mercredi 14 janvier 2026

Brèves du 14 Janvier 2026

 Dussé-je en pâtir au point de me voir condamné ad vitam æternam à l’écoute ininterrompue et douloureuse des œuvres complètes de Christophe Maé interprétées par Zaz imitant Kendji Girac, la gitane à la voix de piche mâtinée de Zaza Napoli en moins viril, je me hasarde toutefois, au seuil de cette nouvelle année, à me vautrer dans les ornières du chemin tant parcouru de la banalité lieu-communesque en vous présentant, non pas sur un plateau d’argent avec bordure en simili laiton chromé et poignées en imitation ersatz d’inox antimoinesque, ni sur un serviteur muet présentant des mignardises doucereuses, et encore moins sur une écuelle en vermeil rehaussée de cuir de peau de fesse de veau élevé sous la mère à un demi-smic le centimètre carré, mais dans le plus simple appareil, et dans ma bouche (non, non, ça reste très correct, rassurez-vous, n’allez pas grossir inconsidérément la chose même si je me plais à reconnaître que je peux avoir un développement monstrueux en certaines circonstances…), mes vœux les plus chaleureux et les plus sincères pour les putains de trois cent soixante-cinq jours de la puta madre qui nous font face…

Pour enclencher idoinement la nouvelle année, je craignais fort qu’il ne faille inconsidérément sacrifier à la tradition des vœux urbi et orbi, le genre de truc qui ne coûte pas cher et qui fait plaisir à tout le monde, surtout à celles et ceux qui se raccrochent désespérément à l’importance de ce beurrage de tartine pleinement enduit d’hypocrisie intégrale, comme Di Caprio sur le Titanic se raccroche à une bouée et à l’idée que Céline Dion ne vagira pas encore une fois sa chanson sur le gros bateau qui coule…

Donc, hurlons avec les loups, glapissons avec les dindes et mugissons avec la meute de braillards qui vous ont consciencieusement flingué les tympans mercredi soir à minuit et souhaitons avec les affolés du vœu de nouvelle année qu’elle soit bonne… Ou plutôt non, je ne vais pas vous présenter les vœux tout seul… Je m’adjoins les services de deux employées de maison, Maria et Conchita. L’une possède un blair qui ferait passer le nez de Liane Foly première version pour une minuscule péninsule, et l’autre se désespère de trouver de l’earl grey dans mes placards…La bonne à nez, et la bonne sans thé…

Rassurez-vous, je ne vais pas verser dans les roucoulades violonées et eurovisionnesques du Concert du Nouvel An viennois, les calembours usés jusqu’à la corde que même Ruquier n’en voudrait pas pour refiler à son Boulay préféré qu’il aime à tirer de temps à autre, et le sirupeux dégoulinant, façon loukoum arrosé au sirop d’érable, en vous souhaitant le meilleur pour les douze mois à venir, je ne ferais pas du Mari-à-Brigitte en vous faisant ronfler devant votre poste…

Oh, je me doute bien que je dois arriver en deux-cent-soixante-treizième position dans le souhaitage de vieux, et que vous avez dû vous fader au bas mot le même nombre de paires de bises humides ou gluantes, avec halitose carabinée à décrocher le papier peint en prime et tout autant de fadaises nouvel-anniques depuis le 1er janvier dernier…

En une période où les grippes, tant intestinales que classiques, font bondir dans l’écarlate cramoisi les alertes infos des chaînes d’info continue, il serait presque mal venu de glisser, tel un pet vaseliné glissant sur une toile cirée recouverte d’une triple couche d’encaustique, que les vœux vous font chier… Ça, c’est le domaine de prédilection de la gastro et des réclames télévisées itératives pour les débouchages médicamenteux d’intestins fatigués ou paresseux, entre Dulcolax et Herbesan en passant par les dragées Fuca qui repeignent tout du sol au plafond en un artistique moucheté marron-caca-d’oie… Deuxième couche assurée dès que vous entendez encore Mariah Carey glapir ses âneries de Noyel…

Quelle joie sans égale de retrouver ses collègues de bureau, ou de glandouille pour nos amis fonctionnaires qui sont toujours les premiers à me lire, vu qu’ils n’en foutent pas une rame de la journée, et de se repaître jusqu’à la nausée post-réveillonnesque de ces vœux d’autant plus grandiloquents qu’ils sont trempés dans la faucuterie la plus intégrale…

Quel moyen atroce de non seulement poursuivre la semaine, mais également de fêter la reprise après la trêve de Noël, avec cette avalanche de bécots sonores et baveux, avec cliquetis de dentier mal collé en prime, ces tapes dans le dos prétendument amicales toutes prêtes à vous démonter la clavicule et ces sourires de commande en ligne directe de la dernière élection de Miss Dinde Fourrée… Et si, en plus, ça se passe au lendemain de l’épiphanie, alors là, c’est le carton plein, c’est la quine, c’est le bingo assuré avec en cadeau Bonux la ménagère 48 pièces avec le légumier assorti…

L’épiphanie, d’origine marseillaise, dont les règles furent fixées par Marcel Pagnol dans sa célèbre trilogie Marius, César, Epiphanie, est aussi la fête des dentistes, trop contents de réparer les bridges fracassés, les plombages déchaussés et les incisives malmenées par des fèves pernicieuses cachées sous la frangipane écœurante de galettes hors de prix…

Alors, le combo vœux de bonne année à haute dose, galette en carton saveur amande rance, et cidre éventé et tiède au surplus… On touche presque le nirvana de la journée pourrave…

Pour faire bonne mesure, et franchement vous donner envie de vous flinguer en rentrant en ouvrant le gaz de la gazinière électrique, saupoudrez de vingt-cinq « c’était bien ton réveillon du nouvel an ambiance orientale au Mikhenez de Poussan », dix-huit « t’as été gâté à Noël ? » (auquel on a envie de répondre « oui, mais nettement moins que tes dents »), une petite douzaine de « T’as eu de la neige à la montagne, parce que Roger du service compta, il a skié huit jours sur du gazon et des gravats », et un « punaise, ma belle-doche a eu la fève hier, ça s’est vu, elle était toute rouge et ne respirait plus… trop content de lui refiler une couronne »…

En parlant de couronne, offrons-en une incontinent à tous nos disparus célèbres, qui se sont pressés au portillon de Saint-Pierre pour éviter, qui les vœux de Nouvel An, qui les galettes de l’Epiphanie…

C’est que depuis la fin de l’année dernière, ça dégomme comme au ball-trap dans les rangs des célébrités qui meurent plus souvent qu’à leur tour… Brialy, l’irremplaçable Mère Lachaise, en aurait le goupillon tout frétillant s’il était encore de ce monde…

Ah, question droits de succession, ça démarre sévère ! Depuis la fin de l’année, on n’a pas le temps de faire sécher la tenue de grand deuil qu’on nous annonce un nouveau décès parmi les célébrités…

Et je ne parle pas ici des quarante morts de Crans-Montana, qui ont cru marrant de rejouer « Les brûlés font du ski » à la Saint-Sylvestre, et qui démontre que, hélas, les leçons de l’incendie du « 5/7 » en 1970 n’ont pas été apprises…

Honneur à Fanny Biascamano, décédée le 27 décembre à seulement 46 ans. Elle fut révélée toute jeunette par le télé-crochet de Sacrée Soirée, avec une reprise de Piaf qui fut un succès dans les hit-parades, puis représenta fort honorablement la France à l’Eurovision 1997 avec « Sentiments songes », une ballade classieuse qui ne lui permit hélas pas de renouer avec le succès. Des sentiments songes qui tournent au cauchemar…

Cette disparition fut hélas éclipsée par le décès, le lendemain, de l’un des derniers monstres sacrés du cinéma français, Brigitte Bardot, partie retrouver ses chers bébés phoques à l’âge de 91 ans.

Rendre hommage à un tel personnage est sans nul doute un exercice périlleux, je n’irai pas jusqu’à dire, paraphrasant Desproges, que j’ai repris deux fois des moules en apprenant son décès. Brigitte Bardot avait ses défauts, ses travers, puisqu’à l’automne de sa vie, elle avait viré d’initiales B.B. à initiales S.S., et avait proféré un bon tombereau d’horreurs notamment sur les mérites de Marine Le Pen, les homosexuels et son fils…

Il n’en reste pas moins, quoi qu’on puisse penser d’elle, que Brigitte demeure une icône indéboulonnable du cinéma français du vingtième siècle, même si elle a tourné dans une ribambelle de navets qui ne valaient que par sa présence. B.B. était une femme libre, au franc-parler, et qui a accepté que sa beauté du diable se fane sans recourir à la chirurgie esthétique, qui a fait ressembler ses congénères à des monstroplantes. 

Son combat pour les animaux ne doit pas être oublié, à la différence de sa discographie, émaillée de pochades médiocres et de chansonnettes navrantes, interprétées par une voix délicieusement fausse, à mi-chemin entre Stone et Zaz…

Et Dieu rappela la Femme…

Histoire de finir l’année dans l’allégresse la plus totale, Evelyne Leclercq déquillait le 30 décembre, emportant avec elle une part de notre enfance. Légendaire speakerine de TF1, reconvertie en entremetteuse pour laissés-pour-compte de la bagatelle grâce à l’émission « Tournez manège », elle présentera également le Concours de la Chanson Française, sélection française pour l’Eurovision, entre 1976 et 1978. Régulièrement brocardée pour « Tournez manège » et son côté « foire aux bestiaux », elle savait toutefois faire preuve d’humour, notamment lors des Grosses Têtes, époque Philippe Bouvard.

