mercredi 23 décembre 2020

B rèves du 23 Décembre 2020

Ah, chers amis, fidèles lecteurs, inconsciente et innocente audience avide de mes élucubrations chroniquières, comme j’aurais aimé vous interpréter une jolie berceuse pour vous accompagner vers la belle nuit de Noël où toutes les grosses cloches sonnent… Seulement… Ce n’est évidemment pas l’envie qui m’en manque, malgré une énergie proche de l’amibe anémiée qui me donne furieusement une appétence plus qu’exacerbée de vacances… Mais le contexte hexagonal actuel et le moral moyen du français du même nom ne donnent pas forcément envie de faire la fête, de rigoler, de festoyer, d’entonner des refrains joyeux…

Certes, je sais que les fêtes de fin d’année s’annoncent à grands renforts de pubs spécialisées, de rediffusions télévisées et de téléfilms mièvres, avec leur cortège de cadeaux, de repas en famille ou solitaires, d’indigestions, de doigts martyrisés par le couteau à huitres, d’oncles bourrés comme un coing qui dansent la macarena à moitié à poil sur la table basse du salon avant de se casser la gueule comme des étrons frais sur une tante qui n’en demandait pas tant, de cadeaux splendides coutant une blinde et demie qui finiront dès le lendemain en achat immédiat sur ebay au dixième de leur prix, et de bougies senteur épices indiens-sardine marinée de Reykjavik qui filent le feu au sapin…

Je sais que vous attendez avec une anxiété non feinte les quatre-vingt-huit bêtisiers de fin d’année où l’on vous rediffusera encore et encore, jusqu’à la nausée intégrale, Denise Fabre qui se dévisse le dentier, Nancy Reagan qui se prend une gamelle, et Gainsbourg qui invite Whitney Houston à se faire rectifier le tuyau d’échappement…

Vous piaffiez d’impatience dans la tante… pardon, dans l’attente des sempiternels téléfilms de Noël, des éternelles rediffusions de la trilogie des Sissi et du guimauvesque Mayerling, et des films cuculapralinesques qu’on regarde en comatant la bave aux lèvres et la boite de chocolats à la main, lové sous la couverture polaire alors que des flocons de neige s’accrochent aux carreaux…

Eh bien non ! Le ravissement de ces moments magiques, ce sentiment indéfinissable au moment de mettre le petit Jésus dans la crèche, au sens premier du terme, bien entendu, cette torpeur bienfaisante qui vous envahit en regardant la Messe de Minuit en mondovision depuis Saint Pierre de Rome, ça n’est pas pour tout de suite !

Tout d’abord parce que ce serait pêcher que de vous balancer tout ça dans la figure comme un gougnafier que je ne suis pas, enfin, j’espère, et ensuite parce que nous ne sommes que le 23 décembre…

Et là, je me permets de vous poser brutalement la question, puisque l’on se connaît suffisamment bien et que je sais au surplus que vous n’êtes plus de jeunes damoiseaux à peine déniaisés ni des rosières ayant coiffé Sainte-Catherine sans avoir vu le loup dans la bergerie :

Est-ce que vous la sentez ?

Non, mais je veux dire, est-ce que vous la sentez bien ? En êtes-vous tout entièrement pénétrés ? L’avez-vous laissé entrer totalement en vous et cheminer jusqu’aux replis les plus intimes de votre anatomie secrète afin d’y répandre en cataractes la substantifique moelle de son suc ultime ?

Evidemment, j’en connais qui en sont déjà à s’essuyer dans les rideaux en ayant lu ces quelques lignes qui siéent plus à Régine Desforges qu’à Jean Cau ; mais quitte à les ébranler (encore une fois) dans leurs convictions profondes, mes propos sont tout ce qu’il y a de plus purs !

Est-ce que vous la sentez, la délicieuse odeur de Noël ?

Humez-vous la fragrance parfumée des sapins de Noël croulant sous les guirlandes et les boules multicolores qui emplissent les salons, des pains d’épices et des massepains qui n’attendent que le feu vert parental pour se faire dévorer, des mets de choix qui vous rempliront la panse en faisant pétiller vos papilles d’un plaisir s’apparentant à l’orgasme alimentaire ?

Reniflez-vous la senteur particulière de ces jours de fête, où l’air semble plus léger malgré les emmerdements et où l’on est presque contraints de faire risette à cette empaffée du service comptabilité qui pue de la gueule à en décoller la moquette murale dans la pièce d’à-côté, juste parce que c’est la trêve des confiseurs ?

