Bref, j’ai eurovisionné…
Plongée en apnée dans la galaxie
Eurovision ce soir avec la première demi-finale du 64ème Grand Prix
Eurovision de la Chanson, en direct depuis Tel-Aviv.
Et la soirée a failli mal commencer
avec la reprise de « Toy », le truc primé l’année dernière, avec la
poule dodue, toujours aussi agréable à zieuter qu’une compression de César
peinte par Dali…
On ira très vite sur le quatuor de
présentateurs ni bon ni mauvais, avec mention spéciale pour Bar Rafaeli, qui se
donnait des airs de Gina G. (Royaume-Uni 1996) avec sa robe paco Rabanne. La
scène est sympa, à taille humaine et permet diverses prouesses techniques. Les
cartes postales sont sans originalité. Et l’entracte débute mal avec une Dana
International qui chante toujours aussi mal, avec son nouveau lifting de Cher…
Le remix du classique « A-ba-ni-bi » est insupportable. Heureusement
que le montage d’archives est bien ficelé…
Quant aux chansons… Un niveau
dramatiquement moyen, voire médiocre avec peu de perles, quelques machins
acceptables et beaucoup de bouses…
Allez, revue de détail !
Chypre :
Au moins, le titre annonce la couleur… Un copié-collé de « Fuego »
qui n’essaie même pas de se voiler la face avec des ajustements qui ne trompent
personne. On ne peut pas les blâmer de resservir la même guimauve pour espérer
engranger un bon résultat, mais là, c’est lourdaud, pataud, indigeste… Et Tamta
nous fait un replay d’Eleni Foureira, tout aussi putassière, vulgaire avec ses
cuissardes grossières, ses cheveux gras et son strip-tease à la croate en
solde… Bref, fast forward ! Qualification logique mais imméritée à mon
goût.
Monténégro :
La chanson chorale en crescendo habituelle, avec ce qu’il faut de bons
sentiments, d’ululements, et de rythmes fédérateurs. C’est au final pas si mauvais
qu’on pouvait l’espérer, et ça se laisse écouter puisqu’ils font partie D Mol
-à-son… C’est mignon mais pas si nunuche que ça, avec leurs costumes immaculés
à l’israélienne, leur chorégraphie façon Suisse 2006 et leurs voix parfois
limite…
Finlande :
Longtemps brocardée pour ses choix simplistes, puis carrément osés, la Finlande
opère un mix cette année avec Darude et un titre électro inhabituel dans les
contrées eurovisuelles mais tellement entendu qu’il perd tout piment. Sans
parler de la prononciation particulière du titre, un « Louquou-whey »
bidonnant… Et je ne parle même pas de la danseuse verte de rage devant ce fond
de cartes postales touristiques en remix, ni du chanteur en perfecto et jeans,
guère concerné et qui ne transmet rien à la caméra. On a regardé ailleurs,
visiblement…
Pologne :
Le titre poloniais est le parfait exemple de chanson de girls band teintée de
rythmes traditionnels. C’est niais à souhait, criard mais bizarrement plutôt
entêtant, à notre corps défendant. On se demande si ça finira un jour… La
chorégraphie minimaliste, les costumes de matriochkas surmontés de coiffures à
la Celia Cruz et les voiles façon moucharabieh ont flingué toute chance de
qualification. Dommage…
Slovénie : Encore un titre
paresseux avec une chanteuse sans inspiration ni charisme qui glousse collée au
micro sur des rythmes répétitifs qui se veulent actuels… « Sebi »
n’est pas ennuyeux, non… C’est au-delà de l’ennui… Et les costumes blancs
minimalistes genre « on n’a pas le budget », la tronche d’enterrement
de Madame alors que Monsieur est d’un enthousiasme de comateux… Ça donne grave
envie ! D’un soporifique au dernier degré. Mais ça a plu aux bobos qui se
branlent sur les pages culture de Télérama…
République
Tchèque : Alors qu’on s’attend à une bouse façon
« Aven Romale », on est agréablement surpris par un morceau tendance
rnb, qui groove sympatochement en louchant vers les années 90. C’est pas
renversant mais c’est sans prétentions, frais, et ça se détache du reste.
Tenues casual pour un trio à l’aise sur scène qui défend bien un titre joliment
présenté, au refrain entêtant et aux réminiscences de Jamiroquai. Qualification
méritée.
Hongrie :
Voila un revenant ! Toujours en version originale, et il faut le saluer.
Mais le cirage de pompe s’arrêtera là car c’est paresseux, lancinant et
ennuyeux sur la longueur. La chanson manque de souffle et d’emphase. On dirait
une danse folklorique au ralenti. Papai devrait prendre de la vitamine C… Voire
de la Papai… Il nous la joue Sandie Shaw avec ses pieds nus, devant un joli
fond de scène, mais le titre ne décolle pas. Dommage…
Bélarus :
Encore un machin débité en anglais scolaire et phonétique, d’une manière
criarde par la benjamine du cru, qui aurait de vagues réminiscences avec le
Fuego de l’an passé, mais en moins bon (c’est vous dire si le niveau est bas).
Quand on n’a rien à dire, on le répète en espérant qu’au final on « like
it ». On est très loin de Zena la guerrière avec ces tenues démodées et
cette scénographie Spice Girls dépassée au fond de scène sans rapport.
