lundi 1 août 2022

Brèves du 1er Août 2022

On a coutume de dire qu’on reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait en nous quittant. On devrait pouvoir en dire autant de l’enfance… Et nous avons été tellement nombreux en ce chaud dimanche de juillet à entendre cet affreux tintamarre que les ORL devraient être submergés de rendez-vous dans les jours qui viennent.

 

Christophe Izard est mort. La nouvelle est brutale pour tous les quadragénaires finissants de France, tant ce nom a bercé leurs jeunes années, et évoque des souvenirs ouatés des années d’insouciance où ils se délectaient de ses émissions pour la jeunesse.

 

Christophe Izard a été le pape des émissions pour la jeunesse dans les années soixante-dix et quatre-vingt, créant des programmes mythiques dont la seule évocation rappelle dans nos mémoires collectives d’indicibles souvenirs.

 

Le souvenir des goûters de BN ou de tartines beurrées saupoudrées de Benco, religieusement assis devant le téléviseur du salon. Le souvenir des devoirs expédiés pour ne pas rater le début des émissions pour les jeunes sur TF1 819 lignes, encore en noir et blanc. Le souvenir d’un monstre gentil, accompagnés de ses amis dans un décor qui nous envoyait incontinent dans un pays joyeux où c’était tous les jours le printemps…

 

Je me souviens du Philips familial où défilait le générique animé d’Anne Hofer, avec l’indicatif musical inoubliable… Je me souviens des bêtises du casimirus orangé qui faisaient bouillir tous les habitants de l’île… Je me souviens des ballons de François, des robes fleuries de Julie, de la pompe ridicule de Monsieur du Snob, des immenses lunettes d’Edmée Futaie…

 

Je me souviens de L’île aux enfants, évidemment, pierre angulaire parmi d’autres de mes souvenirs d’enfant… Mais je me souviens aussi des très nombreuses autres émissions créées avec un égal bonheur et une égale réussite par Christophe Izard.

 

Et nul doute que vous vous en souviendrez aussi : Les Visiteurs du Mercredi, Les Visiteurs de Noël, Mer-cre-dis-moi tout, Les pieds au mur, Le Village dans les nuages, Salut les Mickey !…

 

Aujourd’hui, Casimir, Hippolyte, Léonard sont en deuil, avec tant d’autres personnages issus de son cerveau fécond… Et tous les enfants des années 70 ont aujourd’hui une pensée émue pour la mémoire de leur papa télévisuel, qui a désormais rejoint pour l’éternité son village dans les nuages, si ce n’est son île paradisiaque… Nous pourrons toujours le retrouver, chaque nuit, dans nos rêves…

 

Un part supplémentaire d’enfance a dû également s’enfuir chez tous ceux qui s’étaient à l’époque délectés des aventures intergalactiques de l’USS Enterprise. Le vaisseau star de la série Star Trek compte désormais une nouvelle défection, celle du Lieutenant Uhura, interprété par Nichelle Nicolls, qui s’est éteinte à l’âge de 89 ans.

 

Il n’y a bien que ça qui s’éteint en ce moment, tant les incendies débutent d’une manière plus que suspecte un peu partout dans le Sud de la France… Les personnes qui ont le feu au cul sont instamment priées de recourir au traitement « Rika Zaraï », lequel consiste à se tremper le fondement dans une bassine d’eau froide, avant de s’asseoir dans la garrigue…

 

Les gigantesques incendies de Gironde laisseront hélas des traces visibles pendant des dizaines d’années… Et pour se remémorer des lieux dans leur configuration antérieure, et notamment le Camping des Flots Bleus, il faudra se fader l’imbitable « Camping » et son lamentable Franck Dubosc en moulebite bleu… A quoi tient la mémoire collective…

 

Question mémoire collective, je vous propose un petit karaoké, avec une chanson qui a marqué son époque :

 

« Cuit, cuit, cuit, cuit,

« Nous ferons un tour de broche

« Autour d’un gros mât joli,

« Oui, oui, oui, oui

« Nous n’aurons plus pour amis,

« Que la brise saharienne

« Et le soleil qui rôtit

« Cuit, cuit, cuit, cuit… »

 

Eh oui, je vous propose cette brûlante adaptation sur une chanson d’André Popp et Pierre Cour, médaille de bronze au Concours Eurovision de la Chanson Européenne 1959, « Oui, oui, oui, oui ».

 

Vous qui aimez coller à l’actualité, nul doute que vous collez littéralement à vos tee-shirts et autre chemisettes aujourd’hui dans une grande moitié sud de la France. Vous qui vous faites railler parce que vous détrempez les sous-vêtements quand la température grimpe, vous avez sans doute une lingerie fine intégralement mouillée. Vous qui suez à grosses gouttes dès qu’on dépasse dix-huit degrés (le seuil de canicule en Bretagne), vous êtes sans exception possible tout en eau, avec la raie du cul qui fait chêneau…

 

Le mercure s’est payé une jolie fièvre aujourd’hui sur l’arc méditerranéen, avec des pointes vers des températures qui pulvérisent les anciens records datant de la canicule de 2003, grande bienfaitrice des pompes funèbres qui avaient pu travailler à tombeau ouvert…

 

Et les péronnelles enfarinées de la météo qui prennent des voix d’attardées mentales parlant à des quadrisomiques déficients pour nous annoncer qu’il va faire chaud, et qu’il faut penser à boire… Connasses ! On s’en aperçoit parfaitement que le mercure joue les acrobates ! Et quand vous dites qu’il faut boire, précisez de la flotte, parce que vous avez toujours des piliers du bar du Commerce qui vont écluser binouze sur binouze pour s’hydrater.

 

Parce que les conseils serinés avec la régularité d’un coucou suisse par les ondes de la radiodiffusion nationale et les mises en garde apocalyptiques des chaînes d’info continue, ça commence à nous faire suer sec, hein !

 

Ils me font bouillir avec leurs conseils à la mords-moi-le-nœud ! Attention canicule, boivez du liquide, restez chez vous au frais, évitez de courir le marathon en combinaison de ski en plein soleil, et prenez des nouvelles des personnes vulnérables…

 

Déjà que ça nous emm… prodigieusement de téléphoner à tante Marthe en temps normal, alors lui bigophoner pour savoir si elle va bien… Elle qui monte les cinq étages sans s’essouffler malgré les bougies sur le gâteau…

 

Et si on laissait les français penser par eux-mêmes, si on cessait de les déresponsabiliser vitesse grand V et si nos concitoyens assumaient leurs décisions ? En 1976, l’avant-avant-dernière grande canicule, on n’a pas tiré à boulets rouges sur Giscard et sa clique parce qu’ils ne nous avaient pas donné de conseils…

 

Oui, mais ça c’était le monde d’avant, un monde où l’on ne nous servait pas tout sur un plateau et où l’on nous laisser nous démerder un petit peu par nous-mêmes…

 

Voila, qu’on nous lâche la grappe un moment avec cette déresponsabilisation à outrance… Qu’on nous laisse en paix essayer de nous ressourcer et tenter d’oublier ces incessants flots d’infos tout aussi inutiles que parfaitement futiles…

 

On s’en cogne que Macron et son ptérodactyle lifté soient arrivés à Brégançon pour des vacances studieuses (joli pléonasme) de trois semaines… Autant dire carrément que Brigitte va faire trois semaines de caisson réfrigéré pour tenter de sauver le dernier massacre chirurgical qui l’a encore plus ressembler à la grand-mère de la Planète des Singes… Et que le Manu a déployé son radar à tarlouzes pour casser du fion à couilles rabattues…

 

On s’en cogne que toutes les influenchieuses de la toile nous pondent quarante-huit selfies par heure pour profiter de leurs destinations estivales genre « trop dépaysant limite Rendez-vous en terre inconnue »… Qu’elles prennent un selfie dans une bibliothèque et elles seront réellement en terre inconnue…

 

On s’en cogne des présentateurs blondinets qui nous mitraillent de selfies avantageux, le teint hâlé et le brushing impeccable, comme s’ils venaient de se prendre une faciale d’un garçon-coiffeur de chez Carita…

 

On veut un été déconnecté… Pour qu’on puisse partager notre déconnection sur Touitteur, Fesse-de-Bouc et Insta-gramme…

 

