vendredi 13 novembre 2020

Brèves du 13 Novembre 2020

Ce qui change, c’est que rien ne change, et c’est ce qui change tout…

Les jours s’égrènent, les saisons passent, les années courent, les fleuves s’écoulent, les chiens aboient et les caravanes passent sur les routes départementales vers le Camping des Epluchures, route de la Déchetterie à Beuark-sur-Dégueulis… Mais rien ne bouge, telle la statue du Commandeur (celui de Dom Juan, pas Jérôme, hein !)

Le monde reste droit dans ses bottes, la France la joue jugulaire-jugulaire et reste scrupuleusement le doigt sur le pli du pantalon, et le pékin moyen, s’il parle souvent de tout faire péter, reste douillettement installé dans le conformisme de ses charentaises…

Il serait illusoire de penser que l’on peut amener les gens à modifier leur façon de penser, de voir ou d’analyser les choses… Les cons resteront cons, les nombrilistes continueront à se regarder le bide comme s’il s’agissait de la gare de Perpignan, centre du monde daliesque, et tout ce petit monde campera farouchement sur ses positions en estimant évidemment que l’autre a forcément tort puisqu’eux-mêmes détiennent la vérité ultime…

Rien ne change… et c’est ça qui change !

Et comme ce « rien ne change » change tout, il convenait de s’en faire bruyamment l’écho, en rameutant à grands frais tous les médias possibles et imaginables, de la feuille de chou régionale à la chaîne de télévision internationale, en passant par l’habituel aéropage de journaleux tellement courbés devant le Gouvernement qu’ils arriveraient à s’auto-fellationner sans peine.

Notre Premier Ministre s’est exprimé. Enfin, Jeannot a grasseyé pendant un bon moment pour déverser des lieux communs, des platitudes et des évidences pour en arriver à la conclusion ébouriffante que, pour le moment, rien ne change…

Franchement, se tartiner un ersatz de succédané de Guy Montagné imitant Galabru pour s’apercevoir au final qu’il a parlé pour ne rien dire… Si je ne portais pas un moulebite bien ajusté, j’aurais certainement les réservoirs d’ADN qui me remonteraient sous le goitre…

On continue allègrement le reconfinement qui vous interdit de vous agglutiner dans les petits commerces de proximité, mais vous autorise les quais de métro bondés pour aller bosser… Et si l’on est de bons élèves, on pourra peut-être relâcher un peu la bride au premier décembre… Mais pas les bars et les restaurants, qui devront rester fermés…

Dites voir, ils ont des soucis avec les bistrots et les restaus, au Gouvernement ? Y a un ministre ou un secrétaire d’état qui a été traumatisé par un troquet ou une gargote pour en vouloir à ce point à nos bistroquets et restaurateurs ? Ou alors, ils ont des actions chez McDo et Burger King…

Que nos politocards aient une aversion naturelle pour les livres et tous les biens culturels pour les classer comme biens non-essentiels, c’est compréhensible puisqu’on a toujours peur de ce que l’on ne connait pas, ou mal… Mais la bectance et le jaja… Au pays de Curnonsky, de Troisgros et de la poule au pot, ça frise l’injure nationale… Déjà, tu sens bien que Castex, c’est pas le genre de mec à choper une érection en causant boustifaille et gueuletons… Je le vois mal se péter le bide avec des cassoulets et des grands crus classés… Plutôt à avaler rapidos une demi-biscotte sans sel et un bouillon dégraissé avant d’aller au dodo à vingt heures trente… Coucouche panier, papattes en rond…

Bref, effet d’annonce triple zéro hier soir pour le sketch du Premier Sinistre, toujours aussi yéyé comme un bol de yaourt allégé… Mais ça occupe l’antenne, et ça permet à BFMTV et consorts de dégoiser pendant des heures sur ce qui a été dit, ce qui n’a pas été dit, ce qui aurait pu être dit, et ce que signifie ce qui n’a pas été dit mais si fortement sous-entendu qu’on pourrait penser qu’il aurait voulu le dire tout en le taisant… Et réciproquement.

Faut les comprendre, après le suspense artificiellement maintenu (genre Bouteflicka ou Vincent Lambert) des élections américaines, il fallait bien trouver un truc pour angoisser le public à grands coups d’alertes info incessantes et autre bandeaux anxiogènes rédigés sans le soutien du Bescherelle…

Ce n’était pourtant pas, hélas, le choix qui leur faisait défaut.

En première ligne, et un mets de premier choix, malgré ses dimensions d’échantillon : Nicolas Sarkozy et le spectaculaire retournement de veste de Zyad Takkiédine… Rétropédalage complet et blanchiment total de Saint Nicolas, on se croirait presque dans un épisode de Dallas… Et l’amateur de chanteuses aphones qui demande officiellement à être « démis en examen »… Pour un avocat, ça la fout mal, quand même…

Pour obtenir un tel coup de pouce du destin, le Petit Nicolas a dû aller faire un pèlerinage chez les Balkany, les Thénardier du 9-3 qui ont toujours cru que Levallois paierait…

T’arrives à proximité du lieu saint (en l’occurrence la Mairie) noir comme un charbonnier, perclus de soucis judiciaires à base de valises d’argent douteux et menacé de toutes parts par des juges rouges ; une génuflexion comme marque de contrition avec craquement des ménisques assorti, une incantation plus ou moins sincère à Notre Dame des Mis-En-Examen, un pot de vin (voire une pleine caisse) et hop ! tu ressors plus blanc que neige, lessivé jusqu’à la moindre fibre du costard sur-mesure par Super Croix sans redéposition… Et si par extraordinaire, le pèlerinage finit en eau de boudin case prison, tu invoques une maladie incurable genre intoxication à la chanteuse aphone et dès ta remise en liberté, tu danses le jerk pour bien te foutre de la gueule de la Justice…

Ce ne sont pas des « on-dit », ça a fonctionné à merveille avec Patoune Balkany, le miraculé de la Santé…

Si les démêlées judiciaires de l’Ex ne tentent pas votre lectorat ou l’audience des décérébrés de C-News, je vous conseille un article documenté sur les Présidentielles américaines, avec les deux vieux du Muppet Show dont les pantomimes ont lassé jusqu’au plus américanophile… Faites comme Paris Match, un supplément de vingt pages sur Joe Biden, vu son âge, il a de quoi raconter…

Si le gâtisme ne vous sied pas, alors versez dans le social ! Misez tout sur Bridgestone qui dérape dans les grandes largeurs avec la fermeture de son usine dans le Nord… Mettez une bonne dose de patrons voyous, un zeste de discussions qui virent court, et un plan social juteux, rajoutez une rasade de Xavier Bertrand qui tempête dans un verre d’eau, mouillez à hauteur de la situation sociale du Nord cuvée 2020 et laissez mijoter jusqu’à ce que les pneus ne soient plus caoutchouteux… Servez avec un maroilles puant et des frites à la graisse de bœuf…

La tambouille du grand capital vous donne des boutons ? Alors, lâchez la commémoration bien larmoyante à grands renforts de témoignages poignants de rescapés de la grande tuerie du Bataclan, pour célébrer comme il se doit le cinquième anniversaire des attentats parisiens. Voici déjà un lustre que l’obscurantisme des enturbanés frappait de plein fouet la capitale… Si cela se produisait aujourd’hui, avec le couvre-feu, il n’y aurait pas une seule victime… Vous voyez bien que le Gouvernement prend soin de vous… N’empêche que le prochain qui vient m’affirmer que le vendredi treize porte chance, je lui mets mon pied au cul… De quoi devenir paraskevidékatriaphobe au dernier degré…

Et si vous avez des tendances macabres option Jean-Claude Brialy, surnommé la Mère Lachaise avec son goupillon en folie, alors balancez l’oraison funèbre de Piem, décédé le jour de son quatre-vingt-dix-septième anniversaire. Dessinateur humoristique au style reconnaissable et à l’éternelle pipe, il fut popularisé par les émissions télévisées satiriques de Jacques Martin, qui le surnommait L’ancêtre. Icône médiatique des seventies dorées irrémédiablement enfuies, le Petit Rapporteur est définitivement passé par le petit bout de la Lorgnette…