Le début d’année n’a guère été plus tranquille pour les affolés des enterrements puisqu’il faut également saluer la mémoire de Catherine Samie, monument de la Comédie Française, de Rolland Courbis, entraîneur de football, et d’Alain Orsoni, militant nationaliste corse, abattu lors de l’enterrement de sa mère, ce qui diminuera les frais d’obsèques pour la famille…

Vous l’aurez remarqué, depuis le début de l’année, on nous abreuve d’alertes infos, de scoops plus ou moins éventés et de « priorité au direct » qui nous mettent immanquablement les nerfs en capilotade…

Assez de scoops, d’alerte info, ou de flashs spéciaux qui interrompent la douzième rediffusion de votre épisode préféré des « Feux de l’Amour dans la lune » au moment précis où Belinda-Bridget allait avouer à la seconde ex-épouse du cousin du père de son enfant illégitime abandonné par sa vraie marâtre et recueilli par sa fausse tante, qui en est une, qu’en vérité, Fallon-Ellen n’était pas la véritable cousine par alliance du beau-frère à la nièce du facteur de Santa Cruz à cause du divorce avant sa césarienne de la grand-mère au mari de sa sœur...

Laissez-nous passer en paix quelques jours de tranquillité bien méritée, à l’abri du froid qui est enfin arrivé en France et qui nous fait râler sur les températures à ne pas laisser traîner une belle-mère dehors…

C’est qu’on s’en cognerait velu des déclarations toutes faites de notre Président sur la situation en Iran, où les enturbannés commencent à avoir nettement chaud aux miches… C’est que les exploits du Connard à l’orange, qui s’autoproclame gendarme du Monde en capturant Nicolas Maduro, lorgnant démesurément sur le Groenland et vouant les Mollahs aux Gémonies nous seraient limite indifférents…

Car depuis la semaine dernière… Ce sont les soldes d’hiver ! Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!! Des soldes !

Ce cri strident qui ferait passer les vocalises suraiguës de Duncan Laurence qui vient de se la faire mordre à pleines dents par Aminimir sur le plateau de Destination Eurovision 2021 pour une vulgaire sonnette d’alarme fatiguée, c’est un véritable cri de guerre.

Un cri de guerre qui retentit comme autant d’antivols au passage du portique de sécurité du magasin plusieurs fois l’an. Un cri de guerre qui marque indubitablement le début d’une période faste au commerce de détail et aux banques qui facturent les agios au prix de la tonne de caviar sevruga : les irremplaçables soldes d’hiver.

Et j’ai l’envie quasi-irrépressible, un peu comme quand on voit les seins de Claire Chazal en une de Paris Match et qu’on sprinte vitesse grand V, accélération gamma petit p plus petit q, se ramoner les boyaux dans le caniveau tant le spectacle est insoutenable et pousserait à la conversion à l’homosexualité avec Houellebecq, c’est vous dire ma détresse ; j’ai l’envie irrépressible de jouer à l’ethnologue, de parodier Claude Rika-Lewis-Chopin, ou Levi’s-Strauss, je ne sais plus, de singer l’immortel Christian Zuber et sa caméra au poing, et de vous emmener à la découverte d’une communauté méconnue bien que largement répandue : les amateurs des soldes.

Pas besoin de vous accoutrer d’un bermuda façon Tintin au Congo, d’un bitos des temps bénis de la Coloniale et de pataugas qui ont dû écraser plus de merdes que Marc Lévy et Katherine Pancol réunis ont pu en écrire dans toute leur carrière. Nul besoin de vous exiler dans quelque contrée perdue, hostile et généralement peuplée de peuplades aux noms fleurant bon les récits de la Semaine de Suzette et les albums-photos souvenirs de la Cochinchine… Les amateurs de soldes crèchent partout : à Paris (un vrai nid), à Londres, à San Feliu de Guixols, à Sainte Ménéhoulde de Moncu-sur-Lacommode, sur votre palier (juste la porte en face) ou encore dans le gourbi du coin de la Rue des Onanistes En Rut…

Les amateurs de soldes aiment à se faire appeler selon les humeurs du moment et leurs envies versatiles : fashionistas, hystériques du falbalas, folles tordues de la réduction de la mort qui tue, idolâtres au dernier degré des grandes brésiliennes qui roucoulent du « Ma chéééérie, magnifaïque » à tout bout de champ devant une cagole sur-maquillée et saucissonnée en prêt-à-porter fast-fashion mal coupé, ou encore adulateurs acidulés des tafioles de concours qui prétendent, en une heure d’émission, relooker un boudin mongoloïde façon pot-à-tabac, attifé de leggins léopard rose et d’un top à dentelle mordoré fluo en un top-model d’un mètre quatre-vingt et caréné comme un Riva de compétition.

Généralement griffés de la racine des cheveux patiemment permanentés chez les sœurs Carita, les madones des cuirs chevelus friqués, jusqu’au bout renforcé de leur paire de Burlington grand siècle, les amateurs de soldes s’en vont courir le pavé des centres-villes et des centres commerciaux de grande banlieue dès potron-minet le jour d’ouverture des soldes. Pas question de louper, ne serait-ce que de quelques infimes nanosecondes, l’ouverture plus matutinale qu’à l’habitude des Galeries Farfouillette et de ne pouvoir se mettre sur les arêtes, moyennant un double smic, ce splendide ensemble en chintz d’ottoman moiré couleur diarrhée de nourrisson asthmatique avec ce drapé bouffant qui retombe en smocks sur la passementerie en jabot à clochettes !

Peu importe de savoir s’ils devront se contenter de pâtes à l’eau tiède pour le restant de l’année, tant à cause de la carte bleue qui a viré cramoisi écarlate que des rondeurs qui obligent au recours d’un chausse-pieds et d’un bidon de vaseline pour enfiler le dit-ensemble susmentionné ! Ils le veulent, et ils l’auront ! Épicéfini !

Peu leur chaut que l’article convoité coûte l’équivalent du PIB bisannuel des Iles Vanuatu, qu’il ne soit plus disponible qu’en taille 36 alors qu’on n’arrive qu’avec de grands efforts et des apnées prolongées à s’enquiller dans du 44 rectifié, ou qu’il soit miraculeusement réchappé de la collection Dormeuil Pépère 1957. Il est EN SOLDES !

Et c’est justement ce qui le rend si désirable à leurs yeux de presses-bites ou d’astigmates, ce qui fait qu’il le leur faut, absolument, décidément, définitivement !

Qu’importe que le commerçant ait multiplié le prix par deux pour offrir royalement quarante pour cent de remise ! L’article est soldé ! C’est le sésame magique qui les fait vriller !

Non content de bourrer comme une vulgaire starlette de porno hongroise en face d’une horde de Rocco-Siffredis priapiques son dressing croulant sous les inratables bonnes affaires des soldes précédents qui finiront dans trois ans bouffés aux mites malgré les quarante boules de naphtaline et la douzaine de plaquettes Vapona, l’amateur de soldes moyen s’exprime. Hélas…

Ce n’est ni du Voltaire, ni du Verlaine (qui avait le rein beau et la gâchette chatouilleuse dès qu’il s’agissait de tirer un coup), non. A peine du Barbelivien, voire du sous-Obispo en manque d’inspiration (pléonasme) et le plus souvent c’est d’un niveau inférieur à la moyenne des meilleurs textes de Kendji Girac, la Gitane sans filtre. C’est vous dire qu’on racle les fonds ultimes de la Fosse des Mariannes au risque de découvrir des textes eurovisuels… C’est plutôt une collection de cris de guerre, d’incantations bellicistes et de gargouillis belliqueux qui arriverait presque à vous faire faire dans le froc, y compris en cas de constipation opiniâtre…

Du classique « J’en-veux-un-poussez-vous-je-l’ai-vu-la-première-j’étais-avant-vous ! » au venimeux « C’est-le-mien-dégage-tes-pattes-de-là-pétasse-ou-j’te-pète-les-seins », le vocabulaire moyen de l’amateur de soldes peut se faire presque intelligible, le plus souvent par pure inadvertance, et vous pourrez, au gré de vos pérégrinations au long des rayons transformés en remake de Raqqa ou de Beyrouth, saisir des « M’enfin Kévina, tu vas pas acheter un tee-shirt qui te cache les seins ! », des « Vous êtes sûr que ça va donner ? Assurément, le polychlorure de vinyle imitation similicuir façon moleskine donne toujours d’un à deux millimètres après dix-huit kilomètres de marché forcée », des « J’les prends tous les quatre, tu comprends, c’est pas que j’en aie besoin, j’en ai déjà douze, mais à mille boules l’unité, ça emmerde Charles-Hugues » ou encore des « Tu trouves pas que ça me boudine un peu ? Nan, à peine, mais tu pourras postuler chez Olida ».

