jeudi 14 mai 2026

Brèves du 14 Mai 2026

Et voilà ! On a l’intégralité des chansons qui vont concourir samedi soir pour le Grand Prix Eurovision 2026 !


Et ce ne fut pas sans dommages auditifs et visuels, tant on a encore eu droit ce jeudi soir à un défilé de voix pas toujours assurées, de costumes frisant le bon goût sans jamais l’atteindre et des performances pas toujours marquées au sceau de la délicatesse…


Certes, le niveau global de cette deuxième demi-finale était nettement meilleur (difficile en vérité de faire pire), mais l’on nous a réservé quand même un joli quota de bouses…


Heureusement que la parodie introductive du Grand Prix 2025 était réussie, parce que sinon, les présentateurs ne sont pas parmi les plus hilarants… Quand à Stéphane Bern, il zitronise à l’envi, et arrive toujours à être d’une parfaite inutilité…


Allez, je ne vous fais pas plus attendre pour la revue de détail !


Bulgarie : Un mix difficilement digestible entre dance, hip-hop et musique traditionnelle, pour un titre onomatopée répétitif et pénible sur la longueur. Bangaranga répété à l’infini ne suffit pas à construire une chanson potable… Bon, la demoiselle a de gros nichons et c’est son seul titre de gloire, mais la scénographie est vitaminée, et originale avec son jeu de chaises musicales.


Azerbaïdjan : Dès les premières notes, on s’attend à la balade lacrymale qui déverse les décibels dans un dégueulis de tripes… Et on n’est pas déçus ! Pas captivant, lassant sur la durée. La scénographie est minimaliste, voire cheap (des rideaux qui sèchent avant le repassage, de la fumée, une ombre chinoise), la robe sobre malgré les lambeaux, le maquillage de larmes de sang est bizarre. 


Roumanie : Encore un truc qui se veut moderne et mélange allègrement les rythmes actuels avec une petite dose de lyrique, histoire de faire un clin d’œil au dernier Grand Prix en date. Au final, c’est bruyant, gueulard et lassant. La maîtresse sado-maso façon Xena la Guerrière trop bien nourrie est câblée avec ses guitaristes, avec des regards hallucinés à la Nina Hagen. Plutôt bien présenté et efficace.


Luxembourg : Voix pas toujours très juste pour un titre mille fois entendu et pas rythmé pour deux sous. Si j’étais méchant, je dirais que ça sent la naphtaline à plein nez… Et si j’étais gentil aussi, tant c’est une presatation « nature » : pas de maquillage, pieds nus, robe écolo. Ambiance « nature et découvertes », regards hallucinés en prime mais ça manque de peps.


République Tchèque : La balade sirupeuse type, molle du genou et qui se complait dans les longueurs. La voix de l’interprète n’est pas désagréable, mais on baille plus souvent qu’à son tour même s’il gueule sans raison au final. Mais l’habile jeux de miroirs, le casual wear sans chichis, la scénographie minimaliste ainsi que la montée en puissance impeccable convainquent. 


Arménie : Un rythme agressif qui ne faiblit pas mais qui en contrepartie, lasse rapidement avec cette façon de chanter en rap ou assimilé. Pas dénué d’une certaine originalité toutefois, même si le final vous fera frôler la tachycardie. La scénographie « ambiance bureau veste à post-it » est marrante, la prestation du vague clone d’Hanouna est punchy, et le final survitaminé « torse nu aisselles nettes » est convaincant.


Suisse : Voix grave pour une chanson prénom au tempo inhabituel. Un peu de blues, un peu de soul, un univers bien à elle, rappelant celui d’Adele. Une proposition qui sort des sentiers battus et qui parviendra sans doute à se distinguer du reste, avec son faux air de Nana Mouskouri, sa combinaison pailletée et son micro à câble. Dommage que les quatre boudins en justaucorps et la cage de cordes viennent gâcher le tout. Inclassable, au final.


Chypre : Même si le titre me rappelle la marque de serviettes-éponge, rien qui me fasse transpirer… Le titre type qui fait suer tant c’est un maelström difficilement digestible de rythmes. Mille fois entendu, et sans originalité, donc. Ce qui se confirme en voyant cette Dalida au rabais avec un balai espagnol sur la tête, passée à la terracota et habillée (si peu) de lambeaux de vêtements, la Shakira de chez Temu, qui nous sert la même soupe depuis Fuego, pas très juste, en plus.