Et le premier août 1996 s’envolait vers d’autres cieux Frida Boccara, chanteuse française dont le répertoire un peu poussiéreux ne lui a pas permis de faire la carrière qu’elle méritait. Avec le très poétique « Un jour, un enfant », elle permit à la France de remporter le Grand Prix Eurovision 1969, à égalité avec trois autres candidates. A force de dessiner la forme d’une étoile, l’enfant de Frida a certainement dû trouver le chemin des grands qui ont gardé un regard émerveillé pour les fruits de chaque jour… Même si ces fruits ont parfois un goût de rance quand l’enfance s’enfuit… 

 


 

vendredi 22 juillet 2022

Brèves du 22 Juillet 2022

 

« Faut vous dire que chez ces gens-là Monsieur,

« On ne pardonne pas Monsieur, on ne pardonne pas…

« On tique… »

 

On tique parce qu’une vieille peau racornie, bardée d’antédiluviens principes issus d’un autre âge, et faisant montre d’une morale parfaitement ringarde, a l’impudeur de décrire par ces termes-là la communauté de casse-culs et de broute-minous.

 

Cette communauté bigarrée d’amateurs de sauciflard et de moules plus ou moins défraîchies où l’on tique parce que cette personne n’est pas exécutée en place publique séance tenante, n’est pas clouée au pilori, voire n’est pas démissionnée en moins de temps qu’il n’en faut à Jeanfi Jeanssens pour se filer à genoux et turluter un loufiat dans un vol international.

 

On tique parce que ce vestige de femme possède des convictions différentes d’une majorité de personnes, majorité supposée ou avérée…

 

On tique et on clique, on touitte à tire-larigot… C’est facile de vouloir tirer la couverture à soi et de réclamer la démission de cette dame bien au chaud derrière son écran de téléphone portable ; mais il convient de rappeler que l’on est encore en démocratie et qu’il est toujours légitime de pouvoir penser ce que l’on veut, et de dire ce qu’on veut sans être directement offensant ou injurieux.

 

Et le plus objectivement possible, qualifier la communauté de casse-culs et broute-minous de « ces gens-là » n’apparaît guère plus insultant que si on disait de Valérie Damidot que « c’est une grosse pouffe vulgaire et dénuée de tout sens artistique ou décoratif », ou si l’on persiflait que Jul devrait être sponsorisé par l’Internationale des stations d’épuration tant ses albums font ton sur ton avec l’activité de ladite Internationale.

 

Je le répète, nous sommes toujours en démocratie avec une liberté de pensée et de parole toujours vivace. Il est normal que toutes les opinions s’expriment ; fussent-elles des points de vue dérangeants, qui ne vont pas forcément dans le sens commun largement admis, et qui soient différents de la masse.

 

Je trouve particulièrement regrettable que la communauté de ces gens-là aient inconsidérément pris la mouche, on se demande d’ailleurs bien pourquoi.

 

Je trouve assez illogique que dans le même temps de raisonnement, cette communauté vienne clamer haut et fort cette discrimination parfaitement inacceptable alors que, une à deux fois par an, ces mêmes personnes vont, une plume dans le cul, avec des strings moulebite en lamé fluo et débardeurs assortis, défiler au son de musiques faites à la presse hydraulique et sponsorisées plein tube par Aya Nakamura, maquillées comme des camions volés, pour clamer haut et fort que oui ils sont totalement différents de la masse mais doivent être traités absolument à l’identique des autres personnes, au sein desquelles on retrouve au moins autant de différences.

 

Et puis, faut bien avouer que c’est tellement plus agréable de pouvoir hurler à l’envi sur une vieille conne, stupide à bouffer de la bite par paquets de douze, quoiqu’elle n’ait pas dû en voir depuis un certain temps, plutôt que de parler de choses importantes, inquiétantes et qui posent réellement question…

 

Par exemple les problèmes en Ukraine. Depuis que ce pays a remporté l’Eurovision, on n’en parle absolument plus à la télévision, à croire que tout le monde va bien, que Vlad’ et Volod’ font ami-ami sur les ruines du Donbass, et que c’est la paix qui se profile à l’horizon.

 

On ne parle plus du tout des agressions sexuelles dénoncées par tombereaux entiers à l’encontre de personnalités dès lors qu’elles accèdent à une infime parcelle de responsabilités publiques. On fait table rase des violences faites aux femmes et aux enfants. Exit les féminicides !

 

Plus rien ne se passe en France, tout va très bien Madame la Marquise !

