mardi 23 avril 2024

Brèves du 23 Avril 2024

- Ah là là là… Ma pauvre M’âme Jeanssen… Si c’est pas malheureux de voir ça tout de même ! Y’a plus de saisons, avec le temps qu’ils font ! Devoir encore éclairer le Mirus en plein mois d’avril alors qu’avant, du temps de mon pauvre Marcel, on était déjà en bras de chemise à pareille époque ! Ça c’est sûr, c’est la faute à tout ce que c’est qu’ils nous envoient dans la lune, comme disait Jacques Chazot…

- M’en parlez pas, M’âme Sauzède ! Si ça continue, ça finira pas ! Et en plus, c’te greluche de Tatiana Silva qui nous brait dans le poste que c’est la faute au réchauffement climatique à chaque bulletin météo… C’te grue ! Y’a ben qu’à la tévé que ça chauffe…

Eh non, ma pauvre M’âme Jeanssen, il n’y a pas qu’à la « tévé » (voire dans le slip de la dite Tatiana) que ça chauffe… Ça chauffe partout en ce moment ; dans la rue, sur nos factures, dans nos caddies…

Ça chauffe même à Biscarosse, sur les aires réservées aux gens du voyage, plaisante périphrase pour désigner les emplacements où la Gitanerie élit domicile douze mois par an, puisque ça tire dans tous les sens et à toute heure.

Evidemment, dès qu’on parle de tirer, Guy-Louis a pointé son nez, et le reste, et m’a même régalé d’un petit pastiche de sa composition. Accrochez-vous à vos chaussettes, c’est du lourd :

« Toi, toi, la grosse espagnole,
« Aussi gourde qu’une girolle,
« Quand tu veux tirer un coup
« Tu ne prends même pas le bon bout… »

Eh oui, Kendji Girac, la gitane sans filtre qui se tripote la guitare sans relâche et qui est prêt à tout pour tirer un coup, s’est pris une bastos aux premières heures de l’aube. Ce qui ne lui fera qu’un deuxième trou de balle…

Les circonstances du ball-trap gitan sont encore ténébreuses, et même si une enquête pour tentative d’homicide volontaire a été ouverte, il semble que l’andalouse ait donné aux pompiers venus le secourir une explication : il se serait blessé en manipulant une arme qu’il venait d’acheter sur un marché aux puces du coin.

Ben voyons ! C’est au moins aussi crédible que les déclarations larmoyantes des Balkany affirmant qu’ils crèvent la dalle dans leur manoir de Levallois-Perret…

C’est bien connu, on fait acquisition d’un crucifix à ressort dans une brocante miteuse, on fourbit le brûle-parfums à quatre heures du matin parce qu’on a que ça à foutre, et on décharge sur le buffet aussi vite qu’un vieux militaire en retraite devant un film de boules moldo-slovaque… D’accord, Kendji est habitué à brailler des fadaises sans nom à des pucelles pré-pubères qui se détrempent le slip, mais faudrait pas voir à nous prendre intégralement pour des billes… Y’a des intellectuels dans le lot ! Des membrés du cortex qui écoutent Aya Nakamura sans se défoncer les tympans au tisonnier chauffé à blanc !

D’ailleurs, on est bien d’accord qu’Aya c’est de la merde, alors que Kendji, c’est de la balle…

Tentant de se dédouaner, l’humoriste-danseur Cartouche a juré qu’il n’avait pas touché la gitane… Donc quand ce dernier parlait de prendre une cartouche, c’était donc du tabac…

Et certainement qu’il se trouvera un micro secourable pour permettre à Murielle Bolle (vu les dimensions, c’est désormais Murielle Boulle) de nous déclarer avec toute la force de conviction de ses 12 de QI que « Kendji, lé innocent »…

Souhaitons tout de même un prompt et complet rétablissement à la couineuse d’espagnolades à bas coût, et prions pour que son concert de retour se fasse à Bâle (réelle)…

De nombreux artistes ont d’ores et déjà répondu présents pour ce concert qui fera parle la poudre (et pas seulement celle chère à Pierre Palmade) : Marc Lavoine, avec qui Kendji partagera une reprise : « Elle a les yeux revolver » ; Sheila, qui lui offrira une pétante reprise de « Bang, bang » et Daniel Guichard qui nous chantera « Le gitan »…

En attendant, pour financer la convalescence de Kendji, on pourrait mettre aux enchères sa caravane. Un modèle de luxe en état quasi-neuf, juste quelques traces d’impacts, mais trois fois rien…

