ans après son meurtre, la petite inconnue de l’A10 est en passe d’être vengée. Ses parents sont en garde-à-vue… On aurait presque préféré ne pas savoir…


Et le 14 Juin 1966, la pape Paul VI abolissait définitivement l’Index librorum prohibitorum, un catalogue des livres interdits de lecture aux catholiques romains instauré en 1559 et contenant toutes les publications jugées immorales ou contraires à la foi. Une mine d’or pour les pervers et les lubriques, puisqu’ils renouvelaient leur stock de références à lire… Depuis 1966, on peut, sans risques les foudres vaticanes, se régaler de « Comment je me suis faite fourrer » par Mauricette Frangipane, « Mes vapeurs » par Danièle Gilbert, « Dieu était-il passif » par Jean-Louis Bory, ou les « Mémoires, ou comment j’éponge » de Zahia…

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mardi 12 juin 2018

Brèves du 12 Juin 2018

Yvette Horner s’est éteinte, mais avant elle s’était teinte, d’une teinte déteinte qui déteignait sur son grand teint teint d’un fond de teint éteint et teint éteint…

Eteint donc ! Euh…Et tiens donc ! Parfois, je me demande si le Père Bon Dieu ne se mélangerait pas les pinceaux lorsqu’il s’agit d’organiser la météo et le retour à la maison-mère de la semaine…

Que les pintades télévisées des bulletins météorologiques n’y captent que dalle et vous annoncent sur le ton de l’exploit de la neige en hiver, de la pluie en novembre et du soleil en juillet, c’est finalement aussi prévisible qu’un ministre socialiste vous annonçant que vous devez vous serrer la ceinture quitte à y faire des trous supplémentaires et qu’on vous piquera encore plus vos sous à cause de l’héritage du Gouvernement précédent qui était évidemment un incapable mais qu’avec nous, ça va changer…

Mais que le barbu céleste se paye notre trombine, je trouve ça assez moyen… Déjà que Pépé se plante régulièrement en rappelant ad patres des personnalités appréciées de tous… Vous trouvez normal qu’il ait rapatrié à la maison-mère la Callas, Françoise Dorléac, Albert Camus ou encore Manoel de Oliveira, et qu’il nous laisse endurer Zaz, Audrey Tautou, Marc Lévy ou Maïwenn ?

Et qu’il nous colle des orages dantesques avec des déluges de flotte, des kyrielles d’ilucées, avec tonnerres et foudre assortie, juste au moment où vous sortez du Tribunal et du restau et qu’évidemment vous n’avez pas pris de pébroque pour protéger votre crâne en peau de fesse, vous trouvez logique ?

J’ai beau me prénommer comme l’un des archanges et être du signe du poisson ascendant poiscaille, je trouve la bonne blague du barbu plutôt limite… et humide…

Mais comme le disait en chanson Henri Salvador, « faut rigoler, avant que le ciel ne nous tombe sur la tête »… Merci Riri, mais ça y est, pour ma part, il m’est tombé sur le râble en mille éclats de flotte… Ah, cette douce sensation de patauger dans vos godasses d’été, de voir à travers vos lunettes comme à travers un pare-brise en verre sécurit qui vient de péter, de sentir les gouttes froides vous dégouliner le long de la colonne vertébrale pour finir en beauté dans le sillon fessier genre « j’ai la raie du cul qui fait chêneau »…

Certes, pour ceux qui ont le feu au cul, ça pourra tempérer cet incendie fessier, ou alors, ça produira de la vapeur et vous transformera en sauna individuel…

Attention, j’ai bien parlé de sauna, et pas de boxon, bordel !

Le bordel, c’est notre monde extérieur ; le boxon, c’est la maison de Catherine Deneuve quand elle reçoit ses minets, dussé-je dire ses amateurs de rénovation perpétuelle qui kiffent les vieux tasseaux, les vingt-cinq épaisseurs de plâtre et les étais qui maintiennent l’édifice plus ou moins débout…

Un bordel que la musique d’Yvette Horner ne contribuera plus à adoucir. La reine de l’accordéon s’est éteinte à l’âge respectable de 95 ans, après une vie dédiée au piano du pauvre dont elle taquinait les touches avec une dextérité qui n’avait d’égale que son sourire éclatant, pré-vendu à des marques de dentifrices.