Et le 13 novembre 1966, la deuxième chaîne de l’ORTF accueille une série télévisée américaine en 88 épisodes de 25 minutes, déjà gentillette à l’époque (c’est vous dire si elle paraît cucul la praline aujourd’hui) : « Flipper le dauphin ». Mis à part des vues sous-marines floues de l’animal, des sourires niais de Sandy et Bud, et des moulebites amerlocs remontant jusque sous les aisselles, le scénario est aussi vide que la boîte crânienne des fortement nichonnées de la téléréalité… Méchanceté gratuite ? Comme le dit Régis Mailhot, la méchanceté est parfois gratuite, mais la gentillesse n’est jamais payante…

 


jeudi 5 novembre 2020

Brèves du 05 Novembre 2020

 « Si les Ricains n’étaient pas là… »

Cette question quasi-existentielle, je ne cesse de me la poser depuis mardi matin lorsque, émergeant l’œil glauque et la bouche récurée aux ciment Lafarge, j’entendais dans le demi-sommeil qui nimbait encore mes oreilles la logorrhée inextinguible de Nicolas Demorand, remonté comme un coucou suisse sous Ovomaltine, et commentant les non-résultats de l’Erection Pestilentielle américaine…

Si les Ricains n’étaient pas là, on ne se serait pas fadé une nuit spéciale Présidentielles Américaines sur Radio Gaucho, et on aurait eu tout loisir à ronfler grassement sur les rediffusions de Laure Adler, et sa voix de grande dépressive abonnée à Télérama, d’Ali Rebeihi avec son ton de candide faussement espiègle, de Michka Assayas et ses célébrations des musiciens recalés à l’examen du métro de Paris et de Mathieu Vidard, un Jamy Gourmaud qui serait passé par Mykonos…

Si les Ricains n’étaient pas là… mais les Amerlocs sont là, et il a fallu se les tartiner en long, ne large et en travers tout au long d’une nuit d’élections où le plus palpitant fut l’établissement des liaisons entre les studios de la Maison de la Radio et ceux d’outre-Atlantique…

Ce fut d’un chiant ! A un point tel que Fabienne Sintès avait parfois du mal à réprimer un bâillement traitre… C’était aussi haletant qu’une soirée électorale pour les cantonales 1978 sur FR3 Bretagne… Et encore, en France, on pouvait toujours faire une pause variété en balançant le dernier play-back d’Annie Cordy ou un sketch de Sim… Mais là, pas moyen !

Se cloquer près de dix heures d’antenne pour en arriver à la conclusion que rien n’était décidé et qu’il faudrait attendre plusieurs jours avant de connaître le nom du vieux sénile qui dirigerait les Etats-Unis pour les quatre prochaines années… On en faisait quarante secondes dans le flash de neuf heures et on passait à la météo de Marie-Pierre Planchon qui nous annoncerait une dégradation atlantique venant de l’ouest en passant le nord-Poitou et Rhône-Alpes pour s’évacuer par la pointe bretonne en fin de journée avec des minimales frisant les moyennes de saison et notamment trois degrés à Trou-Madame dans le Béarn et jusqu’à douze pour Saint-Maximilien-De-Grosseboules…

Il faut le reconnaître, les sondages se sont bigrement trumpés, et la prétendue vague bleue a pris un biden… On espérait une victoire nette de l’un ou l’autre camp, et l’on se retrouve empêtrés dans un interminable duel des vioques du Muppet Show, en moins marrant…

D’un côté le Connard à l’Orange qui beugle avant même de commencer à voter que les américains sont floués de leur élection et de sa réélection (il avait juste omis de réfléchir qu’une élection, ça n’est pas un référendum islamiste, c’est-à-dire 51 % de oui et 49 % de fusillés)…

De l’autre côté Joe Biden, dont la tiédeur gâtifiante ferait passer Hollande pour un décideur brutal, qui avance aussi prudemment que le déambulateur de Giscard sur des œufs de caille, et affirme qu’il se dirige vers le chemin de la victoire… Biden, c’est un Deferre transatlantique qui en parlant imiterait une coulée de lave du Vésuve avec de la floraline…

Et tout ça, dans un climat de fraîcheur qui fleure bon le Polident et la couche Confiance pas nette…. Soixante-quatorze ans pour Trump, soixante-dix-huit pour Biden… Avec un peu de chance, le temps qu’on connaisse enfin le réel vainqueur, les deux candidats seront morts…

Ce qui ne serait pas une perte irrécupérable pour la démocratie internationale… mais un deuil intergalactique pour les humoristes, les chroniqueurs et les chansonniers du monde entier et de sa proche banlieue…

