mardi 14 avril 2020

Brèves du 14 Avril 2020

Je serais Christophe Barbier, je me ferai incontinent du souci pour l’avenir immédiat de mon écharpe rouge et de ma place de chroniqueur éditorialiste lèche-cul gouvernemental (rayer les mentions inutiles)…

En effet, rarement une intervention télévisée présidentielle aura-t-elle été aussi abondamment commentée avant même d’avoir été prononcée…

Soixante-six millions de français, et à peu-près autant d’opinions tranchées, définitives et irréconciliables à l’égard du Président de la République…

Il semble d’ailleurs que l’on ait tout bonnement oublié sa fonction, vu les surnoms désobligeants voir parfaitement insultants qui fleurissent sur les réseaux sociaux qui se sont repus jusqu’à la lie ultime de l’annonce de l’intervention présidentielle…

Evidemment, le gamin est inexpérimenté, et possède définitivement un charisme de beignet agonisant qui ferait passer François Hollande pour le nouveau Churchill hexagonal ; il a toutes les peines de se défaire d’une posture de morgue hautaine qui exaspère les plus franchouillards des beaufs du coin…

Mais il est et reste le dirigeant ultime du pays, fut-ce un remake sanitaire du capitaine du Titanic en l’espèce, et il mériterait ne serait-ce qu’un soupçon de semblant de respect…

Bon, d’accord, il a légèrement forcé sur la terracotta et ressemblait à une poterie grecque ; il transmettait autant de chaleur humaine que Charlotte Rampling dans un congélateur et était aussi crédible que Franck Dubosc et Kev Adams dans l’intégralité de leur filmographie…

Mais il a fait des annonces… Perdues dans près de trente minutes de blablabla démagogique comme une demi-saucisse cocktail dans un litre et demi de béchamel, je vous l’accorde. Mais il a reconnu que lui et son Gouvernement n’ont pas été à la hauteur…

Disons pour être parfaitement honnêtes qu’on se croirait dirigés par un ramassis de faquins poudrés tout cloqués de leur ponctuelle importance et boursouflés d’une incompétence hautaine qui ne justifierait même pas la corde à laquelle ils se balanceraient si l’on venait tout juste de prendre la Bastille…

A lire entre les lignes, Manu et sa trogne badigeonnée à la terre cuite couleur rouille nous dirent qu’on n’avait pas de masques, pas de tests, pas de traitement, mais que tout était sous contrôle… Je l’ai trouvé chafouin, le coquin à Matthieu Gallet… Est-ce la privation prolongée de saucisse-purée, ou le confinement avec son épouse qui le chagrine à ce point ?

Courage Manu ! Dès le 11 mai, tu pourras à nouveau courir toutes les nuits en string lamé rose fluo et débardeur en latex dans le Bois de Boulogne, où les chants des grillons sont en réalité les bruits des braguettes qu’on baisse…

Oui, mes chers compatriotes, et surtout cons patriotes, à l’adresse de tous ces vieux pourris qui dénoncent les infirmières, les tafioles, les briseurs de confinement, et surtout les infirmiers pédés qui sortent n’importe quand, comme leurs aïeux avaient dénoncé à tire larigot à la Gestapo… Mes chers compatriotes, chers confinés, et cons finis, nous déconfinerons à compter du lundi onze mai…

Reste à espérer qu’il s’agit du onze mai 2020… Remarquez, le confinement, c’est surtout dur la première année, comme disait Natasha Kampusch…

Déconfinement dès le 11 mai, avec un port du masque systématique, enfin, si toutefois les commandes qu’on a passées mais qui nous sont fauchées par d’autres états plus malins et généreux que nous, arrivent, ce qui, avec les délais de livraison d’Amazon et de La Poste, n’est pas gagné…

Et puisqu’on ne sait pas vraiment où l’on va, on fait comme les petits chiens dans les mines avec le grisou, on réouvre les écoles dès le 11 mai et on voit ce qu’il se passe… En croisant les doigts et les orteils bien fort…

On réouvre les écoles mais les restaurants et les bars restent fermés sine die… Logique française, évidemment ! On parle de grandeur du pays, et l’on nomme Si-Bête N’Diaye porte-parole du Gouvernement…

On réouvre les écoles, et on va devoir débusquer les gamins à la cave, trop ravis de ne pas en branler une (au sens figuré, s’entend) depuis plus de deux mois… Et trois jours après la reprise, ça risque fort de donner ça :