On a tous un souvenir de la Vévette, sur un de ses nombreux Tours de France, juchée sur le toit de la Traction Avant, clouée pour pas qu’elle tombe, sombrero de pacotille vissé sur la choucroute, avec cet inextinguible sourire qu’on croyait qu’on lui avait flanqué un dentier trop grand, à se tripoter inlassablement l’instrument en rejouant jusqu’à la nausée « El gato montes », « Perles de cristal » ou « Reine de musette ».

Les plus jeunes se souviennent de la Vévette relooké par Gaultier, crinière rouge fluo, dentier mal emboîté et robe tricolore, et son immarcescible « Play Yvette »… On pourra trouver l’accordéon ringard, populassier et la choucroute surlaquée d’une autre époque, ça fait toujours quelque chose de voir partir une figure qui nous a inconsciemment accompagné tant d’années… Faites danser les anges au son de javas endiablées, Madame la « Reine de Musette »…

Antoine doit être ravi, lui que l’accordéon d’Yvette fatiguait…

J’attends avec une impatience non feinte l’album hommage par Tal, Matt Pokora, Jenifer et Jul… J’ai besoin de décoller le papier-peint dans la salle-à-manger de Tante Marthe…

Un bordel que ce monde extérieur, vous dis-je ! Un bordel ambiant, au vu et au su de toutes et tous ! Même les chefs d’état ne se cachent plus pour aller batifoler au coin de la rue ou aux antipodes. Manu s’envoie en l’air pour essorer la feuille d’érable de Justin ; et le connard à l’orange , qui n’en est plus à un revirement près, fait des risettes énamourées au démocrate nord-coréen…

Bon, on n’en est pas encore au patin de voyou façon Zitrone et Brejnev, mais c’est nettement plus chaleureux que le weekend dernier au G7 où Encula Merkel jouait une fois de plus les Gretchen dominatrices avec le casque à point et le fouet…

Oh oui, meine große püppchen qui sent la bière rance et la saucisse avariée, refais-moi tes gros yeux réprobateurs que je me termine dans les rideaux !

Le monde est un vaste bordel ! Les gens font n’importe quoi, à leur guise et selon leur bon vouloir, sans se soucier du respect d’autrui, et des truies… Ils rotent à table, pètent au lit, se mouchent dans leur manche, écoutent du François Valéry à pleins tubes sur le radio-cassette pourrave de leur Lada Samara verte olive, s’abonnent à France Dimanche, vont voir des films avec Kad Mérad… Y en a même qui se suicident en se jetant du toit de la Grande Mosquée de La Mecque… Tant qu’il ne crie pas « Allah akhbar », tout va bien…

Le monde est un bordel, et l’on ne fait strictement rien pour l’améliorer. Alors que la mort vient sauver certains artistes d’une désaffection chronique d’inspiration, il se trouve toujours des empêcheurs de décéder en rond qui sortent des tiroirs des maquettes mal foutues et en font des albums inédits qui cabossent définitivement la réputation du macchabée. Dernier exemple en date, Prince, dont on va nous servir en lieu et place de pluies pourpres de bien misérables pissettes mauve clair…

Tant qu’à faire, on va sortir tout ce qu’il y a plus ringard du placard, exhumer les cassettes voilées des essais après-bière d’Arielle Dombasle, les bandes magnétiques des échauffements de voix d’Aznavour, les 78-tours souples de radiodiffusion d’Annie Cordy et les rouleaux de cire de Line Renaud (dont c’était déjà la fin)…

Eh oui, le monde est définitivement un bordel… Et ce n’est pas d’aujourd’hui… Le 12 juin 1929 naissait incognito à Francfort-sur-le-Main une fillette qui aurait pu grandir, vivre et mourir sans que la face du monde en soit radicalement modifiée, si elle n’avait pas eu l’habitude de noter ses impressions, et de raconter les broutilles de sa vie d’adolescente juive durant la guerre, à Amsterdam, dans un appartement secret… Quel bordel que le monde d’alors, n’est-ce pas, Anne Frank ? 

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