Les soldes, période où l’on se rend compte que soit la taille 42 n’est plus ce qu’elle était, et votre armoire rétrécit effectivement tous vos vêtements subrepticement la nuit venue ; soit vous êtes amenés à caresser le commencement de l’idée qu’éventuellement vous auriez pris quelques grammes et qu’un régime devrait peut-être mis en place dans un avenir aussi proche que la ligne d’horizon… Les quarante-huit spots pour « Comme j’aime » en une heure de programme télévisé devraient vous pousser à y être acculé…

Les soldes, où ces dames, demoiselles, messieurs, demi-vierges folles, échaudées de la carte bleue, folles tordues hystériques du falbalas se pâment devant les rabais en faisant montre d’une excitation au moins aussi élevée que celle d’un roumain au Salon International de la Caravane…

Les soldes, c’est quand même plus bandant que Donald Trump en djellaba avec un turban sur le cigare qui glapit « Make Iran great again ! »…

Et le 14 janvier 1986, à huit kilomètres de Gourma-Rharous, au Mali, au milieu des décombres éparpillés sur une centaine de mètres d’un hélicoptère du Paris-Dakar, les corps de cinq personnes, dont ceux de Thierry Sabine, l’organisateur du rallye, et de Daniel Balavoine qui, alors qu’il venait deux jours auparavant de sauver la vie d’une pilote, lui aurait dit « il faut être fou pour faire cette course »… 



mardi 23 décembre 2025

Brèves du 23 Décembre 2025

 Ah, chers amis, fidèles lecteurs, inconsciente et innocente audience avide de mes élucubrations chroniquières, comme j’aurais aimé vous interpréter une jolie berceuse pour vous accompagner suavement vers la belle nuit de Noël où toutes les grosses cloches sonnent (à moins que ce ne soient les grosses cochonnes…)… 

Seulement… Ce n’est évidemment pas l’envie qui m’en manque, malgré une énergie proche de l’amibe anémiée qui me donne furieusement une appétence plus qu’exacerbée de vacances… Mais le contexte hexagonal actuel et le moral moyen du français du même nom ne donnent pas forcément envie de faire la fête, de rigoler, de festoyer, d’entonner des refrains joyeux…

Certes, je sais que les fêtes de fin d’année s’annoncent à grands renforts de pubs spécialisées, de rediffusions télévisées douteuses et usées, ainsi que de téléfilms mièvres, mais aussi avec leur cortège de cadeaux, de repas en famille ou solitaires, d’indigestions, de doigts martyrisés par le couteau à huîtres, d’oncles bourrés comme un coing qui dansent la macarena à moitié à poil sur la table basse du salon avant de se casser la gueule comme des étrons frais sur une tante mijaurée en robe de bayadère jaune poussin qui n’en demandait pas tant, de cadeaux splendides coûtant une blinde et demie qui finiront dès le lendemain en achat immédiat sur ebay au dixième de leur prix, et de bougies senteur épices indiens-sardine marinée de Reykjavik qui filent le feu au sapin dès les amuse-bouche du réveillon…

Je sais bien qu’on a encore une fois décongelé Mariah Carey pour qu’elle nous braille à plein tube que tout ce qu’elle veut pour Nowel c’est vous (et que vous rêvez secrètement de la renvoyer illico presto dans son congélateur musical), et que vous attendez avec une anxiété non feinte les quatre-vingt-huit bêtisiers de fin d’année où l’on vous rediffusera encore et encore, jusqu’à la nausée intégrale, Denise Fabre qui se dévisse le dentier, Nancy Reagan qui se prend une gamelle, et Gainsbourg qui invite Whitney Houston à se faire rectifier le tuyau d’échappement…

Vous piaffiez d’impatience dans la tante… pardon, dans l’attente des sempiternels téléfilms de Noël, toujours aussi émétiques tant ils regorgent de bons sentiments frelatés, des éternelles rediffusions de la trilogie des Sissi et du guimauvesque Mayerling, et des films cuculapralinesques qu’on regarde les yeux mi-clos en comatant la bave aux lèvres et la boite de chocolats à la main, lové sous la couverture polaire alors que des flocons de neige s’accrochent aux carreaux…

Eh bien non ! Le ravissement de ces moments magiques, ce sentiment indéfinissable au moment de mettre le petit Jésus dans la crèche, au sens premier du terme, bien entendu, cette torpeur bienfaisante qui vous envahit en regardant la Messe de Minuit en mondovision depuis Saint Pierre de Rome, ça n’est pas pour tout de suite !

Tout d’abord parce que ce serait pêcher que de vous balancer tout ça dans la figure comme un gougnafier que je ne suis pas, enfin, que j’espère ne pas être, et ensuite parce que nous ne sommes que le 23 décembre…

Car vous le savez, encore que les dindasses croivent que vous le sachiez (dans la colle ou dans mes bottes, c’est selon les croivances), les emmerdements volent en escadrille… Eh bien, les convois funèbres aussi, hélas… Est-ce le changement de météo brutal ou la perspective de se fader un énième réveillon avec les sempiternelles conneries télévisées, mais nous enregistrons un net pic de cassage de pipes depuis trois jours…

Il y a peu, c’est Monique Tarbès qui passait l’arme à gauche, à 91 ans, après une carrière bien remplie à la télévision et sur les planches. On se souviendra d’elle dans l’immarcescible « Don d’Adèle » qui fit les beaux jours de l’émission télévisée « Au théâtre ce soir », mais aussi dans « 1 rue Sésame », où sa voix toute particulière laissa un souvenir indélébile aux enfants de l’époque, qui pleurent aujourd’hui un énième pan de leur enfance qui s’envole…

Adieu aussi à Mick Abrahams, 82 ans, co-fondateur du groupe Jethro Tull, qui connut le succès planétaire avec « Bourée », arrangement jazzy d’un morceau de Bach en 1969.

Au revoir à Chris Rea, décédé à 74 ans, interprète britannique qui connut de beaux succès en France dans les années 1980, notamment avec « Josephine », « On the beach » ou « The road to hell ». Espérons que sa route désormais ne l’y mènera pas…

Au revoir également à Georgette Lemaire, l’éternelle concurrente malheureuse de Mireille Mathieu, tout comme la brameuse d’Avignon révélée par le Jeu de la Chance, en 1965. Usant jusqu’à la corde le style réaliste de Piaf, Georgette Lemaire connaîtra plusieurs gros succès comme « Et si c’était vrai », « Vous étiez belle madame » ou « Des millions d’amoureux », mais ne saura pas se renouveler dans les années 70, faisant la une des périodiques à sensation, et restant dans l’inconscient collectif comme une sous-Mireille Mathieu en plus populaire… Gageons que la Môme saura l’accueillir comme une digne héritière…

Ça fait gai, hein, à deux jours de Noël…

Et là, je me permets de vous poser brutalement la question, puisque l’on se connaît suffisamment bien et que je sais au surplus que vous n’êtes plus de jeunes damoiseaux à peine déniaisés ni des rosières ayant coiffé Sainte-Catherine sans avoir vu le loup dans la bergerie :

Est-ce que vous la sentez ?

Non, mais je veux dire, est-ce que vous la sentez bien ? En êtes-vous tout entièrement pénétrés ? L’avez-vous laissé entrer totalement en vous et cheminer jusqu’aux replis les plus intimes de votre anatomie secrète afin d’y répandre en cataractes torrentielles la substantifique moelle de son suc ultime ?

Evidemment, j’en connais qui en sont déjà à s’essuyer avec des soupirs rauques de plaisir assouvi et de purée larguée dans les rideaux en ayant lu ces quelques lignes qui siéent plus à Régine Desforges qu’à Jean Cau ; mais quitte à les ébranler (encore une fois) dans leurs convictions profondes, mes propos sont tout ce qu’il y a de plus purs !

Purs à un point tel que je vous repose la question : est-ce que vous la sentez, la délicieuse odeur de Noël ?

Humez-vous la fragrance parfumée des sapins de Noël croulant sous les guirlandes et les boules multicolores qui emplissent les salons, des pains d’épices et des massepains qui , sur les tables richement garnies, n’attendent que le feu vert parental pour se faire avidement dévorer, des mets de choix qui vous rempliront la panse en faisant pétiller vos papilles d’un plaisir gustatif s’apparentant à l’orgasme alimentaire ?

Reniflez-vous la senteur particulière de ces jours de fête, où l’air semble plus léger malgré les emmerdements bêtement quotidiens et où l’on est presque contraints de faire risette à cette empaffée du service comptabilité qui pue de la gueule à en décoller la moquette murale dans la pièce d’à-côté, juste parce que c’est la trêve des confiseurs ?

A moins d’être un Morgan Bourc’his ou un Pierre Frolla capables de se filer, en combinaisons de néoprène moule-chouquettes, en apnée pour des périodes qui vont de quelques minutes à « punaise la vache c’est trop trop long ! », vous n’avez pu faire autrement que d’en prendre plein les poumons…

L’esprit de Noël est en train de nous tomber dessus, même si cette année encore, c’est un Père Noël avec un contexte international chargé et une situation hexagonale guère plus engageante qui viendra déposer les cadeaux dans les souliers… Mais qu’importe ! Foin des querelles intestines qui nous pourrissent le quotidien, fi des petits tracas journaliers qui nous mettent le ventre en capilotade et l’esprit en haut-fourneau sidérurgique !