Lettonie : Une balade dépouillée, sans chichis, tout en douceur, qui vous berce agréablement. Pas très originale, mais qui peut se démarquer du reste, bruyant et survolté. Scénographie minimaliste, même les effets spéciaux semblent au ralenti… La robe est très sobre, mais tout ça est soporifique.


Danemark : Søren installe son univers dès la première note, et en version originale ! La voix est assurée, la chanson pas désagréable, la scénographie originale bien qu’un peu flippante et ça monte bien en intensité. Søren nous fait l’irremplaçable strip-tease à la croate, sans faire de surenchères dans le bling-bling ou le toc, et on fait un tour en boîte, dans tous les sens du terme.


Australie : Une belle balade planante, certes déjà entendue, mais qui se muscle au fur et à mesure, et qui se laisse écouter sans trop de séquelles auditives, malgré les prouesses vocales de la dame, qui n’a pas fait dans le demi-mesure, question brillants et paillettes… Y’en a partout ! La robe, le micro, le faux piano… Et que dire de l’ascenseur final… Trop de clichés tue le cliché. En tout cas, Delta plane…


Ukraine : Et encore une énième balade planante, qui va jouer à fond sur la vague européenne d’empathie… Sauf que là, c’est chiant puissance 10 avec les vocalises à péter le pyrex de la chanteuse, victime d’un accident de coiffure et d’un maquillage qui fait peur, qui se tortille façon turista aigüe. Mis à part les jeux de lumière et le guitariste qui s’emmerde, c’est morne…


Albanie : Une balade puissante vocalement, avec le renfort de chœurs opératiques qui saturent l’oreille. Pas désagréable, même si les chœurs surpassent souvent la voix de l’interprète, avec un final tout doux. Habillé en cote de maille, peut-être trop strict avec ses lunettes, Alis propose une scénographie intelligente, et une prestation tout en émotion.


Malte : Le bellâtre de service qui n’a pas manqué de faire mouiller les invertis, tout en cuir griffé Versace dans sa tonnelle, pour un titre étonnamment sobre et romantique de la part de Malte, le bon gros slow avec la montée rythmique nécessaire, sobrement interprété et qui laisse au final une bonne impression. Une sobriété bienvenue après des années de surenchères putassières. C'est simple, frais, classe, même s’il  manque finir dans une essoreuse à salade…


Norvège : Un rock pêchu et efficace, qui fleure bon les années 70 et 80 et qui se démarque de la masse. Sans concession, entraînant, on est loin des habituelles norvégienneries mièvres et ça fait du bien aux esgourdes ! Son look Freddy Meercury tatoué et ses salopettes à la Måneskin ont impressionné, à l’instar de sa prestation pêchue.


De mes dix favoris, huit passent en finale, j’avais retenu l’Arménie (peut-être trop brouillonne), et la Suisse (ma grosse déception).


Je n’avais pas voulu voir venir l’Ukraine (de toute façon, on filerait un bonze tibétain marmonnant l’annuaire que ça se qualifierait), ni Chypre (preuve vivante qu’il y a encore des hétéros qui votent).


Un mot sur l’Autriche, à la scenographie inventive (avec ce reboot des Animaux du monde) et aux costumes originaux. Passant en dernier, ça pourrait retenir l’attention, et c’est tant mieux.


Un mot également sur le Royaume-Uni, à l’ambiance 80 plutôt originale. Certes, la chanson est composée à l’orgue Bontempi, mais la présentation sort du moule Eurovision. Mon plaisir coupable, vraisemblablement.


Un mot enfin, sur la France. ENFIN ! France Télévisions propose une scénographie moderne, une chorégraphie adaptée à la chanson, et relativement sobre. Monroe assure malgré ses dix-sept ans, elle a le regard assuré, conquérant, elle tient les notes, chante juste… C’est vraiment pas mal ! Mais ne nous emballons pas trop vite et ne vendons pas la peau de Marie Myriam avant de l’avoir tuée. 


Néanmoins, sa prestation de ce soir laisse espérer un classement fort honorable.


Croisons les doigts, et résultat samedi soir, bien après minuit…




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