A moins d’être un Morgan Bourc’his ou un Pierre Frolla capables de se filer en apnée pour des périodes qui vont de quelques minutes à « punaise la vache c’est trop trop long ! », vous n’avez pu faire autrement que d’en prendre plein les poumons…

L’esprit de Noël est en train de nous tomber dessus, même si c’est cette année un Père Noël avec un masque anti-Covid-19 qui viendra déposer les cadeaux dans les souliers… Enfin, si il trouve le gel hydroalcoolique à l’entrée de la cheminée, et s’il respecte les distance de sécurité ! Foin des querelles intestines qui nous pourrissent le quotidien, fi des petits tracas journaliers qui nous mettent le ventre en capilotade et l’esprit en haut-fourneau sidérurgique !

Allez ! Pressez-vous prestement de vous hâter d’aller faire l’emplette des derniers présents à offrir à vos proches, des ultimes cadeaux qui feront bouillonner les récipiendaires et votre carte bleue… Les récipiendaires d’un légitime bonheur et votre carte bleue d’un échauffement cramoisi qui tend vers l’évaporation définitive…

Cadeau… ou pas cadeau ? Telle est la question cruciale… Cadeau ou pas cadeau à votre tante Marthe qui vous empeste à chaque visite avec ses robes chasubles qui schlinguent la naphtaline ; à votre nièce hystérique qui hurle à la mort dès qu’on hausse les sourcils en signe de vague réprobation ?

Cadeaux pour toutes et tous, même si je sais que je ne suis pas un cadeau, et qu’il faut vivre d’espoir…

L’espoir fait vivre… Et l’espoir que je forme aujourd’hui, au moment de poser la plume du clavier pour quelques jours de repos, au terme d’une année mouvementée, c’est que le monde aille un peu moins mal, pendant quelque temps, que les hommes puissent vivre en bonne entente, que vous passiez de bonnes fêtes… et que je ne prenne pas trop de poids avec ces cochoncetés de chocolats !

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Guy-Louis, Amélie Mauresmo, Conchita Wurst, Josiane Saucisse, Pepita Sausage, ainsi que tout celles et ceux qui en feront la demande par papier timbré mauve moiré à douze euros soixante-quatorze la demi-page ; ainsi se terminent, en conclusion d’une année chargée en péripéties, en émotions et en cataclysmes d’actualité, ces chroniques en forme de brèves de presque pour l’année 2020.

J’espère que vous aurez pris autant de plaisir à les lire que j’en ai ressenti à les écrire… Le temps qui m’est imparti touchant à sa fin, Beaugrand touchant à sa nouille et Féraud touchant à la mienne, je vous souhaite tout bêtement de passer d’excellentes fêtes de fin d’année, remplies de bonheurs, de joies et de moments complices en famille, en couple, ou comme il vous plaira !

Je vous embrasse chaleureusement en remerciement de votre attention et de vos commentaires, et vous retrouve bientôt…

A vous Cognacq Jay, à vous les studios !

 



jeudi 3 décembre 2020

Brèves du 03 Décembre 2020

 « Au revoir »…

La mine triste et grise d’un énarque dépressif atteint de constipation chronique, le costard bleu pétrole étriqué que une chemise en rhovyl mercerisé qui vous flanque des auréoles sous les bras dès que la température dépasse les moins dix, la calvitie bien peignée d’une tempe à l’autre, Sa Suffisance se décarre du fauteuil après un ultime chuintement labial et prend congé en sortant par la gauche de l’écran, lui qui vient d’être sorti par la Gauche…

Ainsi, le plus célèbre échassier chuintant du monde politique hexagonal vient de replier son pébroque à cause de la Cov-ID 19, lui qui ne jurait que par les luxueuses DS 21 Pallas de la République…

Au revoir, Valéry Giscard D’Estaing, qui n’avait aucun D’Estaing derrière vous mais qui êutes un jour le vôtre devant vous, suite au décès inopiné quoiqu’attendu de Pompidou…

Au revoir, V.G.E., dont la diction chuintante fit les choux gras de générations d’imitateurs grasseyant exagérément sur la diction grandiloquente et ampoulée de celui qui fut, en son temps, le plus jeune Président de la République Française…

