mercredi 15 mai 2019

Brèves du 15 mai 2019

Bref, j’ai eurovisionné…

Plongée en apnée dans la galaxie Eurovision ce soir avec la première demi-finale du 64ème Grand Prix Eurovision de la Chanson, en direct depuis Tel-Aviv.

Et la soirée a failli mal commencer avec la reprise de « Toy », le truc primé l’année dernière, avec la poule dodue, toujours aussi agréable à zieuter qu’une compression de César peinte par Dali…

On ira très vite sur le quatuor de présentateurs ni bon ni mauvais, avec mention spéciale pour Bar Rafaeli, qui se donnait des airs de Gina G. (Royaume-Uni 1996) avec sa robe paco Rabanne. La scène est sympa, à taille humaine et permet diverses prouesses techniques. Les cartes postales sont sans originalité. Et l’entracte débute mal avec une Dana International qui chante toujours aussi mal, avec son nouveau lifting de Cher… Le remix du classique « A-ba-ni-bi » est insupportable. Heureusement que le montage d’archives est bien ficelé…

Quant aux chansons… Un niveau dramatiquement moyen, voire médiocre avec peu de perles, quelques machins acceptables et beaucoup de bouses…

Allez, revue de détail !

Chypre : Au moins, le titre annonce la couleur… Un copié-collé de « Fuego » qui n’essaie même pas de se voiler la face avec des ajustements qui ne trompent personne. On ne peut pas les blâmer de resservir la même guimauve pour espérer engranger un bon résultat, mais là, c’est lourdaud, pataud, indigeste… Et Tamta nous fait un replay d’Eleni Foureira, tout aussi putassière, vulgaire avec ses cuissardes grossières, ses cheveux gras et son strip-tease à la croate en solde… Bref, fast forward ! Qualification logique mais imméritée à mon goût.

Monténégro : La chanson chorale en crescendo habituelle, avec ce qu’il faut de bons sentiments, d’ululements, et de rythmes fédérateurs. C’est au final pas si mauvais qu’on pouvait l’espérer, et ça se laisse écouter puisqu’ils font partie D Mol -à-son… C’est mignon mais pas si nunuche que ça, avec leurs costumes immaculés à l’israélienne, leur chorégraphie façon Suisse 2006 et leurs voix parfois limite…

Finlande : Longtemps brocardée pour ses choix simplistes, puis carrément osés, la Finlande opère un mix cette année avec Darude et un titre électro inhabituel dans les contrées eurovisuelles mais tellement entendu qu’il perd tout piment. Sans parler de la prononciation particulière du titre, un « Louquou-whey » bidonnant… Et je ne parle même pas de la danseuse verte de rage devant ce fond de cartes postales touristiques en remix, ni du chanteur en perfecto et jeans, guère concerné et qui ne transmet rien à la caméra. On a regardé ailleurs, visiblement…

Pologne : Le titre poloniais est le parfait exemple de chanson de girls band teintée de rythmes traditionnels. C’est niais à souhait, criard mais bizarrement plutôt entêtant, à notre corps défendant. On se demande si ça finira un jour… La chorégraphie minimaliste, les costumes de matriochkas surmontés de coiffures à la Celia Cruz et les voiles façon moucharabieh ont flingué toute chance de qualification. Dommage…

Slovénie : Encore un titre paresseux avec une chanteuse sans inspiration ni charisme qui glousse collée au micro sur des rythmes répétitifs qui se veulent actuels… « Sebi » n’est pas ennuyeux, non… C’est au-delà de l’ennui… Et les costumes blancs minimalistes genre « on n’a pas le budget », la tronche d’enterrement de Madame alors que Monsieur est d’un enthousiasme de comateux… Ça donne grave envie ! D’un soporifique au dernier degré. Mais ça a plu aux bobos qui se branlent sur les pages culture de Télérama…

République Tchèque : Alors qu’on s’attend à une bouse façon « Aven Romale », on est agréablement surpris par un morceau tendance rnb, qui groove sympatochement en louchant vers les années 90. C’est pas renversant mais c’est sans prétentions, frais, et ça se détache du reste. Tenues casual pour un trio à l’aise sur scène qui défend bien un titre joliment présenté, au refrain entêtant et aux réminiscences de Jamiroquai. Qualification méritée.

Hongrie : Voila un revenant ! Toujours en version originale, et il faut le saluer. Mais le cirage de pompe s’arrêtera là car c’est paresseux, lancinant et ennuyeux sur la longueur. La chanson manque de souffle et d’emphase. On dirait une danse folklorique au ralenti. Papai devrait prendre de la vitamine C… Voire de la Papai… Il nous la joue Sandie Shaw avec ses pieds nus, devant un joli fond de scène, mais le titre ne décolle pas. Dommage…

Bélarus : Encore un machin débité en anglais scolaire et phonétique, d’une manière criarde par la benjamine du cru, qui aurait de vagues réminiscences avec le Fuego de l’an passé, mais en moins bon (c’est vous dire si le niveau est bas). Quand on n’a rien à dire, on le répète en espérant qu’au final on « like it ». On est très loin de Zena la guerrière avec ces tenues démodées et cette scénographie Spice Girls dépassée au fond de scène sans rapport. Qualification surprise…

Serbie : Du classique, du pas décoiffant, sauf si vous êtes au premier rang près de la couineuse qui vagit en version originale, seul point positif des trucs qui lui font pas du bien… Ça laisse indifférent et on attend la fin des trois minutes… La robe noire passe inaperçu, le brushing est loupé et Miss Ventilo 2019 est affublée d’une bimbeloterie en fer blanc façon Game of Thrones façon Babou… Mais elle a du métier, et accroche une qualification méritée.

