Eh ben ! Quelle soirée !
Depuis 1990, date à laquelle j’ai commencé à suivre régulièrement le Concours de l’Eurovision, j’ai rarement assisté à un vote aussi palpitant ! D’abord parce que les « douze points » ont été éparpillés, preuve que le niveau était assez médiocre cette année. Ou parce que les votes communautaires ou géopolitiques ont repris le dessus (je n’évoque là que les échanges de notes maximales entre Chypre et la Grèce). Ensuite pour le télévote qui a rebattu les cartes de manière assez claire (et là, on est à mille lieues de voter pour une chanson, mais bien plus pour une situation politique).
Je ne vais pas vous infliger à nouveau mes commentaires sur les vingt-cinq participants, je vous ai donné mes impressions à l’issue des deux demi-finales ; je me limiterai à quelques remarques sur certains candidats, et je me laisserai aller à quelques observations sur le déroulement de la soirée.
La cérémonie des drapeaux a été brouillonne, et la scinder en deux est une fausse bonne idée, d’autant que la réalisation laissait particulièrement à désirer…
Visiblement, J.J., le fils caché de Sissi et de Zaza Napoli, n’est pas cher, on le recase partout dans le show.
Quant à présentateurs, s’ils n’atteignent pas le niveau de nullité apocalyptique des italiens de 1991, ils ne pourront pas prétendre au podium des meilleurs hôtes. Certes, ils sont gentils, policés, mais elle, avec ses robes toutes aussi moches les unes que les autres, ne dépasse pas le stade de la plante verte parlante. Lui, scotché dans les années 70 avec ses tenues improbables, a été largement dispensable…
Quant aux commentaires français… J’aurais bien voulu énucléer Camille Cerf à la cuillère parisienne durant tout le show, tant elle a été parfaitement insupportable ! D’accord, elle a été appliquée à relire les fiches des demi-finales (c’est flagrant pour Malte où elle répète mot pour mot ce que Bern avait déjà dit), mais elle a été rigoureusement pénible lors des votes ! Et je n’aurais que deux mots à lui adresser : « Ta gueule ! ».
Bon, Bern fait du Bern, c’est-à-dire qu’il zitronnise à longueur de temps, et il a été horripilant à rappeler à tout bout de champ l’ordre de passage de la France. Tout seul, il aurait été supportable… Et encore, à doses homéopathiques…
Mention spéciale à l’un des intermèdes, où d’anciens titres du concours ont été interprétés par d’anciens candidats, souvent à contre-emploi. Quel kif d’entendre « Le papa pingouin » chanté par Lordi, ou l’immarcescible « Volare » vocalisé en chœur. Mention spéciale à Erika Vikman, toujours aussi classe et distingué, mais aussi à Miriana Conte, qui s’applique consciencieusement à ressembler à son trot-ballon, toujours aussi vulgaire…
Quant aux résultats…
La victoire, très nette, de la Bulgarie, avec ce titre accrocheur à l’oreille mais putassier à la vision, a sauvé le Concours. Si Israël l’avait emporté, avec son ersatz de Slimane version Temu, nul doute que l’édition 2027 aurait compté un grand nombre de retraits… Et j’en reviens toujours à ma marotte : tous les pays en guerre, qu’ils soient attaquants ou attaqués, devraient être bannis du concours le temps des conflits. Pourquoi exclure la Russie si c’est pour conserver l’Ukraine, ou Israël ? Pas de place à la politique à l’Eurovision ! Point barre !
Bon, les résultats du télévote pour Israël et l’Ukraine sont logiques, on ne va pas s’étendre là-dessus, on a l’habitude. Même classés moyennement par les jurys (qui eux votent pour une chanson), ces pays accrocheront toujours le top 10 grâce à un vote communautaire, d’empathie et à visée politique.
La Céline Dion version Wish échoue au pied du podium, car trop de paillettes tue les paillettes. C’est dommage, c’était sympa, à défaut d’être follement original.
Quant à l’excellente cinquième place de l’Italie, elle s’explique d’une part par sa jolie scénographie à base de strip tease et de commedia dell’arte, et d’autre part par la sincérité non feinte de l’interprète qui, malgré quelques couacs, a su faire passer un émotion vraie.
Quant aux grands favoris, la déconvenue est grande, mais leurs classements respectifs, tous au sein du top 10, sont fort honorables. Encore une fois, les bookmakers ont mis à côté…
La France quant à elle essuie une nouvelle claque en étant clairement boudée par le public, alors que les jurys avaient classé Monroe quatrième. Quoi qu’il en soit, la jeune interprète n’a pas à rougir, elle a offert une très bonne prestation.
A titre personnel, je suis très déçu de la contre-performance de Malte, qui a laissé le public de marbre malgré sa très jolie ballade.
Toutes mes condoléances à la Suède, qui récolte un de ses plus mauvais classements, tant au niveau des jurys que du public. Mais il faut bien se l’avouer, se manger de la suédoiserie calibrée chaque année, ça finit par être lassant. Et le titre n’était pas particulièrement original.
Dommage pour l’Autriche, qui reproduit quasiment à l’identique son classement de 2015, lorsqu’ils avaient accueilli le concours, en l’améliorant toutefois de six points…
Le passage en deuxième position reste fidèle à sa tradition, puisque l’Allemagne s’offre une fois encore un schuss dans le classement. Faut dire que leur foire aux boudins n’était pas convaincante.
Et une nouvelle dernière place pour le Royaume-Uni, qui avait mis toutes les chances de son côté pour arriver à un tel résultat. Il évite cependant l’infamant « nul points », de justesse.
Au final, il est toujours bon qu’un pays engrange une première victoire au Concours, et la victoire, incontestable, de la Bulgarie a d’une certaine manière sauvé la compétition, évitant les polémiques sur la participation d’Israël et probablement d’autres retraits en 2027.
Encore une fois, France Télévisions, en croyant bien faire, a mis à côté de la plaque, en succombant au syndrome France Gall, et en envoyant un copié-collé de la chanson gagnante de 2025. Certes, Monroe a été impeccable et a fort bien défendu les couleurs françaises, mais souvenons-nous qu’en 1966, alors que plusieurs pays avaient sélectionné des chansons rythmées interprétées par des jeunes filles (voulant imiter France Gall), c’est une chanson lente, interprétée par un homme qui avait remporté la timbale.
Bis repetita…

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