Alors, que Dieu garde Trump ! Mais oui ! God save Donald and his orange moumoutte ! Pour ceux qui font profession de mordre les politocards et de griffer les infatués bouffis, Trump, c’est du pancake béni, avec une double ration de sirop d’érable à la sauce barbecue ! C’est le Usain Bolt de la boulette irrécupérable ; le Keyser Sözé du dérapage incontrôlé en direct live que jamais on pourra coupe au montage comme sur TF1 ; le Schumacher du hors-piste sans airbag ni ceinture de sécurité ; la fashion-week du mauvais goût…

Si l’on relègue Donnie l’orange dans sa tour d’or d’un kitsch intégral, qui pourra nous faire marrer, nous indigner ou nous offenser de ses gaffes ? Manuel Valls, dont la popularité mondiale se mesure désormais en chiffres négatifs ? Nadine Morano, avec ses déclarations à l’emporte-pièce d’une lobotomie hélas trop bien réussie ? Les décombres fumants du Parti Socialiste dont les caciques toujours bien inspirés avaient propulsé à la Présidentielle Benoît Hamon, pour un résultat mémorable, et se permettent encore aujourd’hui de juger toutes et tous ?

Aussi, il faut voter Trump ! Puisque les démocrates m’ont laissé un goût amer dans la bouche, dixit Monica Lewinsky…

Le temps de laisser glisser le goût amer… Qui pour remplacer notre Casimir américain ? Bon, on oublie Castex qui est aussi yéyé qu’un pot de yaourt tiède, de même qu’Olivier Véran, qui nous annoncerait un soixante-douzième confinement avec une possibilité de fin de pandémie en 2042, mais sans rire…

Actuellement Macron teste le porte-parole du Gouvernement, Gabriel Attal… Et il le teste non seulement au pieu, parce que le Gaby, malgré ses trente-et-un ans, il a déroulé du câble comme une Brigitte Lahaie de la Place des Vosges ; mais aussi sur les plateaux télé et radio… Gaby a fini l’autre soir sur Fun Radio, dans l’émission de Difool… Et il a causé comme un vieux sénateur face à un journaliste de BFMTV… La seule différence a été qu’au lieu d’être interrompu par un édito de Christophe Barbier, Gaby a été coupé (vu son patronyme, on s’en doute) par une pub pour des capotes goût fondue, puisque les premiers froids arrivent…

Résultat, Fun Radio a fait encore moins d’audience qu’Europe 1, c’est vous dire…

Prochains essais de Manu : il envoie Bachelot chez Hanouna parles des vestiaires des Dieux du Stade ; Denormandie va se faire branler intellectuellement dans le Petit Journal de Barthès et Dupond-Moretti sera la mascotte de la prochaine saison d’Intervilles…

Quant au roi russe de la saucisse, un homme d’affaires à la tête de plusieurs usines de charcuterie, il a été assassiné d’un carreau d’arbalète dans le sauna traditionnel de sa maison… Voila ce qui arrive quand on tripote trop de viande fraîche, on finit comme ses produits, accroché au clou…

Dans le carnet noir de la Covid-19, le nom de Joseph Reynaert, 65 ans… Ce patronyme ne vous dira rien si vous n’êtes pas belge, ou amateur du Concours Eurovision, puisqu’il s’agit de l’interprète de « Laisser briller le soleil », chanson belge du Concours 1988, et gros bide commercial… La pandémie ne veut décidément pas que le soleil continue à briller…

Déplorons aussi le décès à l’âge de 84 ans de Claude Giraud, comédien réputé qui fut très demandé comme doubleur, mais aussi sur le petit écran dans des séries comme Les Compagnons de Jehu ou Sébastien parmi les hommes (qui n’est pas sponsorisé par la Cage aux Folles), et surtout sur le grand écran où il fut à plusieurs reprises l’amant de Michèle Mercier dans la série de Angélique (quand on voit dans quel état il nous l’a mise…). Mais il restera pour l’inconscient collectif le fameux Rabbi Seligmann des Aventures de Rabbi Jacob… Pour sa part, Kad Mérad pète la forme…