Belgique : Décidément, la Belgique confirme son profil de pays pédophile. Après la victoire de la prépubère niaiseuse en 1986, et le bon résultat de Loïc Nottet, Eliot et sa voix de minet à peine déniaisé (il va se rattraper lors de la semaine Eurovision) proposent un titre actuel, peu convaincant, qui n’implose pas d’originalité mais se détache de la masse informe de la bouillie eurovisuelle. Mais l’ensemble manque de maturité, Eliot a un charisme d’huître pas fraîche sur scène dans un piètre remix de Sauvés par le gong, ne chante pas toujours juste et le blouson façon harnais de parachute n’arrange rien… A propos, sa mère lui a-t-elle donné la permission de minuit ?

Géorgie : Encore un truc mal foutu qui part de n’importe où pour arriver nulle part. Il ne suffit pas d’avoir une voix rugueuse peaufinée à la clope sans filtre et à l’alcool fort pour séduire. Trois minutes pénibles, et il est fortement prévisible qu’on ne dira pas à Oto « en voiture Simone »… La mise en scène est sinistre avec des choristes qui filent les chocottes, la tenue d’Oto est informe… Il y croit, mais ça ne suffit pas. Rien ne sert de gueuler, il faut chanter à point…

Australie : Et dire que ce pays nous paraissait prometteur de chansons carrées, bien ficelées et tenant la route… Il envoie au casse-pipe un titre patchwork qui ne ressemble à rien au final, avec les pseudo-vocalises de diva de Prisunic perchée dans tous les sens du terme, à la voix de Kate Bush, à la robe de princesse et à la tiare de pacotille façon mire Eurovision ORTF, qui offrent un visuel des plus ridicules, qui donne le tournis. Aucune gravité, mais ça ne décolle pas pour autant malgré les perches…

Islande : L’Islande tient-elle ses Lordi ? Je ne suis pas loin de le penser. Certes, c’est loin d’être ma tasse de thé, mais il faut saluer l’effort d’originalité de cette chanson en V.O., qui ne ressemble à rien de commun dans la compétition de cette année. Une prestation en live mémorable… Amateurs de BDSM, vous vous êtes régalés ! Mise en scène au top, sans demi-mesure pour un titre avec une vraie atmosphère, que ça plaise ou non, et une technique vocale indéniable pour livrer trois minutes de trash-metal. Du Paul Oscar 2.0 qui méritait une qualification.

Estonie : Un morceau pop calibré à la suédoise et programmé pour plaire au plus grand nombre. C’est sans bavure, entraînant, sans beaucoup d’âme à la seule écoute, mais c’est efficace. Et la voix légèrement voilée de Victor Crone n’est pas désagréable. Perfecto et tee-shirt, on fait simple et efficace, on se focalise sur la chanson sans vouloir tomber dans le tape-à-l’œil sensationnaliste à tout prix. Avec un visuel parfaitement adapté, une excellente prestation de Victor qui envoie du steak avec naturel. Un outsider possible pour samedi soir…

Portugal : En comparaison, « Playback » fait office de chef d’œuvre ! C’est tellement décalé que ça en devient foutrement intéressant ! Aucune musicalité, c’est encore plus mal chanté que du Kendji sous poppers, c’est un maelstrom de styles et de rythmes… Je n’adhère pas, mais je salue l’originalité ébouriffante des portos… Et la chorégraphie insensée est à l’unisson de la « chanson »… Présentation trop sombre, danseur épileptique, costumes verts qui font saigner les yeux… Et je passe sur la jugulaire de Conan… Un véritable OVNI…

Grèce : C’est Katherine ou Eartha Kitt imitant Donald Duck qui chante ? C’est pompeux, putassier, répétitif et franchement pas convaincant. A ce train-là, va falloir penser à décongeler Marinella pour quelque chose de vaguement grec… Katherine ressemble à un travelo mal fardé qui sort de sa bombonnière-poudrier, flanquée d’escrimeuses et de ballerines hors-sujet. Scénographie pompeuse et racoleuse. Qualification étonnante pour moi.

San Marin : Dès l’introduction à l’orgue Bontempi et chœurs de pouffiasses, on s’attend au pire… Et malgré la voix rocailleuse de Serhat et le tempo plutôt entraînant, on ne reçoit pas le top… Il n’y a que San Marin pour oser un titre onomatopée en 2019… Dans le même temps, ils ont sélectionné quatre fois Valentina Monetta… Sur une ambiance disco, le Monsieur Propre san-marinais ne chante pas toujours juste, mais son équipe enjouée et le refrain entêtant ont su faire la différence. On dirait du Siegel grand siècle, ce qui n’est pas forcément un compliment. Qualification surprise, mais méritée au final.

Et à l’issue de l’annonce des qualifiés, j’obtiens un peu plus de la moyenne, la Finlande, la Pologne, la Belgique et la Hongrie restant dans les choux. Etonné de la qualification du Belarus et de la Slovénie, à la différence de la Grèce et de Chypre.

Espérons que la deuxième demi-finale relèvera un niveau dangereusement médiocre. Et ça, c’est pas gagné d’avance…

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