« Allez, on va commencer la dictée. Kevin, va écrire la date au tableau. T'as mis tes gants ? Prends une nouvelle craie surtout. Marvin, éternue DANS TON COUDE ! C'est la 3ème fois qu'on change de masque depuis ce matin ! Va te laver les mains, AVEC DU SAVON cette fois-ci ! Oui, je sais qu'il n'y avait plus de savon la dernière fois... On est une école publique, figure-toi…
« Vous avez écrit la date, c'est bon ? Mercrevedi treize-cent maiyonnaide, deux mille quarente-douze…
« Qu'est-ce qu'il y a Cyrielle ? Je ne comprends rien avec ton masque, ARTICULE ! Déjà qu’avec ton bec de lièvre… T'as pas de stylo ? Prends un crayon. T'as pas de crayon ? Bah prends un feutre, n'importe quoi, je sais pas moi... Un fusain, un morceau de charbon, uun pic à glace… Non Kévina, tu ne peux pas lui prêter un stylo, vous savez bien ! On a relu les règles Covid-19 ce matin en arrivant. C’est la règle, désormais. Les quarante-six gestes barrière et recommandations, puis la prière à Saint Blanquer, et l’allégorie au Président Macron, le soleil intercosmique de la grandeur française…
« Bon, Kevin, ton masque ! C’est pas un cache sexe !
« T'as lavé tes mains Marvin, ca y est ? Comment ça y a la queue aux toilettes ? Evidemment, c’est les toilettes pour hommes… C'est sûr qu'avec un lavabo pour 60 élèves, forcément y a du monde. Bon d'accord, prends une noisette de gel hydroalcoolique mais tu ne le LÈCHES pas cette fois !
« Où j'en étais déjà ? Ah oui, la date ! C'est bon pour tout le monde ? Non, Mehdi, tu n’as ni le choix dans la date, ni le doigt dans la…
« Lucas, c'est la dernière fois que je le dis ! Le masque, ce n'est pas un LANCE-PIERRE pour GOMME ! La prochaine fois, je te le confisque...Ah ben non ! Tu as déjà éborgné trois petits camarades… Alors ton imitation de Thierry la Fronde, tu te la gardes, hein !
« Comment ça c'est l'heure de la récré ? Mais non, 10h10, c'est la récré des CP. Nous c'est 10h25. Enfin, jusqu’à la dernière circulaire Blanquer d’avant-hier qui régulait l’intervalle de distanciation sociale lors des récréations et le minutage de celles-ci en fonction des besoins et des moyens physiques mis à la disposition…
« Bon ! Vous écrivez dictée et vous soulignez avec la règle. Pensez à la désinfecter avant ! Non, Arthur, pas en faisant pipi dessus !
« Oui Mohamed ? La mine de ton crayon est cassée ? Va le tailler. T'as pas de taille-crayon ? Non, je ne peux pas t'en prêter un, c'est dans les règles Covid-19 ! Non, je ne te taillerai pas la pointe ! Petit obsédé !
« On commence la dictée. Vous êtes prêts ?
« Marvin, DANS TON COUDE ! Mais noooon ! Ne te gratte pas le nez juste après ! Moi aussi ça me gratte, et je me fourrage pas le slip toutes les cinq minutes ! Bon, GEL !
« Kevin, MASQUE ! Oui, c’est pas commode pour embrasser, mais vu ton âge, je te conseille d’abord d’avoir les poils et le zizi qui poussent avant de prétendre rouler des palots !
« Rayan, le masque, ce n'est pas un BANDEAU DE PIRATE ! Je vais le confisq.... ! Ton imitation de Johnny Depp dans Pirate des Caraïbes ne fait rire personne ! Bon la dictée !
« Julie MASQUE ! Marvin COUDE ! Sarah GEL ! Yasmine COUDE ! Sabrina GEL ! Angèle GEL ! Mais non je ne bégaie pas !
« Argh, la récré ! Rappelez-vous, la règle des 1 : en rang 1 par 1 et à 1 mètre de distance... Et un calmant pour moi… »

J’en prendrai un aussi… Un gros ! Je suis plutôt bon public, mais devoir se tartiner des rediffusions de films multidiffusés à toute heure de la journée, sur toutes les chaînes… Mater pour la quatre-vingt-quinzième fois les exploits routiers de la bonne sœur en 2CV, les mimiques simiesques de Fufu devant Claude Gensac, les vains quiproquos d’Oscar, et toute la ribambelle des films français dits comiques… Macron fait cesser le confinement, parce qu’on a plus de films à rediffuser… Ou alors, c’est parce que Si-Bête s’est proposée pour occuper l’antenne…