Qualification surprise…
Serbie :
Du classique, du pas décoiffant, sauf si vous êtes au premier rang près de la
couineuse qui vagit en version originale, seul point positif des trucs qui lui
font pas du bien… Ça laisse indifférent et on attend la fin des trois minutes…
La robe noire passe inaperçu, le brushing est loupé et Miss Ventilo 2019 est
affublée d’une bimbeloterie en fer blanc façon Game of Thrones façon Babou…
Mais elle a du métier, et accroche une qualification méritée.
Belgique :
Décidément, la Belgique confirme son profil de pays pédophile. Après la
victoire de la prépubère niaiseuse en 1986, et le bon résultat de Loïc Nottet,
Eliot et sa voix de minet à peine déniaisé (il va se rattraper lors de la
semaine Eurovision) proposent un titre actuel, peu convaincant, qui n’implose
pas d’originalité mais se détache de la masse informe de la bouillie
eurovisuelle. Mais l’ensemble manque de maturité, Eliot a un charisme d’huître
pas fraîche sur scène dans un piètre remix de Sauvés par le gong, ne chante pas
toujours juste et le blouson façon harnais de parachute n’arrange rien… A
propos, sa mère lui a-t-elle donné la permission de minuit ?
Géorgie :
Encore un truc mal foutu qui part de n’importe où pour arriver nulle part. Il
ne suffit pas d’avoir une voix rugueuse peaufinée à la clope sans filtre et à
l’alcool fort pour séduire. Trois minutes pénibles, et il est fortement
prévisible qu’on ne dira pas à Oto « en voiture Simone »… La mise en
scène est sinistre avec des choristes qui filent les chocottes, la tenue d’Oto
est informe… Il y croit, mais ça ne suffit pas. Rien ne sert de gueuler, il
faut chanter à point…
Australie :
Et dire que ce pays nous paraissait prometteur de chansons carrées, bien
ficelées et tenant la route… Il envoie au casse-pipe un titre patchwork qui ne
ressemble à rien au final, avec les pseudo-vocalises de diva de Prisunic
perchée dans tous les sens du terme, à la voix de Kate Bush, à la robe de
princesse et à la tiare de pacotille façon mire Eurovision ORTF, qui offrent un
visuel des plus ridicules, qui donne le tournis. Aucune gravité, mais ça ne
décolle pas pour autant malgré les perches…
Islande :
L’Islande tient-elle ses Lordi ? Je ne suis pas loin de le penser. Certes,
c’est loin d’être ma tasse de thé, mais il faut saluer l’effort d’originalité
de cette chanson en V.O., qui ne ressemble à rien de commun dans la compétition
de cette année. Une prestation en live mémorable… Amateurs de BDSM, vous vous
êtes régalés ! Mise en scène au top, sans demi-mesure pour un titre avec
une vraie atmosphère, que ça plaise ou non, et une technique vocale indéniable
pour livrer trois minutes de trash-metal. Du Paul Oscar 2.0 qui méritait une
qualification.
Estonie :
Un morceau pop calibré à la suédoise et programmé pour plaire au plus grand
nombre. C’est sans bavure, entraînant, sans beaucoup d’âme à la seule écoute,
mais c’est efficace. Et la voix légèrement voilée de Victor Crone n’est pas
désagréable. Perfecto et tee-shirt, on fait simple et efficace, on se focalise
sur la chanson sans vouloir tomber dans le tape-à-l’œil sensationnaliste à tout
prix. Avec un visuel parfaitement adapté, une excellente prestation de Victor
qui envoie du steak avec naturel. Un outsider possible pour samedi soir…
Portugal :
En comparaison, « Playback » fait office de chef d’œuvre ! C’est
tellement décalé que ça en devient foutrement intéressant ! Aucune
musicalité, c’est encore plus mal chanté que du Kendji sous poppers, c’est un
maelstrom de styles et de rythmes… Je n’adhère pas, mais je salue l’originalité
ébouriffante des portos… Et la chorégraphie insensée est à l’unisson de la
« chanson »… Présentation trop sombre, danseur épileptique, costumes
verts qui font saigner les yeux… Et je passe sur la jugulaire de Conan… Un
véritable OVNI…
Grèce :
C’est Katherine ou Eartha Kitt imitant Donald Duck qui chante ? C’est
pompeux, putassier, répétitif et franchement pas convaincant. A ce train-là, va
falloir penser à décongeler Marinella pour quelque chose de vaguement grec…
Katherine ressemble à un travelo mal fardé qui sort de sa bombonnière-poudrier,
flanquée d’escrimeuses et de ballerines hors-sujet. Scénographie pompeuse et
racoleuse. Qualification étonnante pour moi.
San
Marin : Dès l’introduction à l’orgue Bontempi et chœurs de
pouffiasses, on s’attend au pire… Et malgré la voix rocailleuse de Serhat et le
tempo plutôt entraînant, on ne reçoit pas le top… Il n’y a que San Marin pour
oser un titre onomatopée en 2019… Dans le même temps, ils ont sélectionné
quatre fois Valentina Monetta… Sur une ambiance disco, le Monsieur Propre
san-marinais ne chante pas toujours juste, mais son équipe enjouée et le
refrain entêtant ont su faire la différence. On dirait du Siegel grand siècle,
ce qui n’est pas forcément un compliment. Qualification surprise, mais méritée
au final.
Et à l’issue de l’annonce des
qualifiés, j’obtiens un peu plus de la moyenne, la Finlande, la Pologne, la
Belgique et la Hongrie restant dans les choux. Etonné de la qualification du
Belarus et de la Slovénie, à la différence de la Grèce et de Chypre.
Espérons que la deuxième demi-finale
relèvera un niveau dangereusement médiocre. Et ça, c’est pas gagné d’avance…

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire