jeudi 12 août 2021

Brèves du 12 Août 2021

 « Partir, partir

« On a toujours

« Un bateau dans le cœur

« Un avion qui s'envole

« Pour ailleurs

« Mais on n'est pas à l'heure… »

 

Ah ! les trémolos caprins de notre Julien Clerc national ! On a beau s’en gausser avec des ricanements d’hyène hystérique qui ressemblent à s’y méprendre à Beaugrand au moment de l’orgasme ou des gloussements de dinde cuvée Miss France, ces bêlements chantés sont toujours plus agréables à l’oreille que les beuglements bovins d’une Lara Fabian en version mégaphone ou les couinements de sconse en chaleur de Christophe Maé…

 

Quoi qu’il en soit, cette appétence à partir est d’autant plus développée que la proximité des congés se fait douloureusement sentir… Et il faut bien se l’avouer, ce n’est plus une proximité mais carrément un encastrement version crash-test 38-tonnes contre Mini Austin dans la France du mois d’août…

 

La France du mois d’août, c’est plus que jamais la France des vacances malgré les porte-monnaie de plus en plus désespérément vides, les services de réanimation toujours plus pleins, des bouchons (qui se forment sur les routes et qui sautent dans les apéros), des mémères en maillot de bain à fleurs fluo qui s’aspergent de Monoï et empestent à deux lieues à la ronde la fleur de tiaré périmée, des pépères en tongs et marcel qui schlinguent l’huile rance, le tabac froid et le slip pas frais ; c’est le royaume de la farniente avec quatre grammes dans chaque œil, l’empire du « j’en fous pas une rame », le domaine des congés payés qui viennent se cultiver le mélanome à la Grande-Motte et des rafraichissements à gogo…

 

Et le rafraichissement d’aujourd’hui viendra d’un groupe bien oublié aujourd’hui mais qui en 1982 a fait danser les mémères adipeuses, les marcels franchouillards, les boutonneux aux slips volcaniquement actifs et les pisseuses à culotte mouillée et tampon OB gorgé : le groupe Elégance, et leur unique titre de gloire « Vacances, j’oublie tout »…

 

Et aujourd’hui, ça s’applique tout particulièrement… C’est en effet la dernière chronique avant une interruption aussi estivale que méritée, motivée par une énergie assez proche du bulot cuit abandonné sur un plateau de fruits de mer à côté de la mayonnaise tiédasse, une inspiration en baisse qu’on dirait la côte de popularité de Macron au meilleur de son quinquennat, et un besoin de déconnecter tant le moral est survolté qu’on pourrait faire péter la centrale EDF en rejouant les Claude François sur un air de « J’ai mis les doigts dans la prise et la coiffure de Desireless »…

 

Bref ! J’ai besoin de vacances pour recharger les batteries… Rassurez-vous, je reviendrai vous voir requinqué et toujours plein de conneries que je déverserai avec un malin plaisir, avec l’aide précieuse des futilités de l’actualité…

 

Mais pour l’instant… Stop !

 

« Stop, ja, stop, ja, stop, mens legen er go'… »

 

« Stop, oui, stop, oui stop, pendant que tout va bien… »

 

Cette ritournelle antédiluvienne déjà génératrice d’odeurs de naphtaline en 1966 lorsqu’elle fut présentée sous les couleurs danoises au Grand Prix Eurovision de la Chanson, je me la coltine dans les pavillons auditifs depuis ce matin, lorsque l’affreux mécanisme sonneur qui me tient lieu de radioréveil s’entêta à me tirer des bras de Morphée dans lesquels je m’étais voluptueusement lové et que je ne souhaitais quitter pour rien au monde.

 

Stop, oui, stop, nous susurrait Ulla Pia avec sa bouille de paysanne berrichonne pas trop dégourdie et sa choucroute surlaquée d’un mètre de hauteur en guise de coiffure. Et c’est un conseil que je serais des plus avisés de suivre.

 

Stop, pendant que tout va bien… Ou, dans tous les cas, pendant que tout ne va pas trop mal, et que le niveau des gugusseries chronicales n’a pas encore irrémédiablement atteint le dernier niveau du trente-sixième sous-sol de la platitude et du verbiage illisible.

 

Stop, je ferais mieux de dire stop avant que de vous infliger la chronique de trop, celle qui vous filera définitivement le cœur au bord des lèvres à force d’entêtement borné dans le banal, les cucuteries convenues et les poncifs antédiluviens.

 

Stop, je ferais mieux de dire stop avant de consumer mes dernières onces de crédibilité chronicale à vos yeux…

 

Stop, je ferais mieux de dire stop parce que là, je sens que j’atteins l’ultime sous-sol de la fatigue et que quelques jours d’arrêt ne feront que du bien à toutes et tous !

 

Et ce n’est pas la peine d’en rajouter, comme disait Maxwell, donc, pour éviter le principe des vases communicants, trop-plein d’un côté et pénurie de l’autre.

 

Vite, vite, vite ! Une route vers les congés, vers le repos, vers la détente, vers le vidage de cervelet de toutes les mesquineries, les coups de pute des confrères, les clients cas soc’ puants et débiles, les DàM (célèbres dossiers à merde) qui vous font douter de votre profession de foi professionnelle, les urgences pourraves qu’il faut traiter en ultra-priorité parce que la date-limite-de-recours-est-avant-hier-et-que-ce-connard-de-client-à-l’AJ-s’en-aperçoit-maintenant-et-qu’il-a-téléphoné-douze-fois-depuis-hier…

 

Interrompons ces bavasseries quotidiennes dont je pollue à intervalles plus ou moins réguliers, avec la ponctualité quasi-suisse d’une tocante de Prisunic après une rencontre avec un marteau-pilon, vos murs et vos boites mails, prenons de la distance de la chose fesse-de-bouquienne, mettons les emmerdements sous cloche hermétique, les fâcheux sous containers scellés à destination des antipodes par courrier lent et port dû, le cortex au point-mort et les doigts de pied en éventail !

 

Voici donc le moment de vous dire au-revoir pour quelques jours, le temps de piquer, je l’espère, des roupillons d’anthologie, de retrouver un rythme de vie quasiment normal, de se ressourcer en famille au calme, au frais, et loin de tout ce merdier sanitaire et médiatico-géopolitique qui fait de plus en plus peur…

 

Et le 12 août 1943, Jean-Pierre Talbot naissait à Spa, en Belgique. Rien à voir avec les défuntes voitures automobiles puisqu’il fut l’interprète en chair et en os du personnage de Tintin dans les deux films réalisés en 1961 et 1964, « Tintin et le Mystère de la Toison d’Or » et « Tintin et les oranges bleues ». Suite à ces deux essais pas franchement réussis, il se reconvertira dans l’éducation, une manière élégante de prendre congé du cinéma..

 

Aussi prendrais-je également congé en vous souhaitant de glisser goulument dans la grâce des vacances, ces moments aériens et en apesanteur de liberté, de tranquillité, de bonheur… Excellentes vacances à toutes et tous, à très vite de vous revoir et relire, big smacks bien baveux à qui en fait la demande et surtout… carpe diem !


 

jeudi 5 août 2021

Brèves du 05 Août 2021

 Alors tant pis ! Je vais pousser la chansonnette !

 

Déjà qu’en version écrite, mes divagations chroniquières n’ont rien qui puisse incliner à l’indulgence de quelque forme qu’elle soit, alors si je commets le sacrilège excommunicatif de les chanter, alors là, c’est Armaggeddon devant les écrans d’ordinateurs et les tablettes…

 

Les plus courageux sauteront par la fenêtre, la plupart se feront religieuses avec vœu de silence éternel, quelques-uns se crèveront les tympans à grands coups de tisonnier et j’en connais une poignée qui vont vous choper une gaule monstrueuse et qui, pour poursuivre leur priapisme des nullités musicales, vont s’empresser d’acheter les intégrales de Christophe Maé et d’Emmanuel Moire…

 

Je ne voudrais pas cracher inutilement sur les deux pénibles de la chanson française, principalement parce que leurs maris respectifs doivent suffisamment les arroser comme ça, car vous savez pertinemment que ce n’est pas le genre de la maison…

 

Jamais de mauvais esprit sur les douze liftings successifs et visiblement loupés d’une vieille demi-gloire des bals musettes de quartier qui tente un quatre-vingt-douzième comeback, de remarques déplacées sur l’hygiène corporelle manifestement douteuse de certaines coasseuses de la variété actuelle qui puent même en photo, de vannes potaches sur les lape-suces suce-pets de certains hommes politiques ou de nombre de sportifs qui se reluquent la nouille dans les vestiaires en priant le Bon Dieu et toute la cohorte des saints pour que cette cochonne de Gourcuff tombe encore une fois sa savonnette…

 

Si je tombais dans ces travers… ça se saurait ! Cela serait de notoriété publique, comme l’hétérosexualité indéniable de Cyril Féraud, la probité indéniable de Jérôme Cahuzac et Kerviel, ou la bouleversante justesse de chant de Stone ou de Zaz…

 

Donc, je vais pousser la chansonnette… Vous me direz que vu la météo…

 

Les amateurs de bides musicaux et autres curiosités chantées (qui vont des sensationnels 45-tours de Bernard Tapie aux essais musicaux de Bernard Montiel (l’inoubliable « Absoludément fou ») et Sophie Marceau (le cultissime « Fuck you Barcelona ») en passant par les enrouements discographiques de Sim et d’Alain Delon) vont être comblés, et dans le même temps, les idolâtres du quatuor suédois infernal vont se bouffer les ongles jusqu’à la racine des tifs… Je n’ai trouvé mieux en ce lundi matin pour traduire mon état d’esprit que les paroles françaises de la chanson « SOS », vocalisées avec conviction par Marie, une ancienne monégasque eurovisuelle :

 