L’Ex laisse derrière lui un cortège funèbre de commentateurs politiques de tous bords qui encensent à grands seaux d’eau bénite sur le catafalque l’action politique de la grande asperge de Chamalières…

Bon, on va se calmer sur l’infusion Saveurs du Soir et on va changer sa couche Confiance modèle Eddie Barclay… Sans vouloir inconsidérément glavioter sur la dépouille encore fumante du Monsieur de Chanonat, il faut reconnaître que celui qui voulait regarder la France au fond des yeux (bon courage avec Dalida…) a mis en place certaines choses…

Parmi les réalisations les plus marquantes de son septennat (avant qu’il ne devienne un septua-génêur…), la loi sur l’IVG portée à bout de bras par Simone Veil (et malgré ça, Jul, Zaz et Alex Goude sont nés…) ; l’abaissement de la majorité à 18 ans (ainsi on pourra faire partie des abstentionnistes trois ans plus tôt) ; et l’introduction du divorce par consentement mutuel.

Pour le reste… C’est un festival ! De ses incartades amoureuses multiples à l’affaire des diamants, en passant par les camions de laitiers percutés en Porsche au petit matin, Valy n’en a pas beaucoup raté…

Il ne le laissait pas transpirer, mais sous ses airs de grand bourgeois nostalgique des ors de Versailles se cachait un surchauffé du bigoudi à béchamel ! Lassé des vœux au coin du feu avec Anne-Aymone, aussi glaciale qu’une barquette de morue Vivagel et à peine moins godiche qu’une candidate au titre de Miss France, VGE aurait proposé sa buchette à BB (à une époque où elle était encore canon, et lui, pas encore vulcanologue), à Marlène Jobert et vraisemblablement à d’autres dont la postérité n’a pas retenu le nom…

Chez ces gens-là, on a autant le feu au derche qu’ailleurs, mais au moins, on s’encule en silence, et en levant le petit doigt…

Eh bien, je me suis laissé dire, tel Jeanne d’Arc entendant les voix de Saints qui se touchent grâce à l’appli Liveradio de son Ailphone 56, que notre classe politique avait décidément de drôles de tendances…

Je vous en prie, ne vous récriez pas et se ressortez pas les crucifix en ivoire et doré sur tranche, n’allez pas vous imaginer Christophe Castaner le nez dans le saladier de colombienne en string panthère avec une ceinture de bananes pour seul vêtement se déhanchant sur Lady Gaga aux Bains Douches ; ne visualisez pas Gabriel Attal en train de sodomiser sobrement Steevy Boulay les deux pieds dans une bassine de yaourt bulgare et le tisonnier à la main alors que la sono braille du Dalida en allemand ; ne pensez même pas à DSK déguisé en soubrette béliner la moufflette d’une Anne Sinclair de passage dans un motel miteux de banlieue, avec comme stimulant Claire Chazal en danseuse nue qui fait reluire la moquette avec un litre de saindoux tiédi et la moumoutte de Laurent Delahousse…

N’empêche que le roi des accordéonistes amateurs (qui avait osé jouer avec son instrument en public, devant Danièle Gilbert à la télé en 1970), avec ses réformes économiques et industrielles, fait entrer la France dans une ère plus moderne… Vivent les sous-pulls en acrylique qui grattent, les sachets de Tang, la généralisation du téléphone (même s’il faut encore attendre de longs mois avant de causer dans le combiné en plastique multicolore), la télévision en couleurs (bien que la moumoutte de Guy Lux fasse regretter le noir et blanc), les autoradios Grandes Ondes dans la Renault 6, les limitations de vitesse sur l’autoroute et les ceintures obligatoires à l’avant (un petit clic vaut mieux qu’un grand choc…).

Aujourd’hui, le monde de l’accordéon est en deuil, et la confrérie des joaillers pleure des rivières… de diamants centrafricains, bien entendu. Celui qui prétendait s’arroger le monopole du cœur avait été ringardisé suite à sa branlée de 1981 et n’avait dû sa résurrection médiatique qu’à l’émission des Guignols, le brocardant comme un vieillard cacochyme.

N’empêche que Giscard les a presque tous enterrés ! Son ennemi de toujours, Jacques Chirac, son successeur à l’Elysée, François Mitterrand, ainsi qu’une brochette non négligeable de politocards de tous bords… Seuls lui survivent Michel Drucker et Line Renaud (les extraterrestres du vedettariat) ; ainsi que Neunœil de Montretout, qui pourra disputer la finale avec la Reine Elizabeth II…

Et voila, encore une partie de notre enfance qui s’en va… Bon, c’est pas non plus celle qui nous fera le plus chialer, mais c’était un des éléments de notre temple mémoriel, vague souvenir d’une époque où il fallait être irréprochable…

Moi, être irréprochable ? Non mais sérieusement ! Tout gamin, j’ai vu Tarzan à moitié à poil, Cendrillon revenait chez elle à plus de minuit, Pinocchio mentait comme un arracheur de dents, Aladin était un voleur, Batman conduisait à plus de deux cents à l’heure, Blanche Neige vivait avec sept mecs, Popeye était tatoué et fumait la pipe, Pac Man courait comme un dératé sur de la musique électronique en avalant des pilules qui le dopaient, et Sammy et Scoobydoo étaient des hippies qui avaient toujours faim ! C’est pas ma faute ! C’est celle de la société, M’dame !

Autre pan de notre enfance qui s’en va définitivement, des suites d’un AVC (ce qui n’arrivera jamais à tous les condidats de téléréalité, à Hanouna ou à Aya Nakamura), Anne Sylvestre, dont les Fabulettes avaient enchanté tant de mercredi après-midi pluvieux. Du Veau à la Dame de Dijon, en passant par le gâteau et la maison pleine de fenêtres, tant de ritournelles faciles mais gravées à l’eau forte dans nos mémoires et qui nous rendent aujourd’hui tellement nostalgiques… Et avec tout plein de poussières dans les yeux…

Pour nous changer les idées, causons un peu de la Covid-19, avec son lot d’anecdotes croustillantes, comme à Bruxelles où une vingtaine de personnes dont plusieurs diplomates et un député européen participaient à une partie fine entre messieurs… L’un dans l’autre, me direz-vous, rien de quoi fouetter un chat, mais le dépité européen est en fait Jozsef Szajer, membre du Fidesz hongrois de Victor Orban, connu pour sa largeur d’esprit panoramique… Pour un député homophobe, se faire prendre la main dans le sac, ou dans le slip d’un autre monsieur, ça la fout mal…

Sinon, Paul Bismuth va bien, même si son procès continue à se dérouler malgré ses imprécations vengeresses. Un conseil, n’achetez jamais un disque de Carla Bruni, ça peut provoquer des troubles graves de la personnalité et conduire à des dédoublements de personnalité… Bah, s’il se fait coffrer, l’échantillon présidentiel pourra toujours invoquer une allergie violente à la prison, et sortir frais comme un gardon, à l’image du miraculé de la Santé, Patrick Balkany, dont on murmure qu’il allait courir le marathon de New-York en trente-huit minutes… Pour les frais de déplacement, on suppose que Levallois paierait…

Et pour finir en beauté, un mot du Melodifestivalen 2021, la sélection suédoise pour l’Eurovision, dont on vient de nous dévoiler les noms des participants. Que du frais, du neuf, du pas recyclé ! On y retrouve Charlotte Perelli-Nilsson, avec son demi-million de couronnes suédoises de botox sur la tronche ; Arvingarna, un quatuor de quinqua peroxydés qui avaient déjà fait le Concours en 1993 ; Danny Saucedo et sa tronche de tafiole avec un titre équivoque « Daddi dansa » ; The Mamas, le trio de poids qui devait aller au casse-pipe cette année ; et enfin, un improbable duo entre Eva Rydberg et Ewa Roos, au moins cent-quatre-vingt-dix ans à elles deux…

La seconde n’a pas publié de disques depuis 1976 et la première a participé au Melodifestivalen 1977… Et les deux vont nous glapir un titre onomatopée comme on n’ose plus en proposer depuis au moins un quart de siècle, « Rena rama ding dong »…

Et le 3 décembre 1972, naissait à Toulouse Sébastien Roch, qui deviendra célèbre en 1992 grâce au personnage de Christian dans l’immortel « Hélène et les garçons » sur TF1. C’est lui, le fameux « Cri-Cri d’amour », le petit ami de Johanna, ce personnage moins consensuel que les autres lavettes de la série, puisque rebelle, colérique, mauvais garçon, et drogué le temps de quelques épisodes. Sébastien rempile dans ce rôle en 2011 dans « Les Mystères de l’amour »… C’est pas demain qu’il dira « au revoir »…