Et le 5 novembre 1922, Howard Carter découvre en Egypte une dalle, l’entrée de l’unique tombe de pharaon encore inviolée… Trois semaines plus tard, en compagnie de Lord Carnarvon, son mécène, il pénètrera dans le tombeau de Toutânkhamon, recélant des montagnes d’or et des milliers d’objets précieux, dont le célèbre masque mortuaire (la momie étant partie en quenouille)… Il paraît même qu’ils auraient retrouvé parmi les reliques : des gravures d’Alice Sapritch jeune fille, des traces du premier spectacle de Line Renaud, et le programme des adieux de Dalida…


 

vendredi 30 octobre 2020

Brèves du 30 Octobre 2020

 Je me souviens…

Je me souviens de ces temps anciens où il me semblait que tout était beau, simple et possible…

Je me souviens des soirées improvisées que l’on organisait entre amis, comme ça, au débotté, juste pour le plaisir de partager des moments ensemble, des pizzas au déséquilibre alimentaire certain et des binouzes fraîches comme un bébé de Véronique Courjault…

Je me souviens de ce sentiment de bonheur simple qui flottait dans l’air mêlé à des effluves tabagiques, mais que nous n’avions même pas conscience de respirer alors…

Je me souviens de ces soirées passées au bureau jusqu’à point d’heure pour boucler un de ces légendaires « DàM » (dossiers à merde) dans lesquels le client, généralement un pompeur d’allocs étatiques qui s’imagine l’avocat comme un serf corvéable à merci et à son unique disposition 24/7, t’envoie un tombereau de pièces la veille de la plaidoirie et que tu es contraint de tout refaire parce que ces documents contredisent les fariboles qu’il t’avait servi jusque-là…

Je me souviens de ces audiences correctionnelles se terminant tellement tard qu’il était décidément très tôt, et de ces retours par les rues étroites d’un centre-ville ancien, aussi bien éclairées que la dernière coloscopie de Christophe Beaugrand…

Je me souviens de de temps où les caricaturistes avaient la dent tellement dure qu’elle labourait leur planche à dessin sans pour autant risquer de se faire faire sauter le caisson à cause de siphonnés fanatiques…

Je me souviens des délirants Dingodossiers de Gotlib qui mêlait dans une dégustation éthyliquement chargée tous les emblèmes des diverses religions, de Jésus-Christ De La Croix à Karim Jéhovah en passant par Moïshé Allah et Jean-Eudes Bouddha…

Je me souviens de Pierre Péchin qui brocardait à la pelleteuse les travailleurs immigrés des seventies avec leur Pijot déglinguée et leur sabir fleurant bon les souks et le thé à la menthe…

Je me souviens de Desproges qui fly-toxait tous les fâcheux et autres étrécis de la comprenotte avec une hargne implacable et un humour corrosif qui décollait jusqu’au papier-peint de chez la voisine…

Je me souviens, hélas, de Michel Leeb et de ses déplorables imitations de négros et de chinetocs qui aujourd’hui feraient passer Laurent Gerra pour le summum du nec plus ultra du raffinement…

Je me souviens d’une époque où les gens étaient respectueux les uns envers les autres et où l’on ne balançait pas du « chien d’infidèle » à la pelle comme on dirait « et merde » quand on se coince un doigt dans une porte ou le bout du sulfateur à purée dans la fermeture éclair…

Je me souviens où les lieux sacrés méritaient leur nom et où l’on venait y trouver calme, ressourcement et force intérieure…

Je me souviens de ces époques où le cancer tuait implacablement, les grippes décimaient par wagons entiers et les accidents de la route encore plus encore… Et l’on trouvait ça sinon normal, à tout le moins un mal nécessaire puisqu’on ne pouvait guère faire autrement…

Je me souviens de ces années où les deux seuls vioques qui se chamaillaient et qui nous faisaient rigoler étaient ceux du Muppet Show…

Je me souviens qu’il vaudrait mieux oublier…

Il vaudrait mieux oublier ces temps anciens et révolus où il me semblait que out était beau, simple et possible…

Il vaudrait mieux oublier ces soirées improvisées entre potes puisque c’est désormais un second confinement (second laissant espérer qu’il n’y en aura pas d’autre) avec un couvre-feu à vingt-et-une heures qui rythmera nos soirées de cénobites entre les pâtes trop cuites et une vidéo trop crue…

Il vaudrait mieux oublier les horaires extensibles au bureau avec le chronomètre implacable du couvre-feu qui nous ronge les libertés individuelles comme une arthrose qui, souhaitons-le sera un jour maîtrisée…