Bon, allez, arrêtons les blagues à deux balles sur Kendji, ça plombe l’ambiance et la poitrine…

Ça chauffe aussi dans la rue, où l’on se lynche affectueusement entre écoliers ou collégiens, juste pour se marrer un coup. Et notre Premier Ministre en culottes courtes qui sort les rames pour essayer de donner le change et de faire croire que le Gouvernement maîtrise la situation. Il est à deux doigts de nous ressusciter les maisons de correction, notre Gaby national… Si seulement ça pouvait servir à quelque chose…

Ça chauffe aussi, semble-t-il au Proche-Orient où les dernières amabilités entre l’Iran et Israël nous font craindre, à plus ou moins brève échéance, un chaos qui ne demandera qu’à devenir mondial, si l’entêtement belliciste ne se calme pas…

Ça continue à chauffer sévère dans nos caddies, et chaque passage en caisse oblige à péter le PEL pour se payer deux paquets de pâtes et un rogaton de jambon polyphosphaté. Mais Bruno Le Maire, le Ministre de nos sous, affirme sans rire que l’inflation progresse moins vite. Lâchez-le dans un supermarché avec le salire d’un français moyen, on verra s’il fait toujours autant le mariole, l’amateur d’œil de bronze gonflé…

Ça devrait commencer à chauffer dans le microcosme politique où les sondages en vue des élections européennes prédisent une victoire massive de l’extrême-droite, Jordan Bardella ne débandant plus depuis ces prédictions de votes et devant chausser un moulebite en titane pour rester présentable en public.

Rien à espérer du côté du cimetière des éléphants, Olivier Faure étant comme toujours aux abonnés absents devant les reliques de la gauche française ; et guère mieux de l’autre coté de l’échiquier politique, Emmanuel Macron apportant tout son soutien, de manière éhontée, à la candidate de la droite, le plus sur moyen de se prendre une déculottée mémorable dans les urnes.

Et du côté des LFI, c’est carrément le Barnum généralisé. Entre Mélenchon 1er qui ulule à la République Bananière (république dont il adorerait être Président, soit-dit en passant) parce qu’on lui sucre une conférence et qui se prend pour le Calife à la place du Calife, et Panot ,la nouvelle égérie d’Olida, qui se voit convoquée par la Police pour apologie du terrorisme suite au controversé communiqué du parti sur les évènements du 07 octobre…

Ça chauffe aussi du côté du comité d’organisation des Jeux Olympiques, puisqu’à moins de cent jours du début des festivités, on continue à nager dans l’impréparation la plus complète. Faute de faire trempette dans la Seine pour les épreuves de natation en eau libre (sauf si les participants souhaitent ressembler dans la foulée aux hibakushas d’Hiroshima), on nous fait miroiter un plan B, voire un plan C… D’ici à ce qu’ils nous fassent tout l’alphabet pour tenter de sauver la face et éviter que tout cela ne finisse en plan Q…

Ça commence à chauffer aussi en Suède où le Concours Eurovision de la Chanson 2024 inaugure la phase des répétitions des différents titres qui s’affronteront dans ce jamboree de la canzonetta moisie d’ici peu.

Et dire que dans moins de deux semaines, nous pourrons nous adonner sans retenue et sans complexes au péché mignon de la gourmandise musicale… On gâte nos oreilles jusqu’à la putréfaction intégrale, dites donc !

Eh oui, le Concours Eurovision 2024 pointe son nez à grands pas, et s’annoncent trois soirées remplies d’ersatz musicaux rances, de bluettes mièvres, de couineuses à nichons, de tapettes pur sucre, de chorégraphies osées et de performances vocales qui doivent plus à l’orgasme puissance sept et au décollage d’un Airbus A 380 qu’à la roucoulance murmurée d’un enroué chronique… Tout un microcosme chantant et dansant qui met invariablement en transe les eurofans…

Les eurofans, qui commencent à cartonner leurs strings fluo à l’idée de s’envoyer près d’une quarantaine de chansons inédites dont la médiocrité le discute au prétendu bon goût qui est censé en émaner… Va y avoir de la plume dans le cul, des mouillages de culotte et des cris de pucelle en chaleur dans la semaine du 6 mai…

D’autant plus que la lutte risque cette année d’être serrée entre les prétendants au titre eurovisuel, les pronostiqueurs classant dans un mouchoir de poche la Suisse, la Croatie, les Pays-Bas et l’Italie. La France ne démérite pas pour le moment, Slimane étant sixième pour les bookmakers.