Allez ! Pressez-vous prestement de vous hâter d’aller faire l’emplette des derniers présents à offrir à vos proches, des ultimes cadeaux qui feront bouillonner les récipiendaires et votre carte bleue… Les récipiendaires, d’un légitime bonheur de voir la perle rare trôner dans leurs souliers, et votre carte bleue, d’un échauffement cramoisi qui tend vers l’évaporation définitive et occasionnera une bien légitime tachycardie à votre banquier dès le 26 décembre…

Cadeau… ou pas cadeau ? Telle est la question cruciale… Cadeau ou pas cadeau à votre tante Marthe qui vous empeste la maison à chaque visite avec ses robes chasubles antédiluviennes qui schlinguent la naphtaline, à votre cousin Edmond qui finit fin bourré dès les prémices des agapes réveillonnesques et qui chantera immanquablement « La digue du cul »avec une justesse vocale qui ne messiérait pas à la discographie intégrale de Zaz, ou à votre nièce hystérique, collée 24/7 sur son téléphone portable à swiper sur des reels d’une vacuité interstellaire intégrale et qui hurle à la mort dès qu’on hausse les sourcils en signe de vague réprobation ?

Cadeaux pour toutes et tous, même si je sais que je ne suis pas un cadeau, et qu’il faut vivre d’espoir…

L’espoir fait vivre… Et l’espoir que je forme aujourd’hui, au moment de poser la plume du clavier pour quelques jours de repos, au terme d’une année mouvementée, c’est que le monde aille un peu moins mal, pendant quelque temps, que les hommes puissent vivre en bonne entente, que vous passiez de bonnes fêtes… et que je ne prenne pas trop de poids avec ces cochoncetés de chocolats !

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Guy-Louis, Amélie Mauresmo, Ma’âme Jeanssen, Conchita Wurst, Josiane Saucisse, Pepita Sausage, ainsi que tout celles et ceux qui en feront la demande par papier timbré mauve moiré à douze euros soixante-quatorze la demi-page ; ainsi se terminent, en conclusion d’une année chargée en péripéties, en émotions et en cataclysmes d’actualité, ces chroniques en forme de brèves de presque pour l’année 2025.

J’espère que vous aurez pris autant de plaisir à les lire que j’en ai ressenti à les écrire… Le temps qui m’est imparti touchant à sa fin, Beaugrand touchant à sa nouille et Féraud touchant à la mienne, je vous souhaite tout bêtement de passer d’excellentes fêtes de fin d’année, remplies de bonheurs vrais, de joies simples et de moments complices en famille, en couple, ou comme il vous plaira !

Je vous embrasse chaleureusement en remerciement de votre attention et de vos commentaires, et vous retrouve tout bientôt pour de nouvelles aventures…

A vous Cognacq Jay, à vous les studios !



lundi 1 décembre 2025

Brèves du 1er Décembre 2025

 « T'as voulu voir Vesoul
« Et on a vu Vesoul
« T'as voulu voir Honfleur
« Et on a vu Honfleur
« Il a voulu voir ta sœur
« Et il a vu Francine
« Comme toujours… »

Comme musique d’ambiance pour galvaniser les foules lors d’un meeting politique, vous conviendrez de concert avec moi que les chansons du Grand Jacques ne sont pas particulièrement réputées pour leur ton fédérateur ou leur rythmique imparable… Celles de Kendji Chirac, la Gitane sans filtre qu’on fume dans les coulisses, non plus, certes…

Et pourtant, ce serait tellement plus simple pour nos politocards nationaux de choisir une chanson qui deviendrait leur hymne politique, leur couleur partisane, leur identité musicale…

Imaginez Rachida Dati, eperlouzée de frais, arriver sur les tréteaux au son de « Marre de cette nana-là », Laurent Nuñez sur les motifs de « Je suis le cow-boy d’Aubervilliers », Edouard Geffray scandant « Qui c’est celui-là » devant une salle vide, Florian Philippot virevoltant du bas de sa jaquette flottante au son de « Mon légionnaire », Nicolas Sarkozy avec Carlita qui gratte à la gratte « Les portes du pénitencier », Gérald Darmanin, le Garde des Sots, avec « Tout mais pas ça » à plein volume, et Emmanuel Macron avec son indicatif préféré « Tu me pompes l’air »…

Il n’empêche que dans le cas de l’immortel « Vesoul », il colle comme une seconde peau à Jordan Bardella, qui se sent pousser des ailes façon Concorde depuis que les sondages le classent invariablement comme grand favori de la Présidentielle 2027.

Le dauphin autoproclamé de Marine s’est retrouvé copieusement enfariné lors d’un déplacement à Vesoul, le blanc-bec (au sens propre désormais) de la politique a donc vu Francine de très près, même si pour l’occasion, c’était Francine fluide, en paquet d’un kilo.

Ça lui va comme un gant à un pis de vache, à Jordanou les dents blanches (du fait de son sponsoring farinier) puisqu’il affirme dans tous les médias que le RN est un parti qui lave plus blanc… D’ici à ce qu’il compare Marine Le Pen à la Mère Denis (voire la Mère Déni, vu ses embrouillaminis judiciaires), il n'y a qu’un pas…

Finalement, cet enfarinage est bien le seul cas où le RN sorte blanchi d’une affaire…

Et comme si cette dose de farine ne suffisait pas, Jordanou la poisse s’est fait écraser un œuf sur la tête dans le Tarn-et-Garonne… Il ne lui manque plus que du lait, et il pourra faire des crêpes…

Autre politocard qui risque fort d’être bientôt blême de rage, c’est notre Mélenchon national… Figurez-vous que Méluche sera sous peu convoqué devant la Commission d’enquête sur les liens entre partis et islamisme. Rhoooooooo ! Le coup bas vachard qui va bien ! Soupçonner le grand conducator des Insoumis d’accointances plus ou moins avouables avec les enturbannés qui aiment à se faire sauter en public, y’a de quoi le fâcher tout rouge en une nanoseconde, le Méchancon… 

Je le connais le Jean-Luc, avec son caractère limite ombrageux … Sourcilleux comme il est, il va nous péter une colère saine magnitude 12 devant les membres de la Grosse Commission, ça va chier dans le ventilo, tâcher les tapis, laisser une odeur de soufre mâtinée de kebab avarié, il va nous les éparpiller façon puzzle aux quatre coins de Paris, et y’aura des morceaux qui vont rester coincés dans les lustres… 

Sérieux ! Mélenchon est plus radioactif que Tchernobyl et Fukushima réunis sur l’islamisme, et ils veulent l’auditionner pépère sur un sujet chatouilleux qui le fait dégoupiller direct… Les mecs de la Commission auraient cherché le désagrément qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement… D’ici à ce qu’il leur éructe à la barbe et en stéréo quadriphonique que le Grand Mufti de l’Hexagone, c’est lui…

Bon, concernant le locataire actuel de l’Elysée, on est hélas habitué à ses déclarations fracassantes qui, si elles persistent à n’ébouriffer que les chauves, ont au moins l’avantage de brasser de l’air. Et l’on ne répètera jamais assez que l’aération des pièces contribue à un confort sanitaire accru… Rien que pour ça, le siphonné de la rue du Faubourg-Saint-Honoré mérite toute notre reconnaissance bienveillante.

Toujours animé par sa marotte va-t’en-guerre, Manu s’est fendu d’un discours ronflant sur l’instauration d’un service militaire basé sur le volontariat, balançant une bordée de mesures qui, pour certaines d’entre-elles, sont d’ores et déjà en vigueur. Et puis, vouloir faire de nos jeunots actuels, qui ont déjà assez de peine à déterminer s’ils sont des hommes, des femmes ou des grille-pains, des militaires aguerris et tout prêts à aller défourailler dans tous les azimuts, c’est peut-être placer la barre un poil haut… Mais faut pas lui en vouloir, vous savez…

Depuis le début de la guerre en Ukraine, on s’est largement rendu compte de son appétence immodérée pour les mecs en kaki ; y’a qu’à le voir reluquer Zelinsky à chacune de ses visites parisiennes, il ne peut s’empêcher de lui tâter la viande pour voir s’il ne pourrait pas lui mettre un grand coup de son obus à crème fleurette dans les Pays-Bas. Alors, dégoiser pendant deux plombes sur de jeunes enkakifiés tout moulés dans leurs uniformes, c’est un coup à se ruiner le slip façon empesage des rideaux pour notre Manu national…

Une autre qui se fait des films à longueur de journée, et qui n’hésite désormais plus à se mettre en scène d’une manière qui prêterait à sourire si elle n’était que trop sérieuse, c’est notre irremplaçable Sinistre de la Culture, Rachida Dati. Prête à tout pour faire oublier le casse du Louvre, Raticha s’est récemment payé une mise en scène que n’aurait pas renié Cecil Billet de Mille s’il était encore de ce monde.

Ne perdant aucune occasion de brocarder la gestion légendairement calamiteuse de Notre Drame de Paris, et comme de toute façon, le ridicule ne tue pas, la Ministre Sans Culture a fait mumuse devant les caméras en grande tenue d’éboueur… Ah ! Fallait pas la louper, Raticha, en costume de boueux siglé Chanel, soie sauvage, brocarts d’or fin et boutons en vermeil, faire mine de tripoter des containers désinfectés pour l’occasion… Pour une fois, c’était une ordure qui vidait les poubelles…

Tiens, puisqu’on parle de détritus, un mot sur Sarkozy, et son bouquin, visiblement écrit à la vitesse d’un éjaculateur précoce sous perfusion de viagra concentré. L’Ex nous a pondu en un temps record « Le journal d’un prisonnier », un pensum imbitable de plus de deux cent pages qu’il aurait rédigé lors de ses vingt jours de détention… Y’a pas à dire, le yaourt, ça booste l’imagination à un point tel qu’il faudra envisager de classer le Danone nature comme dopant survitaminé…

Pas besoin d’être toutefois un grand matheux pour constater que l’amateur de talonnettes a accouché d’une moyenne de dix pages journalières, reléguant de ce fait Balzac, grand pisseur de copie devant l’éternel, au rang guère enviable de bande-mou de la plume.

Je me demande, avec une récurrente insistance teinté d’un certain esprit critique, si le Petit Nicolas n’aurait pas tendance à nous prendre pour des beubeuttes… D’ailleurs, les sites de vente en ligne regorgent d’ores et déjà d’exemplaires d’occasion, à des prix défiant toute concurrence. Pour moins de trois euros, vous emportez le dernier torche-fion de la Santé. C’est vous dire si la page de papier-cul est bon marché en ce moment…

Pitié, Messieurs les Juges rouges à la solde du grand capital apatride levantin, ne le reflanquez pas en taule, ça lui donnerait l’occasion de nous déféquer d’autres best-sellers. Et si d’aventure, Carlita compose à la même vitesse que son mari, c’est vous dire si l’industrie discographique a du mouron à se faire dans les mois qui viennent…

Dieu merci, toutes les futilités de ce début de semaine ne sont pas politiques. A l’instar de ces policiers de La Ciotat qui, pensant aider une automobiliste victime d’une crevaison, ont finalement découvert qu’elle roulait sans permis, et qu’au surplus, elle livrait de la drogue, un hectogramme de résine de cannabis étant retrouvé dans le véhicule…

Après Uber Eats, Uber Shit… Dans les deux cas, c’est de la merde…

Puisqu’on parle de merde, vous aurez remarqué probablement qu’on vient de se faire littéralement ensevelir sous les réclames télévisées, radiodiffusées et internetesques pour le Black Friday, une journée d’une semaine où l’on peut arriver à économiser jusqu’à 100 % si l’on achète strictement rien de tout leur bazar pourrave, majoré de 30 % avant de vous faire une royale remise de 10 %… J’en arrive presque à me demander si les racistes fêtent le Black Friday…

Dans le domaine de la santé, vous constaterez également que le pognon de la recherche médicale est savamment utilisé. Des chercheurs allemands ont en effet annoncé faire le pari d’un chewing-gum bientôt capable de détecter la grippe. 

Vous avez bien lu : demain, on sera en capacité de mâcher un chewing-gum et découvrir, grâce à son goût, que l’on est infecté par le virus de la grippe avant même d’en avoir les symptômes… Et ce, grâce au thymol, qui réagit au virus grippal, et qui vous flanquera en bouche la saveur reconnaissable du thym. D’ici à ce que les écolos réfractaires à la gomme à mâcher aillent brouter des bouquets de thym dans les champs pour se dépister à moindre frais…

Le goût comme détecteur de maladies n’est pourtant pas un scoop défrisant… Depuis des lustres, et quelques candélabres, une saveur buccale de vasier à marée basse après une partie de broute-minou hasardeuse vous indiquait sans coup férir une moule avariée et une chtouille carabinée dans les jours à venir… Des remontées gastriques à base de vert-de-gris et de chambre à gaz ? Arrêtez de lire les bouquins de Bardella et de Ciotti… Un goût de merde prononcé dans la gorge en regardant la télé ? Vous avez atteint votre seuil de tolérance aux émissions d’Hanouna…

Et pour finir sur une note primesautière, je vous rappelle le décès à seulement soixante-trois ans de Bébert, surnom d’Albert Kassabi, leader emblématique du groupe Les Forbans, groupe qui connut son heure de gloire dans les années 80, avec des titres rock’n’roll fleurant bon les sixties comme « Chante », « Lève ton ful de là » ou encore « Flip-flap ». La Camarde s’en fout bien de grignoter inlassablement nos souvenirs d’enfance…

Et le 1er décembre 1966, sort sur les écrans ce qui deviendra le plus gros succès cinématographique hexagonal et tiendra, avec plus de dix-sept millions d’entrées, le top du box-office national pendant plus de trente ans toutes nationalités confondues, et plus de quarante ans pour un film français. « La Grande vadrouille » conte sur un mode humoristique les déboires des français face aux allemands pendant la dernière guerre. Avec un De Funés et un Bourvil aux sommets de leurs arts comiques, ce film multi-rediffusé à la télévision, désormais plus de trente rediffusions depuis 1976, offre encore et toujours une parenthèse rafraîchissante, au milieu de tout ce cinéma politique, maintenant sponsorisé par de grandes marques de farine…



mardi 25 novembre 2025

Brèves du 25 novembre 2025

 La vie est bien cruelle, parfois…

Ne vous méprenez pas sur mes intentions chroniquières du jour, hein ! Je sais bien qu’après la ration de cirage triple épaisseur avec finition main à la nénette dont je vous ai abreuvé hier, je vais replonger incontinent dans mes travers habituels et sulfater toutes les futilités de l’actualité à la mitraillette de mon mauvais esprit.

Mais je suis bien obligé de constater que la vie et ses hasards nous assènent plus souvent qu’à son tour des coups derrière les oreilles qui vous font brusquement déchanter amèrement. 

Alors que je voguais pépère sur un océan de béatitude benoîte à bord d’un petit navire de félicité après m’être sustenté ce week-end de la lecture de ce livre dont j’ai dit le plus grand bien dans ma dernière chronique, et dont je me retiens à grand peine de vous en remettre une couche si je n’avais peur de me faire accuser de favoritisme mal placé, l’actualité s’est chargée de faire couler mon frêle esquif façon Titanic, chanson de Céline Dion en prime, histoire de parachever intégralement la tragédie.

Alors que j’avais goulûment rempli plusieurs cases du puzzle de mon enfance en me baladant au pays de Croque-Vacances (mâtin, quel bouquin !) avec une gourmandise non dissimulée, la semaine débutait mal en arrachant sans crier gare quelques cases de ce nostalgique puzzle.

Jimmy Cliff est mort, des suites d’une pneumonie, à l’âge de 81 ans. Cette icône du reggae, à la carrière émaillée de plusieurs tubes immarcescibles, déquillait sans prendre garde. Il l’ignorera sans doute, mais sa chanson « Reggae night » est pour moi une incomparable madeleine de Proust. Dès les premières mesures, je me revois immanquablement gamin, dans ma chambre, mettre sur la platine du tourne-disques le 33-tours de compilation que mes parents m’avaient offert et sur lequel figurait ce titre pour lequel j’ai toujours eu une tendresse particulière.

Ah ! Cruelle Camarde qui nous ravit Jimmy Cliff et ses chansons, mais nous laisse Jul et ses bousasses auditives ! 

Pas la peine pour tenter de me remonter le moral de me conseiller la lecture du bouquin de Sarkozy, hein ! Si en lui-même, le titre est déjà prometteur d’une belle marrade « Le journal d’un prisonnier » pour un mec qui vient de passer moins d’un mois en cellule hyper-sécurisée et en régime favorisé, faut quand même pas pousser la déconne trop loin ; je redoute que le contenu ne soit qu’une observation autocentrée du nombril de l’Ex, se lamentant de son sort, ourdi par un quarteron de juges rouges, et décochant quelques flèches venimeuses bien senties.

Vu la longueur de son incarcération, le dit Journal doit faire péniblement vingt-cinq pages, imprimées en police 26. Mais gageons que c’est un livre qui se lybien…

Il n’est pas par ailleurs certain que la dernière déclaration à la mords-moi-le-nœud que ça m’excite à en recrépir le plafond de Laurent Wauquiez me rende ma légendaire bonne humeur. Visiblement en manque d’exposition médiatique, Lolo a proposé l’interdiction du port du voile pour les mineures, histoire de faire causer dans le marigot politique. Wauquiez n’est peut-être pas voilé, mais il est certainement cintré…

Après le rejet de la partie recettes du budget, nos dépités s’inquiètent de l’avenir de l’économie française. L’un d’entre eux alerte même que sans budget, on va finir par couler l’économie française. Pas de risque, la politique de Macron a déjà fait le plus gros du boulot…

Si l’on regarde à l’international, pas de quoi afficher une banane allant d’une oreille à l’autre, non plus. Le plan de paix proposé par Donald Trump à Zelensky ressemble plus à un traité de capitulation en bonne et due forme, tant Moscou y apparaît avantagé. Le Connard à l’orange aurait tourné pro-Poutine que ça n’étonnerait pas plus que ça…

A la rubrique insolite de nos gazettes, on met en vedette des nouvelles qui n’occuperaient en temps normal pas plus qu’un vague entrefilet casé entre les petites annonces classées et l’horoscope, c’est vous dire si on n’a rien à vous raconter, avant d’embrayer sur la trève des confiseurs et les courses de Noël. 

Figurez-vous qu’à l’occasion d’une vente aux enchères consacrée à chanson française et internationale, les cheveux de Claude François et de Johnny Hallyday font match nul ! Deux peignes ayant appartenu à l’idole des jeunes et sur lesquels étaient restés accrochés quelques cheveux, ainsi qu’une mèche de tifs du chanteur électrisant (qui avait chanté « une petite mèche de cheveux ») ont été adjugées à 780 euros chaque. Des enchères au poil, visiblement.

Pour sa part, un trophée remis à Mike Brant en 1974 s’est envolé à 15.210 euros, alors que le chanteur, lui, était tombé bien bas…

A peine moins sordide, mais que voulez-vous, quand il s’agit de faire du pognon, on s’assoit bien prestement sur la dignité, une enchère de deux millions d’euros pour la montre en or d’Isidor Straus, un des rares passagers de première classe du Titanic n’ayant pas survécu, qui était restée dans sa famille jusqu’alors. La tocante s’était arrêtée pile à l’heure du drame, et avait été retrouvée sur la dépouille du passager. Encore une spoliation de juif dont Mélenchon ne va pas s’émouvoir, visiblement…

Rien à attendre non plus du côté de la télévision, dont les programmes sont emplis depuis plus d’un mois des inévitables et tout autant vomitifs téléfilms de Noël, sirupeuses bouses sur pellicule guimauvesques dont le but caché est de vous refiler la nausée post-prandiale des repas de fête de fin d’année sans avoir attaqué les hors-d'œuvre. 

Ras le bol de ces nigaudes blondes à peine déniaisées qui se maravent la gueule dans de la neige boueuse juste pour le plaisir de se faire relever par des bellâtres au sourire ultra-brite de 48 ratiches qui flashent instantanément sur elles et qui vont les emmener passer Noël dans une ferme perdue au fin fond du trou-du-cul du monde en les abreuvant de chocolat chaud et de marshmallows grillés à la flamme, fringués de pulls moches et de chaussettes en laine qui grattent les arpions….

Plein le dos de ces préparatifs calamiteux qui foirent lamentablement pendant une heure et demie et qui s’achèvent miraculeusement bien en moins de cinq minutes dans une apothéose sonnant tellement faux qu’on pourrait croire que Zaz chante juste !

Le carnet noir n’est pas là non plus pour nous donner le sourire puisque plusieurs personnalités ont replié leur pébroque récemment.

A l’instar d’Ornella Vanoni, chanteuse italienne, décédée à 91 ans, et qui n’avait pas véritablement percé en France, alors qu’elle était une artiste célébrée en Italie, fort d’une carrière débutée en 1956 et qui se poursuivait encore aujourd’hui. Seules ses participations au Festival de San Remo en 1965 et 1966 peuvent être encore dans la mémoire de quelques amateurs français de roucoulades italiennes périmées…

Adieu aussi à Jean Guidoni, parti à seulement 74 ans, après une carrière plus underground que grand public, malgré les titres « Tramway terminus nord » et « Mort à Venise » relativement connus en leur temps. Les eurofans se souviendront surtout de lui pour sa guimauve « Marie Valentine », arrivée deuxième derrière « Un, deux, trois » par Catherine Ferry au Concours de la Chanson Française 1976, sélection télévisée nationale pour l’Eurovision.

Lui, par contre, on le pleurera moins. Tommy Recco est mort en détention à 91 ans, ce qui faisait de lui le plus vieux prisonnier de France, condamné à la perpétuité, détenu depuis 1980 et jamais libéré malgré vingt-deux demandes de libération conditionnelle. Il restera dans la mémoire collective comme le tueur des trois caissières du Mammouth de Béziers, le 24 décembre 1979, de sorte qu’on va pas se détremper le rimmel, hein…

Et le 25 novembre 1959 mourait à seulement 36 ans Gérard Philipe, légende du théâtre et du cinéma français, figé dans cette image juvénile et romantique qui lui valait les faveurs du public. En quinze ans de carrière, il toucha avec un égal bonheur au théâtre et au cinéma, enregistrant également sur disque des versions légendaires du « Petit Prince » et de « Pierre et le loup ». Doté d’une insolente beauté, il fut, grâce à Jean Vilar et au TNP, un inoubliable Fanfan la Tulipe et un Cid mémorable, à un point tel qu’il est enterré dans le costume de Don Rodrigue. Va, cours, vole et nous venge, Rodrigue…



lundi 24 novembre 2025

Brèves du 24 Novembre 2025

 « Småting, småting, snakke om været
« Småting, småting, treffe no'n kjære
« Småting, småting, det er en liten sang »

Oui, je sais… Je sais que je ne sais pas si vous savez que je sais, mais je sais que vous ne savez certainement pas que je ne sais pas que je sais ce que vous saviez que j’eusse su que vous sachiez qu’ils sachiassent…

En gros, et pour ne pas surcharger votre neurone encore valide, ils croivent que je sais que vous ne sachiez pas…

En lisant l’entame introductive du commencement du début liminaire des prémices préliminaires de la chronique du jour, vous constaterez avec gratitude, désintéressement ou parfait découragement que ladite introduction fait encore une fois la part belle à une perle issue de l’inextinguible réservoir à bouses musicales du Concours Eurovision de la Chanson…

Cette fois-ci, c’est la Norvège, arrivée dans la compétition en 1960, et qui détient à ce jour le record de dernières places, qui a fourni la liminaire citation introductive pour commencer au début, grâce à sa chanson de 1972, interprétée par Grethe Kausland et Benny Borg, « Småting », ce qui signifie, pour les personnes qui ne pratiqueraient pas la langue d’Edvard Grieg, les petites choses.

Car ce sont des petites choses qui, les unes ajoutées aux autres, vous refilent une patate qui ferait hurler le plus vaillant des presse-purées, ainsi qu’une inamovible banane abra cadabrantesque à faire pâlir d’envie les dentiers de Denise Fabre et Patrick Sabatier réunis, Dieu les prothèse…

Un client qui vous remercie du travail accompli, une décision de justice favorable, la découverte d’un disque rare pour votre collection, bref, des petits riens qui illuminent une journée d’automne bien frisquette…

A l’instar d’un colis dans la boîte aux lettres, vendredi dernier, que je déballais avec l’avidité non dissimulée d’un biafrais sous-alimenté (pléonasme) espérant y trouver une demi-pomme et un quignon de pain (la ration alimentaire mensuelle d’Arielle Dombasle).

Déballage frénétique donc, au risque de me démettre une omoplate, auquel succéda un sourire béat, un œil humide qui n’avait rien à voir avec les températures extérieures, et une virulente bouffée de souvenirs d’enfance dans le cervelet.

C’était Noël avant l’heure, puisque je tenais entre mes mains un exemplaire du livre « Au pays de Croque-Vacances », rédigé avec amour, rigueur pointilleuse et un goût du détail non feint par un auteur dont j’ai le privilège de compter parmi mes amis.

Ne croyez pas que j’aie soudainement le cerveau monté en béchamel et le gâtisme galopant, mais il est des situations où je ne peux faire autrement que de dire du bien.

Exercice inhabituel pour moi, je vous l’accorde, mais je ne peux pas faire moins que de sortir la brosse à reluire et le cirage première pression à froid. Je vais donc dire du bien de ce bouquin, et gratuitement en plus !

Non, parce que je peux facilement raconter des horreurs sur le futur bouquin de Sarkozy « Le journal d’un prisonnier », douze pages écrites en police 26 et accompagnées en prime d’un pack de six yaourts et de l’intégrale des invendus de Carlita (45 CD), je peux balancer la sulfateuse à plein régime dès les premières notes du dernier album écrit à la presse hydraulique de Kendji Girac, la Gitane sans filtre, mais quand je tombe sur une pépite, faut neutraliser et ne s’occuper que de cela.

Au pays de Croque-Vacances, c’est le bouquin idéal pour retomber en enfance, pour se remémorer les heureux instants hélas trop fugaces de notre innocence enfantine et des goûters à base de Nesquik et de tartines beurrées, pour goûter encore un moment le temps révolu où la télévision française proposait des émissions pour la jeunesse à la fois distrayantes et instructives (Là, à ce niveau de cirage de pompes, je sens qu’il y a des boules de billards qui sont déjà luisantes comme des boules d’escalier).

On sent le bouquin écrit par un passionné, qui maîtrise sur le bout des doigts le sujet. Pas le livre écrit grâce au chat qu’a pété par un pseudo-spécialiste qui meuble les heures creuses de BFMTV, et qui peut avec la même virevoltante inculture crasse pondre six cent pages sur l’histoire de la culture des pastèques en Basse-Provence lors du grand schisme de 1204, pour déféquer trois mois plus tard un traité sur la mécanique ondulatoire parfaitement documenté et rigoureusement inexact.

Des anecdotes en veux-tu en voilà, de la description velue, de l’iconographie qui te replonge dans les glorieuses heures du TF1 en 819 lignes, et une plume à faire pâlir les prix littéraires.

Tout ce que vous n’osiez même pas demander sur la fameuse émission qui illumina au début des années quatre-vingt les programmes de la première chaîne, présentée par une icône télévisuelle, Claude Pierrard.

Au sortir de ce livre, vous saurez tout de la riche carrière de Claude, qui ne s’est pas limité à divertir les enfants en compagnie de deux lapins ! 

Chaque page tournée équivaut à un shoot de nostalgie, c’est copieux, trop copieux, presque, tant ça fourmille d’informations, à tel point qu’il faudra peut-être voir à ne délivrer le bouquin que sur ordonnance médicale, tant il est addictif ! Tous les dessins animés, toutes les séquences qui composaient l’émission sont là, passées au crible et détaillées avec un souci d’entomologiste télévisé.

Quel plaisir régressif de retrouver Mightor, les Quatre Fantastiques, Dare-Dare Motus, ou encore le Club des Cinq, avec dans ce dernier cas, une présentation smaragdine rappelant les contrées britanniques où se déroulaient les aventures du quintet !

Et quand vous pensiez tout savoir sur une des séquences, on vous en apprend encore ! Un portrait des intervenants, des anecdotes… Bref, tout, le reste, et plus encore !