Il vaudrait mieux oublier ces rues étroites nuitamment parcourues où, désormais, les seules rencontres inquiétantes, seront les patrouilles de police municipale qui vérifieront d’un œil circonspect et passablement aviné votre attestation de déplacement dérogatoire assortie des dix-huit pièces complémentaires (carte d’identité, acte de naissance, certificat d’hérédité, analyse d’urine, test de Rorsach de moins de trois mois, le formulaire cerfa bcgp-92.358742-a rectifié en triple exemplaire sur papier bible timbré à 12.36 € en timbres à tarif lent pour les îles Féroé, ainsi qu’une photo dédicacé de Cyril Féraud en mouleburnes et un kil de rouquin, parce que les pots-de-vin, ça peut toujours servir)…

Il vaudrait mieux oublier d’imaginer penser avoir l’idée de se foutre de la gueule de Dieu, Mahomet, Allah, Yahvé ou du nouvel Hitler d’Istamboul par peur de perdre la tête, au sens premier du terme…

Il vaudrait mieux oublier même s’il est toujours aussi dur d’être aimé par des cons… (Jul, Zaz et Michel Onfray en savent quelque chose…).

Il vaudrait mieux oublier le très curieux mou dans le genou de l’ensemble de la classe politique française qui se gargarise de formules aussi creuses que la boîte crânienne d’Afida Turner mais qui font bien sur les bandeaux d’alerte de BFMTV, mais qui n’envisage pas un moment de réellement passer aux actes pour faire enfin régner l’ordre chez soi… Le pompon revenant sans conteste à Mélenchon qui a été d’une mollesse équivalente à un chamallow oublié dans le réfrigérateur en panne d’un pressing… C’est marrant, l’impérieuse nécessité pour les gaucho-islamophiles de fermer leur gueule à chaque attentat…

Il vaudrait mieux oublier de se hasarder à se marrer des religions, à se gausser des gens qui sont pas comme nous, à se payer le trombine des bougnoules, des youpins, des négros, des bridés et des bouddhistes… Quoique ceux-là, à part faire tourner des tambours à prières, défiler dans des rideaux sponsorisés par l’industrie du safran et s’enflammer littéralement quand les bridés les font rire trop jaune…

Il vaudrait mieux oublier qu’on fut des civilisations prétendument civilisées et dotées de principes et d’éducation… Visionnez à nouveau les scènes de razzias sur le PQ et les pâtes (bientôt côtés au CAC 40) par des bandes de décérébrés qui semble-t-il ont également oublié les préservatifs pour éviter de nous offrir des enfants aussi tarés qu’eux et vous aurez une vague idée de la déliquescence de la France d’aujourd’hui… Relisez les derniers comptes-rendus des barbaries récentes pour vous convaincre que les bêtes immondes ne se cachent plus dans les couloirs du Reichstag, mais bien ailleurs…

Il vaudrait mieux oublier que l’autre nous respectera puisque la notion même de respect a volé en éclats voici bien longtemps et que l’on est nulle part à l’abri, même plus dans des lieux autrefois sacrés… Zigouiller dans des églises, c’est le dernier chic des enturbannés… Par contre, mettez une simple grenade à plâtre dans une mosquée ou une synagogue, et vous verrez la ola d’indignation…

Il vaudrait mieux oublier d’être prudent… Allez, Fumez-moi deux paquets de Gitanes sans filtre (ce n’est pas une tzigane qui a oublié de prendre la pilule) par jour, picolez-moi deux bouteilles de Gévéor à chaque repas… Puisqu’on s’inquiète décidément plus d’une saloperie de virus qui en proportions tue nettement moins que les autres plaies de la santé, on peut se livrer à tous les excès, non…

Il vaudrait mieux oublier de ne pas se souvenir les éléments élémentairement basiques de toute éducation civique que sont les notions d’hygiène essentielles, qu’on nous apprenait autrefois à l’école ou que nos parents nous inculquaient… Maintenant, il nous faut des spots radio-télévisés pour nous rabâcher des gestes barrières qui devraient être naturels, pour tous, tout le temps, partout…