Et le Grand Doudou ? Avec sa barbe mitée, et ses airs de fouine ayant la colique, le Premier Ministre se faisait discret… Rassurez-vous, le premier sinistre vient d’annoncer un plan complet de déconfinement largement avant le 11 mai… Comme d’habitude, ça ressemblera à une notice Ikéa, avec renvoi à des décrets d’application qui seront pris dès l’approbation du plan par le Conseil des Ministres sur papier timbré à douze francs cinquante…

Pour le moment, il s’agit avant tout de faire respecter le confinement… Pour une efficacité certaine, faites donc circuler des drones diffusant l’album d’Aya Nakamura…

Un scénario ubuesque ? Bon, alors on met celui de Christophe Maé… Aucune vitre n’y résiste…

Un scénario ubuesque, qui ferait un bon sujet pour une émission de télévision… La télévision dont la première démonstration publique fut faite le 14 avril 1931 par l’ingénieur René Barthélemy qui réalise la première transmission d’une image télévisée entre Montrouge et Malakoff, avec une définition est de 30 lignes, autant dire une qualité déplorable pour l’image de sa secrétaire, Suzanne Bridoux, qui a accepté l’expérience. Mais René Barthélemy va perfectionner sa télévision et la première émission régulière aura lieu 4 ans plus tard. On était encore bien loin de la HD…


vendredi 10 avril 2020

Brèves du 10 Avril 2020

Le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier retentit dans la pompe cuivrée de ses trompettes impétueuses alors que la rosace étoilée de l’Eurovision, frappée en son centre de l’ovoïdal sigle de l’ORTF, s’affiche sur l’écran tremblotant en noir et blanc…

Et cette voix, reconnaissable entre toutes, cette voix qui a marié toutes les têtes couronnées pendant plus de trente ans avec un lyrisme démesuré, qui a enterré tous les potentats dictatoriaux, vieilles gloires surannées et apparatchiks cacochymes qui ont eu le malheur de déquiller durant son règne télévisuel, qui a commenté tout et le reste sur le réseau Eurovision, de la troisième à Vincennes à l’obscure compétition de patinage sur glace de Morzy-Les-Joyeuses, qui a inondé de son irrépressible logorrhée plusieurs éditions du Concours de la Chanson Européenne, s’élève, pompière et obséquieuse à souhait :

« Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, ici Léon Zitrone au micro de l’ORTF, qui vous parle en direct depuis la salle du trône de la Principauté des Brèves-de-Presque. Nous allons assister, grâce aux douze caméras de Georges Folgoas judicieusement disposées aux endroits stratégiques tout en se fondant harmonieusement sous les tentures vieil or nappant généreusement les deux cent vingt-trois mètres carrés de la salle d’apparat où sont réunis, comme vous pouvez actuellement le voir sur vos écrans, tout le gratin dauphinois, tous les glands de ce monde et une poignée non négligeable de têtes couillonnées, une louchée de fins de race et, pour faire bonne mesure, une subtile pelletée de consanguins à particule… Nous allons, vous disais-je avant d’être très grossièrement interrompu par moi-même, assister à l’avènement de la chronique du jour, une chronique qui sera hélas douloureusement marquée du sceau indélébile et noirâtre du deuil qui s’abat comme à Gravelottes sur l’Europe et plus particulièrement sur notre pays chéri la France durant cette pandémie de coronavirus.

« Vous apercevez à l’instant, élégamment habillée d’une riche tenue en lamé or rehaussée de brocarts pourpres à motifs marins, son Altesse Sérénissime l’Archiduchesse Cunégonde de la Mottenfeu, qui porte le diadème princier en rubis et diamants roses offert par le Prince Consort, avec les poubelles, Otto-Mobil de Habsbourg-Gotha en souvenir de la prise de la smala d’Abd El-Kader par les troupes du Duc d’Aumale en 1843… A ses côtés, plongé dans la lecture monomanuelle du dernier numéro de Paf Gadget, le magazine de ceux qui marchent sur la lune, et heureusement pas sur la mienne, même s’il y a de la place, sa Sainteté le Pape Pie VII, le seul Pape qu’il faut langer quotidiennement pour éviter les fuites de ses bulles papales, la mitre à la main et revêtu de sa chasuble d’apparat, en cachlick mercerisé couleur crème, tenue honorifique réservée aux grandes occasions liturgiques et à la cueillette des choux-fleurs nains en Basse Bretagne les jours de grande marée où les Kersauson volent bas…