Ce serait sympa de voir la Confédération Helvétique remporter à nouveau la timbale, puisque leur dernière victoire remonte à 1988, avec Céline Dion, et sa robe abat-jour à flinguer toutes les tantes du falbalas séance tenante. Ce serait tout aussi sympa de sacrer pour la première fois la Croatie, qui n’a jamais obtenu le Grand Prix en tant que pays indépendant (mais c’est une chanson croate qui gagna le Concours 1989 sous la bannière de la Yougoslavie), et qui présente une chanson entraînante mais un peu trop copiée sur le « Cha cha cha » finlandais de l’année dernière.

Et pourquoi pas une sixième victoire française ? Bien que peu probable, la chose n’est pas pour autant impossible. Dans un millésime somme toute assez moyen, « Mon amour » a les qualités pour émerger du lot, surtout si Slimane assure vocalement, et surtout si on ne lui flanque pas une scénographie absconse, spécialité française (vous n’avez qu’à vous remémorer la tour de Pise de La Zarra ou le décor guerrier de Lisa Angell). On va quand même attendre un petit peu pour congeler définitivement Marie Myriam, l’indéboulonnable dernière gagnante française de l’Eurovision…

Réponse le onze mai, tard dans la soirée…

Calme plat mis à part cela dans le monde des peoples et des têtes couronnées. Pas le moindre nouveau cancer annoncé au Royaume-Uni, c’est à croire que nos amis britanniques sont blasés de ces révélations médicales...

Quant à la télé, ce n’est guère mieux. Après six ans d’absence à l’antenne, Secret Story fait son grand retour sur TF1, toujours animé par Christophe Beaugrand, qui sera ravi avec sa terrine de hibou à dentier de hamster d’introduire des candidats dans le secret… Alors que la dernière saison avait enregistré des scores d’audience historiquement bas, la première chaîne décide de ressusciter l’émission de funeste réputation, en la lançant toutefois en catimini (un mardi à vingt-trois heures trente, on a connu inauguration plus pompeuse).

Bon, ne vous attendez pas à des secrets défense cette saison, on va probablement nous resservir les mêmes nunucheries mononeuronales qui avaient fait la gloire relative des saisons précédentes : nous sommes en couple, nous sommes jumeaux, ma pire ennemie est sur le plateau et j’aimerai lui maraver la trombine à grand coups de pelle, j’aime péter sous les draps les nuits de pleine lune, je digère mal la blanquette de chez Aldi, je prends mon pied en écoutant la discographie moldave de Cora Vaucaire, j’ai fait le régime Comme j’aime et j’ai perdu deux mois et la moitié de mon compte épargne…

Avec soixante-treize caméras pour traquer les impétrants, et un décor d’un tel mauvais goût que le cercueil d’Orlando passerait pour un monastère mormon au fin fond de la Bulgarie un soir de brume, il y a fort à parier que le caractère plus familial annoncé par TF1 sera bien vite évacué pour laisser place au voyeurisme habituel dans ce genre d’émissions. Si toutefois le public se laisse prendre à cette recette qui empeste le réchauffé.

Mais que va faire Beaugrand dans cette galère, si ce n’est pour assurer de remplir son frigo…

Et le 23 avril 1983, à Munich, le Concours Eurovision de la Chanson couronne pour la cinquième et dernière fois en date le Grand Duché du Luxembourg, par la voix de Corinne Hermès qui interprétait une bluette déjà poussiéreuse à l’époque, « Si la vie est cadeau »… Cadeau… Même si l’on utilisa pour la première fois des micros sans fil, ce Concours n’en fut pas un, de cadeau, entre l’interminable présentation de la saucisse munichoise Marlène Charell, qui tint à faire les annonces en trois langues pas toujours bien maîtrisées, les miaulements compassés de notre porte-drapeau Guy Bonnet en ouverture de Concours, les tenues de jogging façon Gym-Tonic des anglais, le maelström musical du turc qui prétendait honorer l’opéra, les pieds nus de l’espagnole avec un titre à consonances flamenco pur jus, sans doute trop en avance sur son temps pour plaire au plus grand nombre, la tyrolienne du yougoslave inverti pur sucre et les sauts de pucelle en chaleur de la danoise… Finalement, la guimauve luxembourgeoise était presque écoutable, comme un cadeau empoisonné…



jeudi 11 avril 2024

Brèves du 11 Avril 2024

 Bref, j’ai eurovisionné…

Que chacun se rassure pour ma chancelante santé mentale et ma santé auditive tout aussi bringuebalante, j’en ai entendu d’autres, et des plus sévères, pour preuve j’ai même survécu à deux chansons d’Aya Nakamura en intégralité, sans me pilonner les tympans au tisonnier chauffé à blanc dans un bain de mercure liquide…

Non, je déconne, c’était une seule chanson, et le chirurgien ORL a eu toutes les peines du monde à récupérer mes tympans… Mais il a gagné en prime un très joli tisonnier…

J’ai eurovisionné, non pas avec des bandes VHS fripées d’antédiluviens Concours qui fleuraient bon le micro à fil, l’orchestre en live intégral et les chanteurs qui savaient chanter sans en faire des tonnes, et sans rivaliser d’esbroufe putassière, mais les chansonnettes de ce 68ème Concours Eurovision de la Chanson 2024, baisodrome paneuropéen qui permet, dans les coulisses, de faire un tour d’Europe de l’andouillette à moindre frais si ce n’est ceux d’une double boite de capotes et d’un bidon de cinq litres de vaseline surfine, et sur la scène de s’ébaubir de trente-sept tours de force musicaux, alliant l’inécoutable avec le gnangnan parolistique, et frôlant toujours le bon goût en prenant évidemment garde de ne jamais y accéder…

Si vous le permettez, je vous propose un rapide tour d’horizon des trente-sept alcoolats qui se disputeront le droit de fouler la scène suédoise le samedi onze mai prochain.

Etant précisé que je n’ai fait qu’une écoute principalement audio, aucune vidéo ou presque en interférence.

Etant également précisé qu’on retrouve cette année encore le syndrome France Gall cette année, avec plusieurs titres qui s’inspirent plus ou moins fortement et ouvertement des chansons finlandaise et suédoise de 2023.

Allez c’est parti !

Albanie, Besa « Titan » : D’entrée de jeu, c’est du mille fois entendu, rabâché et remâché jusqu’à l’écœurement intégral. Aucune originalité, c’est encore une fois la même brailleuse à nichons à cordes vocales enforme de corne de brume. Bref, c’est du réchauffé à en carboniser la casserole.

Arménie, Ladaniva « Jako » : Plus folklo, c’est difficilement imaginable ! D’accord, c’est en version originale, et c’est sympa à ce titre, mais c’est vieillot et répétitif. Ce sera le nirvana des intégristes de l’ethnique, et encore… Pour les autres, on se croirait bloqué sur l’autoradio à cassette de la Lada Niva…

Autriche, Kaleen « We will rave » : Un truc vaguement électro susurré par une demoiselle qui n’a pas une voix inoubliable. C’est ni bon ni mauvais, juste déjà entendu à de nombreuses reprises.

Australie, Electric Fields « One milkali » : Ambiance world music 80’s avec un refrain en dialecte et une touche électro. Sympa, mais guère convaincant sur la distance. L’Australie nous avait habitué à mieux, bien mieux.

Azerbaïdjan, Fahree « Onzule apar » : Ils nous servent encore une fois l’habituelle soupe azérie, sans modernité ni originalité dans les ingrédients. Une rengaine sans âge qui reprend encore une fois les vocalises orientalisantes.

Belgique, Mustii « Before the party’s over » : Un titre plutôt original, qui nous plonge dans un certain univers, grâce à la voix intéressante de Mustii au service d’une chanson casse-gueule en live. Dommage, on aurait aimé que ça décolle plus vite, et c’est hélas trop répétitif vers la fin, ce qui gâche le plaisir d’écoute.

Croatie, Baby Lasagna « Rim tim dagi tim » : Titre onomatopée qui rappelle les années glorieuses du Concours, efficace, musclé et agréable à l’écoute. Ça dépote sévère et c’est couillu. Dommage que la chanson arrive un an après celle de Käärija, à qui on la compare inévitablement.

Chypre, Silia Kapsis « Liar » : Un truc qui veut faire genre, moderne et « in ze mood » mais qui n’est en vérité qu’un enième erstaz fadasse de « Fuego ». Un titre qui se fond dans la masse, et qu’il sera impératif de muscler sur scène si les chypriotes veulent accéder à la finale.

République Tchèque, Aiko « Pedestal » : Un son FM 80’s pas dégueu, avec une voix correcte. Y’a du Cyndi Lauper et du Nena là dedans. Plutôt sympa pour les nostalgiques de la pop des années 80.

Danemark, Saba « Sand » : Un titre sans intérêt et mille fois entendu, issu d’une recette éculée et sans saveur. C’est laborieux et daté, et ça s’ensable rapidement…

Estonie, 5 Miinust « Naarko… » : On dirait la version estonienne de « Jako » tant c’est folklo. On recycle Käärija et Let3, on secoue bien le shaker et hop ! C’est pas mauvais, mais on garde une impression de copié-collé assez désagréable.

Finlande, Windows95Man « No rules » : Le « Cha cha cha » 2024 pour la musique. La copie est tellement flagrante que le plaisir d’écoute en est gâché. Dommage car c’est plutôt sympa, grâce notamment aux interprètes déjantés.

France, Slimane « Mon amour » : C’est une ballade classieuse, à la française, typiquement ce qu’on attend de nous au Concours. Slimane a du métier, et ça s’entend. L’interprétation est bonne, les versions live étant supérieures au clip, assez monotone. Certes, c’est un peut trop répétitif à la fin, et il devra faire attention au passage a capella qui peut être terrible s’il ne le maîtrise pas parfaitement. Une carte à jouer pour accrocher un top 10, à condition de choisir une scénographie adaptée.

Allemagne, Isaak « Always on the run » : Une voix black qui accroche bien, une mélodie pas mal et plutôt entraînante. Le gimmick auditif est efficace, mais est-ce que ça suffira à faire remonter le pays dans le classement ? Il faut l’espérer…

Géorgie, Nutsa « Firefighter » : La gueularde à nibards de l’année, deuxième édition, avec un truc ethnico-techno-moderno-merdique, réalisé à la presse hydraulique en surrégime. Bruyant et désagrable.

Grèce, Marina Satti « Zari » : Une voix haut perchée qui vous refroidit d’entrée, au service d’un titre folklo qui sonne beaucoup plus Balkans ou oriental que typiquement grec. Un malstrom musical peu digestible.

Islande, Hera Björk « Scared of heights » : La revenante qui inaugure son lifting « Julie Piétri » et nous ressert la même robe qu’en 2010, et plus ou moins la même soupe musicale. C’est daté, poussiéreux et lassant.

Irlande, Bambie Thug « Doomsday blue » : Incontestablement la chanson « tout ou rien » de l’anneé. Très difficile d’accès, rebutante à la première écoute, inécoutable à la seconde. Un patchwork musical qui risque fort de rebuter les jurys et le public. Couplet pénible et refrain étonnamment mièvre. Très (trop) typé ?

Israël, Eden Golan « Hurricane » : Beaucoup de bruit autour d’un titre totalement dénué de la moindre originalité, vocalisé par une gueularde qui nous pète les tympans en couinant des banalités sur une musique passe-partout.

Italie, Angelina Mango « La noia » : C’est assez entraînant, plutôt actuel, la voix est agréable, mais le côté rap est assez déroutant en italien. Ça se laisse écouter, et oublier peu après.

Lettonie, Dons « Hollow » : La traditionnelle ballade à voix, pas désagréable sur la longueur. Mais on l’a déjà tellement entendu que Dons risque d’être bien creux en live…

Lituanie, Silvester Belt « Luktelk » : Un petit côté techno eurovisuel pas désagréable, en version originale en prime, ce qui est un plus. Entraînant, avec un pont musical sympa.

Luxembourg, Tali « Fighter » : Un titre folklo-ethnique pas vraiment moderne pour le retour tant attendu du Grand Duché, avec un mix français-anglais pas très heureux. Un come-back pas forcément réussi, car c’est vieillot.

Malte, Sarah Bonnici « Loop » : Encore une chanson boom-boom, bruyante et pénible qui ne surnage que difficilement dans l’océan des horreurs musicales maltaises. Beaucoup de bruit pour pas grand chose, tout dans la musique, rien dans la voix.

Moldavie, Natalia Barbu « In the middle » : L’autre revenante du cru propose une jolie ballade intemporelle, quelque peu datée et qui ne décolle pas réellement, et qui pâtit de l’intermède violoné et des vocalises finales…

Pays-Bas, Joost Klein « Europapa » : D’entrée de jeu, un rythme qui met la pêche, un texte en version originale avec des emprunts linguistiques à foison, un titre un peu bébête mais ça me plaît vachement ! Typiquement Eurovision, une chanson avec un finale hyper-nostalgique et touchant qui fera sans doute mouche.

Norvège, Gåte « Ulvehan » : Un titre à vocation moderne, assez intéressant au couplet avec ses sonorités ehtniques, mais qui vous fusille les tympans au refrain avec les vocalises sonores de la chanteuse. Mais qu’est qu’elle gueule, la dame aux airs de cantatrice qu’on aurait trop nourri…

Pologne, Luna « The tower » : Une voix inhabituelle au grain particulier pour un morceau à consonances eighties, pop avec des réminiscences de Cyndi Lauper. C’est plutôt convaincant, et agréable à l’oreille.

Portugal, Iolanda « Grito ». L’habituelle soupe portugaise aux relents de fado moisi, vocalisé par une chanteuse à la voix interchangeable et qui, au surplus, ne transmet absolument rien. Certes, la chanson porte bien son titre, « cri », mais c’est insipide.

San Marin, Megara « 11:11 » : Un titre en espagnol qui veut faire hard-rock mais qui ne fait que saigner les oreilles. D’accord, la principauté veut tout essayer pour réussir, mais se fader un processus de sélection aussi long pour un tel résultat est une insulte. Un intermède sans intérêt.

Serbie, Teya Dora « Ramonda » : Une mélopée soporifique au plus haut point, sans âme, rythme, ni intérêt. C’est creux, pénible et c’est sponsorisé plein pot par les somnifères Grododo.

Slovénie, Raiven « Veronika » : Encore un titre ethnique qui oscille entre la ballade à voix et le boom-boom bruyant. C’est criard et crispant, et le clip avec ces messieurs en moulebite qui font mumuse sous l’eau déroute plus qu’il ne séduit…

Espagne, Nebulossa « Zorra » : Un come-back à la Movida si inventive qui a décoiffé l’Espagne dans les années 80 ! Un son typiquement eighties pour un titre qui bouge bien. Certes, pas beaucoup d’efforts vocaux, c’est chanté à la Mecano, mais avec en prime un texte qui pique. Original, et osé.

Suède, Marcus & Martinus « Unforgettable » : Toujours et encore la même soupe suédoise, bien ficelée, vocalement irréprochable, actuel ou à peu près. Mais on croirait à s’y méprendre entendre un remix de la plupart des suédoiseries de ces dernières années ‘Benjamin Ingrosso, John Lundvik, Robin Bengtsson). Et les jumeaux norvégiens, avec leur charisme d’huître pas fraîche, sont loin d’être inoubliables.

Suisse, Nemo « The code » : Enfin de l’originalité helvète ! La voix est agréable, la chanson est très convaincante, heureux mélange de rythmes et de styles musicaux. Ça pulse, ça envoie du steak. Son statut de favori n’est pas usurpé.

Ukraine, Alyona Alyona & Jenny Heil « Teresa & Maria » : Encore un ersatz de « Stefania » ! Et c’est pénible ! L’Europe aime les chansons prénoms ? On leur en refile deux pour le prix d’un, et on ne se fatigue pas, on reprend le même thème musical qu’en 2022. Qu’importe, l’Europe va adore, puisque c’est ukrainien… Arrêtons l’escroquerie musicale, par pitié !

Royaume-Uni, Olly Alexander « Dizzy » : Un bon petit morceau pop, très eighties, plutôt bien ficelé et interprété. Un retour à ce que les anglais savent très bien faire à l’Eurovision. Ça se retient bien et ça peut même se chantonner sous la douche sans pour autant être étourdi.

Au final, j’ai retenu dans mon top 10, sans faire de classement pour le moment : Belgique, Croatie (mon favori), République Tchèque, Finlande, Lituanie, Pays-Bas (mon plaisir coupable avec la Finlande), Pologne, Espagne, Suisse et Royaume-Uni.

Mon vainqueur ? Ma tête sur le billot que je ne vous le donnerai pas… Tout au plus un top 3, dans l’ordre alphabétique : Croatie, Pays-Bas, Suisse.

Globalement, le cru 2024 est une édition plutôt homogène, sans bouse inécoutable ni titre qui se détache réellement. Pas mal de titres qui se ressemblent et qui donnent une impression d’uniformité. Peu de titres réellement innovants ou décalés, mis à part la Croatie, la Finlande, les Pays-Bas et la Suisse.

Le gagnant autoproclamé des bookmakers n’a pas partie gagnée, loin de là. Quant à la France, on peut espérer un classement honorable, si Slimane consent à tout donner, car le monsieur a du métier.

Réponse le onze mai prochain, bien après minuit…