Il vaudrait mieux oublier les querelles ridicules et les attaques indignes des deux vieillards qui prétendent diriger les Etats-Unis pour les quatre prochaines années. Après la politique politicienne et la politique spectacle, voici venu le temps de la politique ordurière, où les insultes tiennent lieu de programme politique… Si, évidemment, les ricains ont une bonne longueur d’avance sur nous, on constate que certains chez nous sont déjà rodés à l’exercice…

Il vaudrait mieux oublier que le Connard à l’orange risque de repiquer pour autre ans à la Maison Blanche…

Oublier de se souvenir ou se souvenir d’oublier que le 30 octobre 1918 naissait Jacques Faisant dessinateur célèbre, dont le conservatisme politique engagé et assumé était souvent marqué par son admiration du Général de Gaulle et par des piques tendres à l’endroit de la bourgeoisie, personnifiée par ses intenables Vieilles Dames. Serait-il question aujourd’hui qu’on lui casse sa célèbre pipe à cause de ses dessins ? Je préfère oublier de me souvenir d’avoir à oublier de ne pas penser à m’en souvenir…

 


mercredi 21 octobre 2020

Brèves du 21 Octobre 2020

« Adieu Monsieur le professeur,

« On ne vous oubliera jamais… »

 Menteurs ! Faux culs ! Jocrisses ! Tartuffes !

Sa pierre tombale ne sera même pas refroidie au vent frisquet d’octobre que vous passerez déjà à autre chose… A la nouvelle trombine de Madonna, encore plus photoshoppée qu’Arielle Dombasle ; à une vague histoire qui aura viralisé sur un réseau social ; à la énième provocation verbale d’une influenceuse de mes deux…

Alors, par pitié, ne venez pas pleurer vos larmes de crocodile via Face-Bouc, ne vous indignez pas pour faire comme Kévina c’te truie qu’à trop plus de folowoueurs que moi sur Chnap-chatte, ne hurlez pas avec les loups parce que ça doit se faire et pis c’est normal, quoi, quand même…

Si les vraies douleurs sont muettes, alors la touitosphère et les autres stratosphères des divers réseaux sociaux pètent la santé à s’en carboniser le slip… Mais que de boucan depuis vendredi soir ! Que de ramdam pour remplir les timelines ! Que de barouf inutile pour de l’indignation facile, bien lové au chaud dans son canapé !

Et c’est à celui qui va lancer le hashtag dans lequel se lira sa plus profonde indignation, qui va publier la punchline la plus putassièrement accrocheuse pour récolter des likes à tire-larigot et des commentaires aussi compassés, emphatiques et encore plus remplis de fautes orthographico-grammaticales que les mémoires de Ribéry coloriés par Nabilla…

Tempête dans un verre d’eau, voire tsunami dans un bidet mal récuré ! Vos indignations parfois sincères, souvent intégralement repeintes d’une faucuterie qui feraient passer les promesses de campagne politique pour des Aves Maria, toujours honteusement entachées d’un voyeurisme malvenu, sont d’ores et déjà vaines. Elles retomberont comme un soufflé trop cuit dès qu’on passera à une autre alerte info sur BFMTV…

Qui, parmi ces masses beuglantes sur les réseaux sociaux mais chiantes dans leurs frocs dès qu’un mastard leur grille la place dans une file d’attente au Franprix, se souviendra encore du décapité des Yvelines dans six mois de cela ?

Samuel qui ? M’enfin Josy-Rachida, c’est trop old fashioned, out of grouve, absolutely not bankable… Tu retardes d’au moins deux années-lumière, alors que t’en es visiblement pas une…

Eh oui, Monsieur le Professeur, on vous oubliera… On oubliera votre nom, votre visage, votre geste pourtant banal qui a signé un arrêt de mort scénarisé sur les réseaux sociaux… Ainsi va la vie ; une horreur chasse une atrocité, et ainsi de suite…

Il y aurait tellement à dire sur cette exécution barbare digne d’une époque antédiluvienne et des pires abattoirs de province (on notera d’ailleurs l’assourdissant silence de la ligue L214 sur le sujet…) que bizarrement, les habituelles grandes gueules se voient subitement prises d’une aphonie intégrale… Exit, les Omar Sy, Camelia Jordana, Rokia Traoré et autres donneurs de leçons à deux balles…

Ah évidemment, c’est tellement plus facile de critiquer la rechute des hémorroïdes, le froid en hiver et le pourcentage de graisse dans le chocolat…