« Alors qu’au plafond les huit lustres en bronze massif chaussés d’exactement cent quatorze lampes de soixante watts chacune brillent de tous leurs feux, dans une apothéose de gloire qui n’est pas sans rappeler celle de Jules Isidore Paudemurge ornant crânement le siège central de la Sécurité Sociale et intitulée « Feuille de soins attendant un remboursement », je distingue nettement l’entrée par la porte dérobée du fond à gauche des premières brouettes de couronnes mortuaires, précédant les catafalques des cinq personnalités, dont le souvenir et l’allégoriefunèbre vont assurer l’essentiel de cette transmission, diffusée dans pas moins de dix-huit pays par le truchement technique de l’Eurovision…

« Alors que le silence se fait dans l’assistance emperlouzée à outrance et à peine moins décorée qu’un sapin de Noël sur la place des Quinconces à Bordeaux, vous distinguez grâce à la caméra huit de Georges Folgoas l’entrée en matière et en gamme de la superbe bière de Jacques Calvet, 88 ans aux Xantia rouillées, un modèle inédit avec airbags et ceintures de sécurité à enrouleur, en direct de chez PSA, un dernier hommage à l’ancien patron de Peugeot et Citroën entre 1984 et 1997… Une tragique sortie de route, comme dirait Sacha Distel qui s’y connait, en dérapage sur les gravillons…

« Le temps pour moi de vous rappeler que le tapis du maître-autel de la salle du trône, réalisé en coton brut mordoré de Rhodésie Orientale, est d’une épaisseur de dix centimètres, et qu’il est épousseté brin par brin par les enfants de chœur de la paroisse de Saint-Braquemard-Dans-Lefrock, que déjà s’avance dans la lumière des projecteurs le cercueil en bois d’écume et sculpté de fleurs de chou-fleur, déjà béni au chouchen par l’Abbé Rétif de la Bretonne, de Marie-Louise Lopéré, une belle bigoudène de 97 printemps dont la coiffe priapique aurait volontiers empli la bouche d’un Beaugrand honnête. Vous ne connaissez pas son nom, vraisemblablement, mais je me fais un devoir dans le point d’honneur à vous indiquer qu’il s’agit d’une des actrices de la publicité Tipiak qui lançait le fameux « Pirate ! » qui, je l’avoue, me procura de délicieux émois alimentaires au moment de terminer ma troisième plâtrée de couscous…

« Mais je m’égare, et pas seulement de Montparnasse, voire peut-être même en double file, puisque la dernière bière que prendra l’Amiral avec l’une de ses coreligionnaires est en train, tout comme lui, de couler sans bruit vers la sortie…

« Serrant de près ce superbe cénotaphe (et je dirai même plus céno-taffe de clope, quitte à vous faire tousser si vous avalez la fumée), vous admirez en gros plan le remarquable paletot de bois de la camarade Liliane, veuve de l’inénarrable Georges « Scandâl » Marchais, emportée par le Covid-19, puisqu’il aurait été décidément trop bourgeois de mourir du Cov-DS-20. Cheville ouvrière dans l’ombre du plus célèbre hâbleur du Parti Communiste Français de l’après-guerre dont les bourdes précipitèrent plus que de raison sa chute. Rappelons que si son époux venait avec ses réponses aux émissions télévisées où il glorifiait le bilan globalement positif de l’URSS, c’est Liliane qui devait faire les valises quand Georges avait demandé à notre confrère Jean-Pierre Elkabbach de se taire, prenant comme il le disait les téléspectateurs et tateuses à témoin. Fin de citation. Le public applaudit fort cette magnifique prestation et s’apprête à donner une excellente note qui va incontinent s’afficher sur le tableau marquoir…

« Mais on m’indique depuis Cognacq-Jay que les téléspectateurs français ont été victimes d’une courte interruption d’image sur le réseau Eurovision qui les a privés de l’excellent feu d’artifice qui a accompagné le transfert en réanimation à Brest du chanteur de variétés Christophe, 74 ans aux mots bleus nouveaux, intubé sous sédation profonde depuis le 26 mars dernier suite à une insuffisance respiratoire. Tout en adressant tous mes vœux sincères et pieux de prompt rétablissement à l’artiste, je rappelle que brailler pendant des années Aline pour qu’elle revienne mite les poumons au-delà du raisonnable…