Une somme de travail colossale, on sent bien les heures de travail, les litres de café ingurgités, la passion viscérale qui anime l’auteur, la documentation accumulée (et je puis en témoigner pour l’avoir constaté de mes propres mirettes), les recherches faites.

Bref, vous l’aurez compris, le livre est une réussite et je ne vous cacherai pas que je l’ai adoré ! Il est tellement bon de blottir dans ses souvenirs d’enfance, qui rejaillissent à chaque page, qu’il faudrait, c’est une proposition sérieuse, déclarer incontinent son auteur d’utilité publique !

Et je ne dis pas ça parce que c’est mon poto, le Nono !

Bon, après une telle couche de cirage triple épaisseur pour pas un rond, va pas falloir s’étonner si je dégomme tout ce qui bouge, ou si je sors le bidon de fiel concentré pour vitrioler à tout-va…

Et le 24 novembre 1979, Sheila atteignait la tête du Hit-parade français avec sa chanson « Spacer », sortie un mois auparavant. Ah oui, je sais, Sheila et numéro un, ça peut choquer les générations actuelles, mais il fut une époque où la petite fille de français moyen, reconvertie depuis pour la pub vivante pour les bâtonnets de poisson pané du Captain Iglo, vendait des disques… Eh oui, elle chantait en anglais avec beaucoup de dévotion et des shorts moulants…



vendredi 7 novembre 2025

Brèves du 07 Novembre 2025

 L’autre soir, comme j’avais du temps à perdre et besoin de me vider la tête, j’ai décidé tout de go de me plonger dans les œuvres complètes de Greta Thunberg. Le temps de chausser un moulebite adéquat et de déplier une serviette de bain, et plouf ! J’en suis ressorti avec une bosse au front, ça manquait de profondeur…

J’entends déjà vos fourches caudines s’affûter pour me larder tel un rôti de dindonneau du Père Dodu de vos critiques acrimonieuses, mais ne nous méprenons pas ! Si je devais agonir de reproches plus ou moins fondés toutes les dindes qui prennent la plume pour déblatérer sans style ni vocabulaire sur leurs ovaires anxieux, leur foufoune incendiée ou leurs considérations métaphysiques, la journée n’y suffirait pas !

Quoique, dans le cas de la Jeanne d’Arc version Temu des altermondialistes et autres bouffeurs de graines de chia, il ne serait que peu chrétien de tirer sur les ambulances… Ses derniers exploits à bord du grand bateau qu’on refoule immanquablement ont sérieusement écorné son image de gamine délurée qui ose dénoncer avec un air courroucé et un sourire aux abonnés absents. Surtout que s’appesantir démesurément sur le fait qu’elle ait récolté des punaises de lit dans son pajeot (qui se ressemble s’assemble) n’est pas précisément du genre à s’attirer la sympathie des foules.

Encore une qui est prête à partir secourir les populations opprimées, mais en yacht trois étoiles tous confort et room service inclus, sinon faut pas déconner !

Le désintérêt médiatique guette la suédoise, et il ne se passera pas longtemps avant qu’elle ne tente désespérément de faire reluire son aura pâlie en participant à toutes les émissions de merde de la téléréalité. Et si vraiment tout foire (ce qu’elle réussit à merveille), je vous fiche mon billet qu’elle se frottera aux éliminatoires suédois pour l’Eurovision, comme sa mère l’avait fait en son temps…

Pour se vider la tête, il existe évidemment nombre de solutions efficaces et nettement moins coûteuses. Echanger des opinions avec une vedette de la chanson, par exemple… Ou bien allumer son récepteur de télévision…

Et quelque soit la chaîne choisie, il y a fort à parier que vous tomberez nez à nez avec l’un des animateurs les plus introduits dans le milieu actuellement (même Beaugrand ne tient pas la cadence=, j’ai nommé Cyril Féraud. Autrefois, on devait se tartiner Jacques Martin tout le long du dimanche, aujourd’hui, on se farcit (si je puis dire) le blondinet tous les samedis soir ! Vous parlez d’un changement !

Son émission « 100% logique » n’est pas foncièrement irregardable, si l’on consent toutefois à faire abstraction du trio d’invités généralement insupportables et indisciplinés qui se sentent obligés d’en faire des caisses dans l’inculture et la bêtise crasses ; mais aussi du présentateur qui ne perd jamais une occasion de faire un hug à tous les beaux gosses du panel de candidats, histoire de s’en choper une demi-molle exploitable et de se ruiner un mouleburnes.

Vous l’auriez vu l’autre samedi en train de baver à en détremper le sol lorsque Gil Alma s’est désapé pour se retrouver en teeshirt plutôt moulant… Il lui jetait un regard qui appelait la bite dans toutes les langues…

Autre moyen peu coûteux de vous bercer immanquablement vers un état comateux à grand vitesse, les émissions politiques. Vous aurez probablement remarqué que nous vivons depuis quelques mois une période propice, politiquement parlant.

Le dernier mignon à Manu, Sébastien Lecornu, cet éjaculateur gouvernemental précoce qui saborde son gouvernement avant même qu’il ne soit composé, donne toute satisfaction aux journalistes politiques. On a été tellement surpris l’autre dimanche de devoir changer d’heure, parce généralement, on changeait plutôt de gouvernement…

Lecornu mérite tout notre soutien, ou à tout le moins notre pitié, parce qu’il soit se fader les colères de l’illuminé élyséen, totalement en roue libre depuis plusieurs mois, et qui goudronne à marche forcée l’autoroute vers l’Elysée pour le RN…

A peine nommé, Lecornu tergiverse un moment, histoire de faire tourner les alertes info des chaînes d’info continue, et paf ! Il plante sa démission en pleine matinale de France Inter, obligeant Demorand à faire des heures supplémentaires…

Et bien qu’ayant juré ses grands dieux qu’il ne l’y reprendrait pas, v’la t’y pas que Manu le recolle à Matignon ! Gouvernement Lecornu II, ou Gouvernement biscornu… Il aurait voulu chauffer à blanc Mélenchon et sa clique Lfienne de mononeuronaux qu’il ne s’y serait pas pris autrement…

Ah ! LFI ! Je serais chansonnier professionnel, je te leur collerais un procès pour concurrence déloyale à cette clique d’inutiles ! Entre Mathilde Panot qui aboie des insanités dès qu’elle ouvre son robinet à conneries, à un point tel qu’un sondage affirme qu’en cas de législatives anticipées, elle perdrait son siège dès le premier tour (ce qui ferait de la place pour deux députés normalement constitués), et Louis Boyard qui pique un caca nerveux parce que l’université de Béziers vient d’annuler sa conférence sur la précarité étudiante…

Outre le fait qu’il aurait mis les pieds dans un endroit totalement inconnu pour lui, Loulou aurait eu beau jeu de causer d’un sujet qu’il ignore intégralement…

Dernier coup d’éclat de nos insoumis, ils exigent la déprogrammation d’un concert d’Amir, Monsieur « Youhouhou », l’un des rares chanteurs français à avoir survécu artistiquement parlant à une participation à l’Eurovision. N’y aurait-il pas des choses plus urgentes, et utiles, accessoirement, à faire ?

La France est à la limite de l’apoplexie, le budget est en rade, et eux, tout ce qui les préoccupent, c’est de priver une poignée de pisseuses des mélopées roucoulophoniques d’Aminimir ? Belle mentalité…

Nos politocards sont décidément tombés bien bas, à l’instar d’Olivier Faure, qui se surpasse dans sa tâche, certes ingrate, de discréditer intégralement le Parti Socialiste, ou les ruines qui en subsiste, aux yeux des français. Le Parti Communiste avait eu en son temps Georges Marchais pour ce faire, les socialos ont Faure, qui rivalise de nullité, de couardise et de transparence.

C’est Marine et Jordan qui rigolent, tout bas…

Je n’aime pas être anticonfraternel avec les confrères, mais je suis contraint de relater la joute verbale qui a opposé Eric Dupont-Moretti et Christian Estrosi, à l’occasion d’une rencontre fortuite dans un restaurant niçois.

D’accord, Edm avait ouvert les hostilités en traitant Estrosi de courtisan permanent, qui avait répliqué en qualifiant l’ex-garde des sceaux d’intermittent du spectacle, ce à quoi l’autre répliquait que le maire de Nice n’était pas un intermittent de la connerie. Toujours dans la demi-mesure, Acquittator…

A peine plus nuancé, Raphaël Enthoven a pourtant été relaxé du délit d’injure pour avoir qualifié LFI de passionnément antisémite. Dans le cas présent, c’est tout au plus une constatation, et un secret de Polichinelle. Pas de réaction de la part de Mélenchon, pour le moment trop occupé à pleurnicher sur le sort de l’agresseur de l’île d’Oléron…

Et pendant ce temps, on ne parle plus de Nicolas Sarkozy… Pour l’instant, l’ex amateur de talonnettes et de chanteuses aphones est trop occupé à se refaire une Santé, en attendant l’audience de demande de remise en liberté. Ses avocats vont à tous les coups se servir de la jurisprudence Balkany, arguant lourdement de sa santé chancelante… Qui, par un miracle lourdesque, redeviendra étincelante une fois ses talonnettes déhors. Et si ça ne suffit pas, ils ont prévu de plaider qu’en cas de maintien en détention, Carla sortirait un triple album. Imparable !

