Romy, Annie, Philippe, Bernard, ne
revenez surtout pas, ils sont devenus cons !
Vous qui, chacun à votre manière,
illustriez la classe, la distinction, le charme et la finesse d’un cinéma
hexagonal lui aussi défunt ; ne vous hasardez en aucune manière à jeter un
œil, fût-il distrait et furtif, sur la Cérémonie des Césars de vendredi
dernier… Vous risqueriez d’en mourir de honte !
Vous, Romy, qui étiez toujours
resplendissante malgré vos drames intimes, dans des toilettes classieuses…
Vous, Annie, tellement bouleversante de vérité sur la scène avec votre
statuette dans les bras et vos larmes coulant sur vos joues… Vous, Philippe,
toujours si distingué avec ce charme anglais et cette dérision à fleur de mots…
Vous, Bernard, si émouvant dans ce smoking trois fois trop grand à quelques
encablures de votre grand départ…
Quel amer constat de voir défiler sur
la scène des racailles mal dégrossies glorifiant la délinquance, et des
actrices vulgaires s’exhibant dans leur nudité originelle, souillées de
peinture rouge et des tampons hygiéniques usagés aux oreilles, venant éructer
le malaise du milieu du cinéma…
Oh bien sûr, il ne fallait pas
s’attendre à quelque chose de distingué de la part du Capitaine Marleau… Mais
de là à s’imaginer un tel déballage de décadence… Oui, le monde du cinéma dans
sa globalité souffre, à la frontière de l’agonie financière… Oui, les
responsables politiques semblent se soucier comme d’une guigne de la situation
actuelle…
Mais soyons clairs ! Ce ne sont
pas précisément celles et ceux qui sont venus s’avilir en mettant en scène
cette grand-guignolesque prestation d’un vulgaire achevé qui sont en train de
crever la bouche ouverte, faute d’heures suffisantes pour prétendre au statut
d’intermittents du spectacle !
Elle est facile, l’indignation sur
commande quand on a le confort d’un statut d’actrice établie, et qui sait
qu’elle pourra manger et payer les factures le mois prochain ! Elle est
aisée, la compassion surjouée sous prétexte de corporatisme !
On pouvait faire tout aussi bien passer
le message à qui de droit sans offrir aux téléspectateurs ce spectacle
déplorable et dégoûtant… Encore eût-il fallu pour cela avoir de l’esprit, du
métier, de l’imagination et des lettres, autres que celles qui composent votre
nom.. Désolé, mais vous n’étiez vendredi soir que de pénibles orchidoclastes…
Pour venir en aide à la plante verte
qui faisait office de maîtresse de cérémonie avec son plat de nouilles jaunâtre
en guise de coiffure et sa tenue sur-mesure qui aurait pu faire manger une
jolie pognée d’intermittents mais qui ressemblait tout juste à une serpillière
scintillante sur un échalas sans classe, les orchidoclastes sont des
casse-couilles…
Romy, Annie, Philippe, Bernard, surtout
ne revenez pas, ce serait donner de l’ambroisie à des gorets…
Toujours dans le domaine du bon goût et
de la distinction, je ne sais pas si vous avez suivi samedi la finale du
Melodifestivalen, l’émission de sélection suédoise pour l’Eurovision, mais ça
valait amplement son pesant de moutarde made in Ikéa…
Outre les moyens techniques mis à la
disposition des candidats, la qualité et le professionnalisme de ce show,
véritable institution au pays d’ABBA, qui enregistre des scores d’audience
avoisinant les 70%, mettent en lumière le fossé existant avec les autres sélections
nationales… Ce serait presque un pêché excommunicatif que de mettre dans la
balance le Melodifestivalen et notre propre sélection, qui fait figure de vague
télécrochet de Radio-Tirana en 1960…
Question chansons, c’était assez moyen
et c’est une chanson plutôt convenue qui a remporté la timbale, après un défilé
de costumes plutôt croquignolet… Nous eûmes droit à un minet en costume
sponsorisé par Milka, une gueularde attifée comme les Frères Pinceau irlandais
en 2012, un trio de Peters Sisters gonflées à l’hélium dans des tenues dorées
peu flatteuses de leurs bourrelets pléthoriques, une ancienne gagnante
eurovisuelle encore plus tirée que Madonna, un quatuor décongelé pour
l’occasion à l’instar de leur chanson et un ancien candidat qui se voyait bien
refaire un tour de manège avec son pull Phildar Mailles et ses convulsions
d’hystérique en crise en guise de chorégraphie…
Et ce lundi, dernière salve de
présentations de chansons, avec la candidate azérie, redoublante de 2020 qui
après la glorification de Cléopâtre remet le couvert avec une célèbre espionne,
déjà célébrée à l’Eurovision, « Mata Hari »… Désolé, mais la seule et
unique « Mata Hari » est la cultissime antienne norvégienne de 1976…
Autre redoublante de 2020, la candidate
maltaise, toujours aussi replète et vocalisant à pleins poumons (faut dire
qu’elle a de la place) un truc qui électrise les hordes de fans avec un titre
français d’une classe irremplaçable : « Je me casse »… Si elle
se casse, je plains celui va ramasser les morceaux… « Je me casse » ?
Ben on ne te retient pas…
On ne retient d’ailleurs plus les
andouilles de tout crin, toujours prompts à critiquer tout et n’importe quoi,
et à vouer aux Gémonies modernes les plus insignifiantes chansonnettes… Après
la curée sur les dessins animés qui ont égayé notre enfance, et qui sont
désormais regardés comme d’infâmes brûlots remplis d’interprétations foireuses,
les chansons guillerettes passent maintenant à la moulinette de la
bien-penseance actuelle.
La chansonnette insouciante « Cho
ka ka o », interprétée par Annie Cordy, se voit accusée de racisme envers
les personnes à la pigmentation débridée… A ce rythme-là, on va sous peu
interdire « Idées noires » de Bernard Lavilliers, brûler la partition
originale de « Armstrong » de Nougaro et clouer au pilori Joëlle
Ursull et son « White and black blues »…
Tant qu’à faire, bannissons « Non
ho l’eta », ode eurovisuelle aux amours entre mineurs, censurons
« L’amour avec toi » de Polnareff, honteux fornicateur lubrique, de
concert avec « Je suis un homme », à la gloire de la masculinité
triomphante, caviardons allègrement « Babacar », hymne à la traite
des orphelins, et expurgeons la quasi-totalité de la discographie de Julio
Iglesias, diabolique chantre de la femme-objet…
Bref, il ne nous restera bientôt plus
que les couinements d’Aya Nakamura et les bêtasseries espagnolisantes de Kendji
Girac… Autant se flinguer dès à présent les tympans au tisonnier chauffé à
blanc plutôt que de les laisser inconsidérément saigner à l’écoute de ces
nouveaux Aconcaguas de la prétendue culture…
Par pitié ! Dites-moi que je rêve,
confirmez-moi que je cauchemarde, assurez-moi que je vais me réveiller dans un
monde où la connerie humaine n’a pas encore atteint de tels himalayas… Je
redoute (à Roubaix) votre réponse…
Elle, elle les préfère montés comme des
ânes… Vous aurez évidemment reconnu entre mille salopes qui pensent avec leur
arrière-train et agissent à genoux avec leur bouche, la plus vide d’entre-elles
bien que la plus gonflée et la plus remplie : Nabila.
La shampouineuse téléphoniste qui
visait très haut, pas moins que le Prix Nobel de littérature, avec son second
bouquin, toujours livré avec les crayons de couleur et les pochoirs pour éviter
de dépasser en coloriant, « Trop vite » mais qui avait fait un carton (un
carton d’invendus visiblement) ; est de retour sur la toile… Pas pour dire
comme dans son dernier bouquin que Thomas balance la béchamel avant que le four
à lasagnes de madame ne soit rendu à bonne température, ou parce qu’ils l’ont
démoulée avant séchage complet tant il est vrai qu’on voit qu’il lui manque un
bon quart d’heure de cuisson, non ! Pour nous faire profiter de sa séance
d’épilation définitive du maillot… Encore un truc au poil…
Et le 16 mars 1831, Victor Hugo faisait
paraître un de ses chefs-d’œuvre, « Notre Dame de Paris », qui
risquerait aujourd’hui la foudre des censeurs de tous poils, tant Esméralda
fait figure de tentatrice fatale à l’encontre de Frollo, qui n’est pas clair
non plus, exploitant rudement Quasimodo, caricature inadmissible des bossus,
borgnes et boiteux… De quoi le renommer « Notre Drame de Paris », en
hommage à Anne Hidalgo…
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