« Peut-être, chers amis téléspectateurs, entendez-vous le murmure de désapprobation qui parcourt la brillante assistance alors que se présente sur le char de l’Etat de sa Très Gracieuse Majesté Elisabeth II qui, je vous le rappelle fait en euro Elisabeth 0,15) des gesticulations de son Premier Ministre, coiffé comme un dessous de bras en plein mois de juillet. Boris Johnson a quitté le service de réanimation, mais reste toujours hospitalisé puisque pas encore sorti d’affaire. Je rassure nos amis britanniques, quelqu’un qui arrive à survivre à la nourriture anglaise surmontera forcément le binousovirus…

« Je m’égare, et pas seulement de Lyon, départ voie 12 Quai A 18 heures 13 et terminus à Ploumazach-les-Trifouillis, alors que vous assistez en direct, et devant les mirettes écarquillées et le crucifix dégoulinant d’eau de Lourdes brandi par Ludovine de la Malbaise, au passage des restes mortels de la réputation de Frigide Barjot, qui clame haut et fort qu’elle soutient le Professeur Raoult, afin de récupérer deux minutes de visibilité sur BFMTV… Ce qui d’ailleurs lui fait une belle jambe ! Que la recherche éperdue de l’éphémère gloriole des projecteurs fait proférer d’âneries et renier des convictions aussi versatiles qu’un acteur bisexuel de porno moldo-slovaque…Et comme le disait quelqu’un à un certain endroit un jour « On s’en branle ! »…

« A cause du manque de temps, vous pouvez désormais observer que le cortège des futilités s’ébranle frénétiquement et à deux mains, ce qui n’est pas sans causer quelques vapeurs à son Altesse Révérendissime la Princesse Aulx-Petipoix, dernière héritière du trône du Grand-Duché de Bourremoi-Lemou, dont les ululements de plaisir à peine contenus dans sa gaine Damart désormais irrémédiablement souillée, ont fait se fendiller les appliques en cristal de Bohème de la salle du Trône, offrande expiatoire à Notre Drame de la Bravitude après l’invasion de peste socialiste de 1981… Et c’est à la vitesse d’un éjaculateur précoce que va défiler sous vos yeux ébahis le cercueil de Christian Bonnet, 98 ans, éternel Ministre de l’Intérieur du Président Valéry Giscard d’Estaing, dont la renommée fut faite grâce à une innocente question de Philippe Bouvard lors de l’émission radiophonique « Les Grosses Têtes », à l’époque où cette émission était écoutable sur les ondes de Radio Luxembourg notamment en raison de ma présence imposante. La délirante improvisation ourlée par Jacques Martin et Jean Yanne est sans nul doute un des moments anthologiques, et l’on n’a toujours pas répondu à la question brûlante « Est-ce qu’il existe une seule sainte française qui s’appelle Bernadette Bonnet ? ».

« Il me reste juste assez de temps avant les annonces de Denise Fabre, invariablement flanquée de son sourire de décapsuleuse, et le journal de Roger Gicquel, toujours en direct du Père Lachaise, pour vous laisser admirer le catafalque musical, qui jouera une musique douce dès qu’on l’ouvrira, de Lucie Dolène, dont les plus matures de nos téléspectateurs se souviendront comme inoubliable voix cristalline de Blanche-Neige, et qui reviendra aussi sur les petits écrans dans l’émission pour la jeunesse Vitamine, où elle campait la délicieuse Loula qui nous régalait de ses roboratives recettes… Tout sarcasme mis à part, je ne vois qu’assez mal Zaz chanter des recettes culinaires… A moins que ce ne fut pour faire virer la mayonnaise…

« Et en guise de conclusions, alors que déjà le curé agite furieusement son goupillon (à la place de celui des enfants de chœur) et ne balance à tout-va l’eau bénite sur les cercueils (généralement c’est sur sa soutane), il me sera loisible de vous rappeler que c’est le 10 avril 1985 que sort sur les écrans français « Subway » de Luc Besson (qui trois ans avant le Grand Bleu démontre qu'il était attiré par les sous-sols... Avec une Isabelle Adjani rayonnante de beauté conne et de « mais je ne suis pas folle vous savez, bonsoir » mais également un Christophe Lambert décoloré, ce qui le fait paraître totalement incolore…

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, je vous souhaite le bonjour, ici Léon Zitrone au micro de l’ORTF en direct et en Eurovision depuis la salle du trône de la Principauté des Brèves-de-Presque, à vous Cognacq-Jay, à vous les studios !