On ne parle plus de Sarko, mais on parle de Kaamelott ! Beaucoup… Beaucoup trop, serais-je tenté de dire… A un point tel qu’on en a gros ! Alexandre Astier, bien qu’éminemment sympathique, nous a fait toutes les émissions possibles et imaginables pour assurer la promotion de son nouveau film, un délayage de la série qui fit sa gloire et les riches heures de la télé voilà près de vingt ans.

Promotion somme toute dispensable, puisque les aficionados de la série iront voir le film de toute façon, et que les réfractaires à l’épopée arthurienne s’en contrecognent le coquillard avec une patte de tripotanus enfarinée, préférant se beliner la mouflette avec le dernier numéro de Télérama…

L’omniprésence du clan Astier dans les médias était telle qu’à un moment, je me suis demandé si c’était pas lui qui avait manigancé le casse du Louvre pour booster la promo…

Le Louvre, ses richesses incomparables, sa sécurité moyenâgeuse, ses mots de passe à la mords-moi-le-nœud… Fallait oser, soyons honnêtes, pour coller en mot de passe « Louvre »… Et d’ici à ce qu’on retrouve les bijoux de la Couronne chez Raticha…

Et pour s’achever en beauté et dans les rideaux, un mot de la télévision aux quatre coins de l’hexagone. Une nouvelle bien réjouissante pour les fêtes de fin d’année, entre les émissions putassières tournées début octobre avec les guirlandes, la fausse neige et les vraies pétasses mononeuronales qui gloussent comme une dinde à la veille de Thanksgiving, et les bêtisiers tellement diffusés que même « La Folie des Grandeurs » ferait office de nouveauté épatante : Santa a été bombardée marraine du Téléthon 2025…

Pauvres gamins, ils ne méritaient pas ça, en sus de la mucoviscidose…

Et le 7 novembre 1957, la première Trabant ("satellite" en allemand) sort des usines de la RDA. Première automobile dotée d'une carrosserie en plastique (le Duroplast, matériau à base de fibre de coton), cette voiture robuste et familiale dotée d'un moteur à deux temps ne permet cependant pas de dépasser les 80 km/h pour une consommation de 5,5 l/100 km. Devant concurrencer les Coccinelle et 2CV de l’Ouest, et malgré une attente de douze ans avant livraison et un prix équivalent à deux ans de salaire d'un ouvrier est-allemand, la Trabi connaîtra une carrière honorable et sera un des symboles de la chute du mur de Berlin en 1989…



lundi 11 août 2025

Brèves du 11 Août 2025

 « Partir, partir
« On a toujours
« Un bateau dans le cœur
« Un avion qui s'envole
« Pour ailleurs
« Mais on n'est pas à l'heure… »

Ah ! les trémolos caprins de notre Julien Clerc national ! On a beau s’en gausser avec des ricanements d’hyène hystérique qui ressemblent à s’y méprendre à Beaugrand au moment où Ghislain lui balance sa purée sous pression en pleine tronche, ou avec des gloussements de dinde mononeuronale issus des plus belles cuvées de Miss France, ces bêlements chantés seront toujours plus agréables à l’oreille que les beuglements bovins d’une Lara Fabian en version mégaphone ou les couinements de sconse en chaleur de Christophe Maé…

Quoi qu’il en soit, cette appétence à partir est d’autant plus développée que la proximité des congés se fait douloureusement sentir… Et il faut bien se l’avouer, ce n’est plus une proximité mais carrément un encastrement version crash-test 38-tonnes contre Mini Austin dans la France du mois d’août…

La France du mois d’août, c’est plus que jamais la France des vacances malgré les porte-monnaie de plus en plus désespérément vides, des températures qui battent sans cesse des records, des bouchons (qui se forment sur les routes et qui sautent dans les apéros), des mémères en maillot de bain à fleurs fluo qui s’aspergent de Monoï et empestent à deux lieues à la ronde la fleur de tiaré périmée, des pépères en tongs et marcel qui schlinguent l’huile rance, le tabac froid et le slip pas frais ; c’est le royaume de la farniente avec quatre grammes dans chaque œil, l’empire du « j’en fous pas une rame » toute la sainte journée, le domaine des congés payés qui viennent se cultiver le mélanome à la Grande-Motte et des rafraîchissements à gogo…

Et le rafraîchissement d’aujourd’hui viendra d’un groupe bien oublié aujourd’hui mais qui en 1982 a fait danser les mémères adipeuses, les marcels franchouillards, les boutonneux aux slips volcaniquement actifs et les pisseuses à culotte mouillée et tampon OB gorgé : le groupe Elégance, et leur unique titre de gloire « Vacances, j’oublie tout »…

Et aujourd’hui, ça s’applique tout particulièrement… C’est en effet la dernière chronique avant une interruption aussi estivale que méritée, motivée par une énergie assez proche du bulot cuit abandonné sur un plateau de fruits de mer à côté de la mayonnaise tiédasse, une inspiration en baisse qu’on dirait la côte de popularité de Macron au meilleur de son second quinquennat, et un besoin de déconnecter tant le moral est survolté qu’on pourrait faire péter la centrale EDF en rejouant les Claude François d’opérette sur l’air de « J’ai mis les doigts dans la prise et récupéré la coiffure de Desireless »…

Bref ! J’ai besoin de vacances pour recharger les batteries… Rassurez-vous, je reviendrai vous voir bientôt, requinqué et toujours plein de conneries que je déverserai avec un malin plaisir, avec l’aide précieuse des futilités de l’actualité…

Mais pour l’instant… Stop !

« Stop, ja, stop, ja, stop, mens legen er go'… »

« Stop, oui, stop, oui stop, pendant que tout va bien… »

Cette ritournelle antédiluvienne déjà génératrice d’insistantes odeurs de naphtaline en 1966 lorsqu’elle fut présentée sous les couleurs danoises au Grand Prix Eurovision de la Chanson, je me la coltine dans les pavillons auditifs depuis ce matin, lorsque l’affreux mécanisme sonneur qui me tient lieu de radioréveil s’entêta à me tirer des bras de Morphée dans lesquels je m’étais voluptueusement lové et que je ne souhaitais quitter pour rien au monde.

Stop, oui, stop, nous susurrait Ulla Pia avec sa bouille de paysanne berrichonne pas trop dégourdie et sa choucroute surlaquée d’un mètre de hauteur en guise de coiffure. Et c’est un conseil que je serais des plus avisés de suivre.

Stop, pendant que tout va bien… Ou, dans tous les cas, pendant que tout ne va pas trop mal, et que le niveau des gugusseries chronicales n’a pas encore irrémédiablement atteint le dernier niveau du trente-sixième sous-sol de la platitude et du verbiage illisible.

Stop, je ferais mieux de dire stop avant que de vous infliger la chronique de trop, celle qui vous filera définitivement le cœur au bord des lèvres à force d’entêtement borné dans le banal, les cucuteries convenues et les poncifs antédiluviens.

Stop, je ferais mieux de dire stop avant de consumer mes dernières onces de crédibilité chronicale à vos yeux…

Stop, je ferais mieux de dire stop parce que là, je sens que j’atteins l’ultime sous-sol de la fatigue et que quelques jours d’arrêt ne feront que du bien à toutes et tous !

Et ce n’est pas la peine d’en rajouter, comme disait Maxwell, donc, pour éviter le principe des vases communicants, trop-plein d’un côté et pénurie de l’autre, un seul mot : stop !

Vite, vite, vite ! Une route vers les congés, vers le repos, vers la détente, vers le vidage de cervelet de toutes les mesquineries, les coups de pute des confrères, les clients cas soc’ puants et débiles, les DàM (célèbres dossiers à merde) qui vous font douter de votre profession de foi professionnelle, les urgences pourraves qu’il faut traiter en ultra-priorité parce que la date-limite-de-recours-est-avant-hier-et-que-ce-connard-de-client-à-l’AJ-s’en-aperçoit-maintenant-et-qu’il-a-téléphoné-douze-fois-depuis-hier…

Interrompons ces bavasseries plus ou moins quotidiennes dont je pollue à intervalles plus ou moins réguliers, avec la ponctualité quasi-suisse d’une tocante de Prisunic après une rencontre avec un marteau-pilon, vos murs facebookiens et vos boites mails, prenons de la distance de la chose fesse-de-bouquienne, mettons les emmerdements sous cloche hermétique, les fâcheux sous containers scellés à destination des antipodes par courrier lent et port dû, le cortex au point-mort et les doigts de pied en éventail !

Voici donc le moment de vous dire au-revoir pour quelques jours, le temps de piquer, je l’espère, des roupillons d’anthologie, de retrouver un rythme de vie quasiment normal, de se ressourcer en famille au calme, au frais, et loin de tout ce merdier médiatico-géopolitique qui fait de plus en plus peur…

Et le 11 août 1949 naissait Olivier De Funès, fils de… et acteur occasionnel dans les films de papa, avant de prendre son envol en tant que pilote de ligne… Et quoi de mieux qu’un pilote de ligne pour s’envoler vers les vacances…

Aussi prendrais-je également congé en vous souhaitant de glisser goulûment dans la grâce des vacances, ces moments aériens et en apesanteur de liberté, de tranquillité, de bonheur… Profitez de l’été, profitez de la vie, soyez heureux ! Excellentes vacances à toutes et tous, à très vite de vous revoir et relire, big smacks bien baveux à qui en fait la demande et surtout… carpe diem !