Même silence radio gêné chez nos politocards, surtout à gauche où l’on se prend subitement d’une admiration dans borne pour la pointe de ses godasses et d’une irrépressible envie de silence médiatique…

Evidemment, c’est gênant, un tel acte à l’encontre d’un enseignant qui était convoqué par sa hiérarchie parce qu’il avait osé choquer les pauvres petits avec les caricatures de Mahomet… C’est gênant de se rendre brutalement compte que les laïus sur la laïcité, l’intégration par l’assimilation et l’islam modéré toussa… c’est encore plus de la roupie de sansonnet que si l’on pissait dans un violon…

Et, comme si ça ne faisait pas assez bonne mesure, Darmanain qui en rajoute une couche sur les rayons hallal et casher des supermarchés… Quelle tête de bite celui-là…

Rassurez-vous, on ne va pas changer un iota à la situation actuelle ! D’accord, on va lui faire une belle cérémonie avec les honneurs militaires, les médailles qui brilleront bien sous les caméras, les drapeaux en berne et les discours mielleusement hypocrites… On va nous balancer des déclarations enflammées à la colère savamment mesurée, et des pelletées de « fokessachange »… On va épousseter l’Observatoire de la Laïcité parce qu’il y avait quand même quelques branleurs notoires qui s’y cachaient (non, Griveaux n’en faisait pas partie)… On va faire deux ou trois opérations « coup de poing » bien médiatiques dans les banlieues histoire de faire plaisir aux fachos… On fermera quelques mosquées un peu trop radicales pendant six mois (mais on n’expulsera pas les imams, ah ben, non, faut pas déconner quand même…)…

Et puis on attendra patiemment que le tumulte se calme, que la tempête se calme, que l’enfièvrement retombe… Et on continuera comme avant ! Jusqu’à la prochaine fois…

Sincèrement, vous pensez que Manu va prendre des mesures effectives contre cette gangrène qui va bien un jour ou l’autre nous péter à la gueule ? A moins de deux ans des présidentielles ? Mais vous êtes jobastres ! Non, non, on calme les esprits, on flatte l’instinct cocorico-facho-chauvin des biberonneurs de TF1, et on attend que Brigitte soit décontaminée de la Covid-19 pour l’envoyer à nouveau dans tous les azimuts pour vanter les dernières innovations de la chirurgie esthétique pour grands brûlés…

Samuel a vécu enseignant, il est mort en saignant…

Sans transition, parce qu’aucune transition n’est acceptable ni envisageable avec l’horreur intégrale, un rapide coup d’œil sur la semaine dans les futilités des médias…

Toujours l’amateurisme dans la gestion de la crise du binouzovirus… Un virus vachement bien élevé puisqu’il ne serait un vilain qu’entre vingt-et-une heures et six heures… La promiscuité dans les transports en commun, où l’on arrive souvent à deviner si son voisin de métro est ou non circoncis, ne pose aucune difficulté…

Et si en plus, une grande asperge vient mettre son grain de sel dans la chose en affirmant qu’on nous mijoterait un nouveau confinement à compter du 26 octobre… Christine Kelly, dont le plus joli titre de gloire est d’animer l’émission de CNews qui sert de tribune médiatique à Éric Zemmour, affirme que les grandes entreprises auraient reçu des mails évoquant cette possibilité. Curieusement, la nouvelle n’est reprise nulle part… Que ne ferait-on pas pour espérer briller dans les médias de nos jours…

Et le 21 octobre 1929 naissait l’une des grandes voix de la radio et de la télévision moderne, l’un des derniers pionniers des temps héroïques de la RTF, puis de l’ORTF, ainsi qu’une des voix légendaires d’Europe n° 1 (bien avant la voix de fiotte de Franck Ferrand). Ah ! Pierre Jolieflaque… Pardon, Bellemare, avec son phrasé inimitable et sa force de conviction implacable qui résonnent encore dans toutes les oreilles, notamment celles des ménagères auxquelles il a réussi à refourguer des bidules strictement inutiles mais absolument nécessaires pour la modique somme de cinq quatre-vingt-quinze francs durant ses longues années à la tête du téléachat de la première chaîne. Comparez la différence avec la voix blanche de tarte du Président actuel, ça vous fera marrer… On en a bien besoin en ce moment…