 

On se focalise sur Madame Cayeux parce qu’elle a maladroitement déclaré qu’elle avait des amis parmi ces gens-là. Elle devait dire quoi, et comment ? Qu’elle avait des potes parmi cette confrérie de tapettes, ce regroupement de tantouzes, cet amas de dévoyés pompeur de cannellonis à béchamel ? Au moins leur confère-t-elle la qualité de personnes… Alors que tant d’êtres plus ou moins fréquentables vont sans gêne jusqu’à leur renier cette qualification, et souhaiter leur extermination a minima dans des chambres à gaz, mais c’est évidemment un détail de l’histoire…

 

Mais il faut faire une grosse polémique bien stérile là-dessus alors qu’il y a la moitié de la Gironde qui brûle, mais ça n’est pas gênant, ça, puisque ces gigantesques incendies ne sont pas du fait de Madame Cayeux, une Carthage moderne qu’il faut absolument détruire, comme disait Caton le vioque…

 

Décidément, chers amis homosexuels, vous avez des oreilles beaucoup plus délicates et sensibles que votre arrière-train… On peut vous pilonner le fion avec des godes de trente-cinq centimètres et une poignée de gravier que vous grimperez aux rideaux de plaisir extatique avec des hurlements de hyène hystériques qui réveilleront tout le quartier… Mais si l’on prononce une formule qui n’a pas l’heur de chatouiller agréablement vos oreilles, vous ululez comme si on vous pelait la peau des coucougnettes avec une économe mal aiguisé…

 

C’est que désormais, il convient d’être des plus précautionneux lorsqu’il s’agit de s’exprimer en public ! Nous avons pénétré voici quelques décennies dans un univers de politiquement correct désespérément frileux, où les techniciennes de surface ont remplacé les femmes de ménage, les vieux sont devenus des séniors, les nains se sont métamorphosés en personnes à la verticalité contrariée, et où les cons incultes sont devenus des influenceurs…

 

Ouh ! les vilains mots qu’on avait l’habitude d’employer pour désigner des choses, des situations ou des personnes, d’une manière descriptive et simple ! Il faut incessamment les remplacer par des périphrases alambiquées voir parfaitement incompréhensibles ou intégralement ridicules…

 

Si nos politocards se sont rendus maîtres dans cet art oratoire, il ne faut pas dénier à certains journalistes qui s’amusent à faire de la politique à grands coups de green-whasing et de véganisme intégriste un certain panache…

 

Aymeric Caron, toujours aussi insupportable avec sa mèche poivre et sel de bobo de gauche (pléonasme), et dans les yeux duquel on lit à tout instant une haine farouche et inextinguible à l’encontre de toute microparticule de côtelette, invite, afin de complaire à Notre Drame de Paris, à ne plus parler durant vos vacances estivales de moustiques mais de surmoucherons…

 

Elle, elle n’avait pas sa langue dans sa poche, avec sa voix rocailleuse modelée à la cigarette et aux alcools forts. La chanteuse Dani nous a quitté cette semaine à l’âge de 77 ans, nous laissant pour nous consoler des chansons inoubliables telles que « Papa vient d’épouser la bonne » ou « Cette histoire commence ». Mais il faut également se souvenir qu’elle doit une certaine renaissance artistique grâce à son duo avec Etienne Daho sur « Comme un boomerang », chanson resté inédite à sa création en 1975 suite à son rejet par TF1 de la voir représenter la France à l’Eurovision.

 

Car Dani, qui devait chanter sous les couleurs françaises l’année précédente la chanson « La vie à 25 ans », ne se déplaça jamais au Royaume-Uni puisque le Concours se déroulait le jour des obsèques nationales du Président Pompidou. Dani préparait un nouvel album sous le titre « Attention départ ». Ben voila, c’est fait !

 

On n’y croyait plus, et pourtant c’est fait aussi ! Un français a remporté une étape du Tour de France ! Il était temps, l’arrivé étant jugée ce dimanche sur les Champs Elysées… Christophe Laporte a donc évité de se la prendre dans la tronche pour passer victorieux la ligne d’arrivée…

 

Et le 22 juillet 1979, Bernard Hinault, surnommé le Blaireau, remporte son deuxième Tour de France consécutif. Evidemment à l’eau claire et aux biscottes sans sel… Ben oui, ça marche comme ça, chez ce gens-là…