« S.O.S

Je me noie dans le cirque des jours

S.O.S

Si j'étais un bateau je coulerais déjà,

J'aurais la proue dans l'eau,

J'aurais brisé mon mât. »…

 

Oui, je sais, c’est beau comme du Corneille au Concours Eurovision, du Pascal Obispo sous Traxen, du Didier Barbelivien sous verveine-menthe…

 

Trêve d’évocation dangereuse d’auteurs-compositeurs disparus, je hisse le pavillon rouge, je lance les balises Argos de la détresse bureaunière (comme dirait Zézette), je remue les bras façon sémaphore à m’en faire péter le coude… Bref ! C’est la Loi de Murphy qui veut s’appliquer aujourd’hui : c’est la dernière ligne droite avant les vacances, et le nombre de dossiers qui s’échouent sur mon bureau ce matin est inversement proportionnel à l’envie que j’ai de les traiter, et au nombre de jours qu’il me reste pour ce faire…

 

Je ferais mieux de bosser, au lieu d’écrire des âneries qui ne servent à rien, de brasser de l’air façon Gabriel Attal ou de regarder les mouches au plafond… Certes, mais j’aime à imiter mes amis fonctionnaires… Je ne me transformerai toutefois pas en Courteline du siècle nouveau, je ne veux pas blesser nos fonctionnaires, et surtout, je ne souhaite pas les réveiller pendant la sieste…

 

Ah, la sieste ! Moment béni de l’été ! Tout le monde s’y est mis, puisque l’actualité est des plus creuses ce matin… Il nous manquerait presque un bon attentat bien sanglant, un accident tout ce qu’il y a de plus horrible, ou une tragédie familiale bien croquignolesque…

 

Je pourrais, vu le peu de temps qui me reste avant les congés et le nombre quasiment inversement proportionnel de dossiers restant à conclure, assigner, traiter avant la date fatidique, me contenter de vous balancer un papier rapidement torché, bourré de fautes d’orthographe, syntaxiquement douloureux et ne lésinant pas sur les à-peu-près douteux (bref, un édito de Minute ou de Marianne ou un bandeau d’alerte de BFMTV)… Je pourrais simplement vous cracher une pastille comme j’eus l’habitude de faire pendant les congés voici plusieurs années…

 

Mais non, non, non… Je vous connais, fragiles, délicats et sensibles comme vous l’êtes, vous allez encore me faire un caca nerveux, et franchement, on n’a pas besoin de ça, on est déjà suffisamment dans la merde comme ça en France… Macron, les Gilets Jaunes, Mélenchon, la Covid-19, les antivax… Ça va finir par ressembler à une station d’épuration…

 

Alors, je vais devoir, encore une fois, remettre sur le sommier cent fois l’ouvrage, au péril de mon lumbago et des pieds de lit, afin de livrer ces quelques lignes bêtasses sur les futilités d’une actualité qui n’en finit pas de partir en vacances… Mais qui fait comme les gosses qu’on envoie se coucher et qui dans l’espoir de grappiller les premières minutes du film reviennent sans cesse pour refaire un énième gros poutou à son papounet…

 

Les gros poutous, nous les ferons sur les joues, ou ailleurs selon les envies et les penchants affectifs, à tous nos athlètes français qui récoltent presque à tire-larigot des breloques aux couleurs chatoyantes aux Jeux Olympiques de Tokyo…

 

Moisson de médailles aux J.O., médaille d’argent à l’Eurovision… Si ça continue comme ça, va falloir jouer au Loto !

 

Elle, par contre, a très certainement remporté le gros lot à la loterie de la connassitude intergalactique… Voulant jouer les mères la pudeur sur un réseau social au nom évocateur de cul de chèvre mâle, cette écervelée balance qu’elle est fière d’être vierge et qu’elle restera vierge jusqu’à sa mort, afin de donner le bon exemple à ses enfants… Ce pourrait être drôlé, si elle n’était pas sérieuse…

 

Lui non plus, on n’arrive pas à le trouver drôle… Tout juste horripilant avec ses ululements de castrat suraigus et chichiteux qui font passer Serrault dans la Cage aux Folles pour un parangon de virilité… C’est le 05 août 1977 que naît Anthony Lambert, plus connu, quoique, sous le sobriquet de Jarry, dont l’un des hauts faits et d’avoir commenté en mode pouffiasse de concours les demi-finales de l’Eurovision en 2016 et 2017. Dire que s’il s’était prénommé Vincent, on en serait débarrassés aujourd’hui…

 

Est-ce une fille ou un garçon ? Dans ce deuxième cas, le doute n’est pas permis lorsque le 5 août 1967, Jean-Pierre Melville donne le dernier tour de manivelle de son nouveau film noir « Le samouraï », avec Alain Delon, qui fait du Delon : moue boudeuse, parole rare, jeu minimaliste… Un rôle quasi-muet (on ne s’en plaindra pas) qui façonnera la légende de l’acteur… Et l’occasion de revoir la trop rare Cathy Rosier, l’épouse de Jean-Paul Cara décédée en 2004…